Effectivement, je ne serai pas dans le décor pour quelques jours.
Celui que vous pouvez admirer ici est conçu et réalisé par des élèves du primaire. Dans leur spectacle, il y en a trois.
Ils sont cinglés les formateurs des décors et accessoires, mais... quelle belle folie.
Arlequin s'apprêtant à assommer le Capitan.
Les enfants ont fait les masques aussi. Je vous le dis : tous des cinglés!
Vous ne croyez tout de même pas que je vais vous montrer le reste... Pffff...
Moi, ma job dans ce truc, c'est de faire écrire l'histoire aux enfants, de leur faire composer la musique et ensuite, je suis chef d'orchestre et je me commets un peu au clavier et à la guitare avec eux dans les spectacle. Je ne suis aucunement responsable des merveilles que vous voyez plus haut.
Si vous êtes sages, je vous dévoile mon canon! Ben... on se comprend.
Pourquoi pas... je vous en fait entendre un bout. Malheureusement, je n'ai pas d'enregistrement live (le band torche vraiment cette année!), alors ce que vous pouvez entendre est programmé (sauf les voix et la guitare).
La toune finale
extrait du spectacle en question.
Anecdote : L'enfant qui joue le djembé est noir comme la nuit et nous jouons en coulisse cette année. Je ne vois que les yeux et les dents! On dirait un film d'animation! C'est le fun que j'en parle hein?
Ça risque d’être assez mollo par ici pour quelques jours. Vous vous souvenez du baron et de son canon? C’est cette semaine que ça se concrétise. Yep! It’s show time!
Lundi de jour : On emménage au théâtre. Montage de la scène, set up de l’orchestre, sound check, etc.
Lundi soir : Je suis monoparental. Maîtrise de ma blonde oblige. J’aurais bien aimé faire le crabe, mais mon devoir de père passe avant mes ambitions de crustacé.
Mardi AM : Générale distribution B
Mardi PM : Générale distribution A
Mardi soir : Je revise mes interventions musicales parce que je suis un imposteur. Ce n’est pas parce qu’on joue du piano qu’on est pianiste.
Mercredi AM : Représentation distribution B
Mercredi PM : Représentation distribution A
Mercredi soir : Représentation distribution B (soirée des gros bonnets... va falloir que je me rase).
Jeudi AM : Représentation distribution A
Jeudi PM : Représentation distribution B
Jeudi soir : Représentation distribution A
Jeudi encore plus tard : Démontage et bacchanale.
Ça devrait faire autour de 5000 spectateurs en deux jours. Tout le monde (comédiens, danseurs, décors, choeur, etc.) est très bon, mais je vous avoue que c’est le band qui torche! J’ai rarement eu autant de plaisir à jouer avec des enfants.
On fait salle comble pour les six représentations, mais si vous oeuvrez dans le domaine de l’éducation, y a peut-être moyen de vous faufiler. Écrivez-moi : profmalgretout@hotmail.com
Je sais que j’ai des petites tendances à douter de votre existence, mais sachez que je souhaite de tout coeur que vous existiez.
Ça vous va?
Bon. Trêve de tergiversations et regardons ce que vous pouvez faire pour moi aujourd’hui.
Voici les dates pour Don Giovanni : 19, 23, 26, 28, 31 mai, 2 juin 2007.
Comme ce n’est jamais jojo de revenir dans le temps, on laisse tomber le 19 mai.
Ma blonde suit un cours à l’université tous les lundis et mercredis. Je me retrouve donc monoparental et dans l’incapacité d’honorer les artistes de l’opéra par ma présence ces soirs-là. On oublie donc le 23 et le 28.
Le 31 mai, c’est moi et mes affreux qui sommes en spectacle... pas négociable.
Il reste donc le 26 mai et le 2 juin.
Je vous remercie de l’attention que vous porterez à ma demande.
En passant, acceptez-vous encore les sacrifices humains?
Prof Malgré Tout
Duettino: La ci darem la mano (Là, nous nous donnerons la main)
Ça a l’air «toute cute» comme ça, mais c’est plutôt tordu comme air (duo).
C’est jour de noces pour Zerlina et Masetto. Don Giovanni convoite l’épouse. Le fiancé est vite écarté et notre héros entraîne sa proie vers son pavillon privé...
Don Giovanni, c’est le «Dark side of the force». Le «One ring to rule them all». L’offre que vous ne pourez refuser même si on vous en offre trois de la marque concurrente.
Qui ne voudrait pas d’un tel pouvoir de séduction?
Qu’on me donne des billets gratos ou non, j’y vais et je me paye un bon billet.
Au prix des bons billets, la statue a besoin d’avoir l’air «stiff»...
Petite mise à jour : J'avais écrit que j'étais disponible le 28 mai. C'est faux. Je suis disponible le 26! Mais bon, je suis certain que l'Être, dans son incontestable suprématie, s'en était rendu compte. ...
Allôôôôô? J’ai pris au moins cinq minutes pour écrire un putain de commentaire sur le site voir.ca pour gagner un billet pour Don Giovanni. And the winners are...
Pas moé bordel...
ARGH!!!
Mais bon, ce n’est pas trop grave, car la Roussette de Savoie se mariait bien avec la raclette et les petits oignons borettane dans le balsamique n’avaient d’égal que les cornichons salés de mon octogénaire de père. Ben quoi... On se reproduit sur le tard quand on ne pogne pas.
Mais quand même... Il va falloir que je paye pour aller voir Don Giovanni. C’est pas correct.
Mission accomplie. Je n’ai pas dénigré les futiles commentaires insipides des gens qui ont gagné des billets. Pfff... Vive la Roussette et vive les Savoyards! Le pal pour voir.ca! Rien de moins bordel. Comment ont-ils pu me faire ça à moi?
O statua gentilissima
Extrait de Don Giovanni de Mozart
Je vous écris le propos si je dégrise un de ces quatre. Mais en attendant :
Dans un cimetière, deux types un peu beurrés invitent une statue à souper. La statue accepte. S’ils savaient, les pauvres...
Je VEUX des billets!!! (mais pas les 30 et 31mai, car je suis en spectacle avec mes affreux élèves).
J’ai mis un air un peu plate lorsqu’il est hors contexte. Ça démontre très bien qu’il me faut des billets gratos et que notre salut à tous en dépend. Pensez aux générations futures...
Je vous ai déjà parlé d’un élève qui consommait. Un cas lourd, un cas triste... Un cas de plus. Il est encore là, parfois.
Ça ne va pas pour lui. Il se tient avec des élèves du secondaire et trempe dans plein de magouilles pas très cathos. Malheureusement, ses problèmes dépassent les solutions qui sont offertes dans une école primaire.
Aujourd’hui, j’avais des choses à mettre au clair avec les élèves de sixième. Un exercice de routine dans le genre : «ça va faire le niaisage!». Au menu: vous n’êtes que des préados, des wannabes et moi je suis le boss dans ma classe. Passionnant. Exceptionnellement, notre cas national était là.
Moi : «Je vous le dis, vous avez encore un pied dans l’enfance.»
La classe : «...»
Moi : «Non mais regardez-vous! Pas de réaction. Des pseudo ados.»
La classe : «...»
Moi : «Voulez-vous une preuve?»
La classe : «...»
Je m’empare d’un ver de terre marionnette (qu’est-ce que je fous avec ce truc?) et d’un plumeau. Hop! Derrière un tableau. Que le spectacle commence.
Le ver se balade candidement par un bel après-midi quand soudain, il se fait attaquer par le plumeau. Je vous épargne les détails, mais grâce à ses super pouvoirs ninjas, le ver vaincra le plumeau et l’humanité sera sauvée.
De derrière mon tableau, je les entends se bidonner. Ils en redemandent. Dans le coin gauche, notre tough se force pour ne pas sourire.
À la fin du cour, je sors un os à souhait (c’est toujours utile dans une classe). Ils veulent tous leur chance de se voir exaucer un voeu. Des préados vous dites?
Moi : «OK, les deux qui ont eu le plus d’avertissements ont plus besoin de chance que les autres, alors, c’est eux qui pourront briser l’os. Et passant, je ne parle pas de se faire casser les deux jambes...»
Notre caïd national se pointe avec un autre qui sans le savoir, n’est que figurant dans cette histoire, le pauvre. Car vous l’aurez deviné, c’est moi qui leur place les doigts et l’os. Disons que j’ai poussé un peu la chance de notre bum national.
Moi : «D’accord. Faites un voeu, messieurs, et attendez mon signal.»
La classe : «...»
Moi : «GO!»
Crack.
Tout se déroule comme prévu et notre Billy the Kid national se retrouve avec le plus grand morceau d’os entre les doigts.
Moi : «J’espère que tu as fait un beau voeu.»
Lui : «J’en ai pas fait.»
À partir de ce moment, je n’ai pas les mots pour traduire. J’ai vu l’enfant. Je pensais qu’il allait pleurer...
Parce qu’il n’a vraiment rien souhaité? Ou plutôt parce qu’il a souhaité quelque chose d’impossible?
La foi, c’est la nourriture de l’âme. Je le sais, car je suis moi-même affamé.
À quoi rêve-t-il la nuit?
Franz Schubert : Natch und Traüme D827 (Nuit et Rêves)
Te voici, sainte nuit. Et voici que les rêves, Guettant le souffle du dormeur, Viennent peupler son sommeil, Comme se répand le clair de lune. Quand vient le jour, il nous faut crier: Reviens, sainte nuit! Doux rêves, revenez!
Christoph Prégardien, ténor Michael Gees, piano
Image piquée sur maryblackchurch.heroindiaries.com (mauvais jeu de mots...), mais trouvée par google.
J’aime marcher sur la ligne. Je l’aime mince et pas très définie. Comme je suis enseignant, on pourrait dire que j’aime vivre dangereusement. Mais non... Je suis juste un peu con, comme un élève de sixième. Plus un enfant, mais pas encore un ado. Parfois, on leur balance des responsabilités d’adultes. Elle est où la ligne? Facile! Dans le nez du beau-père!
Même si je suis daltonien, je ne crois pas que tout soit noir ou blanc (comme neige?).
Votre verdict : pop ou classique?
Heitor Villa-Lobos : Choros No.1
Alvaro Pierri, guitare
Bon... Ça fait assez vendredi comme toune?
Source de l'image : Mairie de Paris (pas rapport hein?). ...
Je sais que je suis hors sujet, mais ça vous dirait de faire taire les mauvaises langues?
Vous n'avez qu'à mettre votre scolarité et vos qualifications légales dans votre biographie. Ainsi, nous constaterons que vous détenez minimalement un bac en enseignement et nous saurons quelles universités vous avez fréquentées.
Je vous remercie à l'avance d'éclaircir ces mystères pour vos lecteurs.
Je vous prie d’agréer mes salutations distinguées.
Un confrère (jusqu'à preuve du contraire).
J'ai laissé ce commentaire sur un blogue. Baveux, vous dites?
devinez lequel... je suis en train de donner un indice... cette personne fait de drôles de phrase... pas toujours car il y a sûrement des correcteurs... mais pas pour les réponses... dans les commentaires... elle aime bien les points... mais pas les majuscules... ça m'énerve...
Effectivement, je suis pas mal silencieux ces temps-ci. Peut-être qu’un jour, si vous êtes sage et que j’ai bu juste assez, je vous raconterai pourquoi je suis plutôt en monde consommation qu’en mode production.
Je viens de lire la blondissime chroniqueuse. Elle nous parle d’une expérience tentée dans le métro de Washington : Joshua Bell qui balance dans la gueule des passants rien de moins que la chaconne de Bach. Le tout, sous le couvert de l’anonymat... et sur un Strad! Bordel... Le gars a sorti son Stradivarius de l'étui dans le métro. Ça va ou bien?
Quelqu’un m’a écrit, il y a environ un mois, pour me diriger vers l’article. Merci inconnue. Pour en savoir plus, voici l’article du Washington Post.
Bell a aussi joué l'Ave Maria de Schubert... Je suis certain que ça payait mieux que la chaconne. Bande d'incultes... Non, pas vous... Eux!
Johann Sebastian Bach
Chaconne, extrait de la partita Nº 2 en ré mineur.
Christian Tetzlaff, violon
La légende raconte qu’après avoir entendu la chaconne, Brahms aurait déclaré un truc dans le genre : «si j’avais écrit ça, je serais devenu fou!». T’es pas le seul Johnny.
J’habite dans un quartier multiethnique. À l’école, les enfants parlent 108 langues différentes. Malheureusement, qui dit multiethnique, dit beaucoup d’enfants. Ce n’est donc pas rare d’y voir des familles de 5 enfants ou plus, entassées dans de petits appartements.
Près de chez moi, il y a une bibliothèque adjacente à un parc. Comme Fiston est un accro de la glissade, j’y croise régulièrement des élèves lorsque je m’y pointe avec mon fils. C’est toujours sympa. Comme ce sont des élèves qui font le projet de comédie musicale, nous avons une relation privilégiée.
Un élève : PMT!!! C’est ton fils?
Moi : Oui. J’aurais voulu un hamster, mais je suis allergique. Alors, on a eu un petit garçon. Qu’est-ce que vous fabriquez dans le coin?
Un autre : On est à la bibliothèque.
Moi : Elle est vraiment bien cette bibliothèque, je suis abonné.
Les élèves : Salut!
Trois minutes plus tard, quatre ou cinq autres élèves se pointent.
Un élève : Yo PMT, c’est ton fils?
Moi : Non, c’est mon hamster. Il est plus beau que moi hein?
Un autre : Mets-en!
Moi : Qu’est-ce que vous faites là?
Un élève : On est à la bibliothèque!
Moi : Ah! Comme X, Y et Z.
L’élève : Ouais! Salut.
Trois minutes plus tard, une dizaine d’élèves se pointent.
Les élèves : PMT!!!
Moi (surpris) : Salut!
Une élève : C’est ton fils!!!
Moi : Ouais.
L’élève : On le sait, les autres nous l’ont dit.
Moi : Hein? Vous êtes aussi à la bibliothèque?
Les élèves : Ouais! Salut!
Quatre minutes plus tard, trois autres élèves se pointent...
Moi : Hey!
Une élève : Y est où ton bébé?
Moi : Le manteau jaune là-bas. Ça va?
Un autre : Oui.
Moi : Vous êtes à la bibliothèque?
Elle : Oui!
Moi : Ben voyons! C’est quoi l’affaire? Qu’est-ce que vous faites tous à la bibliothèque?
Elle : Un travail.
Une autre : Et on déconne...
Moi : Et toute la classe est là?
Elle : Presque. On est 22. Il manque juste une couple de nerds.
Moi : Nerds parce qu'ils ne sont pas à la bibliothèque?
Elle : Ouais.
Une autre : Méchante gang de losers...
Nerd : N.m. Personne qui habite un lieu assez calme pour pouvoir y faire ses devoirs.
[Familier]. Loser qui ne fait pas comme tout le monde, c'est-à-dire se pointer à la bibliothèque après les classes.
"Faites bien attention, car après l’école, un nerd pourrait vous taxer."
En parlant de nerd, mon interprète idole en est un.
J.S. Bach Concerto en Fa majeur, (concerto italien qu'ils disent...) Troisième mouvement: Presto
Glenn Gould
J'ai déjà vu un vidéo de l'enregistrement. Après le troisième mouvement, le tech de son, très pince sans rire : "Tempo is not too bad... " Ou un truc du genre...
Avant l'enregistrement, le même type : "Not that piece again... all the kids play that... Can't we hear some Rachmaninov or Chopin instead?" Dans le genre... Il faut que je remette la main sur ce vidéo.
Bien entendu, c'est Gould qui écrivait les scénarios...
Vous vous souvenez de Fille Probophobique et de sa charmante maman? Oui, c’est ça. La petite qui se préparait à incarner la Sainte Vierge Marie pour Pâques. Cute? Bordel...
Il y a une semaine.
Fille Probophobique (traumatisée, mais c’est son état normal): PMT, j’ai fait mon spectacle...
Moi : Huh?
Fille Probophobique : À l’église pour Pâques.
Moi : Ah oui... Et ta chanson, ça a fonctionné?
Fille Probophobique me tend alors un DVD.
Moi : Je te le redonne demain, d’accord?
Fille Probophobique : Bye bye.
Je me précipite dans mon local, balance le DVD dans le portable, me cale dans une chaise et me prépare à rire un bon coup. J’en imaginais déjà des extraits sur youtube.com.
...
Vraiment... c’est tordu le truc. Imaginez un show «sons et lumières» dans une église. Un prêtre entouré d’enfants blasés. Une musique pop tendance «électro touche moi oui plus bas c’est ça hummm tu bouges bien» fait vibrer les murs. L’éclairage virevolte sur l’autel et le prêtre s’empare d’un objet cylindrique (environ huit pouces de long). Il amène la chose à sa bouche. Il chante... C’est Évangéliste Idol et il est finaliste.
On emmène ensuite un enfant. Il se fait bardasser par les autres et malgré la diction douteuse de ces comédiens en herbe, on comprend que c’est Jésus...
Deux préados déguisés en Romains se pointent sur scène. Ils arborent tous les deux le même sourire niais. Le premier saisit Jésus et le lance sur un praticable qui trainait par là. Le second lui enfonce une couronne d’épines sur la tête. Jésus gémit.
You may want to slip into something more comfortable for what is comming next...
Les Romains sortent les «fouettes» et le party commence.
Slack!
Argh!
Shlachk!
Aaaargh!
SHLAAAKK!
AAAARGHHH!!!
Etc.
Malgré la piètre qualité de l’image (limage?), on devine aux soubresauts des épaules des Romains qu’ils sont morts de rire.
On a l’impression que c’est fini, mais pourquoi pas...
SHLACHK!!
AAAAARGH!
La dépendance croît avec l’usage.
Le prêtre entame un chant. Les lumières se font aller le pompon.
Ils prennent le Christ, nous épargnent la scène du clouage à frette et le placent sur la croix.
Le prêtre nous chante une autre toune...
Vous connaissez la suite. Jésus meurt. Mais là, y a une fille dans la vingtaine qui se pointe. Elle aussi a un truc phallique dans les mains. Yes! C’est le machin du prêtre. Ça veut donc dire qu’il ne chante pas la prochaine. Alléluia!
On reconnaît tout de suite la musique, mais y a quelque chose qui cloche...
Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum, benedicta tu in mulieribus et blablabla amen bordel.
Heille l’ange! Y vient de mourir. T’es pas un peu en retard pour annoncer à sa mère qu’il va naître... Quoi? La résurrection est une deuxième naissance? Espèce d’hérétique attardé...
En passant, c’était l’Ave Maria de Schubert et non pas celui de Gounod.
D’accord, je me calme.
Un peu plus tard, quelques notes de piano viennent dénoncer l’artifice des bandes préenregistrées qui accompagnait notre prêtre plus tôt. Fille Probophobique se détache de la masse d’enfants. Elle porte un voile blanc. Elle a peur. Elle regarde les autres enfants qui se bidonnent et semble regretter pour eux. Elle n’est pas fâchée. Elle priera pour leurs âmes, les pauvres.
Elle chante.
Imaginez du cristal timide. On a manqué d’air lorsqu’on l’a soufflé. Tellement fragile.
Elle termine.
Le prêtre lui prend le micro. Elle retourne se fondre dans la foule. C’était joli comme tout. Rien de plus, rien de moins. Tant d’angoisse pour si peu... The show must go on. Gobos dans les projecteurs. Il faut que ça bouge. Karaoké à volonté. All you can heat. Jésus va ressusciter!
Mel Gibson, you suck!
Dire que c’est sa douce maman qui me reprochait de leur faire entendre le Roi des Aulnes de Goethe sur de la musique de Schubert. C’est tellement violent Erlkönig...
J’ai remis le DVD sur le bureau de son prof en me disant qu’ils sont fous ces catholiques romains...
Plus tôt aujourd’hui.
Fille Probophobique (traumatisée... ben quoi?): Salut PMT. Comment tu as trouvé le spectacle?
Moi (qui avait refoulé tout ça, au point de ne pas en parler sur mon blogue!) : Huh?
Fille Probophobique : Le chemin de croix.
Moi (sincèrement) : Ah! Tu as une très jolie voix! Sincèrement! C’était très bien ta chanson.
Fille Probophobique (en bonne chrétienne) : Merci, mais le reste du spectacle?
Moi (trop sincèrement) : Si tu veux vraiment le savoir, j’ai trouvé ça totalement tordu.
Fille Probophobique : !!!
Moi (d’une sincérité excessive) : Sans blague. Un type qui se fait enfoncer une couronne d’épines sur la tête pour ensuite se faire fouetter par deux Romains ben crampés avant qu’on le crucifix, ça passe encore. Mais qu’on fasse jouer ça par des enfants, je trouve ça pas mal sordide. Mais bon, quand le symbole d’une religion, c’est un gars cloué à frette sur une croix, il faut s’attendre à tout.
Fille Probophobique : J’avoue que c’est un peu violent...
Moi : Même si on l’avait anesthésié, ça ne passerait pas dans mon livre. Mais ce qui m’a le plus dérangé, c’est que le prêtre et la femme qui jouait le rôle de l’ange ont chanté 90 % des chansons... Sordide.
Il risque d’avoir un petit téléphone pour moi dans les jours qui suivent...
J’aurais dû, donc dû, ben dû, fermer ma grand’ yeule.
En 1899, Arnold Schönberg est amoureux. Comme il est trop fauché pour payer une douzaine de roses à sa nouvelle conquête, il lui compose un sextuor d’après un poème qu'il n'a pas écrit...
Deux êtres marchent à travers le bosquet froid et nu;
La lune les accompagne, ils la regardent.
La lune court au-dessus des grands chênes;
Aucune nuée ne trouble la lumière du ciel,
dans laquelle s'élancent les noires cimes.
La voix d'une femme dit:
Je porte un enfant, et il n'est pas le tien,
Je suis dans le péché en étant prêt de toi.
J'ai commis une grande faute envers moi-même.
Je ne croyais plus au bonheur
Et pourtant j'avais grand désir
D'une vie qui ait un sens, des joies de la maternité,
De ses devoirs; c'est pourquoi j'ai osé
Me donner en tremblant à un étranger.
Je l'ai vécu comme une bénédiction.
Voilà que la vie s'est vengée,
Maintenant c'est toi que j'ai rencontré.
Elle marche à pas hésitants.
Elle regarde vers le ciel, la lune les accompagne.
Son regard sombre se perd dans la lumière.
La voix d'un homme dit:
L'enfant que tu as conçu
Ne doit pas être un fardeau pour ton âme.
Oh vois, de quelle clarté brille l'univers!
Tout resplendit autour de nous,
Tu vogues avec moi sur une mer froide,
Et pourtant une chaleur vibrante
Passe de toi à moi, de moi à toi.
Elle transfigurera l'enfant étranger,
Tu le mettras au monde pour moi, par moi.
Tu m'as apporté la splendeur,
Tu as fait de moi-même un enfant.
Il enlace ses fortes hanches.
Leurs souffles se mêlent dans un baiser.
Deux êtres marchent dans la nuit vaste et claire."
Qu’est-ce qu’Arnold essayait de dire à sa dulcinée?
-Même cocu, je t’aimerai?
-Grosse? Mais où vas-tu chercher des idées pareilles? (à propos des fortes hanches)
Pfff... Oeuvre de jeunesse...
J'entends déjà ma blonde : "Lui au moins, il était romantique..."
Arnold Schönberg: La nuit transfigurée/ Verklärte Nacht Sextuor Opus 4
Le Quatuor Talich avec Jiri Najnar et Vaclav Bernasek en renfort.
Après avoir auditionné des enfants pour un enregistrement vocal, il ne faut pas confondre «black list» et «liste de blacks». Ça ne sonne pas du tout pareil...
En parlant de liste, avez-vous entendu Marc-André Hamelin jouer Liszt? (Ben oui, Liszt ce prononce tout simplement "liste". C'est le fun que j'en parle hein?)
Franz Liszt : Rhapsodie Hongroise No 2
Marc-André Hamelin, piano... et il a écrit la cadence finale... il est vraiment cinglé ce type.
Marc-André Hamelin, c'est le meilleur pianiste québécois.
Ce matin, pendant les cinq minutes que j'ai entre deux cours, j'ai déniché un livret de Don Giovanni en français sur le Web. Quand la classe suivante est arrivée (combinée 3-4), j'écoutais l'extrait.
Les enfants avaient entendu parler de Don Juan, la comédie musicale que je ne connais pas et demandé moi si ça me fait quelque chose...
Moi : Ah oui... le truc au théâtre Saint-Denis.
Un élève : Je l'ai vu!
Moi : Et laisse-moi deviner... Ça se termine bien pour Don Juan?
L'élève : Hein?
Moi : À la fin, il meurt Don Juan?
L'élève : Ben non voyons...
Moi : Ben moi, dans la version que je connais, il brule en enfer.
La classe : Cool!
Moi : Ouais! Y a plein de démons qui viennent pour l'emmener, mais leur chef, c'est une statue.
Un élève : Hein? Des démons? Une statue?
Moi : Ouais... une statue méchante! Elle vient pour faire la peau à Don Giovanni!
Un élève : Yes!!!
Moi : Je vous raconte l'histoire... avec les démons?
La classe : Oui!!!
Moi : Hum... je ne suis pas certain... ça peut vous faire peur.
La classe (chaotique): Cool! Pitié! S'il te plait. On n’a pas peur!!! T'es le plus beau, le meilleur... etc.
Moi : Bon bon d'accord... Blablabla (je raconte l'histoire). Voulez-vous entendre le bout quand la statue vient chercher Don Giovanni?
La classe: Oui!!!
Et je leur commente le tout au fur et à mesure. 5 minutes 33 d'opéra, le volume grimpé à fond pour bien entendre l'orchestre et une classe d'élève pendue à mes lèvres.
Le rythme pointé qui accompagne la statue, Leporello qui transpire la peur tout en restant drôle et Don Giovanni, quel coq... jusqu'à ce qu'il touche la main de la statue. J'n'ai aucun mérite, tout est là.
Merci Mozart, you're the man!
Je VEUX des billets!
Et comme je vous aime bien, voici le texte en français.
Dans Don Giovanni de Mozart, le père de Donna Anna (une soprano dont la candeur de jeune fille est menacée par le ténor Don Ottavio) est tué par nul autre que Don Giovanni (eh non, il n'est pas ténor... n'empêche qu'il aime bien les sopranos lui aussi... et les mezzos).
Redrum, redrum...
Dans le deuxième acte, ce père trouble fête (c’est vrai, on en a assez des basses qui empêchent les ténors de se faire les sopranos...), revient d'outre-tombe sous les apparences d'une statue pour hanter ce pauvre Don Giovanni. Comme les chanteurs ne sont pas toujours très athlétiques, on attend parfois au tout dernier moment avant que le chanteur ne prenne la place de la statue...
Comme vous avez été sages, voici ma blague d’opéra préférée :
Comment fait-on pour savoir si le chanteur a pris la place de la statue?
La statue a l’air «stiff».
C’est plus fort que moi... À chaque fois que je la relis, j’me bidonne.
J’aime bien aussi celle du mélomane et de sa disquaire:
Mélomane : Bonjour, avez-vous Le Trouvère?
Disquaire : Non, je n’ai pas Verdi.
Mais comme je suis un être dont le bon goût n’a d’égal que le raffinement, je préfère celle de la statue.
Ah oui, j'oubliais. Vous ne le savez pas encore, mais vous comprenez l'italien! Aussi, allez-y molo avec le volume, ça commence fort. Faut quand même bien ouvrir les oreilles parce que l'orchestre fait toute la job... Les chanteurs sont là seulement parce que les instruments ne sont pas (encore) capables de dire des mots. L'opéra, c'est de la musique, pas un sport vocal, bordel.
W.A. Mozart : Don Giovanni, un peu avant la fin de l'acte 2
Trois personnages
Don Giovanni Leporello (le valet) La statue (le revenant du père de la soprano que le ténor voulait s'envoyer au début du billet)
Il Convitato di Pietra e detti
LA STATUA: Don Giovanni, a cenar teco M'invitasti e son venuto!
DON GIOVANNI: Non l'avrei giammai creduto; Ma farò quel che potrò. Leporello, un altra cena Fa che subito si porti!
LEPORELLO (facendo capolino di sotto alla tavola): Ah padron! Siam tutti morti.
DON GIOVANNI (tirandolo fuori): Vanne dico!
LA STATUA (a Leporello che è in atto di parlare): Ferma un po'! Non si pasce di cibo mortale chi si pasce di cibo celeste; Altra cure più gravi di queste, Altra brama quaggiù mi guidò!
LEPORELLO: (La terzana d'avere mi sembra E le membra fermar più non so.)
DON GIOVANNI: (Parla dunque! Che chiedi! Che vuoi?
LA STATUA: Parlo; ascolta! Più tempo non ho!
DON GIOVANNI: Parla, parla, ascoltandoti sto.
LA STATUA: Tu m'invitasti a cena, Il tuo dover or sai. Rispondimi: verrai tu a cenar meco?
LEPORELLO (da lontano, sempre tremando): Oibò; tempo non ha, scusate.
DON GIOVANNI: A torto di viltate Tacciato mai sarò.
LA STATUA: Risolvi!
DON GIOVANNI: Ho già risolto!
LA STATUA: Verrai?
LEPORELLO (a Don Giovanni): Dite di no!
DON GIOVANNI: Ho fermo il cuore in petto: Non ho timor: verrò!
LA STATUA: Dammi la mano in pegno!
DON GIOVANNI (porgendogli la mano): Eccola! Ohimé!
LA STATUA: Cos'hai?
DON GIOVANNI: Che gelo è questo mai?
LA STATUA: Pentiti, cangia vita È l'ultimo momento!
DON GIOVANNI (vuol sciogliersi, ma invano): No, no, ch'io non mi pento, Vanne lontan da me!
LA STATUA: Pentiti, scellerato!
DON GIOVANNI: No, vecchio infatuato!
LA STATUA: Pentiti!
DON GIOVANNI: No!
LA STATUA: Sì!
DON GIOVANNI: No!
LA STATUA: Ah! tempo più non v'è!
(Fuoco da diverse parti, il Commendatore sparisce, e s'apre una voragine.)
DON GIOVANNI: Da qual tremore insolito Sento assalir gli spiriti! Dond'escono quei vortici Di foco pien d'orror?
CORO di DIAVOLI (di sotterra, con voci cupe): Tuo a tue colpe è poco! Vieni, c'è un mal peggior!
DON GIOVANNI: Chi l'anima mi lacera? Chi m'agita le viscere? Che strazio, ohimè, che smania! Che inferno, che terror!
LEPORELLO: (Che ceffo disperato! Che gesti da dannato! Che gridi, che lamenti! Come mi fa terror!)
(Cresce il fuoco, compariscono diverse furie, s'impossessano di Don Giovanni e seco lui sprofondano.)
Ça torche hein?
Ok... En gros... Suite à l'invitation de notre coureur de jupons préféré, la statue se pointe pour souper. Don Giovanni n'est pas très impressionné au départ, mais Leporello, son serviteur, a vraiment la trouille. La statue refuse de manger et invite Don Giovanni à son tour. Le pauvre accepte et prend la main de la statue (quel con!). La scène se transforme en enfer et Don Giovanni disparaît dans l'abîme.
Intéressant de comparer le débit entre les différents personnages. Il s'avait ce qu'il faisait Mozart... pas de doute.
J’espère sincèrement que vous saurez être une source d’inspiration pour tous les enseignants et que vous aurez plus de profondeur que votre prédécesseur. N'ayez crainte: ça risque d’être assez facile. C’est depuis que je me suis penché sur son cas que je comprends l’importance et la nécessité du développement des compétences transversales chez tous les individus et plus particulièrement, les futurs ministres de l’Éducation.
La balle est maintenant dans votre camp. Non, ce n'est pas pour ça que je me promène avec une batte de baseball. On n’est pas vraiment violent, mais on vous attend quand même avec une brique et un fanal, vous et votre renouveau démagogique. Alors, si vous voulez nous donner des leçons, j’espère que vous avez bien fait vos devoirs.
En passant, il ne suffit pas de fermer les yeux deux minutes pour comprendre ce que c’est qu’être aveugle. Ça fait que laisser donc faire les visites médiatisées dans les écoles pauvres et écoutez un peu ce que les principaux acteurs du monde de l’éducation ont tenté par tous les moyens possible de faire entendre à ce pauvre Jean-Marc.
Welcome to Hell darling! Eh oui, je suis bilingue (I have two tongues).
Bon... d’accord. J’arrête de déconner.
Bienvenue Madame Courchesne. Y en aura pas de facile. Ni pour vous, ni pour nous. J’aimerais quand même qu’on soit amis, car après tout, on est tous dans le même bateau (sauf que vous, vous êtes en première classe... oups... je voulais dire : «première de classe» ou même «de première classe»... whatever...)
Bonne chance... sincèrement. Les enfants qui ne peuvent pas se payer l’école privée ont besoin de vous.
Un éventuel fervent et dévoué admirateur
Prof Malgré Tout
Une petite toune avec ça?
W.A. Mozart : Ouverture de l’opéra Don Giovanni Royal Concertgebouw Orchestra Nikolaus Harnoncourt
En passant Madame la Ministre, je VEUX des billets pour Don Giovanni... et si vous promettez d’être sage, je vous raconterai peut-être la blague de la statue!
Vous trouvez que j'écris moins ces temps-ci? Ben vous avez raison!
Je travaille sur le disque des élèves du projet... Minuit trente et je suis encore là à bosser comme un con. Ben quoi? Petit pépin technique oblige et je veux que ça soit prêt pour l'expo-école, dans deux jours. Ensuite, le rush finale.
C'n'est pas un petit show de gymnase le truc qu'on prépare. On va se taper près de 5000 spectateurs en deux jours. Vous comprenez qu'ils seront supérieurs en nombre, alors, on a intérêt à faire un bon show.
Vous voulez savoir où et quand?
Et l'anonymat des élèves, qu'est-ce que vous en faites?
De toute façon, on affiche complet les soirs.
Sur un air de Boris : "J'suis snob... j'suis snob... c'est ça l'seul défaut que j'gobe..."
En passant, j'ai demandé à la prof de Bobby qu'est-ce qui lui a fait prendre conscience de sa situation. Oui, oui... juste pour satisfaire votre curiosité, Ô Blondissime Chroniqueuse...
L'âge. Eh oui... Il a pris un coup de vieux notre Bobby. Juste ça.
Je ne vous parle presque jamais des élèves méchants. Vous savez, ceux qui mettent leur chat dans le micro-onde ou qui dissèquent leur hamster sans anesthésie préalable.
Je pourrais leur trouver des surnoms, comme à Fille Probophobique, Bobby, Sam et les autres que je vous ai présentés jusqu’à maintenant.
Je pourrais vous raconter ce que l'un d’eux m’a raconté aujourd’hui: après une nuit en «prison» (lire «au poste»), le juge l’aurait placé en «centre».
Mais attention! Ce n’est pas un con! Il comprend pourquoi il en est là... Il admet lui-même qu’il a fait une grosse connerie : battre sa mère à coup de ceinture.
Je pourrais vous raconter... Vous dire qu’en réalité, il n’est pas coupable et qu’il porte les symptômes de son milieu. Je pourrais prendre sa défense : «comme il est le maillon le plus faible de la chaîne, c’est donc lui qui est le plus symptomatisé et blablabla...»
Mais non... ce n’est pas d’eux que je vous parle. Ça leur ferait trop plaisir.
***
Ce matin, y a un sale connard qui est entré dans son école pour buter un tas de gens. Il n’a pas trop mal réussi... 32 morts et 20 blessés?
On va décortiquer sa dynamique familiale, relancer le débat sur les armes à feu, blâmer la télé et internet, proposer la crucifixion des créateurs de jeux vidéo, exiger le pal pour son groupe rock préféré, mais pire que tout...
... on va parler de lui.
C’est ce qu’il voulait. C’est ce que voudront les prochains p’tits cons de son espèce. Et comme notre société souffre de voyeurisme chronique, c’est ce que nous voulons aussi.
Ben moi, j’embarque pas. Je ne veux pas le savoir son nom.
Je ne me souviens même plus du nom du p’tit con de Dawson... Vil Killer? Killer Gill? Vilmer Kill? Je ne m’en souviens plus et c’est normal parce que quand tu fais un truc du genre, t’es un «nobody».
Ce matin, en TC premier cycle, on se tape un extrait de Fantasia 2000 : le truc qu'ils ont fait sur L'oiseau de feu de Stravinsky. Rien à voir avec le récit original, mais c'est efficace et il y a un très beau message. À un moment, un énorme Oiseau de feu (tendance volcan destroy) s'en prend à une pauvre petite fée qui n'a pour but que de répandre le printemps après un long hiver. La bibitte fait normalement peur aux enfants...
On est tous rassemblés devant un écran d'ordinateur sans lecteur DVD. Heureusement, votre humble serviteur sait bidouiller un VCD. On peut donc écouter des films en classe. Mais c'est la première fois de l'année, car on est là pour jouer. Je suis facho? Vous ne pouvez même pas imaginer...
Tout est calme au fond du volcan. L'esprit du printemps s'approche d'un étrange rocher. Sforzando (ça serait un pléonasme de mettre un point d'exclamation ici)... Et puis zut! Sforzando!!! L'Oiseau de feu s'éveille et c'est le début de la dance infernale. Je m'en sers toujours pour illustrer les accents. Ce n’est pas jojo du tout, mais ça fait la job.
Un autre p'tit caïd : Wow! Y'est hot l'Oiseau de feu.
Ma main au feu que son jeu de mots est involontaire, contrairement au mien.
Un autre : Yo! Y va la tuer!!!
Ensemble : Cool!
J'en suis bouche bée. Normalement, les enfants sont traumatisés et ne disent rien. Mais qui sont ces enfants? Font-ils seulement la distinction entre le bien et le mal? C'est drôlement questionnant comme réaction.
D'accord, d'accord... Je l'admets. Je suis mort de rire et moi aussi, elle m'énerve la petite nymphe avec son printemps à la con. Kill it you stupid bird!
Redrum... redrum... Weeeeeeeeennnnnnndy?
C'est à ce moment qu'une autre bête vient à la rescousse. Une petite araignée descend du plafond et vient se percher au-dessus de l'ordinateur.
Sam (il panique): Heille!
Un autre : PMT! Une araignée!
Le caïd : PMT???
Moi : Quoi?
Le caïd : Est-ce que je peux la tuer?
Un autre : Heille non! Moé! Moé m'a la tuer!!!
Petite puce : Non!!!
Les gars : Oui!!!
Désolé Igor Stravinsky, mais tu ne fais pas le poids. Vous non plus les gars des vues. On a droit à du "live" ici!
Moi (j'aimerais bien revendiquer le droit de tuer l'insecte, mais bon...) : Désolé de devoir refouler vos instincts sanguinaires les gars, mais moi, je les aime bien les araignées. (Pffff...)
La classe : ???
Moi : Elle fait maintenant partie de mon équipe avec Roger et la roche, et vous connaissez le règlement, tu parles de quelqu'un dans la classe, tu perds une étoile.
Un élève : Sauf si l'élève a mis sa baguette dans une oreille et qu'elle ressort de l'autre côté avec des morceaux de cerveau.
C'est mon exemple préféré pour illustrer un cas de force majeure. Mea culpa.
Moi : Ça va de soi. C'est le gros bon sens. C'est très salissant du cerveau.
Un élève (très sérieusement) : Ouais... c'est vraiment salissant.
Avouez qu'ils sont cool!!! J'aime ça moi un gang de TC!
Coda
En passant, leur prof est une ortho. Une fichue bonne joueuse de Monopoly!
OK. Je me suis peut-être mal exprimé à la fin d'un billet précédent. Je n'ai que du respect pour les orthos qui enseignent en TC et en DGA (ou dans toute autre classe à clientèle particulière).
Ortho qui enseigne = respect de PMT. Je peux même payer la bière... parfois.
Ortho qui lit des dossiers et joue au Monopoly pour trouver qu'on a besoin de plus de tests=incompréhension de PMT. Vous ne voulez vraiment pas prendre une bière avec moi.
Aux orthos qui enseignent, mes excuses les plus sincères...
Bordel, je ne peux quand même pas me mettre à dos la personne la plus cultivée de l'école... Pitié! Ne me quitte pas...
Le prochain qui passe un commentaire poche sur les orthos va avoir affaire à moi et à ma fidèle araignée. C'est clair?
Et n'oubliez pas, c'est très salissant du cerveau, vraiment salissant.
Igor Stravinsky : L'oiseau de feu. Danse infernale du roi Kastchei