26 mars 2010

Les professionnels

J'viens de lire un truc intéressant chez Prof MasquÉ (avouez que c'est beau la majuscule sur le é...).

D'ailleurs, c'est comme l'EnSaignant. S'il avait du chien, il mettrait un S majuscule, mais ce n'est pas donné à tous.

De quoi je me mêle? Justement... de quoi je me mêle? J'aime bien les professionnels de mon école: tous gentils, tous compétents et surtout, tous professionnels. Mon seul problème, c'est justement le "de quoi je me fukin' mêle?".

Oui, je suis curieux et je pose trop de questions. Je sais que je ne devrais pas: je suis juste le prof de musique.

Hum... J’ai le goût d’arrêter ce billet dès maintenant. Je sais que des personnes que je ne vise pas se sentiront quand même la cible de mes conneries et même s’ils ne lisent pas les futilités que j’écris ici, quelqu’un va se faire le plaisir de l’imprimer et de tout balancer dans leur pigeonnier.

Moi, parano? Pfff... C’est déjà arrivé. Chouette façon de découvrir un blogue...

Je donne un exemple : tu es blonde, des yeux magnifiques et même si tu n’as pas lu Zola, je viens à toi chaque lundi après-midi après avoir passé une heure apocalyptique avec notre charmante classe de deuxième année. Tu acceptes toujours de me parler pour m’aider à comprendre ce qui se passe dans ma classe. Quand ça va bien, pour que ça se reproduise et quand ça va mal, pour essayer de comprendre pourquoi. Désolé pour le glamour, mais ce n’est pas toi qui as inspiré ce billet. Allons... Tu vas t’en remettre.

En fait, je ne parle de personne en particulier. C’est un message «je» comme dans les livres de psycho que je refuse de lire tant que j’n’en ai pas fini avec John Irving. Ce n’est qu’une impression. Un cri du coeur (pfff... j’ai écris ça, moi?!? Héhéhé).

Ça va?

Ben voilà... Le billet commence ici. Ce que j’vous ai raconté avant, c’est une espèce de préface bidon.

N’importe quoi. On s’en balance.

Go!

J'ai jeté l'éponge cette année. J'ai trop de mal à savoir lesquels de mes élèves ont des suivis (psychologie, orthophonie, etc.). Même si je connais les raisons de certains silences (confidentialité, professionnalisme, etc.),je ne suis pas d'accord.

Je ne veux pas savoir la vie de l'enfant dans tous ses détails. J'voudrais juste savoir s'il peut comprendre ce que je lui explique pendant mes cours... Je n'ai pas l'intention non plus de me taper des rencontres de plusieurs heures pour un jeune que je vois 55 minutes par semaine. Ce n'est pas moi l'orthophoniste, le psy ou le whatever. J’veux juste savoir si le jeune me niaise ou ne peut vraiment pas comprendre ce qui est évident pour le reste de la classe. J’veux savoir s’il n’y a que moi qui s’interroge devant certains cas.

J'ai un élève avec une déficience légère. On ne m'a jamais mis ça sur papier. Je le sais parce que je l'ai demandé. Par contre, chaque fois que je demande si un élève a eu une évaluation psychologique, on me regarde avec des gros yeux. Et quand on me parle, on me dit presque invariablement : j’suis pas censé te dire ça, mais...

Je décroche. Je ne veux même plus le savoir. Je déclare donc (pas solennellement quand même) qu’il y aura désormais deux catégories d’élèves dans ma classe : les normaux et ceux qui ne comprennent rien, j’ai nommé, les débiles profonds.

Pas professionnel?

Évidemment que ce n’est pas professionnel; je suis enseignant. On ne peut pas tout être, mais ça va, y a pas de sots métiers.

Et ceux qui n’ont pas compris que je fais dans le sarcasme, et bien, je vous souhaite la bienvenue dans la deuxième catégorie.


Je vous laisse méditer là-dessus en écoutant le troisième mouvement du concerto de Webern.


















...

11 commentaires:

Hortensia a dit…

J'ai ri un bon coup, mais ça ne veut pas dire que c'est drôle! Salutations en passant PMT.

unautreprof a dit…

!!!
Moi ça me dépasse!

On se plaint que les profs de musique et arts et cie sont en général déconnectés des difficultés de nos élèves et lorsqu'un comme toi est au contraire sensible et conscient de l'importance de connaître aussi les limites de certains jeunes (personnelles, académiques, attentionnelles, alouette!), on le lui refuse?
Sérieux, viens travailler à mon école;)
On a des poqués aussi tu sais...

Prof Malgré Tout a dit…

AutreProf : Moi? Sensible et conscient? Il faut que tu parles à ma blonde!

Ce n'est qu'une perception.

Hortentia : Hey!

Mahi a dit…

Moi aussi ça me dépasse...
Je fais présentement mon dernier stage en classe d'accueil, et ce qui me frustre encore plus c'est que les services de professionnels soient refusés à mes élèves à mon école (prétextant qu'ils sont -déjà- dans une classe "spéciale").
Quand tu dis que dans ta classe, il y a les normaux et les "débiles profonds"... ben moi je ne peux y mettre d'autre mot non plus. J'ai des élèves qui progressent à une lenteur époustouflante, il est clair qu'ils souffrent d'un certain trouble d'apprentissage... Mais hop, pas le droit à une évaluation, pas rien! Donc je dois dealer avec moi même. Ça a donc l'air que c'est MOI, la professionnelle, maintenant? Yééééé...

unautreprof a dit…

ben là j'parle pas de toi dans ton couple tsé;)

Anonyme a dit…

Le Québec a clairement mal à ses écoles...

Ça donne envie d'enseigner soi-même au siens, parce que des bureaucrates décident de ce qui est « bon » pour nos enfants sans jamais les avoir vu de leur vie. Au lieu de de tenter de faire des réformes, occupez vous donc des enfants qui ont besoin de vous, bande de c...s!!!!!!!!

Encore une fois, je te lève mon chapeau, ainsi qu'à tous les profs qui tentent de garder leur santé mentale en pataugeant dans ce foutu système de dingue.

AVa

L'engagé a dit…

Pour en rajouter, laissez-moi encore une fois scander mon slogan :

Le problème du monde en éducation, c'est que ce n'est pas assez un problème pour le monde hors de l'éducation.

En santé, est-ce qu'un professionnel tolèrerait de devoir intervenir sans avoir connaissance du dossier. Dans certains cas, on fait de la « microchirurgie didactique » avec nos élèves, on aimerait bien savoir qu'ils ne tolèrent pas certains traitements et que l'on risque de provoquer un coma.

La digresse a dit…

C'est pareil au secondaire.

Parfois, c'est même l'enfant qui me dit lui-même qu'il a tel ou tel problème, qu'il a droit à telle ou telle mesure (par exemple, un tiers de temps supplémentaire pour les examens parce qu'il a de la dyslexie). Bien sûr, soupçonnant une entourloupe, je vérifie... et c'est bien vrai. Evidemment, le jeune me le dit au mois de décembre alors que son problème est connu depuis septembre!!!

C'est tellement pas logique... et tellement pas efficace.

Martyne l'intellex a dit…

Rire. Joie d'être dans la catégorie #1. Et... ah... v'savez? Envie de faire de quoi, sans savoir quoi et comment.

Pierre-Leon a dit…

Pas te connaître, j'dirais que t'en fumes di bon ! ;-))

Ce commentaire s'arrête ici...

Mais pas vraiment.

hehe

A+

Prof Malgré Tout a dit…

Fumisterie!