19 mai 2008

When you must to, you must to!

Moi, quand on a un congé de trois jours, je suis tout mêlé...

Par exemple, aujourd’hui, nous sommes lundi, mais j’ai l’impression d’être dimanche. C’est l’fun que j’en parle, hein?

Normalement, la semaine, on se tape toujours l’émission jazz d’André Vigeant en soupant, mais ce soir, comme j’étais certain d’être dimanche et que je suis allergique à Dorothée Berryman, j’ai balancé dans le lecteur le disque de musique baroque de Roberto Aussel.

Un incontournable.

Je l’ai rencontré à quelques reprises, entre autres au Domaine Forget où il donnait des classes de maître. C’est un chic type et en plus, il parle très bien français. Il se débrouille aussi très bien en anglais, mais il fait la même erreur que beaucoup d’hispanophones.

En espagnol, avant l’équivalent de l’infinitif, on place toujours un «a». Par exemple, «Nous allons jouer de la guitare» se dit «Vamos a tocar la guitarra». Donc en anglais, ils ont tendance à dire « we will to play the guitar». Pour ceux qui ne parlent pas anglais, on devrait dire : «we will play the guitar». Pas de «to» avant «play».

Petite curiosité... Tocar, c’est aussi le verbe toucher. Ils ne jouent pas les instruments, ils les touchent. Une toccata (oui, comme dans «toccate et fugue» de Bach), c’était donc à l’origine une pièce pour clavier. Un instrument qui produit les sons en touchant. Sonate, on souffle pour que ça sonne et cantate, on chante... Désolé si vous le saviez déjà; déformation professionnelle oblige.

Voici donc deux phrases qui revenaient très souvent quand il s’adressait aux Américains et autres anglophones qui passaient par là.

1- You must to continue.

Comme dans «you must to continue the crescendo until the end».

2- You must to practice.

Comme dans «you must to practice slower».



Pour ajouter au plaisir, le type a une voix assez particulière. On pourrait présumer qu’il est soprano...


Voici donc les règles. On divise la gang en deux groupes : les alphas et les betas. Chaque fois qu’il dit «must to continue» les alpha ont un point. Les betas gagnent un point lorsqu’il dit «you must to practice». L’équipe perdante payera la bière aux gagnants à la fin de la semaine.

Fascinant!

À la fin de la semaine, c’était quelque chose comme 31 à 30 (je vous le jure, on jouait vraiment à ça).

Dernier masterclass

PMT : Shit! 31 à 30... Va falloir payer la bière aux Ontariens. Au moins, ça ne nous coûtera pas trop cher, ça ne sait pas boire un Anglais!

Un américain : It’s not over dude... By the way, you know the difference between american beer and having sex in a canoe?

Désolé, ça ne passe pas au comité de censure.

PMT : Héhéhé

The same guy : And do you know the difference between a girl from Ottawa and jello?

PMT : Huh?

Pfff... Si vous croyez que je vais dire la réponse sur mon blogue.

PMT : Hahaha! I knew that one, but it was a jewish american princess.

My american friend : Shhhh. Listen dude...

Roberto : Seriously, you must to practice more...

PMT : Yes! 31 à 31.

Roberto : You really must to...

Mon ami américain : Damn it!

Roberto : Is important. You must to...

Et là, on est tous là, pendus à ses lèvres. Le type doit se demander ce qu’il dit de si passionnant...

Roberto : You must to continue!

PMT : Meeeeeerde!

Les Ontariens : YEAH!

Le responsable du stage : Merci beaucoup Roberto. Ce fut vraiment très instructif pour nous tous. Thank you very much. One last thing you would like to say?

Et là, de sa petite voix haut perchée.

Roberto : You are all very good but... you all must to continue to practice!

Tous : ...

Roberto : Yes. Continue to practice. You must to... Thank you...

Tous : ...

Bordel. On se disait en blague que dans l’éventualité où il dirait «you must to continue to practice», ça tomberait 0 à 0! Ça faisait trois jours que nous comptions les points religieusement et là, il le dit. Pfff.

On a quand même viré une méchante brosse ce soir-là et j’ai pu élargir mon répertoire de blagues grivoises dans la langue de Shakespeare.


Domenico Scarlatti
Sonate K533
Roberto Aussel, guitare

C’est bien entendu une transcription du clavecin.



















You must to buy this CD.


...

4 commentaires:

Pimpette a dit…

Oh, 0 tergiversation, c'est triste. Du coup, profitons-en pour abonder dans le lundi qui avait l'air d'un dimanche (mais le dimanche aussi, deux dimanches de suite, étrange) et abondons aussi dans l'allergie à Dorothée Berryman (mes réactines sont d'une totale inefficacité dans ce cas), pour le jazz d'André Vigeant (qui succède à DiscDrive à CBC R2 chez nous), mais, je suis curieuse, abondez-vous avec nous dans le concert animé par l'impeccable Mario Paquet?

gratien gelinot a dit…

pas vraiment intéressant ce texte. Au québec on essaie de parler français.
tu doit être un prof pourri. vas enseigner en Ontario svp rejoindre tes semblables

Prof malgré tout a dit…

Pimpette : Je ne connais pas l'émission de Mario Paquet... J'écoute très rarement la radio en soirée.

Pimpette a dit…

Ce sont simplement les grands concerts, à 20h, après Vigeant. Je n'avais pas non plus tendance à écouter la radio en soirée la semaine (d'ailleurs, ce sont les BBM les plus faibles de la semaine) jusqu'à ce que ma petite Tivoli One me soit offerte par le Père Noël. Depuis, après le jazz, pouf, Mario apparaît et on laisse couler jusqu'à 22h et parfois au-delà en écoutant The Signal à CBC R2.