29 janvier 2009

Deux mondes, une même compétence

Il y a environ sept ou huit ans, j’avais des petits groupes en quatrième année. Ce que je veux dire par «petit groupe», c’est 16 élèves par classes.

Il y a environ sept ou huit ans, j’avais un grand local. Ce que je veux dire par grand, c’est trois fois mon espace actuel. J’avais un piano dans le local. Comme c’est trop petit maintenant, j’ai un piano dans le local adjacent (qui n’est plus accordé d’ailleurs... ça servirait à quoi?).

Il y a environ sept ou huit ans, j’avais plus de temps pour préparer des cours. Ce que je veux dire par plus de temps, c’est que l’avant-midi typique consistait en deux périodes de 60 minutes au primaire et une période de 30 minutes au préscolaire. Maintenant, c’est trois périodes d’une heure chacune. Ne venez pas chercher vos élèves trop en retard s’il vous plaît...

Il y a environ sept ou huit ans, la réforme, même si j’étais sceptique à certains niveaux, j’étais prêt à l’essayer. Je disais même que je faisais déjà les chose comme ça (tu te souviens, Martin?). Maintenant, je dis «pfff».

Au lieu de faire deux classes de 16 élèves, la commission scolaire (ce n’est même pas la direction qui décide) fait une classe de trente élèves et les deux de trop sont envoyés dans une autre école (c’est vraiment cruel...). En passant, la classe de trente est en dépassement, car il y a des élèves TC (cote 12) intégrés qui en valent deux.

J’vous rappelle que je suis en milieu défavorisé.


Il y a sept ou huit ans, mes élèves de quatrième année se plaçaient en groupe de quatre et composaient de courtes pièces en ostinatos à quatre voix (minimum deux voix mélodiques, le reste pouvait être aux percussions à hauteurs non déterminées. Partie A et partie B, s’il vous plaît). Quand je m’absentais, je laissais comme préparation un truc du genre : «dites aux élèves de créer des trucs quatre par quatre et 15 minutes avant la fin, ils présenteront leur travail.» Les commentaires que me laissaient les suppléants étaient dithyrambiques. La compétence «inventer» était sympa.

Maintenant, mon groupe de quatrième bouffe du suppléant pour déjeuner. Ils ne sont que 28 , car on a eu deux déménagements. Ça donne un peu d’air... Mais sur papier, je crois qu’ils sont 32 ou 33 (les cotes 12). Les troubles d’apprentissage ne sont pas comptés dans ça.

Donc, la compétence «inventer des pièces vocales ou instrumentales », oubliez ça pour l’instant. Si on m’oblige à l’évaluer, je vais balancer un N.E. (non évalué) à tous les élèves. Oh, je sais... Dans le projet, je les fais composer des mélodies. Mais il y a un hic. Je le fais dans l’illégalité. Je laisse des élèves par groupe de quatre ou cinq sans surveillance dans des locaux fermés. J’essaie de faire le tour, mais comme je suis super sollicité...

Voilà où j’en suis. Je considère que je fais quand même ma job, car les enfants n’amènent jamais de crayons et de papier dans le cours de musique. On monte des tounes et on en écoute. C’est ça le cours. Ça s’appelle musique. Écrire des paroles de chansons, c’est connexe, mais ce n’est pas de la musique. Plamondon n’est pas musicien et Goethe de l’était pas non plus (à moins qu'il le fut en cachette, le salaud!).

Un élève qui balance des notes au hasard sur une portée avec un crayon et qui me demande de les jouer ensuite, je n’appelle pas ça composer. J’appelle ça du gros niaisage. Si on fait faire ça à un enfant et qu’on lui dit qu’il vient de composer, on le ramène au rang de débile profond et ça, ce n’est pas très gentil. Et s’ils utilisent des instruments, ce sont les plus doués qui ne veulent pas faire n’importe quoi et qui ont le désir de s’entendre qui sont les plus frustrés. La cause? Les débiles profonds qui piochent à côté.

En passant, il n’y a qu’un compositeur qui aurait pu inventer des pièces vocales ou instrumentales dans ces conditions : Beethoven. J’vous laisse deviner pourquoi.

Mais vous savez quoi? Je cherche toujours des solutions. Et quand j’en trouve, y a toujours quelque chose qui cloche. Par exemple ceci (faut voir les cinq films). Sérieusement, à première vue, on se dit que voilà, c'est possible. Le prof est bon. Les élèves semblent propres et bien nourris. J’en compte... 18! Le local est très grand. Les instruments sont en bon état et ils y a plusieurs ordinateurs. En gros, y a du fric dans l’air et ça sent la banlieue. Voulez-vous un commentaire raciste, c’est gratuit?

C’est tellement banlieue que même les Blacks n’ont pas de rythme. Flame on...

Personnellement, je ne ferais pas ce genre de truc parce que je trouve que les enfants passent trop de temps sans instruments, mais je respecte tout de même énormément le travail de cet enseignant.

Par contre, y a toujours un fonctionnaire qui n’est pas sur le terrain pour nous montrer ça et nous dire bêtement : «la compétence inventer, c’est possible».

J’les emmerde et je leur rappelle que j’enseigne à TOUS les élèves d’un groupe et qu’ils sont une méchante grosse gang.

Une dernière chose : si votre enfant se voit attribuer une note pour la compétence «inventer des pièces vocales ou instrumentales», demander lui ce qu’il a composé et dans quelles conditions. Tenez-moi au courant.

Y a ça aussi, où les enfants jouent encore moins... Mais ils ont des ordinateurs Apple. Mon fantasme! Si vous trouvez que je bitche trop, relisez le titre du billet.

Ciao.







...

22 commentaires:

Manumarilolo a dit…

1ere série de vidéos: C'est vrai que c'est en banlieue. J'ai enseigné là et ce prof est effectivement un excellent prof de musique. Pour l'école, faut quand même pas être trop sévère sur le fric... je ne pense pas qu'il n'y en ait plus que dans la grosse ville. Ce quartier de banlieue est même coté défavorisé (ok... peut-être pas autant qu'Hochelaga mais tout de même). Je peux dire aussi que côté "cotes", les TDAH affluent. Les multiethniques aussi... Et je me demande pour le nombre, s'il n'y en pas pas de cachés de la caméra (les parents n'ayant pas signé l'autorisation de diffusion sur le net.)

2e série de vidéos: Cette prof-de-musique-malgré-elle est aussi une excellente enseignante. Elle en a eu des groupes. Plusieurs. Disparates. Pas de local adéquat. L'enfer. Découragements. Mais là, elle réalise quelque chose de bien. Sur Apple certes, mais elle bosse en "ta...". Je lui lève mon chapeau. La réforme, elle se la retourne de tous bords, tous côtés.

Néanmoins, j'empathise avec toi. Je sais ce que c'est, ces groupes de 30 "primés" où l'harmonie est si... hétérogène. En tant que prof qui veut "projeter", ce n'est pas toujours possible. Ça dépend du groupe, du nombre et de la chimie. J'ai déjà réussi un spectacle de théâtre avec 2 groupes de 30 avec peu ou pas de moyens et c'était extra. L'année d'après, avec 25, c'était impensable de reproduire la même chose.

Et psssttt... j'ai déjà fait ça moi aussi... N.E. pour tous en ERC. Là, ça n'existe plus mais avec les superbes formations ultra explicites qu'on a reçues sur l'éthique et culture religieuse, je pense encore que je vais encore réutiliser ces deux petites lettres...

On fait ce qu'on peut. Et on le fait parce qu'on y croit. Tu aimes ce que tu fais. Tu aimes tes élèves. Tu leur enseignes la musique. C'est héroïque. Continue! Et parfois, faut pas trop se comparer... Ce n'est pas dans les compétences de toute façon! ;)

Stéphanie Fortier a dit…

Je peux commenter la première série de vidéo, puisque j'ai pu rencontrer cet enseignant, lors d'un stage.

L'enseignant de musique de l'école Ste-marguerite est fantastique. Il lance des gros projets, va s'y consacrer corps et âme. Même si cette école est classée dans un milieu défavorisé, ils ont des prêts et des dons. Lors de mon stage, l'enseignant avait un prêt d'une trentaine de djembés, ce qui est assez exceptionnel.

Côté élèves, il fait des miracles. C'est un milieu assez multiethnique et défavorisé par endroit. Il suffit de prendre l'autobus scolaire avec eux et nous arrivons dans des logements et HLM. Il y a donc deux types d'élèves.

Bref, il n'y a pas toutes les écoles qui peuvent faire cela, mais rien n'empêche de faire des miracles avec le peu qu'on a.

Pour la deuxième, je n'ai pas encore eu la chance d'aller travailler dans cette école.

Autrement, je suis certaine que vous êtes un enseignant génial, même si vous n'avez pas ces ressources-là.

Prof malgré tout a dit…

Vous êtes gentils et surtout, merci d'avoir compris que je respecte ces deux profs. Mais vous trouvez vraiment que ces enfants ont l'air défavorisés?!?

J'n'aurais pas fait un dîner de cons avec des profs poches sur ce blogue. Ils sont bons, c'est clair.

Ce qui me cause un problème, c'est qu'à chaque fois qu'on veut nous montrer la faisabilité de la réforme, les ressources sont exceptionnelles et le nombre d'élèves irréaliste.

Le professeur masqué a dit…

PMT: je partage ton point de vue. On fait toujours le coup de culpabiliser les gens de ne pas faire... en leur montrant des exemples qui ne s'appliquent pas à leur milieu.

Prends les écoles pilotes qui ont expérimenté la réforme. Elles ont eu des ressources que les autres n'ont pas eu.

Manumarilolo a dit…

Il faut scruter le budget de ta direction... Ils ont toujours de l'argent de caché qqpart pour les projets "réforme"! Surtout si ce projet est bien fondé... Et il y a toujours le petit journal de la commission scolaire, et les C.P. qui, mis au courant, pourraient aider à faire de la pression. En tout cas, ça fonctionne de mon bord! Faut juste être un peu "fatiguant"...

Prof malgré tout a dit…

Les écoles pilotes, c'est nous rire en pleine gueule. Et que dire des enseignants qui ont vécu l'expérience et qui ont trouvé ça merveilleux? Spoon feeding?

Il ne s'agit pas de fermer les yeux deux minutes pour savoir ce que c'est d'être non-voyant.

Prof malgré tout a dit…

Manu : Je connais assez bien mon directeur. On bosse ensemble depuis maintenant 9 ans et je pense être dans ses bonnes grâces. C'est possible qu'on ait une enveloppe pour les projets "réforme", mais de là à demander "est-ce que je pourrais prendre seulement 20 élèves aujourd'hui? C'est pour la réforme...".

Pas sûr...

Anonyme a dit…

Ayoye PMT, une chance que la machine à café est réparée...Ta vision se rapprochait beaucoup du nombril...y avait d'la mousse!!!
mdr

Profdemézicmoétwo

Prof malgré tout a dit…

?

J'pense que je ne compare pas les profs, mais les milieux et que c'est clair.

Y a quelqu'un qui n'a pas compris ça?

ADQ peut-être?

Anonyme a dit…

Bonjour,

Je vais sortir de l'anonymat, je suis l'enseignante de la 2e série de vidéo. Première chose à savoir, j'avais la chance de voir mes élèves 5 périodes par 10 jours, donc 2h30 par semaine: 1h en art dramatique et 1h30 en musique.

Toute la section ou les élèves font la vidéo a été réalisée pendant les cours d'art dramatique. Nous avons un peu élargi le sujet en voyant des métiers rattachés au film et à la télévision.

La vidéo montre 2 projets en 1: Réaliser un film d'animation et 2: Composer la musique d'un film. Dans le cadre du 2e, nous avons regardé des séquences de film avec musique pour voir l'impact que la musique avait sur l'image. Parfois le même film avec une musique différente qui donne un sens différent à l'image. C'est là que, pour bien des enfants, le à quoi sert la musique prend tout son sens.

Pour faire et filmer la vidéo, j'ai vu des élèves au dîner, à la récréation et parfois, certains avaient la permission de sortir de classe pendant mes périodes libres. Ce genre de projet demande du temps, beaucoup de temps, mais pour le moment, j'ai envie de l'investir auprès d'eux. Je n'aurai probablement pas toujours le temps de faire ce type de projet avec mes élèves alors j'en profite maintenant. J'ai sélectionné le groupe qui allait faire le projet. Je n'aurais pas pu le réaliser avec mon autre groupe dans lequel une dynamique bien différente régnait.

La première série de vidéo, tu comptes 18 élèves oui, mais ce sont les 18 que nous avions l'autorisation de filmer. La classe en comptait bien 29, comme la grande majorité des classes de 4e de notre commission scolaire. Les élèves, tout comme dans le projet que j'ai fait avec les miens, s'est déroulé sur une longue période de l'année.

Oui, j'enseigne dans une école favorisée dans laquelle nous avons la chance d'avoir une fondation qui permet aux élèves de bénéficier de matériel supplémentaire. Les enfants font 2 campagnes de financement par an et nous avons une équipe de parents qui gère ces campagne. Pour arriver à vendre des trucs comme ils le font, les enfants on un nanane au bout, ils prennent une partie des profits pour acheter des prix à faire tirer dont, chaque année ou presque, un vélo neuf. Les parents, la famille et les voisins ont les sous pour acheter le café, chocolat et le savon à main vendu par nos élèves. Ils sont privilégiés. Toutes les écoles ne pourraient pas tenir ce genre de campagne de financement, j'en suis fort consciente.

Nous avons un labo portable de 16 postes mac, un mur d'escalade dans le gym, des modules de jeu sur la cour qui est lignée de toutes les couleurs, mais cela n'amène pas nécessairement la motivation des élèves qui ont déjà tout vu. Il est difficile d'émerveiller cette clientèle qui obtient tout à la maison. Mes élèves mangent chaque matin, mais le plus choquant, c'est qu'ils ne se rendent pas compte que tous n'ont pas la même chance. Chaque milieu a ses avantages et ses inconvénients et ce n'est pas toujours évident d'être "juste" prof aux yeux de certains parents. Mes élèves ne savent pas apprécier, surtout quand ils ont droit juste à 1 chocolat chaud pendant le carnaval ! Ils nous font la critique par la suite et cela va même jusqu'à gâcher l'activité pour certains.

Pour en revenir au projet, toute l'étape de la recherche d'information était nécessaire pour le film et la SAE qui devait remplir toutes les normes puisqu'il s'agit d'un projet subventionné (la ligne du temps virtuelle). Cependant, je vous avoue que cette année, alors que je reprends cette activité avec mes deux classes de 6e année, cette phase n'aura pas lieu. Les enfants sont actuellement à faire leur scénarimage. Ils ont trouvé leur idée, leur mode d'animation, fait la liste du matériel nécessaire. Le tournage aura lieu dans les prochaines semaines et après la relâche, ils entreront sur le volet musique ou ils devront composer une mélodie et un accompagnement afin de donner du sens à leur vidéo. Alors qu'ils font leur scénarimage dans les périodes d'art dramatique, ils sont dans un autre projet pour la musique ou ils composent une pièce de forme ABA en ostinatos à la STOMP. Ils touchent les instruments partiquement tous les cours de musique. La vidéo ne montre pas tout ;)

Ce n'est pas le genre de production que je pourrai faire éternellement. Je changerai peut-être d'école l'an prochain ou dans quelques années. Je devrai alors trouver des projets différents et faire avec ce que j'ai. Là est la force des enseignants en musique: s'adapter. Je crois que je serais par contre folle de me priver des ressources exceptionnelles avec lesquelles j'ai la chance de pouvoir travailler cette année. Vais-je me priver de les faire parce que d'autres n'ont pas la chance d'avoir le matériel nécessaire ? Si tu savais comme je t'envie avec ton projet d'opéra chez les enfants !!! Tu as la chance de travailler avec une équipe alors je que je suis seule à tenter d'ouvrir les yeux de mes élèves face aux arts dans l'école. Tu as, dans le cadre de ce projet, des ressources humaines et un projet concret afin de faire découvrir la musique classique à tes élèves. Je ne pourrais pas faire cela... l'herbe est souvent plus verte chez le voisin ! J'ai parlé à quelques reprises de ton projet à mes élèves, ils ont été vraiment impressionnés de voir que des jeunes pouvaient faire cela !

En passant, Apple prête des labos portables aux profs qui veulent réaliser un projet avec leurs élèves... tu peux t'informer au RÉCIT national des arts, ils en ont parlé lors des formations au colloque 4 arts.

bobbiwatson a dit…

PMT, ne vous laissez pas neutraliser pasr la réforme! On se fout des écoles pilotes: continuez à faire connaître la musique à nos enfants. J'ai certaines connaissances musicales et une certaine expérience musicale, aussi, et je sais pertinamment que les enfants ont et auront de plus en plus besoin de la musique pour les ramener sur terre.
Merci à vous :)

Prof malgré tout a dit…

Bobbi : OK!

Anonyme qui est en fait la prof du second vidéo : J'espère que je ne vous ai pas blessé. Ce n'était pas mon but. J'ai réfléchi avant de faire ce billet et j'ai fini par me dire que si je me censurais ici, j'allais devenir un amant pathétique... Oups, je m'égare.

J'admire ce que vous avez fait avec les élèves. J'en bave... Je suis jaloux et pas seulement des ressources; de toute la planification que ça a du vous demander. Sincèrement, bravo.

La raison du billet, c'est que lorsqu'on gueule que la compétence inventer est impossible à faire, on nous pointe toujours vers des projets comme le vôtre (ou même le mien...). Nous avons des ressources inhabituelles et nous ne les aurons peut être pas toujours.

C'est comme montrer à un jeune qui ne court pas vite la finale du 100 mètres au olympiques et lui dire bêtement : "tu vois, on peut courir 100 mètres en moins de 10 secondes. Maintenant, fais-le!"

Le programme du ministère ne peut pas demander à tous d'être exceptionnels et de travailler dans des conditions exceptionnelles.

Ce que je veux voir, c'est comment réaliser la compétence inventer avec 30 élèves de troisième année (ehdaa intégrés s-v-p) dans un petit local et que ça ne sera pas de la bullshit du genre "je dessine un graphique sur lequel nous allons improviser ensuite". J'n'ai rien contre John Cage, mais je n'idéalise pas sa démarche pour les enfants.

Je ne sais pas si vous lisiez ce blogue avant ce billet, mais je suis très heureux de votre présence ici.

J'ne cours pas tellement les rencontres de profs de musique, mais qui sait...?

crocomickey a dit…

Ya un avantage à votre job : Saint-Pierre (c'est le bonhomme à la porte d'entrée) vous donnera un laisser-passer automatique et amplement mérité.

Prof malgré tout a dit…

Croco : Y a aussi un désavantage à la même job : avec ce qu'on voit, on a la certitude que dieu n'existe pas.

C'est juste un jeu de mots. Je suis avide de foi. (à vide?)

Anyway. Je suis croyant, mais pas comme dans les religions.

Anonyme a dit…

Grr, ça m'énerve, je n'arrive pas à entrer un commentaire avec mon compte google... j'utilise alors anonyme !

Prof malgré tout, je ne suis pas du tout fâchée par votre billet. Je suis une lectrice assidue de votre blogue et nous nous sommes déjà parlé sur un autre forum où des profs d'art discutent. Je voulais simplement remettre en contexte le projet et rassurer tous les profs de musique qui changent d'école chaque année que je ne me lancerais probablement pas là-dedans à une première année dans une école même si j'en avais le matériel. À une heure par semaine, au bout d'un an, les élèves te testent encore !

Au niveau planification, encore une fois, il faut relativiser... nous avons eu 5 journées de libération échelonnées sur 5 mois afin de mettre en place toute la paperasse et préparer les documents et les étapes du projet. Nous étions entourés par une équipe de 3 CP, j'étais loin d'être seule à travailler derrière la caméra.

Effectivement, en formation, on nous montre de beaux grands projets comme ça et on nous dit: "Vous voyez, on peut créer!" et c'est parfaitement vrai, on peut créer... mais de là a pouvoir créer avec n'importe quelle classe, ya une marge. D'ailleurs, je n'ai pas encore touché à cette compétence avec mon 1er et 2e cycle cette année... Comment créer avec 22 enfants de première année ??? Je me le demande vraiment encore ! (surtout que je les vois en après-midi!)

Prof malgré tout a dit…

Mon dieu... Enfin, des profs de musique lucides...

Sérieusement, je crois que j'avais perdu espoir en mes semblables, mais c'est en train d'émerger.

Il y a quelques années, lorsque j'allais dans des perfectionnements, on commençait toujours par un tour de table durant lequel les profs pleurnichaient parce que les élèves de sixième de les respectaient pas et qu'on coupait musique dans les écoles.

De l'autre côté, il y avait les profs dans la ouate qui se pensaient merveilleux, mais qui ne reconnaissaient pas tout ce qui était mis en place autour d'eux pour que ça fonctionne.

J'ai donc décidé de ne plus assister à ce genre de conneries et de faire bande à part... Fontaine, je ne boirai pas de ton eau?

J'pense qu'il est temps que les profs lucides prennent la parole et vous en êtes une.

En passant, moi aussi j'ai une classe de 22 première année et tous les forts (sauf deux ou trois) sont dans la combinée première-deuxième. Dans mon milieu, le ratio en première est de 18 élèves. Comme en première, les dossiers ne sont pas encore montés donc y a pas de cotes 12. Je dirais qu'il y a environ 6 ou 7 enfants qui pourraient avoir la cote 12 dans cette classe. Ça ferait donc sur papier un classe de 28 ou 29 élèves en première année. Méchant gros chèque de dépassement pour le prof, mais ça ne couvrira pas les frais de psy.

Anonyme a dit…

bizarre...j'vous ai poutant lu sur un site où vous vous plaigniez de minutes que vous faites de trop...et les autres profs de musique seraient donc des...bip!!!...Bip
Profdemusicmoétou

Prof malgré tout a dit…

Plaindre ou interroger?

Pour ce qui est des autres profs de musique, c'est sûrement la discipline où il y a le plus d'incompétent. Vous n'êtes pas d'accord? Quand quelqu'un demande les partitions d'une toune à trois accords ou n'est pas foutu d'arranger un musique pour enfant, mais que cette personne se prétende prof de musique, je parle d'incompétence effectivement et je trouve que ce n'est pas bon pour la profession. Je ne m'en cache pas.

C'est quoi votre problème? Vos commentaires sont souvent déplacés et parfois de mauvais goût. Êtes-vous comme ça dans la vraie vie?

Anonyme a dit…

Mon problème c'est que j'ai commencé à vous lire au début et que j'trouvais votre vision intéressante mais il arrive que j'trouve que vous avez la science infuse collée à la gueule. On dirait que vous vous montez sur un pied d'estrade et que vous tapez sur les têtes qui dépassent un peu.

Exactement comme votre dernier commentaire. Alors, j'vais faire comme la dernière fois et vous souhaiter une «joyeuse Saint-Jean Baptiste». La dernière fois, c'était au mois d'août j'crois. J'vous avais souhaité «Joyeux Noël».

On est pas fait pour s'entendre! C'est sûr c'est sûr!

profdemusicincompétentmoétou

Prof malgré tout a dit…

Alors, cassez-vous.

Anonyme a dit…

Pour enseigner la musique pour vrai, faudrait enseigner à l'école primaire Le Plateau, voilà une école à vocation musicale.

Prof malgré tout a dit…

Le Plateau...

J'ai un gros questionnement sur cette école : une partie de son financement vient du programme de soutien à l'école montréalaise, car ils vont chercher des élèves en milieux défavorisés. Le problème, c'est que plus de la moitié des élèves qu'ils recrutent dans nos quartiers sont loin d'être défavorisés et certains parents poussent pour y envoyer leurs enfants même s'ils n'ont rien à foutre de la musique.

Sinon, comment font-ils pour payer les instruments, le transport, les concerts, les profs supplémentaires, etc. Pour les élèves doués qui n'ont pas beaucoup de ressources à la maison ou même les élèves très talentueux en musique, ça passe. Mais pour ceux dont le seul but est du fuir l'école de quartier, j'ai mes réserves.

En passant, c’est évident que, sauf exception, nos élèves les plus forts en classe, les plus autonomes, les plus sages, ne sont pas les plus défavorisés. Sauf exception...

Y a des élèves malheureux à cette école. Des élèves qui n’ont pas de facilité en musique et dont les parents ne sont pas mélomanes pour cinq cennes, mais qui pourtant, ont poussé pour que leurs enfants fréquentent cette école.

Ils ont même un orthopédagogue cette année: pour les enfants qui ne réussissent pas à suivre le rythme accéléré exigé pour pouvoir faire de la musique tous les jours pendant le temps de classe. Personnellement, je pense que ces enfants réussiraient dans une école «normale» et que cet ortho serait plus utile ailleurs.

Ce n’est qu’une hypothèse et je me trompe surement... Par pitié, dites-moi que je me trompe. Démontrez-le, s’il-vous-plait. Sincèrement. J’aimerais avoir un peu plus de foi en notre système.


Vous me connaissez, hein? Vous saviez que j'allais répondre ceci. Je pense que c'est normal de se questionner.