02 décembre 2007

Théologie... musicologie... symbolisme? Pfff...

Y’a une des écoles du projet qui est très multiethnique. Pas trop, juste très. J’aime ça les écoles multiethniques parce que je n’aime pas les ghettos. Y a déjà eu une grosse clique de Jamaïcains dans cette école(watchalookin’at?), mais ils sont maintenant noyés dans le tsunami d’élèves venant d’Asie du Sud-Ouest.

Bon... j’avoue que la seule petite Québécoise de souche se sent un peu tout seul de sa gang, mais elle a juste à retourner dans son pays si ça ne fait pas son affaire. Tu traverses un boulevard et tu te retrouves chez les blancs francophones su’l’BS.

Bon, revenons à notre mosaïque culturelle.

Vous devinez donc que le soir, quand avant de fermer les paupières, ils font une dernière prière, ils ne s’adressent pas tous au p’tit Jésus. Ce n’est tout de même pas une raison pour ne pas en parler. On a quand même remis le compteur des années à zéro à sa naissance. Vous en connaissez beaucoup des gens pour qui on a fait ça? Par contre, je préfère en parler sans trop le nommer. On ne sait jamais...

Donc, je présente aux élèves, les bouts de musique du projet sur lesquels on va mettre des paroles. La routine, quoi...

PMT : Bon... là, ce que je vais vous faire entendre, c’est la musique lorsqu’on est chez Ulrica pour la première fois. Pas dans notre histoire, dans l’histoire originale. Dans l’opéra de Verdi. Écoutez très attentivement quand le choeur va chanter.

On écoute le truc en question







PMT: C’est cool hein quand le choeur chante?

Un élève : Comme un film d’horreur.

PMT : Exactement! Et nous, on va faire encore plus épeurant.

L’élève : Comment?

PMT : En utilisant un truc que j’ai piqué à Jean-Sébastien Bach... D’abord, voici à peu près l’arrangement qu’on va en faire.

On écoute le machin.








Soyez indulgents. Ce n’est qu’une maquette et faut faire simple au début. Ce sont des kids de 11 ans qui n’ont jamais fait de musique qui joueront dans les spectacles. Ils ont une seule répétition par semaine pendant quatre mois et n’ont pas d’instrument pour pratiquer à la maison. Les partitions, on oublie ça. Tout par coeur. En plus, il faut faire sur des petits claviers à 300$ et des instruments de percussion dont la moitié m’appartiennent (sont donc cheap...). Le plus pire, c’est qu’au théâtre, ça groove grave. Je plogue la guit électrique et on s’éclate. J’vous ai dit qu’il y a des élèves jamaïcains? Je n’ai jamais vu un élève jamaïcain poche en musique (faut dire que je ne fais pas de flûte à bec...).

Un élève : C’est comme genre la même affaire tsé, mais avec comme genre un beat.

Un autre : Yo! Y a pas de chorale?

PMT : Pas pour l’instant. C’était des machines qui jouaient et j’ai enlevé les bouts trop tough. Là, il faut réécrire des paroles en français.... avec le truc de Bach.

L’élève : C’est quoi son truc?

PMT : Une fois, Bach a écrit l’histoire d’un gars qui se fait clouer sur une croix par une gang de Romains.

Un élève : Je l’sais c’est qui!

PMT : Et on n’a pas besoin de le savoir... Alors, ce type qu’on clouait sur les planches, il n’était pas très friqué.

Un élève : Hein?

Un autre : Pas ri-che!

PMT : Ouais... y’était menuisier ou un truc du genre et ça ne payait pas trop dans le temps. Alors, pendant qu’on le vissait ben comme faut sur sa croix pour pas qu’y tombe et blesse quelqu’un, y a la gang de Romains qui jouaient aux dés pour savoir qui allait garder ses affaires... Parce que, devinez quoi... il va mourir!

L’élève : Ah! Je l’sais c’est qui!

PMT : On le sait tous, mais c’est comme dans Harry Potter, on ne dit pas son nom.

L’élève : Hein?

PMT : Laisse faire... Alors, pendant que le type saigne en masse, les autres jouent aux dés. Pas cool du tout. C’est même épouvantable. Y’avait pas grand chose à faire tirer le gars sur la croix. Une paire de sandalle, une tunique... C’est là que Bach a eu une bonne idée. Il s’est dit que si les paroles faisaient : patapouf, paf paf, boum boum patapouf, ça ne ferait pas très tragique. Il a donc choisi des mots avec beaucoup de «s» et de «ch» pour imiter le sifflement d’un serpent, qu’on associe souvent au diable. Ça peut donner un truc dans le genre : (je le chante sur la mélodie en question) Sasha s’achète du sushi et sèche sa chemise... On va faire la même chose.

Un élève : C’est qui Sasha?

PMT : Un castor modifié génétiquement pour exterminer la race humaine... Mais il est amnésique, donc y a pas de danger pour l’instant.

Un élève : On peut l’entendre la musique du serpent?

PMT : Malheureusement, je ne l’ai pas avec moi...


Pfff. C’est presque vrai ce que je leur ai raconté. Y a seulement un problème, la toune est en majeur et ça déménage plus que «swing la baquaisse dans le fond de la boîte à bois» et on dirait que le choeur est sur les stéroïdes.

Mais comme je vous aime bien...

J.S. Bach
extrait de la Passion selon Saint-Jean









L’évangéliste

Après avoir crucifié Jésus, les soldats prirent ses vêtements et ils en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d’un seul tissu depuis le haut jusqu’en bas et ils dirent entre eux :

Choeur

Ne la déchirons pas, mais tirons au sort à qui elle sera.
Swing l’évangéliste dans le fond de la boîte à bois.






















...

4 commentaires:

Malika a dit…

Moi, je ne parle plus de religion en classe. Je me tiens loin de tout ce qui s'y rapproche. Je ne parle même plus de Paul Claudel à cause de ça. La dernière fois, mes Sciences pures prônaient l'évolutionnisme, les catholiques hurlaient à l'hérésie et les autres (des machins-choses pas prononçable) murmuraient des prières en se bouchant les oreilles.

C'est fini. No way. Je ne parle même plus des vacances de Noël, j'appelle ça "La fin de la session".

Jhon a dit…

Bordel, j'aimerais assister à un de tes cours, rien que pour les feintes :P

Anonyme a dit…

Elle est très bien la maquette!
Profdemusicmoétou

crocomickey a dit…

Très tripant comme approche, même si j'ai 55 berges. Comprendre les notes et les mots ...