22 octobre 2007

Anatomie 101

Cet après-midi en quatrième année, on a parlé registre : soprano, alto, ténor, basse et blablabla. Comme exemple, je leur balance toujours le même truc.

Extrait du Requiem de Mozart
Tuba mirum








C’est bien parce qu’il y a du trombone...


Mais non... C’est bien parce que c’est d’abord la basse qui chante, suivi du ténor, de l’alto et ensuite de la soprano. On ne se rend jamais à la fin de l’extrait, car je les sens venir :

«On joue-tu là? C’est pas censé être un cours de musique?»

«Et toi, t’es pas censé être soumis et bien sage si tu ne veux pas couler ton année?»

«On veut jouer!»

Quand même, ça ne sert à rien de les provoquer et en plus, je ne suis pas vacciné contre la rage. Alors, on ne prend aucune chance et on coupe l’extrait après ce qui nous intéresse.

Ensuite, comme je suis juste et bon, on s’est aussi tapé un contre-ténor, une contre-alto et enfin, une soprano colorature. Quand je dis taper, je ne parle pas d’échange de fluide; je veux tout simplement dire qu’on a écouté des extraits musicaux. Avouez que vous êtes déçus...

«On jouera pas aujourd’hui hein? Tu vas juste parler...»

«T’en fais pas, je vais te laisser de l’eau et un peu de bouffe...»

«Hein?»

«C’est long une retenue de quatre heures.»

J’ai toujours rêvé d’être soprano colorature. Et vous?

Le deuxième air de la reine de la nuit
La flûte enchantée, Mozart









Ça, on l’a écouté au complet. C’est quand même moi le boss.

Bon. Ce que je veux vous raconter aujourd’hui, c’est à propos de Babette (c’est un nom fictif, tout comme «Prof Malgré Tout» qui n’est pas mon vrai nom...). Babette est d’origine africaine et issue d’une famille très religieuse. Si je «fake» les noms de ses frères et soeurs, ça donne un truc du genre : Prière, Cantique, DieuTruc et MachinDieu.

Moi qui prévoyais sacrifier un bouc sur l’autel de la musique afin d’assouvir Apollon... À ne jamais faire devant Babette. On fait quoi d’abord? Facile. On parle de couilles.

Couille!

«Vous savez, il y a quelques centaines d’années, les femmes ne pouvaient pas chanter dans les églises en Europe. Qu’est-ce qu’on faisait alors pour les voix de soprano et d’alto?»

«On prenait des enfants?»

«C’était une possibilité. Mais si on voulait plus de puissance ou même pour tenir un rôle à l’opéra?»

« ... »

J’explique alors comment la voix des garçons mue à la puberté. Je parle aussi de poil.

«Alors, qu’est-ce qu’on fait quand on veut une voix aiguë et puissante, mais qu’on ne peut pas prendre une femme?»

«...»

«On prend un petit garçon et on le castre.»

«...»

Pas de réaction.

«Qui a un chat ici?»

Un tas de mains se lèvent.

«Ils sont castrés vos chats?»

Peu de mains se lèvent. La castration n’est pas à la portée de toutes les bourses... et vice-versa.

«Vous savez ce qu’on leur a fait à vos chats chez le vétérinaire?»

«...»

On dirait qu’ils ne sont pas curieux...

«Jadis, il y a longtemps, maintenant, on ne le fait plus, ça fait super longtemps, c’est interdit, n’aillez pas peur, ça ne vous arrivera pas, etc. »

«Quoi?»

«On coupait les testicules des garçons qui chantaient bien»

Je vous laisse imaginer la réaction... héhéhé!

Première question :

«Pourquoi?»

«Pour empêcher la voix de muer. Les hormones qui font ça sont produites dans les testicules.»

Deuxième question:

«PMT... Comment ils faisaient pour faire pipi?»

«Tu fais pipi par les testicules toi?»

Troisième question :

«Ça veut dire qu’ils ne pouvaient pas avoir d’enfants?»

«Effectivement. C’est triste hein? Mais c’est une bonne question.»

Quatrième question :

«Comment on faisait pour choisir les petits garçons?»

«Des auditions?»

Pas certain que ça aurait été un grand succès. Je leur ai fait jouer ce truc :

Cliquez ici

Cinquième question :

«Mais là... si ils ne pouvaient pas avoir d’enfants, pourquoi c’est un enfant qui chante?»

«... Je préfère ne pas répondre à ta question.»

«Pourquoi?»

«Par professionnalisme.»

Et enfin, la dernière question, gracieuseté de Babette:

«C’est quoi un testicule?»


Man... quatrième année...


«Si tes parents ne te l’ont pas appris, ce n’est pas moi qui vais te l’apprendre. Désolé.»

Et là, je sors mon regard qui ne pardonnera pas à celui qui ouvrira sa grande gueule.

«On peux-tu jouer là?»

«Mets-en! Prenez vos baguettes. Mais n’oubliez pas les gars : méfiez-vous des bourses d’études en chant.»

Si y a un élève qui l’a compris, ce n’est certainement pas Babette. Je rigolais seul...






20 octobre 2007

Des fleurs pour Frédéric

La légende raconte que depuis sa mort, il y aurait toujours des fleurs sur le tombeau de Chopin.

Je ne suis allé qu’une fois au Père-Lachaise et il y en avait.


Frédéric Chopin
Nocturne Opus 9 No.2 en Mib majeur








Tamás Vásáry, piano






...

18 octobre 2007

Cadeau électoral




Vous savez ce que c’est que ce truc?

Un podomètre. Eh oui! Le machin qui compte le nombre de pas que vous faites.

Tous les profs de la CSDM en ont reçu un. On nous gâte hein?

Je tiens à remercier personnellement tous les contribuables qui par leurs taxes scolaires m’offrent ce charmant joujou. Merci, de tout coeur...


***

Le 4 novembre, il y aura élection scolaire et moi, je ne sais pas pour qui voter.

En début d’année scolaire, on avait 63 élèves au deuxième cycle. Trois classes de 21 élèves? Seulement la première semaine.

Maintenant, on a deux classes de 30 élèves et trois élèves se sont fait mettre à la porte. Ils doivent fréquenter une autre école. Maximum 30.

Le 4 novembre, il y aura élection scolaire et moi, je sais pour qui ne pas voter.

J’vous dirai c’est à combien de pas de chez moi...





...

14 octobre 2007

Super bon pédagogue

En camping cet été, mon «ami» Martin a expliqué à Fiston que rouge, c’est jaune et qu’en réalité, jaune, c’est rouge.

Martin est tellement un bon pédagogue que depuis ce jour, Fiston confond les deux couleurs.



Attends de voir le cadeau d’anniversaire de ton fils... gnark, gnark, gnark.






***


Je sais... il y a aussi l'explication linguistique. Comme en français, l'accent tonique est toujours à la fin du mot ou de la phrase, les enfants apprennent d'abord la fin des mots.

Par exemple, un hélicoptère devient "coptère" et non pas "héli". Arachide se prononce "achide" et non pas "arach".

Il est donc facile de confondre "ouge" et "jaune" qui sont assez proches phonétiquement.

Autre exemple : Un "pitou" devient un "toutou" et non pas un "pipi".

Vous pouvez donc dire "beurre de cacahouète" sans vous soucier des dégâts collatéraux.



...

13 octobre 2007

Autonomie 101

Ce matin, en revenant du parc avec fiston, je croise Sara : une belle grande Congolaise qui fait le projet.

PMT : Salut Sara!

Fiston : CAMION! CAMION! CAMIOOOOOOONNN!!!

Sara : Salut PMT! Ton fils?

PMT ( un doute dans le regard): Ouais...

Fiston : CAMION! TACTREUR! CAMION! TAC-TREEEEEEEEEEUR!

Sara : Il te ressemble...

Fiston : GROS!

PMT : Tu vas où comme ça? Y a pas de messe le samedi.

Fiston : GROS CAMIOOOOOONNN! ROUGE! JJJJJJJJJJAUNE!

Sara : Je vais à mon cours de baptême.


On prétend que les jeunes ne sont pas autonomes. Personnellement, ce sont mes parents qui ont préparé mon baptême. Et vous?

Mieux encore: elle était avec une copine!

Auto-socio-constructivisme religieux.

Conclusion : la réforme, ça marche en enseignement religieux.








J.S. Bach

Magnificat

Peter Schreier











...

11 octobre 2007

Vous avez gagné!

La saga des bulletins chiffrés est terminée et vous avez gagné. Ha-ha-ha...

Imaginez la ministre...

«Eh oui, chers parents. Comme vous savez ce qui est bon pour vos enfants et que leur réussite vous tient à coeur, voici donc des bulletins chiffrés.»

En français, pour la compétence «lire des textes variés», les parents comprennent donc mieux la note 75 % que la côte C. D’accord, mais ne rêvez pas en couleur. On ne vous balancera pas un 78.3% pour cette compétence. Ça serait malhonnête. À moins d’un changement majeur, votre petit chéri aura encore 75% à la prochaine étape (si on évalue encore cette compétence). S’il semble s’améliorer, il aura 85%. C’est plus difficile maintenant que les textes sont plus longs? 65%.Vous comprenez? Y a 65%, 75% et 85%. Castor, nuage et godemichet. Ou si vous préférez : C, B et A.

Mais vous voulez une moyenne? Avec des chiffres, on va vous balancer la moyenne de la classe. Avec les mots, on pourrait dire que le castor est dans les nuages quand il pense à son godemichet. Avec des lettres, on vous donne mieux. On vous donne la normale provinciale. C'est à dire C. C'est mieux qu'un moyenne de classe ça...

Revenons à nos moutons. Nous, on a reçu les directives en réunion et je ne me rase plus depuis pour pouvoir bien en rire dans ma barbe...

Mouton, raser, laine, dos, prof, auto-dérision, barbe, Fidel Castro. Concept hein?

Donc, le peuple veut des chiffres?

On lui explique que le développement d’une compétence, ça ne se mesure pas en chiffre.

Pas grave, le peuple veut des chiffres quand même.

On lui explique que le sommatif, c’est dépassé.

S’en fout! On veut des chiffres!

Oui mais, soyons raisonnables...

NON! On veut des chiffres. C’est-tu assez clair? Des chiffres ou on vote pour le p’tit Dumont!

Les nerfs... Vous voulez des chiffres? Alors, en voilà :

A = 90
B = 80
C = 70
D = 60
E = 50

C’est la directive qu’on a reçue.

Maintenant que vous les avez vos chiffres, on peut parler des vraies affaires?









...

Décrochage précoce

À propos du décrochage précoce


Dans les médias, on parle des jeunes qui décrochent psychologiquement de l’école dès la maternelle.

Est-ce qu’il y a quelqu’un qui enseigne au primaire et qui ne le savait pas?

Come on... Pourquoi on en parle maintenant? D'après vous?







...

09 octobre 2007

Déficit d’attention

Le papa de Saïb :

«Je pense que je souffre d’un déficit d’attention, mais que je ne m’en suis jamais rendu compte...»









...

07 octobre 2007

Badineries pour basson solo

Engouement.

Depuis quelques jours, je tombe sans arrêt sur des concertos pour basson. Espace Musique, 93.5 ou Radio-Classique, le même soudain engouement pour l’instrument. Étrange...

C’est quand même sympa le basson. Lors du bac en enseignement, on devait se taper le cours d’initiation aux bois (si notre instrument principal n’en était pas un). Pendant la session, on devait essayer deux instruments. Alors, comme je suis maso, j’ai d’abord choisi le basson.

Échange de fluide.

Comme j’avais déjà terminé tous mes cours de solfège, analyse, harmonie, histoire et instrument principal, mis à part le stage au primaire, c’était une session plutôt tranquille. Je me suis donc mis au basson de façon assez intensive. Je suis comme ça...

Après deux semaines, je commençais vraiment à plafonner. Je n’avais d’autre choix que de repérer la bassoniste la plus cute du département et de l’approcher pour lui demander quelques conseils. La première chose qu’elle m’a demandée, c’est la sorte d’anche que j’utilisais. Je lui montre alors le machin industriel que j’avais acheté chez Archambault. Ça n’allait pas du tout. Les bassonistes n’utilisent pas ces trucs. Ils font eux-mêmes leurs anches. La fabrication et le gossage d’anches représentent environ 50% du temps accordé à la maîtrise de l’instrument! C’est un art en soi.

La charmante bassoniste m’a donc demandé de sortir mon basson (poupée, tu veux voir mon basson?) et pendant que je l’assemblais, elle s’est mis l’anche dans la bouche pour bien l’humecter. Elle me tend alors la chose et me dit : «Prend moi salaud!».

Ben quoi, pas le droit de rêver un peu?

Elle me tend alors le truc et me dit : «Essais ça, elle sonne bien dans l’aigu.».

Eh oui... ce fut notre premier échange de fluide. Mais pas le dernier... J’ai pu essayer une anche qui était géniale pour les basses et une pour les détachés... un truc comme ça. Après quelque temps, je crois qu’elle me trouvait un peu «gossant» (notez la subtilité dans le choix du vocabulaire...). Elle m’a donc recommandé un grand barbu qui supposément gossait de super bonnes anches.

On n’aura jamais si bien dit.

Y a des jours, où on n’a pas le goût de pratiquer. Certains appellent ça le syndrome de l’étui. Une fois l’instrument entre les mains, on est parti pour quelques heures. Parfois aussi, on fait de la fuite. On se trouve autre chose à faire. Alors, il faut se parler. J’imagine un bassoniste :

«Bon... là, il faut que j’arrête de gosser et que je pratique.»

Le rituel

Comme je l’ai mentionné plus haut, dans la même session, je faisais mon stage au primaire. J’ai donc amené le basson dans mes stages pour présenter l’instrument aux élèves. Je sortais une pièce à la fois et j’assemblais l’instrument sans parler. Au début, les enfants ne comprenaient même pas que c’était un instrument de musique. Certains croyaient que c’était un télescope ou même une arme. J’avoue que ça peut faire penser au tireur d’élite qui assemble son équipement. Mais il faudrait être vraiment con pour amener une arme dans son stage. Je ne critique pas la méthode, mais je crois personnellement qu’il est préférable d’attendre d’avoir sa permanence avant d’utiliser ce genre d’outil de gestion de classe.



Formulaire d’auto-évaluation des stagiaires.

Considérez-vous que vous avez une bonne gestion de classe?

«Excellente»

Utilisez-vous le non verbal?

«Beaucoup»

Haussez-vous le ton?

«Pas besoin»

Utilisez-vous la technologie?

«Disons que je suis bien équipé...»

Utilisez-vous la menace?

«Jamais! Mais pour qui me prenez-vous?»


Un peu de musique, bordel










Antonio Vivaldi

Concerto pour basson No.26 (il en a écrit 39!!!) en Do.
Premier mouvement: Allegro

Daniel Smith, basson
English Chamber Orchestra, sous la direction de Philip Ledger

Le mec s’envoie aussi le continuo au clavecin en dirigeant... Et ma blonde qui dit que les hommes ne sont pas "multi-tâches"... Pfff...


Petite coda

L'autre jour à la radio, l'animateur expliquait que vers 1650, le basson fut très en vogue et que beaucoup de compositeurs lui dédièrent des concertos. Il se demandait pourquoi Vivaldi a attendu beaucoup plus tard pour en écrire.

Réponse : Parce qu'il n'était pas encore né.

Ensuite, il se disait qu'au nombre de concerto que Vivaldi a consacré à l'instrument, il devait avoir un bon ami qui en jouait.

Réponse : Il était responsable d'un d'orphelinat pour jeunes filles. Elles étaient cloîtrées et recevaient une éducation musicale poussée. Le basson était un des instruments enseignés. Il fallait renouveler le répertoire.

Peuvent pas engager des musicologues à la place de wannabe du star system?





...

05 octobre 2007

Petit déjeuner non compris

C’est important d’avoir des choix musicaux conséquents dans la vie. Par exemple, un samedi matin, pour ingurgiter des montagnes de croissants au beurre, pourquoi ne pas écouter Im Gegenwärtigen Vergongenes de Schubert (le passé envahit le présent... un truc du genre)?

Par Die Singphoniker







Succulent.


Petit déjeuner non compris...


Et comme je vous aime bien, j'en balance un a capella comme extrait du moment.








...

A nigh at the opera (part II)

Je vous ai parlé plusieurs fois de Fille Probophobique. Ici, ici et ici.

Ce soir, à l’opéra, elle était a mes côtés. Dans le premier acte, il y a une petite pause de 2 minutes.

Fille Probophobique : PMT?

Moi : Oui Fille Probophobique?

Croyez-vous vraiment que je l’appelle comme ça? Vous seriez surpris...

Fille Probophobique : Je trouve ça vraiment beau... trop beau!

Je me dis qu’elle en met un peu...

Fille Probophobique : Surtout quand Gustave parlait d’Amelia...

«tu es mon étoile, la seule que ne détient pas le ciel.»



En plein dans les dents de Prof Malgré Tout!

Je viens de me faire une amie.


***

Il est tard... passé minuit. J’ai reconduit le dernier élève (Wannabe) à 23h53... ouch.

Moi : Héhéhé... elle est sympa Fille Probophobique. Je trouve qu’elle a changé.

Wannabe : Ouais! Est comme pas pareil comme avant tsé...

Moi : C’est exactement ça que je voulais dire... Elle est moins peureuse. Tu te souviens quand je vous faisais entendre le Roi des Aulnes de Schubert?

Wannabe : Hein?

Moi : Ben oui... le truc avec le gars à cheval.

Wannabe : On n’a pas écouté ça...

Moi : Vraiment? Tu devais être absent. Il faut absolument qu’on se tape ça au prochain cours! À la fin, c’est génial... l’enfant est mort!

Wannabe : Ah!!! Ça! L’espèce de Bonhomme Sept Heures!

Moi : Oui!

Wannabe : Ayoye... J’ai été tout croche pendant quatre semaines après avoir entendu ça.

Moi : Come on... Fille Probophobique peut-être, mais pas toi...

Wannabe : Heille! On était en maternelle.

Moi : Impossible, vous étiez en quatrième année.

Wannabe : En première!

Moi : Impossible.

Wannabe : Maternelle ou première... je te le dis. J'ai vraiment eu la chienne.

Moi (dans le doute): T’es sérieux?

Wannabe : Non.



Petit salaud... Tu m’as bien eu.




...

04 octobre 2007

A night at the opera

Ce soir, je retourne à l’opéra. Mais attention, pas avec ma blonde, ni avec la vôtre. J’y vais en compagnie de certains de mes charmants élèves. Yep...

On ne parle pas ici d’une matinée symphonique ou d’une répétition générale devant public. On parle de la vraie affaire. Une soirée à l’opéra avec les messieurs en smoking et les madames en belles robes de princesse. Hum... j’devrais peut-être me raser.

J’ai déjà mentionné un documentaire sur les trucs qu’on fait avec les jeunes. Les réalisateurs ont sélectionné des élèves qu’ils suivront plus particulièrement tout au long de l’année. Comme cet année dans le projet, on adapte l’opéra «Un bal masqué» de Verdi et que cet opéra est présenté ce soir, pourquoi ne pas amener les gamins le voir et filmer leur réaction? C’est quand même pertinent.

En passant, tous les enfants du projet (une centaine) assisteront à un opéra cet année Par contre, pour toute sorte de raisons, pas celui-ci. Nous irons voir «Le Barbier de Séville». C’est quand même mieux que de faire venir un clown avec des ballons...

Pourquoi je vous raconte tout ça? Le nombril, man...

Je me regarde le nombril. C'est ça un blogue. Tu regardes ton nombril et t'en parle. J'assume.

De la dizaine d’enfants sélectionnés, deux ont dit qu’ils n’étaient pas intéressés. Pas de problème les boys. On est même content que vous nous le disiez maintenant. C’est mieux pour tout le monde, surtout pour la soprano avec quelques livres en trop...

Ce qui me trouble, c’est que plusieurs enfants sont super motivés à venir, mais leurs parents refusent. Je sais... ça va finir tard. On les ramène à la porte devant chez eux après le spectacle et de toute façon, ce sont des jeunes qui se couchent déjà plus tard que la majorité de leurs profs.

Ils ont quand même bien digéré le refus de leurs parents. L’habitude.

C’est triste, mais c’est comme ça. Problème de confiance.

J’ai enseigné à la grande soeur et je connais votre enfant de 6e année depuis la maternelle. Je ne serai pas seul. Avec moi, y a le directeur du service de garde qui est coordonnateur du projet et deux autres profs. Nous sommes pères de famille et en couple. Les mêmes jobs, les mêmes blondes, les mêmes enfants depuis pas mal d’années. Pas de casier judiciaire et si j’ai le temps de me raser, pas de barbe ni moustache.

En plus, il y a une équipe de tournage avec nous. Si on fait une connerie, vous l’aurez sur film!

Mais... nous sommes des étrangers.

C’est vrai! C’est quoi notre problème de vouloir amener des jeunes à l’opéra? C’est louche quand même. On prend notre pied en les cultivant? Méchante gang de pervers...

Plus ça approche, moins d’élèves peuvent venir. Les parents changent d’avis... Ils ne sont pas sûrs. On essaie de les remplacer à la dernière minute, mais ce n’est pas si évident que ça.

Et vous, laisseriez-vous votre enfant aller voir un opéra avec des profs? En passant, on a des billets au parterre. C’est environ 85$ le billet... Ce sera même possible de voir un acte des coulisses. On a des plugs... Je n’ai jamais fait ça avant. Vous?

Je vis sur une autre planète, hein?


Mise à jour : Je viens d'apprendre quels élèves m'accompagneront. Parmi eux, nul autre que Fille Probophobique!!! Yeah!

Dis-moi Fille Probophobique, es-tu nerveuse pour les chanteurs?

Le pire, c'est que depuis le début de l'année, je l'aime de plus en plus... Mais elle est de moins en moins probophobique.

Mais... on ne sort pas la probophobie de la fille en un été!




...

03 octobre 2007

Pour une nouvelle loi

Entre le CPE et le boulot, j’aime bien arrêter au dépanneur en vitesse pour prendre un deuxième café. La qualité de mon enseignement passe entre autres par là.


Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’aimerais bien si... que dis-je j’aimerais bien si? J’EXIGE une nouvelle loi!

Ouais!

On n’a pas le droit d’acheter de la bière après 23h00? Alors, pas le droit d’acheter des gratteux et autres billets de loterie avant 9h00.

Ça m’énerve... Ils en veulent toujours un de plus... Ça ne finit pas. Y a des gens qui travaillent, bordel.

On ne peut pas faire ça? Alors, qu'on les laisse acheter de la bière toute la nuit et ils ne nous les casseront pas le matin.





Aucune personne bénéficiant de l’assistance sociale n’a été blessée avant, pendant ou après l’écriture de ce billet.






...

01 octobre 2007

Il ira loin

À la fin du cours, même si ton équipe n’a pas gagné le collant, tout n’est pas encore perdu.

Blondinet : Hey PMT, t’as quel âge?

Moi : 39 ans.

Blondinet : Wow! T’es jeune.

Moi : Tiens, un collant pour toi.



Il devrait faire de la politique.





...

30 septembre 2007

Une autre soirée mondaine

Comme je suis un petit veinard, j’arrive de l’opéra. Au programme: l’histoire d’un ténor qui voulait coucher avec une soprano, mais y a une basse qui ne voulait pas...

Quoi? Encore la même chose?

Pas tout à fait. Cette fois, la soprano était la femme de la basse qui était le meilleur ami du ténor. Une petite nuance...

C’était chouette. Un Verdi obscur : un Ballo in Maschera (Un bal masqué).

Pourquoi obscur?

Verdi a écrit une trentaine d’opéras et disons qu’il y en a une dizaine de connus. La règle? Si je le connais, c’est connu.

Pourquoi?

Deux raisons : la répétition et le cinoche.

La répétition : Y a des airs de Verdi qui sont répétitifs et qui restent collés. Par exemple, celui que vous pouviez entendre dans ce billet.

Le cinoche (ça vaut aussi pour la pub): Un mafioso sans scrupule va à l’opéra et verse une larme. La toune devient populaire. Même chose pour la pizza qui vous fait saliver. Une question de glande je crois.

Malheureusement, ça ne s’applique pas à l’opéra Un bal masqué... qui pourtant, gagnerait à être connu.

Curiosité : l’opéra est en trois actes, mais il y avait parfois des pauses supplémentaires de deux ou trois minutes à rideau fermé. Ce n’est jamais une mauvaise idée de changer un peu de décor dans un opéra de trois heures et ça permet d’échanger un peu sur ce qu’on vient de se taper.

Pendant une de ces pauses, un type grisonnant me tape sur l’épaule.

Le type : Je vous écoutais parler de votre projet tout à l’heure à l’entracte, et j’aimerais m’entretenir avec vous après le spectacle. Je fais présentement mon doctorat sur l’avenir de l’opéra au XXIe siècle.

Comme il avait l’air plus friqué que moi et que je croyais qu’il me paierait un verre, j’ai accepté et je l’ai sagement attendu après la tombée du rideau.

Certains d’entre vous le savent déjà : je bosse sur un projet qui rassemble quatre classes de quatre écoles et qui prend racine dans un opéra. Nous, on fait une comédie musicale qu’on balance par la tête de plus ou moins 5000 personnes au mois de mai. Le projet fait d'ailleurs l’objet d’un reportage... j’en reparlerai un de ces quatre.

Alors, le type se pointe et ne me paye pas un verre...

On se présente et blablabla. Il me parle de son doctorat et je lui explique le projet, mais je demeure très humble.

Le type : Ah! Mais j’ai fait quelque chose de très semblable avec des enfants!

Moi (sceptique) : Vraiment?

Le type : Je leur racontais un conte de Nöel et ils faisaient des bruits avec des instruments. Ça mettait de l’ambiance.

Et là, je suis vraiment cool.

Moi : Ah oui! Un conte musical! C’est vraiment génial. Les enfants devaient aimer ça...

Pfff... Ceux qui me connaissent savent comment je peux être chiant. J’aurais bien aimé que vous me voyiez. Un vrai gentleman.

Anyway... quand le type va allez voir le site du projet, il va manger ses bas. Mais, il n’était pas con ce mec. C’est juste qu’il ne pouvait pas savoir; je suis tellement humble.

Peu importe, on a quand même discuté de l’avenir de l’opéra. Un musée qu’on visitera? C’est ce qu’il craint et moi aussi...

Pendant l’ouverture, j’écoutais les thèmes en me disant que j’allais en reconnaître plus tard tout au long de l’oeuvre. À un moment, je me suis demandé combien on était dans la place à faire ça...

On a essayé de vendre l’opéra aux bourgeois avec de beaux costumes, des histoires connues (Roméo et Juliette, La Traviata alias la dame aux camélias, Tristan et Iseult, Don Giovanni, etc.) des décors grandioses, des éclairages léchés et un snobisme garanti par le prix exorbitant des billets. À Montréal, on idolâtre un style vocal qui est subtil comme un 18 roues dans mon salon. Un style vocal... Une voix, ce n’est pas de la musique. Ce n’est qu’un instrument. Un outil...

Et la musique, on l’a déjà expliquée?

Une dernière chose. Et je sais, vous allez me traiter de facho.

Je n’ai rien contre les gens qui ont du poids en trop. Par contre, à l’opéra, ça saute aux yeux, même dans les choeurs. Bordel, c’est une question de casting... Quand la fille sur qui tout le monde tripe a 100 livres au-dessus de son poids santé, je décroche. On ne parle pas de potelée, de bien enrobée, de grassette, ce qui me plaît pas mal en général. On parle de morbidité. Désolé si le mot vous choque, mais c’est le terme médical. Au théâtre, est-ce que vous accepteriez que Juliette pèse 300 livres et Roméo 150 livres? Dans la vraie vie, ça serait super et surtout, pas mon problème. Mais là, on ne parle pas de vraie vie. On parle d’un spectacle. Si au cinéma, j’avais l’impression que je pouvais donner la fessée au Terminator, ça ne passerait pas dans ma tête. Alors, pourquoi à l’opéra il faudrait que ça passe?

Savez-vous pourquoi Callas (que je n’aime pas) était la plus grande? Son armateur de mari l’a fait maigrir. Il lui a dit : «écoute poupée, tou es la plousse belle voix, tou séras la plousse belle».

Même chose pour les mecs. Vous êtes trop gros les gars. Un chevalier avec votre tour de taille se ferait buter dans le temps qu’il faut pour chanter un contre-do. De toute façon, son cheval se plaindrait à son syndicat. En parlant de cape et d’épée... Si vous avez peur de vous faire mal, laissez-la donc dans le fourreau votre épée en plastique, parce que là, nous aussi on a peur pour vous et ça nous déconcentre.

Sur ce, Mère Indigne a raison : c’est excellent le Hautes-Côtes de Beaune!

Cheers


C’était quand même un super bon show.




...

27 septembre 2007

Saïb ou "Ce n'est pas parce qu'on met des mots ensemble que ça fait une phrase"

Appelons-le Saïb. Je le connais depuis qu’il est en maternelle. Maintenant, il est en cinquième année, mais on lui a trouvé une place en classe TC.

Le problème avec Saïb, c’est qu’on n’a jamais été certain s’il nous niaisait ou pas. En d’autres mots : est-il con ou baveux?

Les évaluations psychologiques demeurent nébuleuses (pour ce que j'en sais...) et le père souffre lui-même d’un grave déficit d’attention. Ajoutez à ça des voyages de plusieurs semaines pendant l’année scolaire et vous obtenez Saïb.

En passant, il parle très bien français et son père aussi.

Ce matin, en TC troisième cycle.

Saïb : Heu... C’est heu, l’affaire là...

Moi : Huh?

Saïb : Là l’affaire... C’est...

Moi : Saïb, si tu veux me parler, tu dois faire un phrase.

Saïb : ...

Moi : Je ne comprends pas ce que tu me demandes. Fais une phrase.

Saïb: ...

Moi : Mets les mots ensembles pour que ça forme une phrase que je pourrai comprendre.

Saïb réfléchit.

Et là, tout devient clair pour moi... mais pas pour lui. Le doute couvre son visage.

Saïb (interrogatif) : Je - mange - une - pomme.


La classe se bidonne. Grrrr... Moi et l’éducatrice, on les remet à leur place (cou-couche, panier, pa-pattes en rond...), mais nos regards se croisent.

Nous avons la réponse.






...

Le problème des tics

Problème d'éthique?

Ou quand les TIC attaquent tôt. Tic-Tac-Toe. Wow... quel jeu de mots! Mais que voulez-vous? Ça me prenait un titre pour vous crier mon désarroi par la tête.

Ah oui... pour les non-initiés, TIC veut dire Technologies de l’Information et des Communications. En d’autres mots, l’ordinateur et le multimédia. Je sais... mais on fait ça simple aujourd'hui.

D'abord, je ne vous cache pas qu’il y a une certaine pression pour qu’on intègre de plus en plus les TIC. C’est un peu comme l’enseignement de l’anglais il y a quelques années...

Le célèbre :

«Wouain mais moé, j’veux qui soye bilingue!»

Ah oui! Apprendre une deuxième langue... C’était quoi déjà la première?

est devenu :

«c importan linformatik lol lol lol ;-) «

Huh?

On se retrouve donc dans des classes qui n’ont parfois même pas de lecteur cd, mais où il faut intégrer les TIC... Dans le fond, y a rien là, mais attention, il ne suffit pas que l’enfant soit spectateur; il doit utiliser la bébelle de technologie et de communication.

Par exemple, chaque année, je fais un site Web pour le projet. On y trouve des photos des formations, la musique du spectacle, des extraits du texte et même des bouts de films. J’y balance aussi de la documentation sur le sujet sur lequel on travaille et on peut y suivre la progression du projet de semaine en semaine.

TIC?

NON! Ça, c’est de la grosse bullshit de prof qui se regarde le nombril, en occurrence, moi-même.

Les TIC commencent quand j’y ajoute un blogue. Les élèves peuvent laisser des commentaires. Ça devient un lieu de discussion virtuel.

TAC?

Come on... Un lieu de discussion, c’est rigolo, mais plutôt futile. Les TIC commencent vraiment avec le forum.

Yep... Tout simplement un forum. Une section pour les annonces et les règles, une section pour les personnages et une pour l’intrigue. On écrit chaque semaine en classe, mais le forum est ouvert 24 sur 24. On parle d’un projet qui regroupe quatre classes d’écoles différentes. Les élèves échangent avec d’autres jeunes qu’ils ne connaissent pas encore, mais avec qui ils vivront la plus belle aventure de leur primaire. Par les TIC, ils sont tous ensemble. Ils sont «branchés» dans la création.

Les TIC, c’est un outil, pas un but.

La prochaine fois que vos enfants vous parlent des projets «TIC» qu’ils font en classe, posez-vous donc la question : c’était quoi le but? Utiliser l’ordinateur?

Je suis prétentieux? C’est la frustration qui fait ça... Vous allez voir, bordel!

Vous avez déjà installé un forum sur un serveur? Moi, la première fois, je ne savais même pas la différence entre html et php.

Une base de données mySLQ, ça vous dit quelque chose?

C’n’est pas grave. Vous n’avez qu’à faire comme moi et feindre. Oui, c’est ça! Feakez un peu et on va vous croire.

Donc, je bidouille tout ça pendant l’été. Quand le projet commence, je mets à jour le forum régulièrement et je modère quotidiennement. Jusque-là, ça va.

Hier, je débarque sur le forum pour ma visite quotidienne. Surprise!

TOE

C’était le forum de l’an dernier. Pas seulement le modèle... Les questions, les réponses... tout. On était en juin 2007. AHHHHHHHHHHH!!!!

J’ai contacté la personne responsable du serveur. Ça ne marchait plus. Il a repris la sauvegarde de juin...

Kaput. R.I.P. forum. La base de données est sur le serveur... heu... était plutôt.

Ah oui... il est désolé. Moi aussi, je suis désolé. Les élèves qui ont posté des dizaines de trucs sur le forum, ils sont désolés aussi. Est-ce que les gens qui veulent qu’on intègre les TIC sont désolés?

Pour donner mes cours, j’ai plusieurs centaines de dollars d’équipement dans ma classe. Des instruments qui m’appartiennent et qui ne sont pas déductibles d’impôt. Faudrait en plus que je paye pour un serveur?

Bordel... Y a jamais rien qui marche dans cette commission scolaire?

Et je fais quoi moi là? Je recommence tout jusqu’à la prochaine gaffe?

Ou bien je trouve un autre hébergeur que l’employeur... Mais moralement, puis-je inviter une centaine d’enfants sur un site Web indépendant?



J'ai donc le choix :

1- Je laisse tomber les TIC.

2-Je laisse tomber l'éthique.



....

23 septembre 2007

Mezzo-soprano coloratura

Cette fois, c’est la gonzesse qui traverse la Méditerranée pour libérer son mec. Le pauvre Lindoro est maintenant l’esclave de Mustafa, une sorte de sultan algérien...

Tant qu’à y être, aussi bien faire la paix entre le sultan et sa femme.

Méchant contrat pour Isabella, l’Italienne à Alger.

Les principaux rôles féminins de Rossini sont des femmes de tête. On parle souvent des héroïnes de Rossini. Sois belle et tais-toi? No way!

Autre curiosité : Il préfère les mezzo-sopranos coloratures.

Voici donc Isabella à la tête d’un choeur d’esclaves par nul autre que Cecilia Bartoli (il ne manque que le casque de Viking et les tresses blondes).

Pronti abbiamo...Amici in ogni evento...Pensa alla patria







J’écoutais ce truc l’autre soir.

Fiston (2 ans et des poussières): Chante! Chante!

Moi : Elle chante la madame? T’as même pas idée, man.





Avis aux mecs qui viennent de tomber amoureux de Cecilia : Avant de mettre un rein en vente sur eBay pour lui acheter une bague, attendez de l’avoir vu lorsqu’elle chante. C’est le photographe que vous allez demander en mariage.


...

20 septembre 2007

Prenez votre espace...

Ben voilà, c’est fait. Ils l’ont pris leur putain d’espace. 100,7, la radio qui diffusait de la musique savante, R.I.P..

C’est maintenant un ex-animateur de Loft Story (y a pas de sous-métier), Philippe Fehmiu, qui anime l’émission du matin : Musique éclectique.

Bordel! C’est quoi l’affaire avec les caraïbes? Même Brassens est accompagné aux congas... ou à un truc africain, whatever, j’ai changé de chaîne. Ça perd tout son côté truculent. C’est scandaleux!

Donc, c’est fini la musique savante. Le monde n’aime pas ça. Que voulez-vous? Ça ne leur rappelle pas leurs vacances (kétaines?) dans le Sud.

On a donc droit maintenant, à du jazz cheap, de la musique de Club Med, un mouvement de Beethoven, suivi d’une toune de Beau Dommage. Les génies côtoient les autres. C’est pour tout le monde! Démocratie ou anarchie? Ah non... pas des mots compliqués le matin... C’est vrai. C’est votre espace...

Avertissement: Je ne dénigre pas ces musiques. Si c’est ce que vous pensez, vous êtes trop premier niveau pour ce blogue. Écrivez-moi et je vais vous en suggérer des plus appropriés. En d’autres mots, vous n’avez pas d’autre choix qu’être d’accord avec moi et de vous indignez devant la programmation de Space Musique.

On peut continuer?

Pourtant, il me semble qu’ils n’ont pas de pubs à vendre.

Comme en éducation, on donne à la masse ce qu’ils demandent. Vous voulez des chiffres? Vous voulez de la salsa? Du rock??? Élevez-vous vos enfants de cette façon?


Quoi? Pourquoi je n’écoute pas le machin classique de Coallier au lieu de chialer?

C’est ce que j’ai fait. Je vous avoue qu’ils me les cassent avec le canon de Pachelbel, l’adagio d’Albinoni et le palmarès des deuxièmes mouvements de concerto les plus mélancoliques de l'univers. Mais entre ça et Brassens en Afrique, avais-je le choix?

Je fais le saut. J’explore le côté obscure de la force.

Ô surprise! Un concerto pour guitare de Cimarosa. Je ne connais pas ça... yeah!

C’est sans doute une transcription! Pas grave. Bach en faisait de la transcription.

La guitariste que je ne nommerai pas était poche. Pas grave. Moi aussi je suis poche.

C’était une interprétation assez douteuse stylistiquement. Pas grave. Je n’ai pas d’argument, mais on se donne un break là...

Je me tape le deuxième mouvement. Je prends mon pouls. Tout est normal. La pression est un peu haute, mais c’est le matin et je me suis énervé sur Espace Musique. Le troisième mouvement commence. C’est trop lent, mais bon... c’est difficile la guitare classique. J’ai survécu jusqu’à la fin.

L’animateur se met à rigoler. Il tripe sur un écureuil dans sa fenêtre. Il ne fait pas que le mentionner, il nous en parle. C’est maintenant son ami... Bordel... Ensuite, on a droit à une pub. À Radio-Can, y en avait pas de pub.

Voici donc mes exigences.

Je veux un musicologue.

C’est tout. C’est le musicologue qui décide ce qu’on écoute et c’est lui qui en parle.





Wow... Ça ne me va pas du tout de commencer à 9h10.

C’est la faute du transport scolaire!






...

19 septembre 2007

Bonnes nouvelles

Peut-on dire : "même les fous changent d'idée" ?

J’ai reçu un courriel de Martine Rioux de L’Infobourg.

Il semble que, devant la pression venant des enseignants et des directions d’école, la CSDM ait décidé de permettre aux écoles de procéder à l’achat d’ordinateurs PC ou Mac, à leur guise, avec l’argent de la mesure 50670.


Lisez l’article!

Bulletins chiffrés, renouveau pédagogique, ratios ridicules, horaires allongés, loi 142... ça passe encore, mais mon Mac, pas touche!



J'devrais pas être payé pour écrire ça sur internet?



Mise à jour : Je repensais à tout ça tout en me cherchant une raison d'attendre pour faire la vaisselle et un truc m'est venu à l'esprit: "Et si les blogues avaient joué dans la balance?". Je ne parle pas de mon blogue qui n'est qu'une œuvre de fiction, mais plutôt de celui de Mario Asselin. Il ne déconne pas et il sait de quoi il parle (tout le contraire de moi...).

Les blogues ont-ils vraiment ce pouvoir?

Ben non... C'est juste un truc pour fuir les tâches ménagères.


Une chose est certaine : plus j'écris, moins je frotte et la pile de vaisselle qui m'attend est bien réelle.



AHHHHHH!

...

18 septembre 2007

Dissonances?

Écoutez les premières mesures de ce truc... drôlement moderne pour son époque. Trop. C'était possible avant ou après lui, mais pas pendant. C’est presque dérangeant. Ce type aurait pu faire faire un pas de géant au langage harmonique, mais il n’en avait rien à cirer.

C’est peut-être ça le génie? En avoir rien à cirer?


Moi, il m’a bien eu à la première écoute. Je cherchais comme un con le compositeur.

Et puis...

In your face!

Qui d’autre que lui?

Je l’aime!











...

16 septembre 2007

Démagogie 101

Selon Le Petit Larousse Illustré 2007

Démagogie: n.f. Attitude consistant à flatter les aspirations à la facilité ou les préjugés du plus grand nombre pour accroître sa popularité, obtenir ou conserver le pouvoir.

Mario Dumont? C'est ce que j'aurais pensé hier.

Mais aujourd'hui, un monde nouveau s'ouvre à moi.







J'pense que je m'ennuie de Jean-Marc.



...

15 septembre 2007

Fuite

Comme ça ne me tentait pas vraiment de bosser ce soir, j'ai balancé tous les extraits musicaux en ligne dans chaque billet correspondant.

Enjoy.

Ça commence en janvier 2007.

Fuite... fugue... Bah!








Fuga y Misterio

Astor Piazzolla




...

14 septembre 2007

Professionalisme 101

Je viens de lire ceci :

Un article sur cyberpresse.ca


Ha-ha-ha... ha?

Avertissement : N'oubliez surtout pas que ce blogue est une oeuvre de fiction. Vous pouvez avoir pleine confiance en toute décision ministérielle, car elles sont prisent par des professionnels.

Des quoi?

Donc, le problème, c'est le corps enseignant... Nous, on n'est pas professionnel. La ministre nous demande de l'être par contre. D'être quoi? Ah oui! Professionnels... comme les médecins?



La ministre : Docteur. J'ai mal à la gorge et à la région lombaire.

Le docteur : Faites "A".

La ministre : Non, je veux le faire un pourcentage! "96.8%!"



S'cusez-là. Je recommence.



Le docteur : Faites "A".

La ministre : "A"

Le docteur : Hummm... Mais vous n'êtes pas infectée. Toutefois, c'est peut-être la toux violente qui a provoqué votre mal de dos. Je vous prescris un anti-inflammatoire et il faudra être prudente.

La ministre : Mais je veux un antibiotique, pas un anti-inflammatoire. Ça me donne mal à l’estomac.

Le docteur : Mais Madame, vous n'avez pas d'infection. Votre mal de gorge est sûrement de nature virale.

La ministre : Non. Je veux un antibiotique.

Le docteur : Mais madame...

La ministre : Allons docteur. Faites preuve d'un peu de professionnalisme et donnez-moi ce que je demande.





...

12 septembre 2007

Prof Malgré Tout fait des liens

Rien n’est gagné d’avance. Normalement, comme je suis pute sur les bords et que j’aime bien avoir l’intérêt des élèves, voici comment j’aborde la notion «solo, duo, trio, quatuor, etc...» :

Avertissement : Quand j'étais petit, on n'avait pas de voiture et le McDonald's était loin. J'ai eu ma première dose à l'adolescence. Résultat : je ne suis pas addict et je suis un peu inculte.

En deuxième année.

PMT (solennel): Bon... déposez vos baguettes. Il est maintenant temps qu’on parle des vraies affaires. Oui, vous avez bien compris : des vrâ affaires.

Silence dans la classe.

PMT : Quand tu vas chez McDo et que tu commandes un trio MacPoulet, sais-tu pourquoi on appelle ça un trio MacPoulet?

Un «smatte » : Parce que c’est pas un Big Mac?

PMT: Non! Parce qu’il y a trois trucs : un MacPoulet, une frite et une boisson gazeuse. Trois comme dans trio.

La classe : Ahhhh...

Le «smatte »: J' l’savais.

PMT: Ah oui le «smatte»? Alors, si on y ajoutait un chausson, ça s’appellerait comment?

Le «smatte»: Pfff... Il compte sur ses doigts. Un quatrio?

PMT : Tu viens de couler ton année mon homme! Mais ce n’est pas grave, car on t’aime quand même! De toute façon, c’est la réforme...

Un élève : Hein?

PMT: Je blague.... Donc, s’il y a quatre trucs, on dit un quatuor. Solo, duo, trio, quatuor, quintette, sextuor, septuor, octuor.

Le «smatte»: Ben là... tu pourras jamais manger toute ça!!!

PMT: Deux choses. Premièrement, je parle de musiciens, pas de bouffe et deuxièmement, je suis très sérieux quand je te dis que tu coules ton année, mais comme on t’aime tous beaucoup, on va te laisser passer! (réforme oblige...)

Ça, c’était dans une classe dite normale.

Maintenant, dirigeons-nous vers une classe TC deuxième cycle.

PMT (solennel): Bon... déposez vos baguettes. Il est maintenant temps qu’on parle des vraies affaires. Oui, vous avez bien compris : des vrâ affaires.

...Bzzzzzzzz

PMT: Maintenant, regardez vos mains. S’il y a une baguette dedans, mettez-la doucement sur l’instrument.

...Bzzzzzzzz

PMT: Tching Kawong!

Ils s’exécutent... (je vous expliquerai ça un jour...)

PMT: Quand tu vas chez McDo et que tu commandes un trio MacPoulet, sais-tu pourquoi on appelle ça un trio MacPoulet?

Et là, je vous jure que c’est vrai... mais bon, c’était la première période de la journée.

PMT : Allô??? Quand tu vas chez McDo et que tu commandes un trio MacPoulet, sais-tu pourquoi on appelle ça un trio MacPoulet?

Un élève: Ben j’aime pas ça.

Un autre: Ouain...

PMT: OK... Les Big Mac?

Un élève: Huh?

PMT: Vous aimez ça un Big Mac.

Après un bref chaos, on opte pour un trio McCroquettes. Que voulez-vous, en TC, les goûts, ça se discute.

PMT: Donc, si tu achètes un trio McCroquettes, sais-tu pourquoi on appelle ça un trio McCroquettes?

Un élève: Parce que c’est des McCroquettes!

PMT: Oui, mais pourquoi trio?

Un élève: Moi! Moi!

PMT: Oui?

L’élève: Hein?

PMT: Quoi?

L’élève: Oui.

PMT : Oui quoi?

L’élève: Laisse faire.

PMT: OK. Alors, pourquoi on dit trio? Y a quoi dans un trio Big Mac?

Un élève : Un Big Mac!

PMT: Je vous aide... Il y a trois choses.

Un élève : Je le sais! Du pain, de la viande et...

PMT: Oubliez ça... Trio... Trois...

Un élève : OK! J’ai compris! Y a trois tranches de pain dans un Big Mac!

PMT: Si j’avais le droit de vous laisser dans surveillances, je sauterais par la fenêtre.

Un élève: T’es même pas game.

PMT: T’as raison, je pourrais perdre ma job pour vous avoir laissés seuls dans la classe. Par contre, si c’est vous qui passiez par la fenêtre...

Un élève: Un jouet!

PMT: Hein?

L’élève: Un jouet! Y a un jouet dans le sac!

PMT: Quel sac?

Un autre: Le joyeux festin!

PMT: OK. Je décroche. Plus le droit de parler de McDo.

Un élève: Pourquoi?



Là, j’ai vraiment regardé la fenêtre...







...

10 septembre 2007

Bye bye pomme

Je ne suis pas surpris, pas du tout. La CSDM a pris la décision de ne plus acheter d’ordinateurs Apple.


Non, mais quelle connerie!

Chaque année, je crée un cd à partir des compositions d’élèves, je fais un petit film sur les formations du projet, je le grave sur DVD, je fais un site Web avec des galeries photos, des extraits musicaux, des partitions, un forum... même un blogue bordel (pas celui-ci, je blogue pour mes élèves). Et je me tape tout ça quand?

Quand Fiston dort...

Et vous savez quoi? Je suis nul en informatique. Je suis sur Mac... c’est tout.

OK. Pas vraiment nul. Mais disons que je suis plus intuitif que technique.

Je fais parti des chanceux qui ont un portable fourni par la job. Pas par la job de prof de musique, quand même... Par le projet de comédie musicale.

Sauf que, comme je me tape ça, habituellement chez moi lorsque je ne suis pas payé, je n’ai pas envie de me battre contre une carte son qui n’est pas compatible avec un plug-in vidéo. Je n’ai pas envie et surtout, je n’ai pas le temps.

Pas le temps de rebooter un PC chaque fois qu’on essaie de faire deux trucs à la fois (J’ai l’habitude d’en faire trois).
Pas le temps de gosser avec des antivirus et toutes les cochonneries de Windows.
Pas le temps de perdre le peu de temps que j’ai.
Pas le temps.


J’ai un eMac qui plantait dernièrement. Il a quatre ans et tout comme son propriétaire, il n’est plus sous garantie. Apple me le répare gratos. Ils vont changer la carte-mère (c’est ce qui coûte le plus cher dans un ordi). Rappeler Dell, IBM ou Compact quatre ans plus tard pour faire changer un motherboard.... HA. HA. HA...

Avec un Mac, vient la suite iLife. T’as pas le choix, ça vient avec, alors aussi bien s’en servir un peu. Avec ce truc, une nouille de l’informatique fait de la musique lounge avec des loops, un film qu’elle peut graver sur DVD ou simplement tout balancer sur un site Web avec la galerie photo de son week-end à Chibougamau. Y a même un outil pour faire un blogue... Une vraie joke.

Vous en mettez quatre ou cinq dans une classe et vous avez un projet multimédia (si vous vous en servez).


Vous n’êtes pas convaincu que Mac c’est mieux?

J’ai l’argument de l’apocalypse...

Mère Indigne est sur Mac!

Vlan! Dans les dents!

Allez sur le site d’Apple et regardez les pubs «I’m a Mac, you’re a PC».

CSDM is a PC.







...

09 septembre 2007

30

Imaginez des boîtes. Des tas de boîtes.

Dans les boîtes, des billes. Des tas de billes.

Une main géante et anonyme joue avec les billes.

Pas assez de billes dans une boîte? On répartit puis on jette la boîte.

Trop de billes dans une boîte? On prend les billes en trop et on les distribue dans les boîtes qui ne sont pas pleines.

Oups! On n'a plus assez de boîtes! C'est certain... on vient d'en jeter une.

Pas grave. On donne les billes en trop à un autre joueur.

Le but du jeu? Pfff... facile! Avoir le plus de billes possible dans le moins de boîtes possible.

***

Ce sont les enfants qui devraient jouer aux billes, pas les commissaires scolaires.

Je vous ai dit qu’on aurait une classe de 32 élèves et une classe de 31 élèves cette année, car la commission scolaire a fermé une classe cycle (classe combinée). La situation est rétablie.




Maximum 30 par classe.



On a chassé les indésirables.









....

07 septembre 2007

Petite curiosité

Aujourd’hui, je me baladais dans trois écoles différentes avec un musicologue et une équipe de tournage (je vous en reparle un de ces quatre) pour faire entendre des extraits d’opéras à la marmaille locale.

C’est toujours plaisant de fréquenter des musicologues, car ils apprenaient plein de trucs à l’université pendant que nous, on se les cassait à lutter contre le métronome. La journée fut donc très instructive. Alors, comme je sais maintenant plus de chose, malgré que je ne sois pas plus «compétent» qu’hier à la même heure, je suis moins épais, et c’est ça qui compte: plus que t’en sais, moins que t’es épais! C’est anti-réforme et j’aime ça.

Je sais. Ma vie est palpitante...

À travers tout ce qu’on a balancé par la tête des enfants, on parlait entre autres de l’opéra Un Ballo in Maschera (le bal masqué) de Verdi. Oui, lui... Le même que dans la blague du trouvère.

Voici un des extraits qu’on leur a fait entendre :

Un type se pointe chez une sorcière question d’enquêter un peu et se faire dire qu’il se fera tuer par le premier homme qui lui serrera la main.

Ne vous détrompez pas : c’est quand même "l’histoire d’un ténor qui veut coucher avec une soprano, mais y a une basse (ou un baryton) qui ne veut pas". Faut quand même pas réinventer la roue à chaque fois. Peu importe. La madame fait ses incantations...













Pfff... Sa version était pas mal meilleure que la mienne, au musicologue.

Bon... Il est maintenant temps de justifier le titre du billet.

En fin de journée, nous étions dans une école très multiethnique et quand on parlait de Madame Butterfly, on leur servait du Cio-Cio-San par-ci et du Cio-Cio-San par-là. Ça se prononce à peu près «Tchio-Tchio-San» et c’est le nom de l’héroïne, celle qui se fait hara-kiri à la fin... Ben quoi? C’est du Puccini. Il faut bien que qu'elle meure à la fin et comme y avait personne pour faire la job...

Ce qui s’avère curieux, c’est qu’aucun élève ne rigolait (pas pour le suicide, pour le nom). Allez faire ça dans une école de Trois-Rivières et les enfants vont vous élire sur-le-champ humoriste de l’année à vie. Par contre, dans cette école, c’est une autre réalité. Quand tu as grandi avec quelqu’un qui s’appelle Choukri, Parthepann, Guong Tong (dites-le rapidement) ou Assuhl (prononcer «ass hole»), Cio-Cio-San, y a rien là!

En passant, c’était la classe la plus chouette de la journée et non, je ne vous les casserai pas avec du Puccini.





Édition spécial : Bordel que j'écris mal.C'est pas parce que tu mets des mots ensemble que ça fait un phrase...



...

06 septembre 2007

Réunion

Cet après-midi, j’avais une réunion avec des gens du milieu de l’opéra pour un projet scolaire.

Devinez si j’ai aimé ma réunion...














...

04 septembre 2007

31

En troisième aujourd’hui.


Une élève : Hey Prof Malgré Tout!

Moi : Hey Mademoiselle Machin...

L’élève : On va jouer du djembé aujourd’hui?

Moi : On se calme... C’est le premier cours.

L’élève : Ouain pis? T’as dit qu’on en jouerait plus cette année.

Un autre : Ouais!

Moi : Vous êtes combien dans votre groupe?

L’élève : 31!

L’autre : Ouais!

Moi : Ouch... Disons qu’on arrondit à 30. Si je vous fais jouer par groupe de 6... ça fait cinq groupes. On fera un groupe de sept. Si chaque groupe joue 4 minutes et disons une minute pour se placer... quoi Roger? Hein? Au moins deux minutes pour se placer? OK. Donc, 6 minutes par groupe. Supposons que tu es dans le cinquième groupe à jouer, tu vas attendre 4 X 6 = 24 minutes avant de jouer une note... Et ça, c’est si vous êtes super disciplinés. Dans le meilleur des mondes, tu vas jouer une fois et demie en une heure de cours. Veux-tu savoir ça fait combien de notes?

L’autre : Ouais!

Moi (gros yeux) : ...

L’élève (visiblement déçue) : Mais l’an passé... on en jouait...

L’autre : Ouais!

Moi : Vous étiez combien l’an passé?

L’élève (elle vient de comprendre) : 19...

L’autre : Ben là...

Moi : On va trouver un moyen, mais pas aujourd’hui...

L’autre (optimiste plus que jamais) : Ouais!

Et on se tape un cours assez dense, démographie oblige.

Heille! Come on l’optimiste! Même si ta mère te change d’école, ils ont coupé musique depuis belle lurette dans les autres écoles du quartier. Tu peux faire ton deuil du djembé pour cette année.

C'est n'importe quoi! 31 élèves de troisième. Je dirais 7 ou 8 TC intégrés à travers ça, mais, pour toutes sortes de raisons, pas cotés... Ça ne demeure pas moins des élèves très turbulents. J’étais dépeigné pas à peu près à la fin du cours, mais ce n’est rien... attendez de voir la titulaire dans un mois.

Juste avant, j’avais une classe TC. Environ 10 élèves et leur éducatrice au cas ou... Une vraie joke comparativement à la troisième année du régulier.

On se calme...

Disons que votre enfant est dans cette classe de troisième année et que vous ne voulez pas le changer d’école. J’ai la solution à votre problème et comme je suis juste et bon, je vous la donne.

Vous allez voir, c’est tellement simple...

Votre enfant doit péter les plombs sur une base régulière. On parle de trois à quatre sorties de classe par jour, des bagarres (pas obligé de les gagner...), une psychopathologie pas très claire en attente de diagnostique et un chandail des Sex Pistols taché du sang de l’animal domestique de votre choix.

Et voilà, dans quelques mois, votre progéniture aura sa place dans la chouette classe TC. En bonus, comme vous êtes des gens bien, la prof va vous adorer. Personnellement, si j’avais à aller prendre une cuite avec un prof de mon école, ça serait avec elle et en plus l’éducatrice est géniale (on l’inviterait!)... Je vous le dit: vous n’en avez rien à foutre du régulier! C’est en TC que ça se passe.


Surtout, ne me remerciez pas, ça me fait toujours plaisir de vous conseiller et n'oubliez pas: ce texte est le fruit de mon imagination. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes dans notre belle commission scolaire. Toute ressemblance avec blablabla est le fruit du hasard et blablabla...




...

30 août 2007

Un trois dans deux

Un deux dans trois?

Nope...


Un trois dans deux.

On avait trois classes au deuxième cycle régulier (3e et 4e années). Une troisième, une quatrième et une classe cycle. L’idéal pour un milieu défavorisé comme le nôtre: de belles classes, bien réparties, pas trop nombreuses...


Quoi?

Pas trop nombreuse?

Zut... On l’a dit trop fort. Ils ont fait un trois dans deux. Une classe de 30 élèves en troisième année et une classe de 32 élèves en quatrième.

Oui Madame (la ministre?)! Ils ont fermé la classe cycle.

Le plus pathétique : les parents ne se plaignent pas. Ils n’aiment pas ça les classes combinées. Réveillez bordel! Ce sont les meilleures classes.

Moi personnellement, ça me fait un trou dans mon horaire pour faire de la préparation. Je suis content? Non! Je trouve ça dégueulasse pour les enfants. Heille! 32 élèves de quatrième dans un minuscule local. Ils vont être dépeignés...





N.B. : Je tiens à me féliciter personnellement pour ne pas avoir agrémenté ce billet de mots ayant pour fonction première la description de symboles ou d’événements religieux... bordel.





...

29 août 2007

Sacs à dos et société

Une petite observation à partager avec vous.

Un battement entre deux cours et une rangée de sacs d’école au mur de la classe voisine.

Tous neufs sauf deux.

Les propriétaires? Les deux plus friqués de la classe.

Logique.

Rien à prouver.

Un rien approuvé.









...

22 août 2007

La vérité, toute la vérité

Des chiffres ou des lettres?

Voici la vraie affaire. Tadam?

Avez-vous déjà essayé de mesurer une distance en utilisant une unité de poids? Ça ne va pas bien hein? On peut dire que le parc est à trois cents mètres de chez soi, ou même, à 2 minutes de marche, mais une phrase du genre : «J’habite à 150 kilogrammes de chez ma soeur», ça sonne faux.

Par contre, des fanatiques de l’entrainement pourraient dire qu’ils habitent à 400 calories du travail. Des fanatiques...

Pourquoi je vous raconte tout ça?

C’est quoi déjà qu’on essaye de mesurer chez l’enfant? Si on répond à cette question, on sait si on veut des chiffres, des lettres ou des personnages de Pokemon dans le bulletin.

Non.

Pas de compétence... Pas de savoir... Ça, c’est un autre débat.

Alors, peuple québécois, voici la vraie question:

Êtes-vous prêts?

Oups. On nous l’a déjà posée celle-là... avec les résultats que nous connaissons tous.

Donc, la question :

Formatif ou sommatif?

Ben oui... c’est juste ça la question. Hein? De keussé?

En gros, formatif, c’est une évaluation holistique de l’enfant. Une appréciation globale. Mais attention, ça ne veut pas dire générale. Je vous dis ce qu’est le sommatif et vous allez comprendre.

Le sommatif, c’est la moyenne de la somme des résultats de l’enfant. Il faut que j’explique ça? OK...

Je vais donner un exemple grossier.

Semaine 1 : 2+2= 3 ...............0 sur 10

Semaine 2 : 2+2= 5 ...............0 sur 10

Semaine 3 : 2+2= Feuille déchirée... ........0 sur 10

Semaine 4: 2+2 = 4 ..............10 sur 10!!!

Semaine 5 : 2+2 = 4!!! ..........10 sur 10... Ouais! T’as compris! C’était pas un coup de chance la semaine dernière!!! Bravo!!!

Faut croire que ça lui a fait du bien de déchirer sa feuille...

Dans du sommatif, l’élève obtiendrais 20 sur 50. 40%. 4 sur 10... whatever. Il sait que 2 + 2 = 4, mais comme ça lui a pris un bout de temps pour l’apprendre.... Maladie? Plus jeune que les autres? Problèmes familiaux? Ça, c’est une autre histoire. Par contre, la seule façon de noter du sommatif, c’est les chiffres, et les chiffres, ils se foutent pas mal que son chien soit mort la veille. Le kid sait que 2 + 2 = 4, mais il se tape un 40%. Cool hein?

Par contre, ça donne l’impression d’être précis. Sans sommatif, la différence entre 76 et 77 est totalement subjective.

Vous savez ce que ça veut dire 76 en français écrit de quatrième année? Moi, je n’en ai aucune idée...

Dans un contexte formatif, je ne peux pas donner un chiffre à cet élève. Je lui mettrais un C qui voudrait dire (et ça serait expliqué dans le bulletin) qu’il répond aux exigences, mais qu’il a de la difficulté. Il a besoin de plus d’aide que la moyenne pour atteindre les objectifs... mais il les atteint. Il n’est donc pas en échec. S’il ne les atteint pas, c’est D. Échec.

Vous savez c’est quoi les exigences en français écrit pour la quatrième année? Moi, je n’en ai aucune idée...

Maintenant, il faut voter. Si vous êtes pour le sommatif, gueuler bien fort pour avoir des chiffres et voter donc ADQ tant qu’à y être...

Vous voulez du formatif? Arrêtez de chialer parce que le bulletin est en lettres et dealez avec le fait qu’on ne le vous dira pas si votre enfant est meilleur que le p’tit voisin qui lui aussi, a obtenu un A en religion.

Du formatif chiffré? NOOOooooooooOOOOON!!! On pourrait à la limite transformer des chiffres en lettres (ce qui équivaudrait à arrondir), mais on ne peut pas transformer les lettres en chiffres (à moins qu’il n’y ait que quatre ou cinq chiffres...).

Hein? Vous voulez les deux? Sortez votre fric d’abord parce que les bulletins vont être pas mal plus longs à faire. Dans la vie, il faut faire des choix...



C’est moi qui dit ça? Bordel... j'vieillis!






...

21 août 2007

Quand revient septembre...

Ce qui est bien avec la musique, surtout écrite, c’est que nous sommes en général assez à l’abri du n’importe quoi. C’est vrai! Si mon comptable se lève demain matin et décide d’écrire une symphonie autobiographique, il risque tout au plus de gaspiller un peu d’encre et d’avoir fait abattre un arbre centenaire pour rien. Ses élucubrations sonores risquent peu d’atteindre nos oreilles et c’est sûrement pour le mieux. Nous sommes donc passablement protégés des aspirants compositeurs de tout acabit. On ne peut tout simplement pas remplir des portées pour ensuite déclarer allégrement : «Voici un concerto, bordel!». Ça fait au moins une vingtaine d’années que ça ne se fait plus.


Malheureusement, il n’en est pas de tel pour la poésie. N’importe quel primate supérieur s’étant approprié les rudiments de l’écriture peut coucher ses états d’âme sur papier et ensuite tenter de nous les faire subir.

Vous vous croyez en sécurité? Vous ne lisez pas ce genre de truc?

Personne n’est à l’abri.


Personne.




Comme vous le savez peut-être, c’est une tradition pour les directions d’écoles d’écrire aux enseignants afin de les sortir de leur torpeur estivale et leur rappeler que toute bonne chose a une fin. Un prof que je connais, mais dont je tairai l’identité m’a fait parvenir ceci. Voici donc le poème qui accompagnait la lettre que la direction lui a fait parvenir.



***


Quand revient septembre...

Douceur du soleil qui se fane
pour ensevelir des ors dans l’éternité d’une feuille.

Traînée d’oiseaux sur l’autoroute des départs dans le champ heureux du ciel.

Musique des bruits d’école des jeux de billes
et de ballon enchâssés entre livres et leçons.

Le temps sait-il qu’il recommence à neuf dans les yeux d’un enfant?

Entre son rêve et le mien je dessine les mains tendues de la complicité.

J’ouvre la fenêtre des jours au plaisir encore jeune d’apprendre ensemble.

Le coeur me tremble en peu comme une fête où le passé et
l’avenir se donne rendez-vous.

Quand revient septembre le soleil se met au chaud dans ma classe et règne sur toutes
nos découvertes.

***

Succulent, n'est ce pas? J’ai gardé la mise en page et la quasi-absence de ponctuation pour faire "plus vrai"...

En passant, rassurez-vous; ce n’est pas la direction de l’école qui a écrit ce «poème». Je ne vous dirai pas qui en est l’auteur, mais par contre, si vous avez aimé le style, je vous invite à lire «Le jour des vidanges» de Zhom. Il y a quatre choses et demie qui me font rire en ce bas monde et son blogue en est une des deux (ben quoi? Moi aussi j'ai le droit!).

Personnellement, je pense que c’est sûrement une blague ou bien à la limite, l'oeuvre d'un génie de l’absurde. Par contre, ma blonde m'a déconseillé d'aborder le sujet si je venais à rencontrer l'auteur en question.

Pfff... Mais qu'est-ce qu'elle connaît à l'art?





...

17 août 2007

Police! À l'aide!

J'ai besoin d'aide pour une police...






Quelqu'un connaît cette police?

J'arrête de demander ensuite...

13 août 2007

Sam à la plage

Come on! On sait tous que Sam ne va pas à la plage. C’est l’évidence même: c’est loin, il faut payer et il n’y a personne pour l’emmener.

Donc, cet été, à la pataugeuse, j’ai croisé Sam. Il est assez facile à repérer cet enfant. Il est noir comme la nuit, quoique dans mon quartier, ça passe assez inaperçu. Ce qui le distingue, c’est son aura. Tout est dans la posture, la façon de bouger, le regard. Vous en connaissez beaucoup vous des enfants de 6 ou 7 ans qui ont l’air d’un héroïnomane? Moi, je connais Sam et il est toujours en manque.

En manque de quoi au juste? D’une vraie maman ou tout simplement d’un repas de plus par jour?

C’est moi qui l’aperçois le premier... du moins, je le pense. Il me regarde le regard vide. Sam.

Moi : Hey Sam! Salut!

Lui: ...

Moi : Tu me reconnais?

Lui: ...

Moi : C’est moi, PMT, ton prof de musique.

Sam : Je sais.

Moi : Alors, tu pourrais me dire bonjour.

Sam : Bonjour.

Et il se pousse un peu plus loin.

Wow... comme je suis significatif pour mes élèves!

Je vous avais dit que Sam est passé en classe TC en cour d’année? Même dans une classe pour graves troubles de comportement, c’était un des cas les plus lourds!

Ah... tiens donc. Il s’approche à nouveau.

Moi (en pointant mon fils qui patauge un peu plus loin): Regarde, c’est mon enfant.

Sam : Je sais.

Moi : Il me ressemble tant que ça?

Sam : Y a des photos dans ton classe. (il est anglophone le pauvre)

Il se tire encore une fois et approche une femme rousse et ses deux filles. Elle lui sourit. Il les suit vers le vestiaire. J’ai espoir. Une nouvelle famille d’accueil? C’était vraiment n’importe quoi celle de cette année...
Ceux-là ont l’air bien. Par contre, même si je suis daltonien, je sais que cette rouquine n’a pas engendré Sam. La théorie de la génération spontanée a quand bien même ses limites... J’opte donc pour la famille d’accueil.


Il se pointe à nouveau.

Moi : C’est qui la dame avec qui tu étais?

Sam : Hein?

Moi : Tu étais avec une dame et deux petites filles. Tu les connais?

Sam : Hein?

Moi : ...

Je remarque une plaie sur sa main. Soyons honnêtes. Ce n’est pas une plaie, c’est un trou.

Moi : Ouch! Comment tu t’es fait ce truc?

Sam : Ah... pas grave.

Il gratte un peu son... bobo? Je pose trop de questions. Il préfère donc se pousser à nouveau pour rejoindre une famille asiatique. Ils ont l’air de bien le connaître. Je suis perplexe.

Un peu plus tard.

Moi (à la dame asiatique) : Vous connaissez Sam?

Elle : Yes, yes! Sam!

Moi : I am one of his teacher. You know if he is with that lady over there. (Je pointe la rouquine).

Elle : No, no. He not wit them. He alone again...

Moi : He seems to know many people...

Elle : Yes, yes. Chulch!

Moi : Huh?

Elle : Yes, yes! Chulch! Evely sunday molning chulch! Him comes!

Moi : Ah...

Comme je suis naïf. Sam était seul. Il y a des gens qui naissent seuls et qui risquent de mourir tout aussi seuls. Il ne faut donc pas trop se surprendre de les voir faire la traversée en solo. Il risque d’en avoir besoin dans la vie de «chulch».

Quelle merde...








Prélude de la suite en Ré mineur pour violoncelle seul de Bach
Anner Bylsma, violoncelle







...

11 août 2007

Pour qui la bière?

À l'aide!

Il faut que je lise ce fichier.

C'est le livret avec traduction française d'un obscur opéra de Verdi : Le Bal Masqué. Malheureusement, je n'arrive pas à l'ouvrir correctement. Si quelqu'un peut me le convertir en .pdf, je paye la bière!

Quoi? Vous ne buvez pas de bière? Pas de problème, car voici ma blague favorite de Verdi:

Un homme entre chez sa disquaire préférée à la recherche d'un enregistrement rare de l'opéra "Il Trovatore" de Verdi.

L'homme : Bonjour ma chère! Avez-vous «Le Trouvère»?

La disquaire : Non, je n'ai pas Verdi.


***

Charmant hein? Sans blague, j'ai vraiment besoin de ce livret...

En attendant, un peu de Verdi








Sempre libera (toujours libre) extrait de "La Traviata"



C'est elle qui chante. Anna Nebrebko. Selon la légende, elle aurait commencé comme femme de ménage à l'opéra de Saint-Pétersbourg... un truc dans le genre. Avis aux intéressés : toujours libre qu'elle dit. Pfff... Violetta.






...

09 août 2007

Hey! Quoi ne neuf?

Eh oui... Je sors tranquillement de ma torpeur estivale. J’ai failli rechuter il y a deux semaines lorsque j’ai croisé Sam à la pataugeuse. J’ai commencé un billet, mais je ne l’ai pas posté.

En attendant la rentrée, je vais mettre en ligne les extraits musicaux de l’an dernier. Pourquoi je fais ça? De la fuite pure et dure. Ben quoi... Il faut vraiment que je recommence à bosser sur le projet de comédie musicale et demandez-moi si ça me tente...

Bien sûr que ça me tente, bordel! Mais pas pendant mon congé.

Les extraits seront donc dans les billets. N'est-ce pas merveilleux tout ça?

Alors, si vous voulez déjà commencer à bénéficier de mon manque de motivation, allez lire et écouter ceci. J’ai posté ce truc bien avant que je ne décide de mettre des extraits sur ce blogue. Il ne manquait que la musique.

À bientôt et gare à toi Claudine Potvin!

Cette subtile plaisanterie était dédiée à La Marâtre et au Prof Masqué. Mais bon, on ne sait jamais...


En passant, si vous êtes un prof qui blogue (pas «un autre prof qui blogue») et que vous aimeriez être dans mes liens, écrivez-moi et ça me fera plaisir.

Oups! C'est déjà l'heure du scotch et de la Kilkenny.









Cheers


...

06 juillet 2007

Tranche de vie

Bon... Premièrement, je vais mettre une chose au clair : l’album des sonates de Haydn par Marc-André Hamelin, c’est génial. À la première écoute, j’étais un peu surpris par les tempos, le son et la technique presque outrageuse de ce type qui est en réalité, le meilleur pianiste québécois... je vous le dis! Ça fait deux jours que je m’envoie les deux disques en boucle. Ça fonctionne comme musique de fond, comme accompagnement d’une tâche ménagère ou pour faire de l’écoute active. En bref, je ne savais pas que je pourrais un jour me pâmer autant sur la musique de Haydn. Je vous ferais bien entendre l’adagio qui joue au moment où j’écris ces mots, mais ça pourrait être n’importe quel autre extrait. Vous avez compris : c’est tout génial!

Voilà, c’est fait. Maintenant, soyez prévenus, je vais faire dans le personnel. Y a plein de gens qui m'ont dit que c'était poche mon blogue quand je parlais de moi, je m'excuse donc d'avance pour les inconvénients que je vais créer.

Je vais prendre une petite pause de blogue. Je n’ai pas vraiment envie, mais je n’arrive pas à décrocher de la job cet été. Je dois faire gaffe, car j’ai pas mal plus de boulot à me taper pour préparer le projet que les années précédentes. Ça écoeure parce que ça n’amènera pas vraiment grand-chose de plus aux enfants, au contraire même... Ce n’est pas moi qui décide du sujet et des contraintes, mais je vais faire avec.

Mon plan : décrocher pendant au moins deux semaines. Pas de recherche, pas de préparation de forum, de site Web, de blogue (du projet). Pourquoi seulement deux semaines? Pfff... Si je prends un mois, il ne me restera que deux semaines pour tout me taper. Dans la profession, ça parait mal un burn-out en été. Il est donc préférable de me tenir loin du blogue qui parle de mon boulot.

Parlant de burn-out, cette année fut très éprouvante physiquement. Trop d’heures de sommeil furent offertes en sacrifice au projet. Je me tapais les textes des élèves souvent après 21h00 et la plupart des arrangements furent faits de nuit. Je n’arrivais pas à travailler avec Fiston dans les jambes, et je ne voulais pas ça non plus. Ni pour lui, ni pour moi. J’ai touché le fond... comme jamais.

Il faut que je décroche et refasse le plein sinon je vais y laisser ma peau l’an prochain.

Et en plus, une putain de tendinite qui revient. Méchante connerie. Je vous raconte ça et ensuite, je ne vous casse plus les pieds pour un bon bout.

Il y a un an, pendant la semaine de spectacle, une prof d’une discipline pas très intello était chargée de transporter les élèves de l'école au théâtre et vice-versa. Un soir, elle conduisait une fourgonnette chargée d’enseignants et de formateurs qui se pensaient dans des montagnes russes. Il pleuvait, la visibilité était nulle et c’était un véhicule de location. On roulait trop vite et les phares n’étaient même pas allumés... Je pense qu’on était seulement deux à bord qui trouvait l’exercice puéril et qui ne voyait pas l’intérêt de faire un détour pour «aller pogner la bosse, vous allez voir, les élèves tripent, ça revole vraiment». Faut-tu être irresponsable...?

Une voiture surgit devant nous. Arrêt d’urgence. Mon pouce gauche entre en collision avec un manche de parapluie. J’ai dû finir la semaine en jouant sur une blessure, trois shows par jour. Les petits rigolos de la minivan regardaient mon sac de glace en se disant sans doute que j’étais en manque d’attention... Ben oui, c’est sûrement ça mon problème et la solution que j’ai trouvée, c’est de me balader avec un sac de glace sur le pouce. Fallait y penser tout de même!

Ça fait plus d’un an et ça fait encore mal si je joue trop. C’est une douleur à la main, mais qui irradie dans les tripes. La musique est une maitresse cruelle. En plus de la douleur physique, la tendinite donne au musicien la même sensation qu’une peine d’amour. Le truc dans l’estomac... Voilà donc le seul temps de l’année où je pourrais m’y remettre un peu sérieusement et bordel...


Ouais... Une maitresse cruelle. Ça fait mal de la voir dans les mains des autres quand elle nous est interdite. Sinon, pas de problème!!! Et que je ne vous entende pas spéculer sur les origines de la musique de chambre : trio, quatuor, etc.


Hamelin qui joue Haydn.

Haydn: Sonate pour piano #23 en Fa, Hob XVI:23 - 2. Adagio













...

05 juillet 2007

Mécène recherché

Pas pour du fric. Seulement pour de l'espace Web. J'aurais besoin d'un endroit pour héberger les extraits musicaux que je fais entendre sur le blogue.


profmalgretout@hotmail.com





...

04 juillet 2007

...?

Ce soir, 23h30, TV5.

Vous me direz comment c'était parce que moi...





...je n'ai pas le cable et je serai au Yulblog.



Cheers












...

03 juillet 2007

Corneille

Ben non... pas le chanteur.

Il y a des modes pour tout : les fringues, la bouffe, la musique... tout ce qui se consomme quoi. Il y a même des modes pour le corps humain, car oui, dans certaines cultures, il se consomme. Que penserait Rubens de nos mannequins anorexiques? Ça manque de chair sur l’os?

Personnellement, la mode qui me fascine le plus, c’est celle des états d’âme comme sources d'inspiration pour les artistes. Présentement, le truc branché, c’est la peine d’amour... Assez ennuyeux merci, mais bon, on n’a pas demandé de venir au monde et encore moins maintenant. Ça me rend nostalgique de quand je n'étais pas encore né...

À l’antiquité, on aimait bien les trahisons, les empoisonnements et bien entendu les parricides involontaires suivis de l’incontournable, mais tout aussi involontaire, partie de jambe en l’air avec maman. Ouch! Ça devait fesser quand l’oracle se pointait pour nous briefer sur le sens de l’humour des dieux. Mais heureusement, soeurette était toujours là pour nous consoler dans les moments difficiles. Il faut toujours demander le nom de famille avant de...

Ensuite, au moyen-âge, on aimait bien les malédictions et les histoires de philtres d’amour ingurgités par la mauvaise personne. Non, je ne vous ferai pas entendre un extrait de Tristan aujourd’hui. En passant... Avez-vous déjà remarqué qu’il y a souvent un petit nain méchant au moyen-âge? Il ne manquerait que le doberman pour que le party pogne dans la cabane.

Mais le nec plus ultra des raisons d’être déprimé et d’écrire plein de hits, c’était au début du XIXe siècle: l’errance. Ouais! Le Wanderer. La quête de quelque chose d’inatteignable. En ces temps bénis, les adeptes du Sturm und Drang se baladaient de village en village en rivalisant de misère. Pas question de rester en place. Avec un peu de chance, ils étaient même bannis, en exil, rejet... Ça contraste avec le spleen vécu en direct du sous-sol de bungalow des parents de nos cégépiens. Errance? Pfff.

Et nous, au XXIe siècle, on est sensé faire quoi pour être déprimé et composer des chefs-d’oeuvre? Il faut se faire bannir pour avoir marié maman après avoir buté papa, être condamné à errer sans fin avec le petit nain et son doberman qui vous les cassent sans arrêt?

C’est n’importe quoi tout ça, mais comme vous êtes une bande de dégénérés, je suis certain qu’il y en a qui rigolent bien... Pourtant, mes intentions étaient nobles quand j’ai commencé à écrire ce billet. Je me tapais le Voyage d’Hiver bien peinard et là, juste comme ça, y a deux fils qui se sont touchés dans ma tête. Bordel...


Voici le quinzième lied du cycle.







Die Krahe, extrait de Winterreise de Franz Schubert

Dietrich Fischer-Dieskau
Gerald Moore


Die Krahe : La corneille

Avec moi, une corneille
Avait quitté la ville.
Elle a sans cesse volé
Autour de ma tête.

Corneille, étrange animal
Ne veux-tu pas me quitter?
Crois-tu donc comme une proie
Te saisir bientôt de mon corps?

Allons, je n'en ai plus pour longtemps
Avec mon bâton de pèlerin.
Corneille, montre-moi enfin
La fidélité jusqu'au tombeau!



C’est beau hein?









...