Extrait du Requiem de Mozart
Tuba mirum
C’est bien parce qu’il y a du trombone...
Mais non... C’est bien parce que c’est d’abord la basse qui chante, suivi du ténor, de l’alto et ensuite de la soprano. On ne se rend jamais à la fin de l’extrait, car je les sens venir :
«On joue-tu là? C’est pas censé être un cours de musique?»
«Et toi, t’es pas censé être soumis et bien sage si tu ne veux pas couler ton année?»
«On veut jouer!»
Quand même, ça ne sert à rien de les provoquer et en plus, je ne suis pas vacciné contre la rage. Alors, on ne prend aucune chance et on coupe l’extrait après ce qui nous intéresse.
Ensuite, comme je suis juste et bon, on s’est aussi tapé un contre-ténor, une contre-alto et enfin, une soprano colorature. Quand je dis taper, je ne parle pas d’échange de fluide; je veux tout simplement dire qu’on a écouté des extraits musicaux. Avouez que vous êtes déçus...
«On jouera pas aujourd’hui hein? Tu vas juste parler...»
«T’en fais pas, je vais te laisser de l’eau et un peu de bouffe...»
«Hein?»
«C’est long une retenue de quatre heures.»
J’ai toujours rêvé d’être soprano colorature. Et vous?
Le deuxième air de la reine de la nuit
La flûte enchantée, Mozart
Ça, on l’a écouté au complet. C’est quand même moi le boss.
Bon. Ce que je veux vous raconter aujourd’hui, c’est à propos de Babette (c’est un nom fictif, tout comme «Prof Malgré Tout» qui n’est pas mon vrai nom...). Babette est d’origine africaine et issue d’une famille très religieuse. Si je «fake» les noms de ses frères et soeurs, ça donne un truc du genre : Prière, Cantique, DieuTruc et MachinDieu.
Moi qui prévoyais sacrifier un bouc sur l’autel de la musique afin d’assouvir Apollon... À ne jamais faire devant Babette. On fait quoi d’abord? Facile. On parle de couilles.
Couille!
«Vous savez, il y a quelques centaines d’années, les femmes ne pouvaient pas chanter dans les églises en Europe. Qu’est-ce qu’on faisait alors pour les voix de soprano et d’alto?»
«On prenait des enfants?»
«C’était une possibilité. Mais si on voulait plus de puissance ou même pour tenir un rôle à l’opéra?»
« ... »
J’explique alors comment la voix des garçons mue à la puberté. Je parle aussi de poil.
«Alors, qu’est-ce qu’on fait quand on veut une voix aiguë et puissante, mais qu’on ne peut pas prendre une femme?»
«...»
«On prend un petit garçon et on le castre.»
«...»
Pas de réaction.
«Qui a un chat ici?»
Un tas de mains se lèvent.
«Ils sont castrés vos chats?»
Peu de mains se lèvent. La castration n’est pas à la portée de toutes les bourses... et vice-versa.
«Vous savez ce qu’on leur a fait à vos chats chez le vétérinaire?»
«...»
On dirait qu’ils ne sont pas curieux...
«Jadis, il y a longtemps, maintenant, on ne le fait plus, ça fait super longtemps, c’est interdit, n’aillez pas peur, ça ne vous arrivera pas, etc. »
«Quoi?»
«On coupait les testicules des garçons qui chantaient bien»
Je vous laisse imaginer la réaction... héhéhé!
Première question :
«Pourquoi?»
«Pour empêcher la voix de muer. Les hormones qui font ça sont produites dans les testicules.»
Deuxième question:
«PMT... Comment ils faisaient pour faire pipi?»
«Tu fais pipi par les testicules toi?»
Troisième question :
«Ça veut dire qu’ils ne pouvaient pas avoir d’enfants?»
«Effectivement. C’est triste hein? Mais c’est une bonne question.»
Quatrième question :
«Comment on faisait pour choisir les petits garçons?»
«Des auditions?»
Pas certain que ça aurait été un grand succès. Je leur ai fait jouer ce truc :
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Cinquième question :
«Mais là... si ils ne pouvaient pas avoir d’enfants, pourquoi c’est un enfant qui chante?»
«... Je préfère ne pas répondre à ta question.»
«Pourquoi?»
«Par professionnalisme.»
Et enfin, la dernière question, gracieuseté de Babette:
«C’est quoi un testicule?»
Man... quatrième année...
«Si tes parents ne te l’ont pas appris, ce n’est pas moi qui vais te l’apprendre. Désolé.»
Et là, je sors mon regard qui ne pardonnera pas à celui qui ouvrira sa grande gueule.
«On peux-tu jouer là?»
«Mets-en! Prenez vos baguettes. Mais n’oubliez pas les gars : méfiez-vous des bourses d’études en chant.»
Si y a un élève qui l’a compris, ce n’est certainement pas Babette. Je rigolais seul...






