03 juillet 2007

Corneille

Ben non... pas le chanteur.

Il y a des modes pour tout : les fringues, la bouffe, la musique... tout ce qui se consomme quoi. Il y a même des modes pour le corps humain, car oui, dans certaines cultures, il se consomme. Que penserait Rubens de nos mannequins anorexiques? Ça manque de chair sur l’os?

Personnellement, la mode qui me fascine le plus, c’est celle des états d’âme comme sources d'inspiration pour les artistes. Présentement, le truc branché, c’est la peine d’amour... Assez ennuyeux merci, mais bon, on n’a pas demandé de venir au monde et encore moins maintenant. Ça me rend nostalgique de quand je n'étais pas encore né...

À l’antiquité, on aimait bien les trahisons, les empoisonnements et bien entendu les parricides involontaires suivis de l’incontournable, mais tout aussi involontaire, partie de jambe en l’air avec maman. Ouch! Ça devait fesser quand l’oracle se pointait pour nous briefer sur le sens de l’humour des dieux. Mais heureusement, soeurette était toujours là pour nous consoler dans les moments difficiles. Il faut toujours demander le nom de famille avant de...

Ensuite, au moyen-âge, on aimait bien les malédictions et les histoires de philtres d’amour ingurgités par la mauvaise personne. Non, je ne vous ferai pas entendre un extrait de Tristan aujourd’hui. En passant... Avez-vous déjà remarqué qu’il y a souvent un petit nain méchant au moyen-âge? Il ne manquerait que le doberman pour que le party pogne dans la cabane.

Mais le nec plus ultra des raisons d’être déprimé et d’écrire plein de hits, c’était au début du XIXe siècle: l’errance. Ouais! Le Wanderer. La quête de quelque chose d’inatteignable. En ces temps bénis, les adeptes du Sturm und Drang se baladaient de village en village en rivalisant de misère. Pas question de rester en place. Avec un peu de chance, ils étaient même bannis, en exil, rejet... Ça contraste avec le spleen vécu en direct du sous-sol de bungalow des parents de nos cégépiens. Errance? Pfff.

Et nous, au XXIe siècle, on est sensé faire quoi pour être déprimé et composer des chefs-d’oeuvre? Il faut se faire bannir pour avoir marié maman après avoir buté papa, être condamné à errer sans fin avec le petit nain et son doberman qui vous les cassent sans arrêt?

C’est n’importe quoi tout ça, mais comme vous êtes une bande de dégénérés, je suis certain qu’il y en a qui rigolent bien... Pourtant, mes intentions étaient nobles quand j’ai commencé à écrire ce billet. Je me tapais le Voyage d’Hiver bien peinard et là, juste comme ça, y a deux fils qui se sont touchés dans ma tête. Bordel...


Voici le quinzième lied du cycle.







Die Krahe, extrait de Winterreise de Franz Schubert

Dietrich Fischer-Dieskau
Gerald Moore


Die Krahe : La corneille

Avec moi, une corneille
Avait quitté la ville.
Elle a sans cesse volé
Autour de ma tête.

Corneille, étrange animal
Ne veux-tu pas me quitter?
Crois-tu donc comme une proie
Te saisir bientôt de mon corps?

Allons, je n'en ai plus pour longtemps
Avec mon bâton de pèlerin.
Corneille, montre-moi enfin
La fidélité jusqu'au tombeau!



C’est beau hein?









...

3 commentaires:

Prof malgré tout a dit…

En passant, si vous n'avez pas rigolé, c'est bon signe : vous ne faites pas partie de la bande de dégénérés.

SP4M a dit…

Merde.. moi qui voulais en être un dégénéré haha!

Non je blagues!

J'en suis un ... malgré tout :P

gabricieuse a dit…

moi je l'ai bien appréciée, la ballade dans les périodes littéraires.... et la corneille, elle est très baroque...