22 décembre 2007

C'est arrivé loin de chez vous

L’hiver annonce ses premiers orages sur la vallée. Pluie, grêle, tornades... rien de bon pour l’agriculture. Mais lorsqu’elle scrute l’horizon qui s’assombrit, ce ne sont pas les récoltes qui inquiètent Fatima. Elle cherche plutôt la silhouette d’Osmane. Lorsque la guerre vous vole un mari et deux filles, chaque attente amène son lot d’angoisse et chaque jour est vécu comme le dernier.

La veuve lutte pour détacher son regard des champs. Le ciel gronde et Fatima se souvient des bombardements en regardant les éclairs percer le crépuscule. La porte s’ouvre. Osmane est grand pour son âge. Déjà, ces mains sont celles d’un menuisier et son regard sombre, celui d’un homme. L'ombre de son père, il se dirige lentement vers elle, la prend dans ses bras.

«Je suis désolé...»

«Il y a de la soupe chaude.»

«Nous avons terminé de construire l’école.»

«Je n’aime pas le Hezbollah.»

«Mère...»

Osmane ne termine pas sa phrase. Le tonnerre sait imposer le silence. Puis soudain, la grêle qui s’abat sur les collines. Un roulement de caisse claire, régulier et imperturbable. La nature veut effacer la mémoire de cette terre gorgée de sang et de métal. La première explosion retentit. Osmane ressert son étreinte. Un autre choc fait trembler les murs. Tant de souvenirs de dévastation. Suivra le feu d’artifice. Des dizaines d’explosions se succèdant et arrêtant le temps.

Et enfin, le silence.

Puis, l’attente.

Osmane n’ira pas à la cave chercher son arme. Pour chaque explosion qu’il vient d’entendre, un enfant libanais ne perdra pas ses jambes sur une mine.

Israël aurait largué quatre millions de bombes à sous-munitions sur le sud du Liban en 2006. Un million d’entre elles n’auraient pas encore explosé. Les victimes seront des civils. Si un grêlon gros comme une noisette peut les faire sauter, imaginez un enfant.





...

16 décembre 2007

Alléluia

21hoo et des peanuts, un dimanche soir de tempête.

Dring... Dring...

PMT : Bordel! Qui ose?

Dring...

PMT : Oui allô?

Éducatrice en TC : PMT?

PMT : Huh?

Éducatrice cool en TC : C'est Éducatrice cool en TC . Je t'appelle pour la chaîne téléphonique.

PMT : Dans le sens de...

Meilleure éducatrice en TC : C'est fermé demain!

PMT : Sérieux?

Déesse en TC : Mes sources sont infaillibles.

PMT : Ça donne le goût d'aller fermer un bar...









Pour ceux qui n'ont pas encore compris : Pas d'école demain!!!





Profitez-en pour aller lire "Le monde en saignant". (Il va me payer la bière...)





...

12 décembre 2007

Le pouvoir des mots

Il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir des mots.

Même si ce blogue est une oeuvre de fiction et que je n'existe pas (je suis en réalité l'ami imaginaire d'un poseur de gypse qui se nomme Roger), cette anecdote est vraie.



Je me tapais une tour en Mega Bloks avec fiston et la destruction de notre dernière création avait foutu un beau bordel. Il y avait des blocs partout, sauf à portée de main.

PMT : Hum... J'aurais besoin des blocs qui sont là-bas...

Fiston : ...

PMT : Fiston, regarde les blocs là-bas.

Il daigne jeter un coup d'oeil.

PMT : Donne-les à Papa.

Il retourne à son complexe architectural.

PMT : Fiston...

Il entend une voix, mais présume que c'est dans sa tête et considère qu'il est un peu jeune pour qu'on lui diagnostique une maladie mentale. Vaux mieux tenir ça mort, qu'il se dit.

PMT : Fiston... Regarde-moi!

Bzzzzzz...

PMT : Amène les blocs à Papa.

Fiston : Très solide la tour... Gros tour!

PMT : Fiston... Tching Kawong!

Il me regarde.

Je pointe les blocs.

Il va les chercher, me les donne.




Il s'agissait seulement de trouver le mot juste.













Mise à jour : Désolé pour le tas de fautes... J'ai corrigé.

...

09 décembre 2007

Prof Story : Le Confessionnal

Version polie :

Ça me trotte dans la tête depuis un bout.

Version honnête :

Ça me les casse.


Peu importe la version, je vais une fois de plus abuser de votre patience afin d’exorciser quelques démons. La routine, quoi.

Voici donc, en primeur :

Prof Story : le Confessional

Le Maître : PMT, rends-toi immédiatement au confessionnal.

PMT : Oui Maître!

PMT s’empresse d’obéir, espérant se faire confier une mission qui lui permettra d’améliorer ses conditions de travail et qui sait, abolir la loi 142.

Une fraction de seconde plus tard, au confessionnal.

Le Maître : Te voilà.

PMT : Oui Maître, me voilà. Vous vouliez me voir?

Le Maître : Pourquoi t’aurais-je demandé de venir si tel n’était pas mon voeu?

PMT : Effectivement Maître, vous êtes d’une logique implacable.

Comme le Maître n’est en réalité que mon alter ego, pourquoi me gênerais-je pour le complimenter?

Le Maître : Même si la démagogie t’a toujours bien servi jusqu’à maintenant, c’est inutile d’en faire usage avec moi. Ça pourrait te porter malheur...

PMT : Dans le sens de «ballotage»?

Le Maître : Mais non, imbécile. Je suis dans ta tête. Si le public choisit de ne pas te garder, je devrai errer dans les limbes pour l’éternité. Alors, au lieu de dire des sottises, voici ce que j’ai à te dire...

PMT : ...

Le Maître : ...

PMT : ...

Le Maître : Alors? J’attends.

PMT : Mais Maître... c’est vous qui aviez quelque chose à me dire.

Le Maître : PMT, comme je suis un produit de ton imagination, tu peux très bien dire toi-même ce que j’ai à te dire.

PMT : Vous êtes fort.

Le Maître : Tu dis ça pour te faire plaisir...

PMT : Donc, vous voulez savoir pourquoi j’ai l’air troublé depuis quelques jours?

Le Maître : Exactement. Ça n’aurait pas à voir avec un certain «documentaire»?

PMT : Vous êtes vraiment perspicace Maître.

La Maître : En effet. Parle, minable.

PMT : Ce qui me tracasse avec le documentaire, c’est que j’ai l’impression de collaborer à un freak show et qu’à la toute fin, ce sera moi qui tiendrai le rôle principal.

Le Maître : Rôle principal? Toi? Mais c’est un documentaire sur les élèves. Pas sur toi.

PMT : Oui, mais dans la catégorie freak, je risque de voler le show.

Le Maître : Tu es déjà sur la bonne voix.

PMT : Merci Maître, je suis votre exemple.

Le Maître : Comment oses-tu?

PMT : Mais non Maître. Pas «suis» dans le sens du verbe suivre, mais plutôt dans le sens du verbe être.

Le Maître : Tu es très habile PMT.

PMT : Je suis votre exemple.

Le Maître : ...

PMT : ...

Le Maître : Un-zéro pour toi PMT, mais ma vengeance sera terrible.

PMT : Ballotage?

Le Maître : Tu oublies vite...

PMT : Ah oui... les limbes.

Le Maître : Exactement. Alors, qu’est-ce qui te porte à croire que tu seras le freak en chef du documentaire? Ça va de soi que tu seras ridicule, mais j’aimerais l’entendre de ta bouche.

PMT : Vous voyez Maître, les gens du documentaire ont choisi des élèves «puckés». Le genre d’élèves qui n’écoutent pas, ne te regardent pas, ne font rien et n’apportent pas grand-chose au projet. C’est plutôt le projet qui, à long terme, leur apportera quelque chose.

Le Maître : Je ne vois pas le problème. C’est tout à ton honneur.

PMT : C’est ce que je croyais au début... Mais dans la pratique, ça ne se passe pas exactement comme ça. Disons que je suis en pleine séance d’écriture avec les enfants et qu’un de leur sujet n’écoute pas et est complètement décroché. Ils s’approchent de lui et le filment pendant qu'il joue avec son crayon (il n’aime peut-être pas les caméras...). Il lâche son crayon et finalement, se referme sur lui-même...

Le Maître : Tu laisses passer?

PMT : Moi, ma job de prof, c’est de le sortir de sa torpeur et de le faire participer. Le problème, c’est que lorsque j’interviens sur un élève qui n’écoute pas et que c’est filmé, j’ai l’impression que c’est humiliant pour l’élève. J’n’en ai rien à cirer que ça sera coupé au montage ou que plus tard, ils le montreront sous un jour meilleur (c’est prévu pour quelle date déjà le jour meilleur?), l’humiliation est là sur le moment et quand tu entres dans la catégorie «no futur», t’as tendance à vivre dans le présent.

Le Maître : «No futur»? Tu es conscient qu’il y a plein de gens qui te lisent et qui n’attendent que ça? Que tu exposes tes préjugés! «No futur»... Espèce de salaud! Mais cause toujours, tu m’intéresses.

PMT : J’ai donc le choix : humilier un enfant ou ne pas faire ma job. S’il n’y a pas de caméra en classe, c’est beaucoup plus facile. Les jeunes ont parfois besoin de se faire rentrer dedans. Rarement devant leur confrère, mais jamais devant une caméra. Ce n’est pas que je ne veux pas être filmé en pleine intervention sur un jeune, au contraire, je me trouve bon. C’est pour l’enfant que je trouve que ce n’est pas éthiquement acceptable.

Le Maître : Mais qui es-tu pour juger de ça?

PMT : Je n’ai pas grandi dans un bungalow avec une piscine derrière. Encore moins sur le Plateau Mont-Royal avec des parents intellectuels ou artistes. J’en ai plein le dos du tourisme communautaire : "Allons voir les pauvres. Allons leur montrer qu’on pense à eux et que ça peut changer... " Ils vont être où après, les gens du documentaire?

Le Maître : Après quoi?

PMT : C’est comme les gens qui prennent l’avion et ensuite parcourent des centaines de kilomètres en Jeep et qui appellent ça de l’écotourisme. Moi j’appelle ça de la pollution.

Le Maître : On les haït les cons en VUS, hein?

PMT : Mets-en... C’est un peu le même truc avec la pauvreté.

Le Maître : Tu hais les pauvres?

PMT : Mais non. Je méprise ceux pour qui la pauvreté est une destination touristique.

Le Maître : Mets-en... Ils veulent avoir la conscience tranquille.

PMT : Et en plus, ça pogne.

Le Maître : Et c’est un bon filon...

PMT : Quand tu ne peux pas te payer un voyage dans le tiers monde...

Le Maître : Ce n’est pas très politicaly correct comme déclaration...

PMT : Quelle merde...

Le Maître : À qui le dis-tu? Tu veux un autre scotch?

PMT : Pourquoi pas... Il reste de la bière?

Le Maître : Of course!

PMT : J'aime bien une bière avec mon scotch.



...

07 décembre 2007

Inside incluse

Je fais composer des mélodies par les élèves. Par la suite, j’en sélectionne quelques-unes qu’on arrangera selon les besoins du spectacle. Il ne reste plus qu’à écrire des paroles, faire un enregistrement, graver des cds, les vendre un mois avant les représentations, lors d’une expo-école par exemple et voilà : un hit est né.

***Attention, voici une inside pour ceux qui connaissent le projet. Les autres, vous n’avez qu’à me bummer des billets en mai.***

C’est toujours sympa de voir des techniciens qui ont bossé sur les shows de nos grands artistes fredonner une toune composée par un kid de 11 ans.

***Fin de l’inside.***


Pourquoi je vous raconte ça? C’est pourtant clair : si je n’écris pas, vous ne me lisez pas et si vous ne me lisez pas, je ne pourrai plus vous endoctriner lentement... mais surement... oui... c’est ça... ma voix est douce... ton corps est de plus en plus lourd... tes bras son lourds... tes paupières sont lourdes... hey...t’as pris du poids dernièrement?

N’importe quoi.

Donc, y a cette élève complètement géniale qui est bolle, athlète, artistique et surtout, sympathique. En bonus, elle est blonde. La dernière fois qu’elle m’avait composé un truc, elle avait bien suivi la recette, mais cette fois, comme tout est trop facile pour elle, je lui ai demandé quelque chose de plus original.

Bordel. Elle m’a composé une toune en 7/4 qui ne sonne pas trop weird et je sais exactement dans quelle partie du spectacle je vais la mettre.

Comme mes élèves sont les plus cools au monde (en musique seulement. Ils me les cassent quand on écrit le texte...), on a testé le truc pendant un cours sans que ça rouspète trop. Ensuite, j’ai demandé à un élève groovy de trouver un rythme qu’un blanc pas trop deux de pique réussirait à faire.

Voici ce que ça donne. Pas d’arrangement. Mélodie et djembé.







Quand on a joué le machin à leur prof (oui lui, celui qui veut toujours m’allaiter, mais je refuse car j’ai une blonde.... et il est poilu), il a tout de suite vu que c’n’était pas une toune normale. On c’est donc mis à parler de ces musiques qui ne sont pas en deux, trois ou quatre temps, mais qui sonnent faciles. Y a «Take five» de Dave Brubeck (ça ne me tente pas de chercher c’est qui le compositeur...). J’ai aussi fait jouer un bout de «Supper’s ready» de Genesis. Oui, le bout en 9/8 et pour finir, comble de délectation, le deuxième mouvement de la sixième symphonie de Tchaikovsky.








Bordel! C’est en 5 temps et on dirait une valse. Ya l’air de rien comme ça, mais y connaît vraiment la job ce Piotr Ilitch. Dommage qu’on nous les casse avec toujours Craque-Pinotte.


La pognez-vous? Nous les casse... Casse-Noisette... Casse-Couilles... Oui! C’est ça!




Bah...

04 décembre 2007

Une brique et un fanal

Jeudi soir, c’est la rencontre des parents pour les bulletins. Je pense que de toute ma carrière, ça ne m’a jamais aussi peu tenté.

Premièrement, dans mon école, pour plusieurs raisons que je n’exposerai pas maintenant, il n’y a pas de communication concernant le cours de musique dans le premier bulletin. Mais je dois quand même être là pendant la soirée "rencontre pour les bulletins".

Oui, je sais. On nage en pleine logique.

Bah! Comme je vous aime bien et que j'aime bien faire le contraire de ce que je dis, je vais tout de même vous expliquer un peu pourquoi je n’écris rien dans le premier bulletin.

Les enfants n’ont qu’un cours de musique par semaine. Si on considère les absences, les journées pédagogiques et les congés fériés, j’ai vu la plupart des enfants seulement une dizaine de fois depuis le début de l’année. Disons qu’ils sont 30 dans le groupe, ça fait deux minutes par enfants par cours. Donc, dix cours à deux minutes par cours, ça fait vingt minutes.

Vingt minutes pour évaluer trois compétences... Et là, je n’aurais fait que des évaluations. Je n’aurais pas pris les présences et encore moins enseigné.

On se revoit au prochain bulletin?

Hein? À ce qu’il paraitrait, en classe j’aurais dit, fait, sous-entendu, pensé ou imaginé quelque chose de bizarre, douteux, violent, vulgaire, etc. ?

Désolé de péter votre bulle, mais ce soir, on parle du bulletin de votre enfant et je n’ai rien mis dans ledit bulletin. Pour mon procès, prenez un numéro et attendez qu’on ouvre, ce soir, on est fermé.

Ah? Vous voulez seulement qu’on parle un peu de votre enfant... Huh? Vous voudriez que j’adapte un peu mon enseignement à votre petit chéri?

Avec le projet, je vois environ 350 enfants par semaine et je connais le prénom du vôtre. pas pire, hein? Malheureusement, je n’ai pas le temps de construire une cabane à moineaux avec lui pour tisser de meilleurs liens.

Quoi? Ce n’est pas moi qui dois changer? Vous voulez seulement que j’envoie sa candidature pour la charmante petite école. Franchement! Si ce n’est que ça, fallait le dire plus tôt!

En passant, dernièrement, j’ai trouvé un autre CPE pour mon fils, car je n’étais pas satisfait de celui qu’il fréquentait.

...

D’après vous, est-ce que j’ai demandé à son éducatrice de lui dénicher une place ailleurs?

...

Avez-vous des questions concernant le bulletin de votre fils? Non? Alors, prenez un numéro.

...

Une lettre de référence avec ça?




Coda

Le pire, c'est que je vais me barrer les pieds à l'école jusqu'à 10h00 avec des parents sympathiques et dieu sait qu'il y en a!





...

02 décembre 2007

Théologie... musicologie... symbolisme? Pfff...

Y’a une des écoles du projet qui est très multiethnique. Pas trop, juste très. J’aime ça les écoles multiethniques parce que je n’aime pas les ghettos. Y a déjà eu une grosse clique de Jamaïcains dans cette école(watchalookin’at?), mais ils sont maintenant noyés dans le tsunami d’élèves venant d’Asie du Sud-Ouest.

Bon... j’avoue que la seule petite Québécoise de souche se sent un peu tout seul de sa gang, mais elle a juste à retourner dans son pays si ça ne fait pas son affaire. Tu traverses un boulevard et tu te retrouves chez les blancs francophones su’l’BS.

Bon, revenons à notre mosaïque culturelle.

Vous devinez donc que le soir, quand avant de fermer les paupières, ils font une dernière prière, ils ne s’adressent pas tous au p’tit Jésus. Ce n’est tout de même pas une raison pour ne pas en parler. On a quand même remis le compteur des années à zéro à sa naissance. Vous en connaissez beaucoup des gens pour qui on a fait ça? Par contre, je préfère en parler sans trop le nommer. On ne sait jamais...

Donc, je présente aux élèves, les bouts de musique du projet sur lesquels on va mettre des paroles. La routine, quoi...

PMT : Bon... là, ce que je vais vous faire entendre, c’est la musique lorsqu’on est chez Ulrica pour la première fois. Pas dans notre histoire, dans l’histoire originale. Dans l’opéra de Verdi. Écoutez très attentivement quand le choeur va chanter.

On écoute le truc en question







PMT: C’est cool hein quand le choeur chante?

Un élève : Comme un film d’horreur.

PMT : Exactement! Et nous, on va faire encore plus épeurant.

L’élève : Comment?

PMT : En utilisant un truc que j’ai piqué à Jean-Sébastien Bach... D’abord, voici à peu près l’arrangement qu’on va en faire.

On écoute le machin.








Soyez indulgents. Ce n’est qu’une maquette et faut faire simple au début. Ce sont des kids de 11 ans qui n’ont jamais fait de musique qui joueront dans les spectacles. Ils ont une seule répétition par semaine pendant quatre mois et n’ont pas d’instrument pour pratiquer à la maison. Les partitions, on oublie ça. Tout par coeur. En plus, il faut faire sur des petits claviers à 300$ et des instruments de percussion dont la moitié m’appartiennent (sont donc cheap...). Le plus pire, c’est qu’au théâtre, ça groove grave. Je plogue la guit électrique et on s’éclate. J’vous ai dit qu’il y a des élèves jamaïcains? Je n’ai jamais vu un élève jamaïcain poche en musique (faut dire que je ne fais pas de flûte à bec...).

Un élève : C’est comme genre la même affaire tsé, mais avec comme genre un beat.

Un autre : Yo! Y a pas de chorale?

PMT : Pas pour l’instant. C’était des machines qui jouaient et j’ai enlevé les bouts trop tough. Là, il faut réécrire des paroles en français.... avec le truc de Bach.

L’élève : C’est quoi son truc?

PMT : Une fois, Bach a écrit l’histoire d’un gars qui se fait clouer sur une croix par une gang de Romains.

Un élève : Je l’sais c’est qui!

PMT : Et on n’a pas besoin de le savoir... Alors, ce type qu’on clouait sur les planches, il n’était pas très friqué.

Un élève : Hein?

Un autre : Pas ri-che!

PMT : Ouais... y’était menuisier ou un truc du genre et ça ne payait pas trop dans le temps. Alors, pendant qu’on le vissait ben comme faut sur sa croix pour pas qu’y tombe et blesse quelqu’un, y a la gang de Romains qui jouaient aux dés pour savoir qui allait garder ses affaires... Parce que, devinez quoi... il va mourir!

L’élève : Ah! Je l’sais c’est qui!

PMT : On le sait tous, mais c’est comme dans Harry Potter, on ne dit pas son nom.

L’élève : Hein?

PMT : Laisse faire... Alors, pendant que le type saigne en masse, les autres jouent aux dés. Pas cool du tout. C’est même épouvantable. Y’avait pas grand chose à faire tirer le gars sur la croix. Une paire de sandalle, une tunique... C’est là que Bach a eu une bonne idée. Il s’est dit que si les paroles faisaient : patapouf, paf paf, boum boum patapouf, ça ne ferait pas très tragique. Il a donc choisi des mots avec beaucoup de «s» et de «ch» pour imiter le sifflement d’un serpent, qu’on associe souvent au diable. Ça peut donner un truc dans le genre : (je le chante sur la mélodie en question) Sasha s’achète du sushi et sèche sa chemise... On va faire la même chose.

Un élève : C’est qui Sasha?

PMT : Un castor modifié génétiquement pour exterminer la race humaine... Mais il est amnésique, donc y a pas de danger pour l’instant.

Un élève : On peut l’entendre la musique du serpent?

PMT : Malheureusement, je ne l’ai pas avec moi...


Pfff. C’est presque vrai ce que je leur ai raconté. Y a seulement un problème, la toune est en majeur et ça déménage plus que «swing la baquaisse dans le fond de la boîte à bois» et on dirait que le choeur est sur les stéroïdes.

Mais comme je vous aime bien...

J.S. Bach
extrait de la Passion selon Saint-Jean









L’évangéliste

Après avoir crucifié Jésus, les soldats prirent ses vêtements et ils en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d’un seul tissu depuis le haut jusqu’en bas et ils dirent entre eux :

Choeur

Ne la déchirons pas, mais tirons au sort à qui elle sera.
Swing l’évangéliste dans le fond de la boîte à bois.






















...

29 novembre 2007

Prof Story

Je hais les «camera-huggers». Vous en connaissez certainement. Dès qu’ils en voient une, ils se placent devant et attendent. Ils croient à la magie. Ils vont passer à la télé!

Pourtant, j'aime bien Loft Story... quand je l'écoute.

Personnellement, ils m’énervent (pas les lofteurs, les caméra-huggers). S’ils ont moins de 13 ans, c’est moins pire. Mais, ils m’énervent quand même. Par contre, quand c’est sur moi que la caméra est braquée, là ça m’énerve royalement.

Je n’ai rien contre les équipes de tournage, même qu’au contraire, j’ai tendance à les trouver très sympathiques devant un café. Le problème, c’est moi. Filmez-moi lorsque je raconte un truc aux élèves, ça ne me dérange pas. Mais quand, bordel, on est en plein processus de création, que j’essaie de faire écrire une putain de chanson aux élèves pour le show et que ce n’est pas évident... Quand le lecteur cd ne veut rien savoir de mon disque et que je dois me rabattre sur le clavier qui est trop haut pour jouer assis, mais aussi trop bas pour jouer debout, des mélodies qui ne sont pas vraiment encore arrangées pour mes mains, moi qui ne suis pas arrangeur «on the spot» et encore moins pianiste «on the top»... Que je pense à ce genre de trucs au lieu de fesser dans le tas comme d'habitude... Oui, c’est ça... je suis une nouille!

Pourquoi ce n’est pas François Dompierre qui fait ta job?

Hum... Bonne question!

Ou Gregory Charles! Y m'semble qu’y s’rait bon... lui.

Bordel... êtes-vous obligé de filmer mes mains de si proche?

Pourquoi vous pointez toujours votre machin sur l’élève qui n’écoute pas? Oui lui... celui que je ne réveille pas d’un allègre «tching kawong» pour ne pas l’humilier devant la caméra. Hein? Vous ne l’auriez pas gardé au montage? Il le sait ça, lui, le kid avec la caméra à deux pouces de la face?

T’as une caméra à deux pouces de la face, mais fais comme si elle n’était pas là...

Y a pas de zoom sur votre machin?

Tu sais, y a deux mois, quand tu es devenu tout rouge en classe et que les autres se sont moqués de toi... Oui oui... quand PMT t’a dit tching kawong et que tu pensais que c’était filmé. Ben, on ne l’a pas gardé au montage!

Ah oui... Vous filmez l’élève qui regarde son pupitre. Peut-être n’a-t-il pas déjeuné, pauvre petit...

La faim en gros plan.

Peut-être qu’y a juste pas envie d’avoir une caméra à deux pouces de la face, pauvre petit.

Les enfants aussi ont une bulle. Oui, oui... Comme les humains!

OK, j’en mets (sauf pour les caméras à deux pouces de la face et de mes mains).

En résumé, y a des gens qui font un reportage sur des élèves du projet et ça m’énerve. Je ne m’amuse plus et je suis moins créatif. Je suis tanné d’avoir une caméra dans la face à chaque fois que je me retourne pour écrire au tableau. Tanné que chaque moment magique soit brisé parce que l’équipe se déplace pour le capter. À chaque fois qu’ils sortent de la classe pour quelques minutes, je respire et surtout, je m’amuse avec les élèves. J’ai besoin de mon fix, parce que faire ce genre de projet, ça coûte cher en temps et en énergie. Pas de magie, tu meures. Je sais que j’ai encore le micro au collet et qu’ils nous filment de la fenêtre de la classe. Pas grave, on s’éclate un peu.

Non. Ils ne sont pas toujours là. Mais ce matin, ils étaient là. La semaine passé, ils étaient dans un classe que j'aurais dû ramasser. Ça ne me tentait pas devant la caméra. Ils ont ciblé des jeunes. Des jeunes qui pour la plupart en arrachent. C'est cool pour ceux qui en arrachent autant, mais se bottent le derrière pour que ça ne paraisse pas... La misère se vendrait-elle mieux que la dignité?

Je sais... À la fin, les jeunes retrouveront cette dignité perdue grâce au projet et blablabla. Mais dans ce projet, ce qui compte, c'est le chemin, pas le fil d'arrivée.

Bordel... Ça ne fait même pas du bien d’en parler. J’suis décroché.

Pour sortir le meilleur de soi-même, il faut pouvoir être soi-même. Les élèves sont différents avec une équipe de tournage dans la classe et moi aussi. On a beau vouloir, on ne les oublie pas ces machins pointés sur nous.

J’espère que c’est fini et qu’on va pouvoir finir d’écrire le show entre nous. C’est quelque chose de particulier la création. Ça demande de l’intimité et avec une caméra dans la place, ça ne passe pas. Oui... c’est ça. De l’intimité.

Le reste, vous pouvez le filmer. Mais quand on réinvente le monde, c’est pas de vos oignons.





Coda

De toute façon, c'est n'importe quoi ce blogue... J'invente à mesure tout plein de trucs absurdes pour me défouler et ça ne fonctionne presque jamais, alors je me rabats sur une bouteille de scotch qui est ces temps-ci un Glenmorangie et je choisis au hazard un personnage de la pièce écrite par les enfants et je le remplace par un nain pervers éleveur de dobermans.


Si vous êtes offusqués par mes propos, la corde est en spécial cette semaine chez Canadian Tire.




Je déclare à partir de ce moment, de ne plus reconnaître en moi-même le créateur de l'oeuvre de fiction qu'est ce pathétique blogue. Prof malgré quoi? Hein? Je ne connais pas ce type moi.

Je vote ADQ et je ne sais même pas y a combien de bémols en fa mineur.

Je trouve ça relaxant la musique classique.

J'utilise le mot triton pour avoir l'air savant lorsque je parle de Bach (c'est à la mode on dirait...).

J'écoute Espace Musique les matins en semaine.

Je trouve que c'est une bonne chose que Kent Nagano dirige l'OSM.








Vous n'avez pas idée combien de fois par jour j'ai envie de tout effacer. Tout.


Bon, faut que je vous quitte, le Canadian Tire ferme bientôt.





...

28 novembre 2007

Iz kaput! et un fantasme.

Même si les «tching kawong» pleuvent de toutes parts dans l’école, c’est un peu tranquille ici, car mon ordinateur est au garage... No way, je n’en achète pas un nouveau...

Non...

Must not...


Must resist...


Argh...


Strength is irrelevant, resistance is futile...




En plus, je n’ai pas gagné le iPod Touch ce soir à l’événement Apple. Comment ils disent les élèves?

C’est pas juste... C'est jamais moé qui gagne.

Sur ce, faudrait peut-être que je prépare quelque chose qui se tient pour demain matin... ça sera filmé, bordel.

Ça fait que... tching kawong.

Bah... J'improviserai.


Dans le fond, pour la musique et tout le tralala, ça me prendrait un MacBook Pro... à partir de 2199.00 $... ou juste le iMac le plus cheap à 1299.00$. Ouais... C'est plus raisonnable. Ou 300 balles de plus pour passer de 2 GHz à 2.4... plus un boost de mémoire... non non non! Trop cher man.

Et en plus, notre dollar vaut plus que celui des amerloques, mais l'ordinateur est vendu moins cher chez eux. No way José!

Oui mais... c'est juste 100 piastres de différence...

Mais y a les taxes...


Eh oui, c'est l'avantage quand ta blonde ne lit pas ton blogue: tu peux fantasmer.









...

21 novembre 2007

Prends ton rang... Grrrr.

Il s’appelle Bob (oui, oui... c’est son vrai nom... pfff ) et il est Chinois. En principe, on est Chinois quand on habite en Chine. Lui, il est Chinois, car il a les yeux bridés, ne parle ni français ni anglais et il a cinq ans (on présume). Il fréquente la maternelle à mon école. C’est donc un Chinois qui est né ici, qui vit ici, qui fréquente l’école ici, mais tout de même un Chinois, car ses seuls liens avec le Québec, ce sont ses pas qui foulent le sol et l’air qu’il respire. Je ne crois pas qu’il bouffe de la poutine... Juste un feeling comme ça.

Un truc sur sa famille : comme Bob est né ici, ça fait au minimum cinq ans qu’ils y sont et ils ne parlent pas un traître mot français. Sa famille n’en a vraiment rien à cirer de la culture québécoise. Ce n’est pas très grave, on risque de les accommoder.

Malheureusement, comme il est né ici, Bob ne peut pas fréquenter une classe d’accueil où il apprendrait la langue de Molière. Il commence tout de même à parler un peu, mais ça ne va pas vite, car, peu importe la langue, Bob, c’est un TC. Yep... Trouble de comportement. Un TC qui ne parle pas la langue. Méchante perte de temps pour les autres enfants de la classe.

Bon, assez bitché.

Je suis donc en train de ramener ces charmants petits monstres dans leur classe et je m’arrête, car le rang ressemble plus à un tas qu’à une ligne. Ça arrive souvent ce genre de truc. Je place donc les «amis» sur une ligne et grâce à quelques arguments bien placés, ils sont tous bien silencieux... Tous? Y a Bob qui se prend pour une toupie. Une toupie qui siffle...

PMT : Bob... Prends ton rang avec les autres amis.

Bob tourbillonne. Partout, sauf sur la ligne.

PMT : Bob? Tu m’entends? À ta place. Comme les autres.

Je crois qu’il a le syndrome de Stendhal (notre prof d’art est bon...).

PMT : Bob... Regarde-moi! Là! Sur la ligne. En rang! Là!

Il me regarde et se remet à faire n’importe quoi, sauf bien sûr, prendre sa place. Je n’ai plus rien à perdre... Au point où on en est, peu importe les dégâts collatéraux.

PMT : Bob! Tching Kawong!

Bordel... Il a pris son rang.


J’vous l’avais dit : ça marche!








...

Alors, tu veux écrire une fugue?

Quand j’ai lu ceci, j’ai pensé à ceci :







"So You Want to Write a Fugue"

Une composition de Glenn Gould.





...

20 novembre 2007

Tching Kawong!

Je ne peux plus vous parler de mon boulot sans aborder un sujet qui me tient vraiment à coeur: Tching Kawong.

Vous pouvez ranger vos dictionnaires de mandarin et de cantonais, ça ne veut rien dire.

Il y a déjà presque une dizaine d’années, à mon école, sévissait un prof d’art. Appelons-le Francky, question de garder le tout anonyme. Ce type, Francky, était un vrai facho avec les élèves et jamais il ne leur aurait montré qu’au fond, il les aimait bien. Il organisait plein de trucs, entre autres, une ligue d’impro pour les élèves qui impliquait un maître du jeu ( lui, bien entendu...), 6 entraîneurs ( j’en étais un!) et deux juges invités. Si on compte, ça fait neuf adultes qui restaient après l’école tous les mercredis soir.

Fallait le faire... c’était génial! Le niveau était vraiment fort en plus.

Donc, Francky, comme il faisait plein de trucs comme ça, il n’avait pas besoin d’être un prof populaire pour bien dormir la nuit. Au contraire, c’était un tyran. Les enfants le craignaient tellement, qu’il n’avait jamais à les punir. Qui aurait osé s’attirer l’ire de Francky?

Un jour, à la fin d’un cours, Francky donne ses... consignes? Pfff. Au diable la censure! Francky donne ses ORDRES et les enfants s’empressent de lui obéir. Un responsable pour chaque chose: pinceaux, gouache, palettes, pots d’eau, productions à faire sécher, etc. Quand Francky dit quoi faire, tu la fermes et tu attends son signal pour bouger...

Francky: Vous savez ce que vous avez à faire! GO!

À ce moment, les jeunes se précipitent et en deux temps trois mouvements, la classe est rutilante. L’idole des concierges.

Sauf que ce jour-là y a Réal (nom fictif... comme ce blogue de toute façon) qui reste assis et qui ne bouge pas. Sa bouche est entrouverte... J’ai une théorie là-dessus. Notre quotient intellectuel est inversement proportionnel à l’ouverture de notre bouche lorsqu’on écoute des consignes.

Francky : GO!

Réal (toujours à sa place) : ...

Francky : Allez! Tu sais ce que tu as à faire!

Réal (imaginez la bave qui coule sur le coin de sa lèvre inférieur): ...

Le reste de la classe est en rang et regarde la scène.

Francky : HEILLE! Je te parle! Go!

Réal (un mollusque) : ...?

Francky: Coudonc! Faux-tu que je te le dise en chinois?

Réal (il commence à réagir) : ...?!

Francky (hors de lui) : Ben Tching Kawong d’abord!

Et là, moment de grâce, Réal se lève, fait tout ce qu’il a à faire et va prendre son rang...


***


Plus tard, Francky nous raconte l’anecdote dans la salle des profs et on se bidonne tous. Les Tching Kawong pleuvent alors sur les élèves. Nous ne sommes plus que deux ou trois profs de cette époque à l’école (la game est un peu tough dans le quartier...), mais j’ai une nouvelle collègue qui le dit à ses élèves régulièrement et mes élèves connaissent l’histoire dès la première année.

Pourquoi je leur raconte ça?

Parce que, ça marche!


À suivre.




...

18 novembre 2007

BEE-THO-VEN, bordel!

Tous les week-ends, l’avant-midi, j’écoute Espace Musique. J’adore ça, car je découvre de nouvelles musiques ou tout simplement de nouvelles versions de musique que j’aime.

Jusqu’à 10h00.

Pourquoi? Parce qu’à 10h00, c’est Alain Lefèvre qui anime et moi, je ne suis pas capable. Pas capable comme pianiste (je sais, il joue mieux que moi), mais surtout, pas capable comme animateur. J’essaie pourtant... Même là, je suis en train d’essayer parce que la musique est bonne. C’est Gulda qui joue Beethoven. J’ai juste pas hâte qu’il parle....

Heille! Beethoven, ce n’est pas ton vieux chum. Ça m’énerve quand tu l’appelles Beethov. Une fois, ça passerait, mais quand tu dis un truc du genre : «voici la sonate numéro 14 en do dièse mineur opus 14 numéro 2 troisième mouvement, presto agitato surnommée «clair de lune» de... Beethov!»... je décroche.

Aussi, à chaque fois que tu parles de Friedrich Gulda, tu n’es pas obligé de dire «le grand» avant son nom. On a compris que tu l’aimes et moi aussi je le trouve super bon. C’est juste bizarre d’entendre «le grand» Friedrich Gulda et ensuite Beethov tout court. Le grand pianiste et ton chum Beethov. Même dans le film avec le saint-bernard, ils disent son nom au complet.

Sur ce, bordel, pourquoi avez-vous bousillé ma radio préférée? Bande de salauds!

Le troisième mouvement de la Waldstein, par Gulda au pianoforte. Pour plus de détail, écrivez-moi!








C’est sûrement sur un instrument semblable que Beethoven l’a composée.




Sans blague, je sais que le type fait beaucoup pour la démocratisation de la musique classique... Tant mieux pour la musique, but count me out.



Mise à jour : Il vient de dire "Ludvig van Beethoven"... héhéhé Je lui ai écrit. Par contre, il a encore dit par "le grand" Friedrich Gulda.


...

17 novembre 2007

La charmante petite école

Dans les récits mythologiques et dans les romans médiévaux, il est souvent question de tribut que certains royaumes doivent payer à leur voisin plus fort. La marchandise consiste souvent en une poignée de jeunes gens blonds, bien roulés et vierges.

Croyez-vous vraiment que les choses ont changé?



Imaginez cette charmante petite école située au centre d’un chouette parc dans un quartier tout aussi chouette. Dans cette école, les enfants font de la musique. Pas une période par semaine, mais plutôt 40% du temps. Ouais... Ils se tapent le reste en 60%. Faut le faire? Ça dépend de qui est dans la classe.

Vous vous dites sûrement que les enfants de ce quartier sont très performants...

Vous vous plantez. Ils sont juste blonds, bien roulés et vierges et surtout, ils ne sont pas de ce quartier.

Chaque année, cette charmante petite école oblige ( Oui, oui... oblige. C’est une mesure des commissaires) les «écoles sources» qui sont en milieux défavorisés à faire passer un test d’aptitude musicale à tous les élèves de première année. Si un enfant réussit le test avec brio, est autonome, est très fort à l’école et surtout, ne présente aucun trouble de comportement, nous devons envoyer sa candidature pour la charmante petite école.

À première vue, c’est génial. Fréquenter la charmante petite école versus celle où j’enseigne, c’est comme venir au monde en Suisse plutôt qu’au Burkina Faso. J’exagère à peine...

Non, mais... quelle belle occasion pour un enfant en milieu défavorisé!

On nous prend pour des cons ou quoi? Sans blague... Cette charmante petite école, elle fait ça pour être charmante ou elle a des subventions pour le faire? Ou tout simplement veut sa part du gâteau des mesures de soutiens d’aide è l’école montréalaise... Pitié, dites-moi quelqu’un qu’ils ne reçoivent pas de fric pour venir chercher nos bons élèves.

Hein? Je suis un salaud? Je ne pense qu’à moi et à mon école? Come on...

Qui croyez-vous réussit avec brio le test de mesure d’aptitude musicale, est premier de classe, est autonome et n’a aucun trouble de comportement, l’enfant en HLM ou l’enfant qui habite dans les condos de luxe qui viennent d’être construits dans le quartier? Y a aussi celui que ça prend un permis pour réparer une brique de sa piaule, car la maison est «bas les pattes! c’est du patrimoine ce truc».

Chaque année, sur les trois ou quatre enfants qu’on leur envoie, il y en a peut-être la moitié d’un qui est défavorisé. Croyez-moi, des parents d’élèves de maternelle à qui je n’enseigne même pas encore viennent me téter (je n’ai pas de meilleur mot) pour savoir comment envoyer leur marmaille dans la charmante petite école l’année suivante. Le pire, c’est qu’ils n’en ont rien à cirer de la musique et de l’intérêt de leur enfant pour la chose. Ils veulent seulement sortir leur petit chéri du milieu, même quand l’enfant de répond pas aux critères de sélection...

C’est légitime? Pas avec mes taxes. Surtout que la plupart sont pas mal plus friqués que moi...

Donc, la charmante petite école, c’est comme un anti Robin des Bois. Ça vole aux pauvres pour donner aux riches et nous, on perd les élèves les plus forts. C’est temps-ci, pour les décrire les bons élèves, le mot à la mode est «locomotive». Ça prend ça dans un groupe. Déjà qu’il y a trop de wagons dans nos trains... s’il faut qu’on enlève les locomotives... Pfff.

Je vous implore donc, quelqu’un, n’importe qui, ceux qui ont des blogues sérieux sur l’éducation, dites-moi que je me plante. Dites-moi que la charmante petite école n’a pas de subvention pour venir chercher nos élèves friqués.

Pitié... parce que moi, éthiquement parlant, je commence à avoir un sérieux problème, car les petits friqués qu’on envoie dans cette école sont certes très gentils en classe, mais ce ne sont pas eux les bons musiciens de ma gang.

Dans mon monde, les bons musiciens n’ont pas à être blonds, bien roulés et vierge.







...

14 novembre 2007

Cohérence...

Vous vous souvenez du billet que j’ai écrit concernant le choix de la CSDM de ne plus acheter d’ordinateur Apple? Ils sont revenus sur leur décision... pour l’instant.

Ça m’a tout de même fait sourire de recevoir cette invitation par courriel:


Bonjour à tous,

Cette invitation s'adresse aux enseignants du préscolaire, primaire et secondaire de la CSDM. Les RÉCIT de la grande région de Montréal en collaboration avec la société GRICS vous invitent à la dixième Mini-soirée des enseignants. Pour souligner ce dixième anniversaire, plusieurs prix de présences seront tirés pendant la soirée : un iPod Shuffle, trois coupons-cadeaux d’une valeur de 100$ permettant de commander un livre iPhoto, deux kits de robotique et plein d’autres surprises vous attendent. Le cocktail et le buffet de bienvenue sont offerts gratuitement par la société GRICS à partir de 17h. Un formulaire d’inscription a été envoyé à votre école, vous pouvez aussi télécharger ce formulaire à l’adresse suivante : http://recit.csdm.qc.ca/local/diffusion/minisoiree/mini.php

Incrivez-vous tôt car les places sont limitées.
Au plaisir de vous rencontrer,


Chouette! On peut gagner des trucs Apple! Je pense que je vais y aller. Je porterai une robe rouge.


Attention... même s’ils effacent la base de données de mon forum sans préavis, je ne tape pas sur le RÉCIT. Ils font des trucs bien et en plus, ils ne sont pas du côté obscur de la force... Je rêve parfois que Bill Gates me dit : je suis ton père PMT. C'est toujours au moment où il me demande mes informations bancaires que Windows plante et que je me réveille.

En passant, le forum du projet, il n'est plus comme avant. Je l'ai refait, mais il n'y a que quelques jeunes qui sont revenus. Faudrait que je demande à Jésus son truc pour avoir autant d'adepte après une résurrection.


...

12 novembre 2007

Reconnaissance 101

C’est important la reconnaissance. Parfois, on bosse super fort sur des trucs et ça passe totalement inaperçu.

Moi, j’ai la chance d’avoir de bons collègues. Après la remise du premier jet du texte du spectacle, j’ai trouvé ce mot sur mon bureau:

Bravo PMT!

Si j’étais ton père, je te dirais que je suis fier de toi, nous sauterions dans les bras l’un de l’autre, je t’allaiterais, etc.. Au nom de toutes les ligues féministes, merci!



Venant d'un type plus poilu et plus baraqué que moi, ça fait vraiment chaud au coeur.







...

11 novembre 2007

J'pogne les nerfs

Je n'appellerai pas ça une montée de lait parce que je trouve cette expression méprisante envers les femmes qui allaitent.

Donc, j’écoute «Tout le monde en parle» et je saigne du nez.

Bordel... Ils parlent des piètres performances en français des étudiants finissants au bac en enseignement et tout le monde s’entend pour dire que la réforme, c’est une merde.

Heille! La qualité du français et la réforme, c’est deux trucs différents.

Les élèves de la réforme ne sont même pas encore en secondaire 5.

Huard se tète une subvention pour son prochain film en disant que sa fille préfère les bulletins chiffrés. La ministre jubile.

La ministre donne la dictée... J’aurais aimé qu’elle la fasse.

Pathétique.

Je comprends pourquoi je n’écoute jamais ce truc... C'est sûrement une très bonne émission, mais deux fois par année, c'est ben en masse pour moi.



Avant de planter la réforme, posez-vous donc deux questions:

-Avez-vous déjà vu des études sérieuses qui démontrent l’inefficacité du renouveau pédagogique au Québec?

(Les résultats des universitaires et même des collégiens ne peuvent pas logiquement être reliés à la réforme).

-Avez-vous déjà enseigné dans le contexte de la réforme?

Après ça, plantez tant que vous voulez...


C’est correct de prendre la place du coach des Canadiens devant une bière avec ses chums. Pas les compétences? On en a rien à cirer... Par contre, là, on a affaire à une population mal renseignée qui exige des choses d’un gouvernement qui manque de colonne. Ça, c’est dangereux, mais surtout...

Pathétique!



Voulez-vous savoir ce que j'en pense de la réforme?

C'est pas de vos affaires. Je ne suis qu'un prof de musique.



Mise à jour : Allez voir chez le Prof Masqué, pour des détails sur la dictée de la ministre. C'est savoureux.

Mise à jour (bis) : La dictée n'est plus sur le site de l'émission "Tout le monde en parle". Pourquoi?

En résumé, il y avait deux fautes en une phrase.

- "sans aucuns frais" Elle a oublié (?) le "s" à "aucun".
-Professeur devait être féminin (professeure) dans le contexte.

C'est deux fautes en une phrase. Voulez-vous votre résultat en chiffre ou en lettre?

Mise à jour (et fin de la saga... on espère!) : Le site de l'émission TLMEP s’est rétracté. Ils prétendent que l'omission du "s" à aucun est leur erreur...

Pour le "e" de professeure, la ministre semble préférer l'Académie française à l'Office québécois de la langue française. À chacun ses allégeances.

Madame Courchesne, je m'excuse d'avoir douté de vous. Je n'ai pas à juger votre préférence pour l'Académie française... Bonne fin de mandat.


C'est bien de savoir qu'on vit dans un pays où le gouvernement n'a aucun contrôle sur les médias. Comme ça, on est tous certain que c'était vraiment l'équipe de TLMEP qui a commis l'erreur, et non pas la ministre. C'est intègre Radio-Canada...




...

10 novembre 2007

Ambitus

À : coach.de.chant@gmail.com
Objet : Ambitus

Salut,

Je suis en train de gosser pour essayer de fiter de la musique de l'opéra dans notre show...

Je t'envoie une mélodie. Crois-tu que la première moitié en Ré pourrait être chantée par une soliste (rôle d'Amelia) si on cast une soprano et la partie en La par le chœur?

Merci à l'avance


***


Bordel... c’est la même chose chaque année. Déjà qu’il faut que je trouve des extraits d’un opéra que des jeunes qui ne sont même pas mes élèves et qui n’ont jamais fait de musique devront jouer au synthétiseur en 4 mois à une pratique par semaine, en plus, il faut que ça soit chantable... Ça va ou bien?

Ça risque d’être tranquille ici la semaine prochaine. J’aurais dû être pianiste; ça serait moins de trouble.

Au moins, c’est beau. Imaginez par un pianiste...











...

06 novembre 2007

Parlons couilles avec PMT

Ce qui est chouette avec mon collègue de sixième, c’est que je peux aller foutre le bordel dans sa classe et peu importe, il me pardonne chaque fois!

PMT : Vous vous souvenez de ***? C’est elle qui faisait le projet d’ortho...

La classe : Oui oui! Blablabla...

PMT : Je suis allé chez elle en fin de semaine. Elle habite en campagne. Son terrain est tellement grand que son mec chasse le chevreuil dans sa cour.

Un élève : Qu’est-ce qu’on joue demain?

PMT : Je ne réponds pas à ça... même sous la torture. Donc, son mec, il chasse et on bouffe ce qu’il tue.

L’élève : On joue des djembés hein?

PMT : Grrrr... Avant le souper, il vient me voir et met un truc dans ma main. C’était gros comme une balle de baseball, mais beaucoup plus mou et plus allongé. Il me demande ce que c’est, je prends une chance... Un testicule d’orignal?

L’élève : On fait de l’improvisation? Yes!

PMT : Je me pensais drôle... Mais c’était effectivement un testicule d’orignal.

Collègue : C’était quelle couleur?

PMT : Plutôt blanc avec des lignes rouges pour les vaisseaux sanguins. J’en ai bouffé en fondu dans de l’huile d’arachide.

Collègue : Et?

PMT : Ça goûte fort... pas vraiment mon truc.

Collègue : Qui en aurait mangé ici?

La moitié des élèves lèvent la main.

PMT : Et pour 50$?

Toute la classe lève la main sauf une élève...

Collègue : Naomie... pour combien tu en mangerais?

Naomie : 100$

L’élève de plus tôt : Sans jokes...

PMT : Quoi?

L’élève : Qu’est-ce qu’on joue demain?





Blasé vous dites?


Ensuite, je leur ai raconté la blague du touriste qui voulait mangé des amourettes après une corrida. Il trouvait sa portion petite... C'est le taureau qui est sorti vainqueur. C'qu'on s'amuse.








...

05 novembre 2007

À bas les commissions scolaires!

Abolir les commissions scolaires... Come on.

Bordel! Ils sont vraiment cons les adéquistes et ils réussissent à mettre leurs énormités dans la tête de la population. C’est ri-di-cu-le.

Les réformer? Peut-être. Mais si on les abolit, il va falloir les remplacer par quelque chose d’autre qui reviendra au même.

Je comprends que d’un point de vue pédagogique, les écoles n’ont vraiment pas besoin des commissions scolaires. Par contre, imaginez que l’école a besoin d’un plombier, d’un menuisier ou doit faire réparer la toiture...

Le directeur : Ginette, cherche un plombier dans les pages jaunes.

Ginette : Pas besoin, je vais appeler mon beau-frère.

On ouvre la porte aux pots-de-vin et à la perte de temps. Je ne dis pas que ceux qui réparent les toits pour la commission scolaire n’offrent pas de bonnes bouteilles et ne prêtent pas de beaux chalets. C’est seulement plus facile pour les vérificateurs avec les commissions.


RI-DI-CU-LE.

Comment déjà? Diviser pour régner?




N'ayez crainte, je vous parle «couilles» dans le prochain billet... Ça sera succulent.

02 novembre 2007

Francesca

À la fin de l’adolescence, je m’envoyais ça assez régulièrement:







Piotr Ilitch Tchaïkovski: Francesca da Rimini, poème symphonique.
Bernard Haitink, Royal Concertgebouw Orchestra

Il fallait bien mettre quelque chose entre Metallica et Mozart.

Il faut vraiment se le taper au complet. La partie centrale (Andante?) est tellement belle... Il orchestre vraiment bien ce Piort Ilitch.


Anectode super intéressante: Ma Madelinienne de mère n’a jamais été foutue de prononcer Tchaïkovski... Imaginez le prénom... Ça sonnait comme «chose y liche ».









Je sais... c'est pas correct rire de sa mère.

31 octobre 2007

Théologie 102

Haut-de-forme, perruque blonde, lunette extravagante.

Sous le veston de tuxedo, on devine une chemise espagnole. Le noir s’impose, je suis daltonien.

Ça donne un mélange de Willy Wonka et de Luc Plamondon... En réalité, c’est n’importe quoi, car je n’avais pas vraiment le temps d’être «concept».


J’ai souvent enseigné à l’Halloween, mais c’est la première fois que ça tombe sur une classe TC... Devant moi, une horde de zombies et de vampires. Il y a bien ce clown, mais il a l’air plus diabolique que le Satan de service à ses côtés.

Je sais... J’aurais dû faire quelque chose de différent, une «activité»... Mais dans mon minuscule local, il y a des instruments partout. Ce n’est donc pas évident de faire autre chose que de la musique. De toute façon, je suis prof de musique. Je ne fais pas ça moi des «activités». Je fais de la musique.

Zombie : Heille PMT! En qu'est-ce que t’es déguisé?

PMT : Tu ne me reconnais pas?

Zombie : Huh?

PMT : Le soir, quand tu te mets à genou sur le bord de ton lit et que tu fais ta prière, c’est à moi que tu parles.

Zombie : Huh?

PMT : Je suis Dieu!

Un vampire : T’es même pas Dieu!

PMT : Je le sais... c’est un déguisement.

Zombie : Cool!

PMT : N’est-ce pas?

Le vampire : Oui, mais Dieu y est pas blond.

PMT : Ah non?

Le vampire : Ben non regarde...

Il pointe une affiche au mur.

Zombie : Ben non épais, c’est le Doc Mailloux.














...

29 octobre 2007

Le Ritalin : la vérité enfin dévoilée!

Punché comme titre hein?

Je voulais juste vous dire que je me suis renseigné et tout confirme ce que vous pensiez : je suis une nouille et j’écris des conneries.

Si un enfant prend du Ritalin, il n'a pas nécessairement une cote. Dans le fond, c'est logique. Surtout si l'enfant a un déficit d'attention sans hyperactivité. Par contre, s’il est hyperactif (oh! le vilain mot...), en tant qu’enseignant, j’aime bien le savoir afin de mettre en place des moyens qui lui permettront de fonctionner sans s’attirer l’ire du prof, en occurrence moi...

Donc, si l’enfant n’est pas coté, c’est entre les mains des parents...

Je m'excuse de vous avoir enduit d'erreurs. Y a des mouchoirs sur le bureau là-bas...



...

28 octobre 2007

ADISQ

Je reçois parfois des courriels où on me demande des trucs. Les gens veulent savoir le titre d’une musique classique dans une pub, quoi écouter d’abord pour s’initier à l’opéra ou même ce que l’organiste devrait jouer à leur mariage...

Ce soir, c’est moi qui cherche des réponses, car je suis en train de me taper le gala de l’ADISQ et je me sens totalement inculte.

Première question :

Est-ce que le groupe Les 3 accords contribue à l’abrutissement généralisé du Québécois moyen ou on est déjà assez cave pour gober leurs textes et acheter leurs disques?

Deuxième question :

Pourquoi tout le monde dit que Patrick Normand est un guitariste génial?

Troisième question :

Y a-t-il un lien entre ces deux questions?

Je suis vraiment sincère en vous posant ces questions. Je joue du pop, mais je n’y connais pas grand-chose... J’ai écouté le gala seulement parce que j’ai le même coiffeur que Louis-José Houde et que j’ai un copain dans Mes Aïeux. Éclairez-moi quelqu'un, je ne comprends pas trop la game...






...

27 octobre 2007

Plogue


La fille qui tourne un reportage sur les élèves du projet sur lequel je bosse a sorti un film dernièrement. Comme je suis un bon gars et elle, une humaniste, je suis allé le voir.

Sans blague, je crois que j’y serais allé de toute façon. Vous en avez peut-être entendu parler, le titre c’est Le Ring.

En gros, c’est l’histoire d’un flo issue d’une famille dysfonctionnelle d’Hochelaga-Maisonneuve qui tripe sur la lutte. Le kid fait son possible, mais quand t’as le ventre creux et le coeur brisé, c’est pas facile la vie.

Les acteurs sont super bien dirigés et les images racontent d’elles-mêmes ce que Montréal veut cacher au reste du monde: ses rides, ses cicatrices et ses plaies. C’est un film dur, car on n’a pas d’autre choix que de se dire qu’on est tous un peu coupables. Sans être nécessairement responsable, on est coupable de fermer les yeux. Peu importe, allez-y. Si vous regrettez ensuite, rapportez-moi votre billet au Yulblog et je vous offre un verre. Vous allez voir que je suis vraiment casse-pied en personne...

La question qui revient toujours sur ce blogue : pourquoi je vous raconte tout ça?

Premièrement, comme tout blogueur qui se respecte, je suis imbu de moi-même et j’aime bien ploguer le fait que des cinéastes s’intéressent aux élèves à qui j’enseigne. J’ai bien le droit de triper par procuration, car après tout, le seul show de télé qui voudrait de moi, c’est Transformation extrême.

Deuxièmement, il y a un prof dans le film. Et là, ça n’a pas passé tout de suite dans ma petite tête. L’enfant se pointe à l’école et la prof l’oblige à faire un exposé oral, malgré que le jeune n’est jamais là, ne prend pas sa médication et que ça risque de virer en quelque chose d’humiliant pour lui. L’intervention de la prof est absurde pour quiconque enseigne en milieu défavorisé. C’est venu me chercher.

Y a des profs comme ça? Ouais! Y a des cons partout. Mais ce qui me dérange, c’est que le public aime bien taper sur les profs et vous connaissez la suite...

Par contre, je comprends. Les gens qui font un film ont une histoire à raconter et c’est parfois nécessaire de twister la réalité pour passer le message. Dans ce cas, laissez-moi vous dire que le message passe et pas à peu près. C’est donc correct que la prof du jeune soit une nouille de première.

Quelques petites choses à mettre au clair pour les non-initiés au merveilleux monde de l’éducation.

Le ritalin doit être prescrit par un pédiatre ou un psychiatre. Les histoires de prescriptions présignées dans le bureau de l’infirmière ou dans les poches du directeur, ce sont des légendes urbaines. Quoi? Vous connaissez quelqu’un que le fils de sa voisine et blablabla... Écrivez-moi avec le nom de l’école et de la personne (directeur ou infirmière) qui a fourni la prescription et je vous promets un belle grosse vague. Mais c’est pratiquement impossible... Beaucoup de gens sont tout simplement mal à l’aise de dire que leur enfant a réellement été diagnostiqué. C’est humain, c'est un choix, mais ce ne devrait pas être une raison pour taper sur l’école.

Donc, si un enfant prend du Ritalin, il a nécessairement une côte 12. Il n’est pas obligé d’être dans une classe TC, mais il doit avoir un suivi en psychoéducation. C’est la loi. Quoi? Vous connaissez quelqu’un que le fils de la voisine et blablabla? Effectivement, les parents peuvent signer un refus de service... ça arrive.

Alors, le p’tit prend du Ritalin et est suivi en psychoéducation. Il a donc un PIA: plan d’intervention adapté (anciennement PIP : plan d’intervention personnalisé... héhéhé). Si ça fait deux semaines que maman s’est poussée et que le jeune ne mange pas, si l’hygiène est déficiente et que l’enfant s’absente toujours de l’école, il y aura automatiquement un signalement à la DPJ et les travailleurs sociaux entrent dans le décor.

En passant, on a pas besoin d'une signature des parents pour faire un signalement à la DPJ.

Pourquoi je vous raconte tout ça? Parce que dans le film, on ne le dit pas, on ne le fait pas. C’est correct parce que c’est plate et de toute façon, le système ne fait pas de miracle.

J’en ai vu passer des jeunes comme le héros de ce film et lorsqu’on veut agir, on se rend compte qu’ils ne font que passer. Pas parce qu'on ne fait rien; ils déménagent avant qu'on ait le temps.

J’en ai vu aussi quelque-uns qui s’en sortent. Pourquoi? Parce que l’alarme a retenti assez vite et assez fort.

C’est pour ça que c’est important les films comme Le Ring.


Merci Anaïs.


Pis les autres, grouillez-vous à aller le voir. Ça fait drôle de dire ça d’un film, mais ce coup-là, c’est important!


Et en plus, la musique est très belle quand il se promène en vélo la nuit.









...

22 octobre 2007

Anatomie 101

Cet après-midi en quatrième année, on a parlé registre : soprano, alto, ténor, basse et blablabla. Comme exemple, je leur balance toujours le même truc.

Extrait du Requiem de Mozart
Tuba mirum








C’est bien parce qu’il y a du trombone...


Mais non... C’est bien parce que c’est d’abord la basse qui chante, suivi du ténor, de l’alto et ensuite de la soprano. On ne se rend jamais à la fin de l’extrait, car je les sens venir :

«On joue-tu là? C’est pas censé être un cours de musique?»

«Et toi, t’es pas censé être soumis et bien sage si tu ne veux pas couler ton année?»

«On veut jouer!»

Quand même, ça ne sert à rien de les provoquer et en plus, je ne suis pas vacciné contre la rage. Alors, on ne prend aucune chance et on coupe l’extrait après ce qui nous intéresse.

Ensuite, comme je suis juste et bon, on s’est aussi tapé un contre-ténor, une contre-alto et enfin, une soprano colorature. Quand je dis taper, je ne parle pas d’échange de fluide; je veux tout simplement dire qu’on a écouté des extraits musicaux. Avouez que vous êtes déçus...

«On jouera pas aujourd’hui hein? Tu vas juste parler...»

«T’en fais pas, je vais te laisser de l’eau et un peu de bouffe...»

«Hein?»

«C’est long une retenue de quatre heures.»

J’ai toujours rêvé d’être soprano colorature. Et vous?

Le deuxième air de la reine de la nuit
La flûte enchantée, Mozart









Ça, on l’a écouté au complet. C’est quand même moi le boss.

Bon. Ce que je veux vous raconter aujourd’hui, c’est à propos de Babette (c’est un nom fictif, tout comme «Prof Malgré Tout» qui n’est pas mon vrai nom...). Babette est d’origine africaine et issue d’une famille très religieuse. Si je «fake» les noms de ses frères et soeurs, ça donne un truc du genre : Prière, Cantique, DieuTruc et MachinDieu.

Moi qui prévoyais sacrifier un bouc sur l’autel de la musique afin d’assouvir Apollon... À ne jamais faire devant Babette. On fait quoi d’abord? Facile. On parle de couilles.

Couille!

«Vous savez, il y a quelques centaines d’années, les femmes ne pouvaient pas chanter dans les églises en Europe. Qu’est-ce qu’on faisait alors pour les voix de soprano et d’alto?»

«On prenait des enfants?»

«C’était une possibilité. Mais si on voulait plus de puissance ou même pour tenir un rôle à l’opéra?»

« ... »

J’explique alors comment la voix des garçons mue à la puberté. Je parle aussi de poil.

«Alors, qu’est-ce qu’on fait quand on veut une voix aiguë et puissante, mais qu’on ne peut pas prendre une femme?»

«...»

«On prend un petit garçon et on le castre.»

«...»

Pas de réaction.

«Qui a un chat ici?»

Un tas de mains se lèvent.

«Ils sont castrés vos chats?»

Peu de mains se lèvent. La castration n’est pas à la portée de toutes les bourses... et vice-versa.

«Vous savez ce qu’on leur a fait à vos chats chez le vétérinaire?»

«...»

On dirait qu’ils ne sont pas curieux...

«Jadis, il y a longtemps, maintenant, on ne le fait plus, ça fait super longtemps, c’est interdit, n’aillez pas peur, ça ne vous arrivera pas, etc. »

«Quoi?»

«On coupait les testicules des garçons qui chantaient bien»

Je vous laisse imaginer la réaction... héhéhé!

Première question :

«Pourquoi?»

«Pour empêcher la voix de muer. Les hormones qui font ça sont produites dans les testicules.»

Deuxième question:

«PMT... Comment ils faisaient pour faire pipi?»

«Tu fais pipi par les testicules toi?»

Troisième question :

«Ça veut dire qu’ils ne pouvaient pas avoir d’enfants?»

«Effectivement. C’est triste hein? Mais c’est une bonne question.»

Quatrième question :

«Comment on faisait pour choisir les petits garçons?»

«Des auditions?»

Pas certain que ça aurait été un grand succès. Je leur ai fait jouer ce truc :

Cliquez ici

Cinquième question :

«Mais là... si ils ne pouvaient pas avoir d’enfants, pourquoi c’est un enfant qui chante?»

«... Je préfère ne pas répondre à ta question.»

«Pourquoi?»

«Par professionnalisme.»

Et enfin, la dernière question, gracieuseté de Babette:

«C’est quoi un testicule?»


Man... quatrième année...


«Si tes parents ne te l’ont pas appris, ce n’est pas moi qui vais te l’apprendre. Désolé.»

Et là, je sors mon regard qui ne pardonnera pas à celui qui ouvrira sa grande gueule.

«On peux-tu jouer là?»

«Mets-en! Prenez vos baguettes. Mais n’oubliez pas les gars : méfiez-vous des bourses d’études en chant.»

Si y a un élève qui l’a compris, ce n’est certainement pas Babette. Je rigolais seul...






20 octobre 2007

Des fleurs pour Frédéric

La légende raconte que depuis sa mort, il y aurait toujours des fleurs sur le tombeau de Chopin.

Je ne suis allé qu’une fois au Père-Lachaise et il y en avait.


Frédéric Chopin
Nocturne Opus 9 No.2 en Mib majeur








Tamás Vásáry, piano






...

18 octobre 2007

Cadeau électoral




Vous savez ce que c’est que ce truc?

Un podomètre. Eh oui! Le machin qui compte le nombre de pas que vous faites.

Tous les profs de la CSDM en ont reçu un. On nous gâte hein?

Je tiens à remercier personnellement tous les contribuables qui par leurs taxes scolaires m’offrent ce charmant joujou. Merci, de tout coeur...


***

Le 4 novembre, il y aura élection scolaire et moi, je ne sais pas pour qui voter.

En début d’année scolaire, on avait 63 élèves au deuxième cycle. Trois classes de 21 élèves? Seulement la première semaine.

Maintenant, on a deux classes de 30 élèves et trois élèves se sont fait mettre à la porte. Ils doivent fréquenter une autre école. Maximum 30.

Le 4 novembre, il y aura élection scolaire et moi, je sais pour qui ne pas voter.

J’vous dirai c’est à combien de pas de chez moi...





...

14 octobre 2007

Super bon pédagogue

En camping cet été, mon «ami» Martin a expliqué à Fiston que rouge, c’est jaune et qu’en réalité, jaune, c’est rouge.

Martin est tellement un bon pédagogue que depuis ce jour, Fiston confond les deux couleurs.



Attends de voir le cadeau d’anniversaire de ton fils... gnark, gnark, gnark.






***


Je sais... il y a aussi l'explication linguistique. Comme en français, l'accent tonique est toujours à la fin du mot ou de la phrase, les enfants apprennent d'abord la fin des mots.

Par exemple, un hélicoptère devient "coptère" et non pas "héli". Arachide se prononce "achide" et non pas "arach".

Il est donc facile de confondre "ouge" et "jaune" qui sont assez proches phonétiquement.

Autre exemple : Un "pitou" devient un "toutou" et non pas un "pipi".

Vous pouvez donc dire "beurre de cacahouète" sans vous soucier des dégâts collatéraux.



...

13 octobre 2007

Autonomie 101

Ce matin, en revenant du parc avec fiston, je croise Sara : une belle grande Congolaise qui fait le projet.

PMT : Salut Sara!

Fiston : CAMION! CAMION! CAMIOOOOOOONNN!!!

Sara : Salut PMT! Ton fils?

PMT ( un doute dans le regard): Ouais...

Fiston : CAMION! TACTREUR! CAMION! TAC-TREEEEEEEEEEUR!

Sara : Il te ressemble...

Fiston : GROS!

PMT : Tu vas où comme ça? Y a pas de messe le samedi.

Fiston : GROS CAMIOOOOOONNN! ROUGE! JJJJJJJJJJAUNE!

Sara : Je vais à mon cours de baptême.


On prétend que les jeunes ne sont pas autonomes. Personnellement, ce sont mes parents qui ont préparé mon baptême. Et vous?

Mieux encore: elle était avec une copine!

Auto-socio-constructivisme religieux.

Conclusion : la réforme, ça marche en enseignement religieux.








J.S. Bach

Magnificat

Peter Schreier











...

11 octobre 2007

Vous avez gagné!

La saga des bulletins chiffrés est terminée et vous avez gagné. Ha-ha-ha...

Imaginez la ministre...

«Eh oui, chers parents. Comme vous savez ce qui est bon pour vos enfants et que leur réussite vous tient à coeur, voici donc des bulletins chiffrés.»

En français, pour la compétence «lire des textes variés», les parents comprennent donc mieux la note 75 % que la côte C. D’accord, mais ne rêvez pas en couleur. On ne vous balancera pas un 78.3% pour cette compétence. Ça serait malhonnête. À moins d’un changement majeur, votre petit chéri aura encore 75% à la prochaine étape (si on évalue encore cette compétence). S’il semble s’améliorer, il aura 85%. C’est plus difficile maintenant que les textes sont plus longs? 65%.Vous comprenez? Y a 65%, 75% et 85%. Castor, nuage et godemichet. Ou si vous préférez : C, B et A.

Mais vous voulez une moyenne? Avec des chiffres, on va vous balancer la moyenne de la classe. Avec les mots, on pourrait dire que le castor est dans les nuages quand il pense à son godemichet. Avec des lettres, on vous donne mieux. On vous donne la normale provinciale. C'est à dire C. C'est mieux qu'un moyenne de classe ça...

Revenons à nos moutons. Nous, on a reçu les directives en réunion et je ne me rase plus depuis pour pouvoir bien en rire dans ma barbe...

Mouton, raser, laine, dos, prof, auto-dérision, barbe, Fidel Castro. Concept hein?

Donc, le peuple veut des chiffres?

On lui explique que le développement d’une compétence, ça ne se mesure pas en chiffre.

Pas grave, le peuple veut des chiffres quand même.

On lui explique que le sommatif, c’est dépassé.

S’en fout! On veut des chiffres!

Oui mais, soyons raisonnables...

NON! On veut des chiffres. C’est-tu assez clair? Des chiffres ou on vote pour le p’tit Dumont!

Les nerfs... Vous voulez des chiffres? Alors, en voilà :

A = 90
B = 80
C = 70
D = 60
E = 50

C’est la directive qu’on a reçue.

Maintenant que vous les avez vos chiffres, on peut parler des vraies affaires?









...

Décrochage précoce

À propos du décrochage précoce


Dans les médias, on parle des jeunes qui décrochent psychologiquement de l’école dès la maternelle.

Est-ce qu’il y a quelqu’un qui enseigne au primaire et qui ne le savait pas?

Come on... Pourquoi on en parle maintenant? D'après vous?







...

09 octobre 2007

Déficit d’attention

Le papa de Saïb :

«Je pense que je souffre d’un déficit d’attention, mais que je ne m’en suis jamais rendu compte...»









...

07 octobre 2007

Badineries pour basson solo

Engouement.

Depuis quelques jours, je tombe sans arrêt sur des concertos pour basson. Espace Musique, 93.5 ou Radio-Classique, le même soudain engouement pour l’instrument. Étrange...

C’est quand même sympa le basson. Lors du bac en enseignement, on devait se taper le cours d’initiation aux bois (si notre instrument principal n’en était pas un). Pendant la session, on devait essayer deux instruments. Alors, comme je suis maso, j’ai d’abord choisi le basson.

Échange de fluide.

Comme j’avais déjà terminé tous mes cours de solfège, analyse, harmonie, histoire et instrument principal, mis à part le stage au primaire, c’était une session plutôt tranquille. Je me suis donc mis au basson de façon assez intensive. Je suis comme ça...

Après deux semaines, je commençais vraiment à plafonner. Je n’avais d’autre choix que de repérer la bassoniste la plus cute du département et de l’approcher pour lui demander quelques conseils. La première chose qu’elle m’a demandée, c’est la sorte d’anche que j’utilisais. Je lui montre alors le machin industriel que j’avais acheté chez Archambault. Ça n’allait pas du tout. Les bassonistes n’utilisent pas ces trucs. Ils font eux-mêmes leurs anches. La fabrication et le gossage d’anches représentent environ 50% du temps accordé à la maîtrise de l’instrument! C’est un art en soi.

La charmante bassoniste m’a donc demandé de sortir mon basson (poupée, tu veux voir mon basson?) et pendant que je l’assemblais, elle s’est mis l’anche dans la bouche pour bien l’humecter. Elle me tend alors la chose et me dit : «Prend moi salaud!».

Ben quoi, pas le droit de rêver un peu?

Elle me tend alors le truc et me dit : «Essais ça, elle sonne bien dans l’aigu.».

Eh oui... ce fut notre premier échange de fluide. Mais pas le dernier... J’ai pu essayer une anche qui était géniale pour les basses et une pour les détachés... un truc comme ça. Après quelque temps, je crois qu’elle me trouvait un peu «gossant» (notez la subtilité dans le choix du vocabulaire...). Elle m’a donc recommandé un grand barbu qui supposément gossait de super bonnes anches.

On n’aura jamais si bien dit.

Y a des jours, où on n’a pas le goût de pratiquer. Certains appellent ça le syndrome de l’étui. Une fois l’instrument entre les mains, on est parti pour quelques heures. Parfois aussi, on fait de la fuite. On se trouve autre chose à faire. Alors, il faut se parler. J’imagine un bassoniste :

«Bon... là, il faut que j’arrête de gosser et que je pratique.»

Le rituel

Comme je l’ai mentionné plus haut, dans la même session, je faisais mon stage au primaire. J’ai donc amené le basson dans mes stages pour présenter l’instrument aux élèves. Je sortais une pièce à la fois et j’assemblais l’instrument sans parler. Au début, les enfants ne comprenaient même pas que c’était un instrument de musique. Certains croyaient que c’était un télescope ou même une arme. J’avoue que ça peut faire penser au tireur d’élite qui assemble son équipement. Mais il faudrait être vraiment con pour amener une arme dans son stage. Je ne critique pas la méthode, mais je crois personnellement qu’il est préférable d’attendre d’avoir sa permanence avant d’utiliser ce genre d’outil de gestion de classe.



Formulaire d’auto-évaluation des stagiaires.

Considérez-vous que vous avez une bonne gestion de classe?

«Excellente»

Utilisez-vous le non verbal?

«Beaucoup»

Haussez-vous le ton?

«Pas besoin»

Utilisez-vous la technologie?

«Disons que je suis bien équipé...»

Utilisez-vous la menace?

«Jamais! Mais pour qui me prenez-vous?»


Un peu de musique, bordel










Antonio Vivaldi

Concerto pour basson No.26 (il en a écrit 39!!!) en Do.
Premier mouvement: Allegro

Daniel Smith, basson
English Chamber Orchestra, sous la direction de Philip Ledger

Le mec s’envoie aussi le continuo au clavecin en dirigeant... Et ma blonde qui dit que les hommes ne sont pas "multi-tâches"... Pfff...


Petite coda

L'autre jour à la radio, l'animateur expliquait que vers 1650, le basson fut très en vogue et que beaucoup de compositeurs lui dédièrent des concertos. Il se demandait pourquoi Vivaldi a attendu beaucoup plus tard pour en écrire.

Réponse : Parce qu'il n'était pas encore né.

Ensuite, il se disait qu'au nombre de concerto que Vivaldi a consacré à l'instrument, il devait avoir un bon ami qui en jouait.

Réponse : Il était responsable d'un d'orphelinat pour jeunes filles. Elles étaient cloîtrées et recevaient une éducation musicale poussée. Le basson était un des instruments enseignés. Il fallait renouveler le répertoire.

Peuvent pas engager des musicologues à la place de wannabe du star system?





...

05 octobre 2007

Petit déjeuner non compris

C’est important d’avoir des choix musicaux conséquents dans la vie. Par exemple, un samedi matin, pour ingurgiter des montagnes de croissants au beurre, pourquoi ne pas écouter Im Gegenwärtigen Vergongenes de Schubert (le passé envahit le présent... un truc du genre)?

Par Die Singphoniker







Succulent.


Petit déjeuner non compris...


Et comme je vous aime bien, j'en balance un a capella comme extrait du moment.








...

A nigh at the opera (part II)

Je vous ai parlé plusieurs fois de Fille Probophobique. Ici, ici et ici.

Ce soir, à l’opéra, elle était a mes côtés. Dans le premier acte, il y a une petite pause de 2 minutes.

Fille Probophobique : PMT?

Moi : Oui Fille Probophobique?

Croyez-vous vraiment que je l’appelle comme ça? Vous seriez surpris...

Fille Probophobique : Je trouve ça vraiment beau... trop beau!

Je me dis qu’elle en met un peu...

Fille Probophobique : Surtout quand Gustave parlait d’Amelia...

«tu es mon étoile, la seule que ne détient pas le ciel.»



En plein dans les dents de Prof Malgré Tout!

Je viens de me faire une amie.


***

Il est tard... passé minuit. J’ai reconduit le dernier élève (Wannabe) à 23h53... ouch.

Moi : Héhéhé... elle est sympa Fille Probophobique. Je trouve qu’elle a changé.

Wannabe : Ouais! Est comme pas pareil comme avant tsé...

Moi : C’est exactement ça que je voulais dire... Elle est moins peureuse. Tu te souviens quand je vous faisais entendre le Roi des Aulnes de Schubert?

Wannabe : Hein?

Moi : Ben oui... le truc avec le gars à cheval.

Wannabe : On n’a pas écouté ça...

Moi : Vraiment? Tu devais être absent. Il faut absolument qu’on se tape ça au prochain cours! À la fin, c’est génial... l’enfant est mort!

Wannabe : Ah!!! Ça! L’espèce de Bonhomme Sept Heures!

Moi : Oui!

Wannabe : Ayoye... J’ai été tout croche pendant quatre semaines après avoir entendu ça.

Moi : Come on... Fille Probophobique peut-être, mais pas toi...

Wannabe : Heille! On était en maternelle.

Moi : Impossible, vous étiez en quatrième année.

Wannabe : En première!

Moi : Impossible.

Wannabe : Maternelle ou première... je te le dis. J'ai vraiment eu la chienne.

Moi (dans le doute): T’es sérieux?

Wannabe : Non.



Petit salaud... Tu m’as bien eu.




...

04 octobre 2007

A night at the opera

Ce soir, je retourne à l’opéra. Mais attention, pas avec ma blonde, ni avec la vôtre. J’y vais en compagnie de certains de mes charmants élèves. Yep...

On ne parle pas ici d’une matinée symphonique ou d’une répétition générale devant public. On parle de la vraie affaire. Une soirée à l’opéra avec les messieurs en smoking et les madames en belles robes de princesse. Hum... j’devrais peut-être me raser.

J’ai déjà mentionné un documentaire sur les trucs qu’on fait avec les jeunes. Les réalisateurs ont sélectionné des élèves qu’ils suivront plus particulièrement tout au long de l’année. Comme cet année dans le projet, on adapte l’opéra «Un bal masqué» de Verdi et que cet opéra est présenté ce soir, pourquoi ne pas amener les gamins le voir et filmer leur réaction? C’est quand même pertinent.

En passant, tous les enfants du projet (une centaine) assisteront à un opéra cet année Par contre, pour toute sorte de raisons, pas celui-ci. Nous irons voir «Le Barbier de Séville». C’est quand même mieux que de faire venir un clown avec des ballons...

Pourquoi je vous raconte tout ça? Le nombril, man...

Je me regarde le nombril. C'est ça un blogue. Tu regardes ton nombril et t'en parle. J'assume.

De la dizaine d’enfants sélectionnés, deux ont dit qu’ils n’étaient pas intéressés. Pas de problème les boys. On est même content que vous nous le disiez maintenant. C’est mieux pour tout le monde, surtout pour la soprano avec quelques livres en trop...

Ce qui me trouble, c’est que plusieurs enfants sont super motivés à venir, mais leurs parents refusent. Je sais... ça va finir tard. On les ramène à la porte devant chez eux après le spectacle et de toute façon, ce sont des jeunes qui se couchent déjà plus tard que la majorité de leurs profs.

Ils ont quand même bien digéré le refus de leurs parents. L’habitude.

C’est triste, mais c’est comme ça. Problème de confiance.

J’ai enseigné à la grande soeur et je connais votre enfant de 6e année depuis la maternelle. Je ne serai pas seul. Avec moi, y a le directeur du service de garde qui est coordonnateur du projet et deux autres profs. Nous sommes pères de famille et en couple. Les mêmes jobs, les mêmes blondes, les mêmes enfants depuis pas mal d’années. Pas de casier judiciaire et si j’ai le temps de me raser, pas de barbe ni moustache.

En plus, il y a une équipe de tournage avec nous. Si on fait une connerie, vous l’aurez sur film!

Mais... nous sommes des étrangers.

C’est vrai! C’est quoi notre problème de vouloir amener des jeunes à l’opéra? C’est louche quand même. On prend notre pied en les cultivant? Méchante gang de pervers...

Plus ça approche, moins d’élèves peuvent venir. Les parents changent d’avis... Ils ne sont pas sûrs. On essaie de les remplacer à la dernière minute, mais ce n’est pas si évident que ça.

Et vous, laisseriez-vous votre enfant aller voir un opéra avec des profs? En passant, on a des billets au parterre. C’est environ 85$ le billet... Ce sera même possible de voir un acte des coulisses. On a des plugs... Je n’ai jamais fait ça avant. Vous?

Je vis sur une autre planète, hein?


Mise à jour : Je viens d'apprendre quels élèves m'accompagneront. Parmi eux, nul autre que Fille Probophobique!!! Yeah!

Dis-moi Fille Probophobique, es-tu nerveuse pour les chanteurs?

Le pire, c'est que depuis le début de l'année, je l'aime de plus en plus... Mais elle est de moins en moins probophobique.

Mais... on ne sort pas la probophobie de la fille en un été!




...

03 octobre 2007

Pour une nouvelle loi

Entre le CPE et le boulot, j’aime bien arrêter au dépanneur en vitesse pour prendre un deuxième café. La qualité de mon enseignement passe entre autres par là.


Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’aimerais bien si... que dis-je j’aimerais bien si? J’EXIGE une nouvelle loi!

Ouais!

On n’a pas le droit d’acheter de la bière après 23h00? Alors, pas le droit d’acheter des gratteux et autres billets de loterie avant 9h00.

Ça m’énerve... Ils en veulent toujours un de plus... Ça ne finit pas. Y a des gens qui travaillent, bordel.

On ne peut pas faire ça? Alors, qu'on les laisse acheter de la bière toute la nuit et ils ne nous les casseront pas le matin.





Aucune personne bénéficiant de l’assistance sociale n’a été blessée avant, pendant ou après l’écriture de ce billet.






...

01 octobre 2007

Il ira loin

À la fin du cours, même si ton équipe n’a pas gagné le collant, tout n’est pas encore perdu.

Blondinet : Hey PMT, t’as quel âge?

Moi : 39 ans.

Blondinet : Wow! T’es jeune.

Moi : Tiens, un collant pour toi.



Il devrait faire de la politique.





...

30 septembre 2007

Une autre soirée mondaine

Comme je suis un petit veinard, j’arrive de l’opéra. Au programme: l’histoire d’un ténor qui voulait coucher avec une soprano, mais y a une basse qui ne voulait pas...

Quoi? Encore la même chose?

Pas tout à fait. Cette fois, la soprano était la femme de la basse qui était le meilleur ami du ténor. Une petite nuance...

C’était chouette. Un Verdi obscur : un Ballo in Maschera (Un bal masqué).

Pourquoi obscur?

Verdi a écrit une trentaine d’opéras et disons qu’il y en a une dizaine de connus. La règle? Si je le connais, c’est connu.

Pourquoi?

Deux raisons : la répétition et le cinoche.

La répétition : Y a des airs de Verdi qui sont répétitifs et qui restent collés. Par exemple, celui que vous pouviez entendre dans ce billet.

Le cinoche (ça vaut aussi pour la pub): Un mafioso sans scrupule va à l’opéra et verse une larme. La toune devient populaire. Même chose pour la pizza qui vous fait saliver. Une question de glande je crois.

Malheureusement, ça ne s’applique pas à l’opéra Un bal masqué... qui pourtant, gagnerait à être connu.

Curiosité : l’opéra est en trois actes, mais il y avait parfois des pauses supplémentaires de deux ou trois minutes à rideau fermé. Ce n’est jamais une mauvaise idée de changer un peu de décor dans un opéra de trois heures et ça permet d’échanger un peu sur ce qu’on vient de se taper.

Pendant une de ces pauses, un type grisonnant me tape sur l’épaule.

Le type : Je vous écoutais parler de votre projet tout à l’heure à l’entracte, et j’aimerais m’entretenir avec vous après le spectacle. Je fais présentement mon doctorat sur l’avenir de l’opéra au XXIe siècle.

Comme il avait l’air plus friqué que moi et que je croyais qu’il me paierait un verre, j’ai accepté et je l’ai sagement attendu après la tombée du rideau.

Certains d’entre vous le savent déjà : je bosse sur un projet qui rassemble quatre classes de quatre écoles et qui prend racine dans un opéra. Nous, on fait une comédie musicale qu’on balance par la tête de plus ou moins 5000 personnes au mois de mai. Le projet fait d'ailleurs l’objet d’un reportage... j’en reparlerai un de ces quatre.

Alors, le type se pointe et ne me paye pas un verre...

On se présente et blablabla. Il me parle de son doctorat et je lui explique le projet, mais je demeure très humble.

Le type : Ah! Mais j’ai fait quelque chose de très semblable avec des enfants!

Moi (sceptique) : Vraiment?

Le type : Je leur racontais un conte de Nöel et ils faisaient des bruits avec des instruments. Ça mettait de l’ambiance.

Et là, je suis vraiment cool.

Moi : Ah oui! Un conte musical! C’est vraiment génial. Les enfants devaient aimer ça...

Pfff... Ceux qui me connaissent savent comment je peux être chiant. J’aurais bien aimé que vous me voyiez. Un vrai gentleman.

Anyway... quand le type va allez voir le site du projet, il va manger ses bas. Mais, il n’était pas con ce mec. C’est juste qu’il ne pouvait pas savoir; je suis tellement humble.

Peu importe, on a quand même discuté de l’avenir de l’opéra. Un musée qu’on visitera? C’est ce qu’il craint et moi aussi...

Pendant l’ouverture, j’écoutais les thèmes en me disant que j’allais en reconnaître plus tard tout au long de l’oeuvre. À un moment, je me suis demandé combien on était dans la place à faire ça...

On a essayé de vendre l’opéra aux bourgeois avec de beaux costumes, des histoires connues (Roméo et Juliette, La Traviata alias la dame aux camélias, Tristan et Iseult, Don Giovanni, etc.) des décors grandioses, des éclairages léchés et un snobisme garanti par le prix exorbitant des billets. À Montréal, on idolâtre un style vocal qui est subtil comme un 18 roues dans mon salon. Un style vocal... Une voix, ce n’est pas de la musique. Ce n’est qu’un instrument. Un outil...

Et la musique, on l’a déjà expliquée?

Une dernière chose. Et je sais, vous allez me traiter de facho.

Je n’ai rien contre les gens qui ont du poids en trop. Par contre, à l’opéra, ça saute aux yeux, même dans les choeurs. Bordel, c’est une question de casting... Quand la fille sur qui tout le monde tripe a 100 livres au-dessus de son poids santé, je décroche. On ne parle pas de potelée, de bien enrobée, de grassette, ce qui me plaît pas mal en général. On parle de morbidité. Désolé si le mot vous choque, mais c’est le terme médical. Au théâtre, est-ce que vous accepteriez que Juliette pèse 300 livres et Roméo 150 livres? Dans la vraie vie, ça serait super et surtout, pas mon problème. Mais là, on ne parle pas de vraie vie. On parle d’un spectacle. Si au cinéma, j’avais l’impression que je pouvais donner la fessée au Terminator, ça ne passerait pas dans ma tête. Alors, pourquoi à l’opéra il faudrait que ça passe?

Savez-vous pourquoi Callas (que je n’aime pas) était la plus grande? Son armateur de mari l’a fait maigrir. Il lui a dit : «écoute poupée, tou es la plousse belle voix, tou séras la plousse belle».

Même chose pour les mecs. Vous êtes trop gros les gars. Un chevalier avec votre tour de taille se ferait buter dans le temps qu’il faut pour chanter un contre-do. De toute façon, son cheval se plaindrait à son syndicat. En parlant de cape et d’épée... Si vous avez peur de vous faire mal, laissez-la donc dans le fourreau votre épée en plastique, parce que là, nous aussi on a peur pour vous et ça nous déconcentre.

Sur ce, Mère Indigne a raison : c’est excellent le Hautes-Côtes de Beaune!

Cheers


C’était quand même un super bon show.




...