Espace Musique aurait montré la porte à Carole Trahan? J’ai beau essayer d’écouter son remplaçant, mais on sent très vite que le type n’a pas étudié en musique. Un autre qui est là pour sa voix et non pour son cerveau.
Rien de personnel, mec, mais tu sors d’où?
Ma théorie : on veut concurrencer Radio-Classique qui fait dans le classique bonbon.
Bordel...
Dites-moi que je me trompe, qu’elle est en vacances et qu’il y a de l’espoir.
Pitié.
Rappelons-nous : c’est nous qui payons pour Radio-Canada. Quelle est la mission d’une radio d’état? Éduquer, informer, divertir ou divertir, divertir, divertir?
ARGH! Au moment où j’écris ces mots, je l’entends et ça confirme tout :
«Nous allons écouter l’après-midi d’un faune... heu... le prélude à cet après-midi.»
On sent tellement que les noms des oeuvres et des interprètes sont dans sa bouche pour la première fois.
Et le répertoire. J’n’ai rien contre les «greatest hits», mais j’aimais bien faire des découvertes avec Carole. Là, je viens de me taper, dans l’ordre :
Mio Bambino Caro de Puccini Concerto pour violoncelle en ré de Haydn Des extraits de La belle meunière de Schubert Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy Un extrait des quatre saisons de Vivaldi Un extrait du concerto pour violon d'Elgar Pavane pour une infante défunte de Ravel
Tout ça dans des versions correctes, mais pas de surprise et surtout, pas de relève, pas de découverte. Rien que du vieux.
J'admets que le concerto d'Elgar n'est pas un "méga-hit", mais on est loin du répertoire recherché que nous offrait Carole Trahan.
Vous connaissez sûrement le iTunes Store... C’est la boutique multimédia du logiciel gratuit iTunes. C’est quand même malin : on vous donne un logiciel et vous vous retrouvez avec une succursale sur votre ordinateur. Yep... Le iTunes Store! C’est pas beau, ça?
Personnellement, je l’utilise. Ben quoi... J’suis plus au centre-ville alors, HMV et Archambault, c’n’est pas à la porte et oui, même si Beethoven et ses copains sont morts, ce n’est pas une raison pour télécharger illégalement leurs trucs. Un interprète, ça doit bouffer et si un jour il n’y a plus d’interprète, il n y aura pas que les compositeurs qui seront morts; la musique aussi mourra.
Ben non. Je ne parle pas d’Elvis et des Beatles, là. On s’en balance qu’on les écoute ou pas dans 200 ans. Vous n’êtes pas sur le bon blogue pour ça. Je parle de la musique qu’on écoutera assurément encore dans quelques centaines d’années si on ne fait pas trop les cons. On n’est quand même pas venu ici pour spéculer.
Mais ça m’arrive de mettre les pieds chez le disquaire et j’adore. J’suis quand même sage. Hier, j’allais acheter une partition chez Archambault (pour la job, j’en reparle bientôt) et j’ai vu ce disque :
Man! C’est Queyras qui joue le Dvorák. Sur Amazon.ca on peut l’avoir pour 26.99. Vous achetez le CD, donc vous pouvez le mettre dans votre ordinateur en plus d’avoir la copie physique et un livret qui contient plein d’information sur l’oeuvre et l’interprète. Mais c’est 26.99 et je ne suis par sûr que les frais de transport sont inclus.
Sur iTunes Store, c’est 9.99. Mais n’essayez pas de savoir sur quel violoncelle il joue; y a pas de livret! Par contre, les fichiers ne sont plus protégés comme à l’époque, alors vous pouvez en faire ce que vous voulez et autant de fois que vous voulez, alors qu’avant, on ne pouvait même pas les convertir et encore moins les importer dans un logiciel pour s’amuser un peu comme je l’avais fait ici.
Mais, chez Archambault, j’ai acheté le CD en spécial : 7.99! Ça, c’est un bon deal! Donc, je regarde... et voilà... je ne sais toujours pas sur quel violoncelle ce cher Jean-Guihen joue, mais j’ai appris que Pablo Casals a envoyé promener un chef qui n’aimait pas le concerto et qu’il écopa d’un procès. Fascinant, n’est-ce pas?
Pendant que vous écoutez cette merveille, je vous montre comment je fais pour «craquer» un fichier audio AAC protégé en n’utilisant que des logiciels fournis avec votre Mac. Evil, hein?
Jean-Guihen Queyras, violoncelle Prague Philharmonia, Jirí Belohlávek Concerto pour violoncelle d’Antonin Dvorák Premier mouvement
Donc, vous avez un fichier audio AAC protégé et voulez le convertir en MP3 pour pouvoir le mettre sur votre blogue ou tout simplement dans votre baladeur qui n’est pas un iPod.
Ouvrez iMovie et créez un nouveau projet. En guise de film, utilisez n’importe quelle photo. Pour ce faire, en bas à droite, choisissez «Multimédia» et accédez à vos photos. Ensuite, allez faire un p’tit tour de la bibliothèque audio. Y a un sous-menu «achat» (vous n’êtes quand même pas un voleur...). Sur l’icône iTunes, vous pouvez d'ailleurs reconnaitre les fichiers protégés par leur petit cadenas. Prenez-en un et glissez-le sous la photo dans votre barre de montage. L’importation peut prendre quelques minutes, car c’est à ce moment que la conversion s’effectue.
Ensuite, vous allez dans la barre de menu «partage et choisissez «QuickTime». Partagez en choisissant un emplacement. Vous pouvez fermer iMovie et vous débarrassez du volumineux projet.
Vous vous retrouvez avec un fichier .mov. Ouvrez-le avec QuickTime. Menu fichier, choisissez exporter avec le réglage «son vers AIFF» ou «son vers Wave» ou n’importe quel autre format audio avec lequel vous êtes à l’aise.
Pour l’utiliser comme MP3, ouvrez le fichier AIFF dans iTunes et convertissez-le en MP3 en faisant un «clic droit» dessus. Si vous ne voyez pas «convertir la sélection en MP3» en faisant un «clic droit» allez dans les préférences d’iTunes, dans la section «général» et accédez aux réglages d’importation.
Voilà... Fallait seulement y penser. Maintenant, vous pouvez vous amuser avec les fichiers que vous avez achetés.
Si vous volez la musique, je vous aime quand même. C’est juste un peu poche pour les gens qui ont bossé tellement d’heures sur leur instrument pour qu’on puisse se taper les chefs-d’oeuvre du passé...
À bientôt. Il faut qu’on parle un peu de la survie de la musique classique... Ça ne va pas du tout!
C’est une fois encore cette merveilleuse saison de l’année où les enseignants au statut précaire auront la joie de se ronger les ongles jusqu’à ce qu’on les confonde avec la Vénus de Milo.
Eh bien, devinez quoi: cette année, je ne serai pas de la partie. Comme nous sommes en baisse de clientèle à l’école où j’enseigne depuis maintenant 10 ans, la tâche en musique ne représentera que 40% l’an prochain. Donc, pas besoin de l’envoyer à l’affichage. N’est-ce pas merveilleux? De toute façon, je ne crois pas que quelqu’un avec plus d’ancienneté que moi l’aurait choisi...
Par contre, ce n’est pas tout le monde qui se retrouve dans ma situation. Je vous souhaite donc bonne chance, vous, collègues précaires et surtout à ma partenaire de resto indien qui aimerait bien revenir. Ça m’a quand même pris 10 ans pour trouver quelqu’un capable de m’endurer le temps d’un repas plus d’une fois par mois. Faut dire que quand tu passes tes journées dans une classe de maternelle, t’es équipée pour faire face à la musique...
Donc, bonne chance à tout le monde, mais surtout à toi, même si t’es une colonialiste finie qui veut montrer aux profs sénégalais que c’est pas gentil de battre les p’tits enfants alors que t’as même pas essayé.
Pfff... Ça enseigne au préscolaire et ça croit tout savoir.
J’adore notre prof d’anglais et en plus d’être charmante, elle est Berbère. Aujourd’hui, c’était son spectacle d’anglais et les petits en TC ont joué le conte des trois p’tits cochons.
Le deuxième petit cochon était interprété par un Algérien arabe.
Assez concept, hein?
Vengeance! Vengeance!
Sans blague, elle n'y avait pas pensé. Qui aurait été assez tordu pour faire ça volontairement? Hum... Laissez-moi penser...
Parfois, que ce soit en littérature, en théâtre ou même en musique, le titre est plus connu que l’oeuvre. Je pense seulement à L’écume des jours de Boris Vian ou même au célébrissime Les trois mousquetaires de Dumas. On entend toujours le même commentaire : «je dois l’avoir lu...». Pour le Dumas, je peux comprendre. Le cinéma a tellement abusé de la chose même si aucun film à ma connaissance ne met en scène les valets des mousquetaires. Pourtant... Faut l’avoir lu, hein?
Par contre, pour L’écume des jours, tu l’as lu ou tu ne l’as pas lu ou tu es un gros cave. Tu ne peux pas penser l’avoir lu, à moins d’appartenir à la troisième catégorie : celle des gros caves.
Au fait, je serais même tenté de dire : tu l'as lu, ou tu es un gros cave ou tu es un gros cave, mais ça ne serait pas gentil.
En théâtre, deux exemples : Phèdre de Racine et En attendant Godot de Samuel Beckett. Personnellement, je ne les ai pas vus, mais je les ai lus. Le premier, c’n’est pas vraiment mon truc (même s’il faut l’admettre : ça sonne!), mais le Beckett, je veux le voir avant de mourir (une bonne version, s’il vous plaît).
Même histoire. Y a plein de gens qui pensent que Phèdre, c’est un type et que Godot, c’est un réalisateur franco-suisse... Héhé... Phèdre et son gode...
Bon, on se calme.
En musique, ça arrive pas mal aussi. La symphonie inachevée de Schubert, la symphonie héroïque de Beethoven, la pathétique de TchaÏkovsky ou même la fantastique de Berlioz. Dans le fond, les symphonies qui ont un nom finissent par être plus connues parce que y a toujours un petit malin qui va nommer son dernier roman ou son film d’après ladite symphonie. Mais nous, on ne sait pas plus comment ça sonne?
Il en va de même pour les 12 études d’exécution transcendante de Franz Liszt. Ça se place bien dans une soirée mondaine : «blablabla ... les 12 études d’exécution transcendante de Liszt et blablablabla...» ou encore « y avait un p’tit gars de 11 ans cet été à Orford qui jouait les 12 études d’exécution transcendante de Liszt».
Non, mais sérieusement, on n’en a rien à cirer de tout ça... Même si j'aime bien quand les gens disent "transcendantale". Que voulez-vous, je suis chiant et méchant. Le peu de culture que j'ai, je l'étends et je le savoure.
Voici donc, pour vous chers amis, le portrait de Liszt que je préfère et sa toune qui a le nom le plus con. C'est la douzième de ces foutues études d’exécution machin et c'est intitulé Chasse neige.
Chasse neige.
Ben quoi... Chasse neige. Pourquoi pas? J’vous avoue que je ne connais pas la démarche de Liszt, mais on prétend que Debussy, pour ses préludes, composait d’abord et donnait ensuite le titre selon ses impressions.
Héhé... J’imagine Franz devant son piano après une fougueuse improvisation : «Ouain... Faut se rendre à l’évidence, ça sonnait comme un chasse-neige. Pas le choix...»
La gratte a passé.
Chasse neige, Franz Liszt (c’est Claudio Arrau qui joue)
Étant musicien de formation classique, je ne savais trop que faire en terminant ma maîtrise. Alors, comme je n'aimais pas les photos des étudiants au MBA, je me suis inscrit en enseignement de la musique.
HAHA!!! À moi les deux mois de vacances, les congés de Noël, la semaine de relâche et l'incontournable fin de semaine pascale. J'en saigne maintenant de la musique! Qui parle de chemin de croix?