08 mars 2008

Un beau coffret

J’ai des oreilles de la fin du vingtième et du début du vingt-et-unième siècle.

Je ne suis pas un puriste.

Peu importe mes goûts musicaux, la plus grande partie de la musique que j’ai entendue est métronomique. Ce que je veux dire par là, c’est que la pulsation est stable. Que ce soit Rage Against The Machine, Bob Marley ou Loco Locass, sauf pour quelques exceptions, ils pourraient jouer leurs trucs avec un métronome.

Ce n’est ni un défaut, ni une qualité. C’est comme ça, c’est tout.

Dans la musique dite «ancienne», les recherches en musicologie nous poussent à croire que la pulsation était beaucoup plus fluctuante. La musique devait respirer...

Cette façon de jouer est certes très attrayante. C’est souvent moins exigeant techniquement, mais c’est aussi beaucoup plus proche du langage parlé. Y a seulement un problème : nous sommes en 2008.

Je ne pense pas qu’il faut nécessairement interpréter Bach et ses prédécesseurs d’une façon métronomique. Je crois seulement qu’il faut faire la part des choses. Nous jouons sur des instruments modernes, avec une technique moderne. Nous avons évolué. Nous enregistrons les oeuvres et une interprétation risque d’être entendue plusieurs fois par le même auditeur. La musique dite «savante» doit être viable en dehors d’un contexte muséologique.

Il y a eu une grosse vague de puristes dans les dernières décénies. Des gens qui ont vraiment eu le souci de reconstituer la musique baroque telle qu’elle était interprétée du temps de sa composition. Je tiens à les remercier sincèrement, mais... on est en 2008, bordel.

Ce que je veux dire, c’est qu’on n’a pas besoin d’avoir les cheveux gras, des bas bruns et de tuer nous-mêmes le mouton pour fabriquer nos cordes à partir de ses intestins pour jouer du Bach.








Johann Sebastian Bach
Prélude de la sixième suite pour violoncelle seul
BWV 1012
Jean-Guihen Queyras, violoncelle

Il utilise bien la réverbération de la salle, hein?

Je ne prétends pas que c’est la meilleure version des suites, mais moi, c’est ma préférée.

Et cette fois, ce n’est pas cher du tout. Pour moins de 25 balles, vous avec deux disques avec toutes les suites et un DVD où on peut le voir interpréter la troisième.

Pas convaincu? Mon fils de deux ans et demi me demande régulièrement: «veux ga’der viloncelle» et pourtant, c’est un tripeux de camion à ordure.

En plus, le coffret est très beau.








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06 mars 2008

Constatation troublante

Avez-vous déjà remarqué que les gros épais ne savent pas qu’ils sont en fait... de gros épais?

Pire encore : ils pensent habituellement qu’ils sont plutôt intelligents.

Donc, il nous est impossible d’avoir la certitude que nous ne sommes pas l’un des leurs.

Fascinant, n'est-ce pas?






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03 mars 2008

«Donne-moi du lard, je te dis. Donne-moi du lard!»

Ah oui? Vous trouvez ça drôle qu'Iseult meurt devant le cadavre de son mec? Et bien, riez! Mais l’opéra, ça peut aussi être très sérieux. Dans ce que vous allez entendre aujourd'hui, le compositeur rejette totalement les bases de l’opéra tel que nous le connaissons. Eh oui...

Il ne s’agira pas cette fois d’un ténor qui veut coucher avec une soprano, mais en est empêché par une basse jalouse qui ne se doute pas que le baryton et la mezzo sont de mise avec le ténor et qu’en réalité, il n’a pas d’ami et personne ne l’aime alors que c’est les ténors qu’on devrait mépriser... Trop prévisible tout ça. On veut du neuf!

Et bien, ne reculant devant rien, Francis Poulenc nous offre "Les Mamelles de Tirésias". Il pousse même l'audace jusqu'à adapter lui-même la pièce d'Apollinaire.


Vous allez voir, c’est une histoire toute simple.

Prologue

On s’en fout! Rien à cirer!

Acte 1

Thérèse en a marre d’être une femme soumise, mais voilà qu’un beau jour, ses seins se transforment en ballons et s’envolent au loin. Comme son mari n’est pas très compréhensif et refuse de collaborer, elle le ligote et le travestit.

Commencez-vous à être excités?

Comme la barbe lui pousse, Thérère devient le Général Tirésias et part à la conquête du monde. Le mari ne voit qu’un espoir pour repeupler la France : tomber lui-même enceinte!

Entre-temps, y a des gens qui meurent et qui reviennent en vie, mais ce n’est d’aucun intérêt. Nous ne sommes pas des pervers tout de même.

Acte 2

Le mari a mis bas à 40049 bébés en une seule journée! La France est sauve, mais y a un petit problème... Un gendarme se pointe pour annoncer que les habitants de Zanzibar manquent de bouffe et que c’est sa faute. Une diseuse de bonne aventure se pointe et prédit que le mari sera multimillionnaire, tandis que le gendarme crèvera pauvre. Frustré, ce dernier tente de lui passer les menottes, mais elle l’étrangle. Vous l’avez deviné! La diseuse de bonne aventure n’était nulle autre que Thérèse qui vient pour se réconcilier. En guise de finale, le couple entonne un air plein d’espoir :

Ecoutez, ô Français, les leçons de la guerre
Et faites des enfants, vous qui n'en faisiez guère
Cher public: faites des enfants!


Je pense que le message est clair : tout le monde tous nus!


Voici le premier air de Thérèse chanté par Nathalie Dessay.








Il faut l'écouter avec le texte!

Thérèse


Non Monsieur mon mari
Vous ne me ferez pas faire ce que vous voulez
Je suis féministe et je ne connais pas l’autorité de l’homme
Du reste je veux agir à ma guise
Il y a assez longtemps que les hommes font ce qui leur plaît
Après tout je veux aussi aller me battre contre les ennemis
J’ai envie d’être soldat une deux une deux
Je veux faire la guerre et non pas faire des enfants
Non Monsieur mon mari vous ne me commanderez plus
Ce n’est pas parce que vous m’avez fait la cour dans le Connecticut
Que je dois vous faire la cuisine à Zanzibar

Voix du mari

Donnez-moi du lard je te dis donnez-moi du lard

Thérèse

Vous l’entendez il ne pense qu’à l’amour

Mais tu ne te doutes pas imbécile
Qu’après avoir été soldat je veux être artiste
Parfaitement parfaitement
Je veux être aussi député avocat sénateur
Ministre président de la chose publique
Et je veux médecin physique ou bien psychique
Diafoirer à mon gré l’Europe et l’Amérique
Faire des enfants faire la cuisine non c’est trop
Je veux être mathématicienne
Groom dans les restaurants, petit télégraphiste
Et je veux s’il me plaît entretenir à l’an
Cette vieille danseuse qui a tant de talent

Voix du mari

Donnez-moi du lard je te dis donnez-moi du lard

Thérèse

Vous l’entendez? Il ne pense qu’à l’amour

Mais il me semble que la barbe me pousse
Ma poitrine se détache

Elle pousse un grand cri et entr’ouvre sa blouse dont il en sort ses mamelles, l’une rouge, l’autre bleue et, comme elle les lâche, elles s’envolent, ballons d’enfants, mais restent retenues par les fils.

Envolez-vous oiseaux de ma faiblesse
Et caetera
Comme c’est joli les appas féminins
C’est mignon tout plein
On en mangerait

Mais trêve de bêtises
Ne nous livrons pas à l’aéronautique
Il y a toujours quelque avantage à pratiquer la vertu
Le vice est après tout une chose dangereuse
C’est pourquoi il vaut mieux sacrifier une beauté
Qui peut être une occasion de péché
Débarrassons-nous de nos mamelles

Qu’est-ce à dire...
Non seulement ma barbe pousse mais ma moustache aussi

Eh diable
J’ai l’air d’un champ de blé qui attend la moissonneuse mécanique

Je me sens viril en diable
Je suis un étalon
De la tête aux talons
Me voilà taureau
Me ferai-je torero?
Mais n’étalons
Pas mon avenir au grand jour
Héros, cache tes armes
Et toi mari moins viril que moi
Fais tout le vacarme
Que tu voudras



Quelle femme!!! C'est succulent lorsqu'il lui dit : "donne-moi du lard" et elle de répondre : "il ne pense qu'à l'amour...". Ça ne vous fait pas penser à Boris Vian, vous?

Bordel! Je n'ai même pas parlé de moi...

À l’université, c’est une bonne copine qui accompagnait les chanteurs et comme ça me garantissait un bon coup de rouge sur le bras après le concert, j’étais son tourneur de pages attitré. Cet air était très populaire ces années-là et devinez qui se levait pour chanter la réplique du mari...


"Donne-moi du lard, je te dis! Donne-moi du laaaaaaaaaard!"





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02 mars 2008

Mild und Leise

Devant Iseult gît le cadavre de son bien-aimé. Le croit-elle vivant ou c’est la certitude de le revoir une fois le voile tombé?

Déni? Je ne crois pas...









Que son sourire est
doux et léger,
comme il ouvre les yeux :
le voyez-vous, amis ?
Ne le verriez-vous pas ?
Comme il brille
de plus en plus radieux,
de plus en plus puissant,
environné d'étoiles,
ne le verriez-vous pas ?
Comme son coeur se gonfle
vaillamment, et plein et sublime
bat dans sa poitrine !
Comme de ses lèvres
une douce haleine,
délicieuse, suave,
s'échappe doucement :
amis, voyez !
ne le voyez-vous pas ?
ne le sentez-vous pas ?
Suis-je seule
à entendre cette mélodie
qui, si légère,
si merveilleuse,
soupirant de bonheur,
disant tout avec douceur,
douce et conciliante,
s'échappe de lui,
prend son élan,
me pénètre
et de son timbre gracieux
résonne autour de moi ?
Ces voix plus claires
qui m'environnent,
sont-ce les ondes
de brises suaves ?
Sont-ce des flots
de parfums délicieux ?
Comme ils se gonflent,
comme ils m'enivrent,
dois-je respirer ?
dois-je regarder ?
Dois-je savourer,
m'y plonger,
doucement,
dans ce parfum
m'évaporer ?
Dans la masse des vagues,
dans le tonnerre des bruits,
dans le Tout respirant
par l'haleine du monde,
me noyer,
m'engloutir,
perdre conscience,
volupté suprême !



Puis, elle meurt.



Richard Wagner, Tristan und Isolde
Mild Und Leise Wie Er Lächelt
Birgit Nilsson, soprano

Comme je ne me sentais pas d’attaque pour recopier la traduction du coffret, j’en ai déniché une ici. Son dernier billet, il y a plus de trois ans... Troublant, hein?









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26 février 2008

Légitimité

Vous vous demandez peut-être pourquoi les semaines de relâche ne tombent pas en même temps dans toutes les commissions scolaires.

C’est pourtant si simple...

À la fin février, il y a encore de la neige pour le ski et un voyage dans le sud est encore dépaysant. C’est donc un bon moment pour ceux qui peuvent se le payer. C’est légitime.

À la fin février, dans certaines familles, il ne reste plus grand-chose dans le frigo. Les enfants qui bénéficient de mesures alimentaires dans leur école ont au moins un repas par jour... s’il y a de l’école. Manger aussi, c’est légitime.

Le chèque rentre le premier mars.

D'autres questions?







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Endoctrinement matinal

Et vous, qu’est-ce qui vous énerve le plus? Vous faire dire quoi faire par votre patron ou vous faire dire quoi penser par votre syndicat.







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24 février 2008

Un peu de Couperin

J’ai fait une petite descente chez le disquaire cette semaine, mais j’ai été sage: c’est cher la musique savante.

Je vous présente Alexandre Tharaud. Il joue du piano et comme la plupart des pianistes, il interprète Chopin, Ravel et d’autres trucs composés pour l’instrument. Aussi, comme bien des pianistes, il joue Bach et surement Scarlatti (à vérifier). Là où ça devient intéressant, c’est qu’il s’attaque aussi à Couperin et Rameau. Normalement, parce que vraiment pensée pour le clavecin, leur musique ne passe pas trop bien au piano.

Ben là, c'est pas normalement.

François Couperin (1668-1733)
Le tic-toc-choc ou les maillotins
Alexandre Tharaud, piano




Méchant coup de jeune, hein?


Je voulais aussi acheter les suites pour violoncelle de Bach par Jean-Guihen Queyras, mais je n’en ai pas trouvé de copie. Je vais donc voir la disquaire (celle qui est mignonne, pas le gros moustachu) et lui demande si c’est connu et disponible. Elle m’apprend que c’est un bon vendeur et que le disque est «back order». Il est entre autres de plus en plus connu, car il joue avec... Alexandre Tharaud.

Les deux artistes qui m’ont séduit dernièrement jouent ensemble et en plus, ils sont souvent à Montréal. Sympa, hein? Je constate quand même que j’ai perdu de vue la scène musicale. Je pense que ce sont des inconnus que je viens de découvrir, mais ils sont en réalité des stars montantes...


En passant, on est tous en train de manquer Brendel à la PDA cet après-midi. C'était le last call, il prend sa retraite à 77 ans.





Décroché, je suis.






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23 février 2008

Le festival de l'homonyme

L’an dernier, j’déconnais avec l’ortho. On cherchait la phrase avec le plus d’homonymes possible. J'ai décidé aujourd'hui de partager avec vous, en primeur, le résultat de notre dur labeur.



«Jamais de ma vie, je ne me vis vis-à-vis un tel vit.»



Plus original qu’avec vert, vers, vair, etc.






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20 février 2008

Ô Lune si belle

De 20h43 à 22hoo, elle se donne en spectacle ce soir.

Un extrait du spectacle de l'an dernier, d'après un machin d'Haydn.











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18 février 2008

450 : La saga continue

Comme je suis très loin d'avoir balancé tous mes disques dans l'ordinateur et que je ne possède pas l'intégrale des 555 sonates de Scarlatti par Scott Ross (avis au mécènes, c’est un coffret de 35 cds...), lorsque je tape "450" dans le champ de recherche du logiciel iTunes, je n'obtiens comme résultat que le concerto No.15, KV450 de Mozart.

Que!?! Comment ça «que»? Non, mais quel manque de respect. Allez, fustigez à volonté: Je ne mérite pas moins. Non, mais sans blague... "Ce n'est qu'un concerto de Mozart". Il se prend pour qui le petit prof de musique merdeux?

Voici donc en guise de cadeau de réconciliation avec mes amis du 450 et surtout, pour prouver à Madame Une Telle que je l'apprécie, malgré ce fleuve qui nous sépare...

Mais tout comme Orphée, n’hésitant devant rien pour revoir Eurydice, je le traverserai (en transport en commun, bien sûr) au péril de ma vie et enfin, je pourrai vous...

Oups... Bonjour Monsieur Un Tel! Mais qu’est-ce qui vous amène de ce côté du Styx? Heu, je veux dire du fleuve? Hum... Ce n'est pas encore la saison... C'est pourquoi au juste la batte de baseball?

Une chance que son chien n'a pas trois têtes...







W.A. Mozart
Concerto No.15 KV450
Troisième, mouvement : Allegro


Ce que j’aime dans les concertos pour piano de Mozart, c’est lorsque l’orchestre se retire complètement et laisse toute la place au piano pour la première fois. Puis presque timidement, l’orchestre revient et reprend la conversation... C'est toujours parfait. Ah! Les joies du style concertant.

En passant, y a pas quelqu’un qui aurait les sonates k.450 et k.514 de Scarlatti? On pourrait enfin savoir, une bonne fois pour toute, c’est qui les meilleurs!

Le gagnant se prendra contre le 418.

Go! 514! Go!






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Ce que je m'amuse...

Vous auriez dû voir En Saignant en réunion de profs ce midi. Il fut héroïque!

Au fait, êtes-vous au moins conscients que s’il pouvait communiquer avec les esprits, on le surnommerait Médium-Saignant?

Incroyable, hein?




Désolé...





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17 février 2008

You Tube : La solution

Ça prend trois conditions :

1- 10 minutes à investir

2- De très bons arguments

3- Un patron qui espère se débarasser de vous le plus rapidement possible

Toc-toc-toc.

PMT : À propos de You Tube qui est bloqué... T’aurais 10 minutes?

Patron : Oui?

Et voilà!


Les ordinateurs administratifs donnent accès à un formulaire lorsqu’on visite un site banni. On peut remplir ce formulaire en trente secondes.

Il vous reste donc 9 minutes 30 secondes pour convaincre votre patron.

Si j’ai réussi, vous le pouvez aussi. Il faut garder l’esprit ouvert, poser les bonnes questions et surtout, expliquer calmement notre point de vue.







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Histoire de chars.

Pas besoin de vivre dans le 450 pour avoir des voisins qui pensent que l'eau tombe du ciel.

Heille... l'eau... elle tombe du ciel!

Mais bon, vous comprenez ce que je veux dire. Leurs voitures sont rutilantes 365 jours par année. Je dis «leurs», car ils en ont trois. Une pour papa, une pour maman et une pour l'ado de service. En passant, on est à environ 300 mètres du métro...

C’est poche le métro. T’es pas ben comme en char.

Attention. Ce n'est pas parce qu'ils ne recyclent rien, nettoient leur entrée à l'eau potable et déblaient leur boîte aux lettres à la souffleuse qu'ils sont méchants. Nous n'avons aucune preuve tangible qu'ils votent ADQ (ça, c'est evil). Au contraire, ils sont hyper sympathiques. Ils pensent tout simplement qu'ils ne...

Attendez un peu. Pourquoi présumé-je qu'ils pensent? Présomption!


Peu importe. Je me stationne juste derrière ce chic type qu'est mon voisin. Sa voiture est d'une propreté... Par contre, pas besoin d'être daltonien pour s'interroger sur la couleur de la mienne. Le gars sort de sa bagnole, armé d'une bouteille de Windex et d'un rouleau d'essuie-tout bien blanchi à l'acide, question de finir la job.

PMT : Salut!

Lui : Hey!

PMT : Tu dois le trouver sale, hein, mon char...

Lui : Ben... Moé, j'chus un peu maniaque. Mais c'est mieux de pas le laver en hiver.

PMT : Je sais, c'est pour ça que les deux fois de l'année où je le lave, c'est l'été.


Pas sûr qu’il l'a pogné.

C'est quand même un chic type.




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16 février 2008

Musique pour le luth

Quatre suites, un triptyque (Prélude, Fugue et Allegro), une fugue et un petit prélude. C’est tout ce qui reste de la musique pour luth seul de Jean Sébastien Bach.

Malheureusement, une horde sanguinaire de guitaristes classique se sont attaqué à ce répertoire, résultant un massacre de la conduite des voix et du discours musical en général. Un musicocide.

Pourquoi?

Parce que c’est écrit pour le luth et qu’on essaie de jouer ça à la guitare?

Même pas. C’est la même merde lorsqu’on essaie de le jouer au luth. Eh oui... Ça ne fonctionne tout simplement pas.

Pourquoi?

Bach faisait beaucoup de transcription. Par exemple, il prenait une sonate pour violon d’un copain et en faisait un concerto pour clavecin. Alors, vous comprenez qu’il ne se gênait pas pour transcrire ses propres oeuvres pour d’autres instruments. Et comme il ne jouait pas vraiment de luth, il s’était patenté un luth-clavecin. Ça sonne comme un théorbe, mais ça se joue comme un clavecin.


Suite No.1 BWV 996 : Composée pour luth-clavecin.

Suite No.2 BWV 997 : C’est une suite pour clavecin, mais comme un petit rigolo en a fait une tablature pour le luth à l’époque de Bach... on est pris avec.

Suite No.3 BWV 995 : Transcription de la cinquième suite pour violoncelle. Celle en scordatura...

Suite No.4 BWV 1006a : Transcription de la Partita No.3 pour violon solo...

Prélude, Fugue et Allegro, BWV 998 : Écrit pour le luth-clavecin. J’ai des doutes, car que je l’ai joué beaucoup, entre autres pour mon récital de fin maîtrise.

Fugue BWV 1000 : Transcription de la fugue de la sonate No.1 pour violon seul. Bach l’a aussi arrangée pour orgue.

Prélude BWV 999 : Écrit pour le luth.

Je ne suis pas musicologue, alors, ne prenez pas tout ce que je dis pour du cash. D’après moi, dans tout ça, il n’y a que le petit prélude BWV 999 qui fut écrit et pensé pour le luth. Étrangement, je l’ai joué au Cégep, alors que les autres trucs, c’était en maîtrise.

Quoi? Votre petit neveu joue la bourrée de la première suite et il a 12 ans? Demandez-lui la gigue et exigez une conduite des voix qui se tient.

Bon... je chiale, mais toute cette musique est géniale et nous sommes chanceux, car parmi toutes les versions bizarroïdes disponibles dans les magasins, il y a un cinglé qui a réussi à faire un bon enregistrement de l’intégrale.

Il joue de la guitare à 10 cordes. Yep... Pas des cordes doublées comme les 12 cordes qu’on utilise en pop. 10 cordes indépendantes les unes des autres.

Il joue tout dans les tonalités originales et il n’a pas besoin de transposer les basses. Il s’appelle Stephan Schmidt et c’est lui le meilleur pour jouer Bach à la guitare.



Fugue de la deuxième suite







Par Stephan Schmidt, bien sûr.





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14 février 2008

N'oublions pas

Que ce soit les dictées de la ministre Courchesne ou les cours d'Histoire donnés en anglais, c'est de la politique.

Pas de l'éducation.


Des dictées, il y en a toujours eu et l'Histoire du Québec en anglais... Bordel! C’est sérieux ce truc?




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11 février 2008

Trop motivé...

En rang avec une classe de cinquième.

PMT : J’ai besoin de quelqu’un pour une mission.

Matis : Moi moi moi moi moi!

PMT : Hum... qui pourrais-je bien prendre...?

Matis : Moi moi moi moi moi moi moi!

PMT : Je vois... je vais devoir désigner quelqu’un...

Matis : Moi moi moi moi moi moi moi!

PMT : Désolé Matis, tu pars en mission.

Matis : Yes!

PMT : Écoute bien. Va dans mon local et ensuite, derrière le...

Il s’élance et disparait dans mon local.

PMT : Hum... Bon. J’ai besoin de quelqu’un pour une mission...




Ne me demandez pas ce qu’il a foutu en attendant d’autres instructions.






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09 février 2008

Variations pour IRM


Ce soir, comme il n’y avait rien de bon à la télé et que je n’ai pas le câble, je suis allé passer une résonance magnétique.

Je ne savais trop à quoi m’attendre, mais au moins, la jaquette se mariait bien avec le bonnet et les sous-vêtements que j’avais choisis pour l’occasion étaient parfaits.

Confiant, je m’approche du bidule. On me pose les questions d’usage et me tend des machins pour boucher les oreilles. Je m’étends sur la table et la technicienne me refile une énorme tétine d’une couleur qui m’est inconnue, pauvre daltonien que je suis.

La tech : En cas d’urgence, vous appuyez là-dessus.

Rassurant, hein?

La tech : L’examen dure 20 minutes.

Bordel! Vingt minutes sans bouger?

Moi : Est-ce que je peux ouvrir les yeux?

La tech : Ça serait préférable de les garder fermés, mais ce n’est pas grave.

Et c’est parti. Je m’enfonce dans l’orifice, la tétine bien en main. Une fois à l’intérieur, la voix de la tech est mécanique. Je me bidonne un peu...

«We are The Borg. Strength is irrelevent, resistance is futile»

La tech : La première série commence dans 10 secondes et durera une minute.

Bip. Bip. Tup. Tup!

Bordel, une chance que j’ai des bouchons dans les oreilles. Essayons de chanter un peu dans notre petite tête. Tiens... la première variation des Goldberg. Ça n’a que deux voix.

Bip. Bip. Bip. Tutututu.Tutututu, Takakakakaka.

«Prepare to be assimilated.»

Hum... pas facile de se concentrer avec ce machin.

Bip bip bip bip bip...

La tech : Vous allez bien?

PMT : Oui...

La tech : Prochaine séquence dans quelques secondes. Elle durera trois minutes.

Même tentative d’entendre des trucs dans ma tête, mais je n’y arrive pas.

Takakakakakaka. Trururururururururu. Takakakakakaka. Trururururururururu.

"Your culture will adapt to service ours."

J’ouvre les yeux. Ouch... c’est petit ici. Au fait, je ne suis pas un peu claustrophobe, moi?

Bibibibibip. Bibibibibip. Bibibibibip. Bibibibibip.

«We wish to improve ourselves. We will add your biological and technological distinctiveness to our own.»

La tech : Prochaine séquence, quatre minutes.

C’est là que j’ai compris qu’il ne fallait pas lutter.

"Resistance is futile"

On écoute. OK. Ça, c’est la pulsation, en plus, c’est le seul truc qui ne change pas de timbre. Cool! Ça alterne une mesure 6/8 et un 3/4.


Zut! C’est déjà fini.

La tech : Prochaine séquence, cinq minutes.

Plus ça allait, plus c’était funky.


...

À la sortie du bidule.

La tech : Vous allez bien?

Moi : Ça va, merci... Vous savez, je suis musicien et même si je ne fais pas d’électro-acoustique...

La tech (souriante) : L’avant-dernière, hein?

Moi : Oui! C’est la meilleure!

La tech : Comme de la musique techno.

Moi : Minimalisme.

La tech : Exactement.

Moi : Mais vraiment, l’avant-dernière...

La tech : C’est aussi ma préférée.

Moi : Y a des effets secondaires?

La tech (complice) : Pas normalement.






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08 février 2008

Noble graffiti

Ce matin, on répétait dans un endroit qui n’est pas une école, donc, il y avait un graffiti sur le mur des toilettes.Incroyable, hein?

«Les filles du patinage artistique ont les fesses plus fermes que celles du gym. La santé, c’est un mode de vie, pas une mode.»

De la sagesse, bordel! J’en étais tellement obnubilé que je n’ai pas laissé mon numéro de téléphone.





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07 février 2008

La vérité, toute la vérité.

Voulez-vous savoir pourquoi je me bidonne quand la ministre parle de ramener les dictées dans les écoles ou tout simplement de l’importance qu’il faut accorder à l’enseignement du français?

Lisez cet excellent billet de Bibco. Tout est là. C’est comme ça sur le terrain.








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06 février 2008

La maison

On l’a... Il ne reste que des signatures et des trucs de notaires.

C’est étrange. Je pensais que je me tirerais dans les murs... J’avais choisi une musique pour célébrer et une autre pour pleurer. Même si je paye plus cher que prévu, je sais que je fais la bonne chose. C’est bizarre, mais je suis plutôt calme, neutre. Bordel que je suis heureux... mais je pense à ceux qui n'ont pas ma chance. Ça doit être mon éducation judéo-chrétienne...


Paul Hindemith
Sonate pour piano No.2, premier mouvement







Comme un jour de pluie, mais ce n'est pas grave.

Je vous remercie de tout coeur pour toutes les bonnes pensées. C’est vraiment sympa de savoir que des gens veulent notre bien. Je me considère vraiment privilégié d’être lu par vous.

Sincèrement.


On se voit au Yulblog?







...

05 février 2008

Interdire ou éduquer?

Mise à jour

*** Je vais enlevé quelques passages de ce billet. Le but de ce blogue n'est pas de blesser les gens. Si vous avez un problème avec un billet où des passage, contactez moi et j'enlève le tout.***

Ce matin, J’ai montré ceci aux élèves.



Ensuite, ça.



Branche le portable dans l’écran.

Tourne l’écran vers la classe.

On s’approche un peu.

Et voilà.

De Karajan à Ravi Shankar, on trouve de tout sur youtube.com. C’est souvent à la fin des cours que je cherche des trucs intéressants et je fais le tout à la vue des élèves. Ils voient l’écran et les mots clés que j’inscris et jamais je n’ai vu d’images compromettantes.



Cet après-midi, j’ai montré ceci aux élèves.










Oups...











Circulez, y a rien à voir.











La commission scolaire a décidé que c’était assez. You Tube = Site interdit. Yep...




Interdire ou éduquer?

Il y a plusieurs années, il y a des dirigeants du milieu scolaire qui voulaient interdire Google dans les écoles. Maintenant, quand un élève fait une recherche sur le Web, c’est par là qu’il commence.

Je sais qu’il y a plein de conneries sur You Tube. Il y en a partout des conneries... même sur Google. En passant, si vous voulez voir des nichons et êtes coincés dans une école : google.ca, tapez nichons dans la barre de recherche et ensuite, cliquez sur Images. Je ne dis pas qu’ils sont tous vrais, mais bon... Vous voyez où je veux en venir.

À la fin de la journée, je raconte la situation dans la salle des profs.


*** C'est le bout que j'enlève. C'était inspiré d'une conversation avec une prof. ***



...




Vous voyez le genre? *** Utilisez votre imagination ***



Attention. Je ne suis pas naïf au point de penser qu’à l’école, un élève devrait aller sur You Tube sans but précis et sans supervision. Mais est-ce une raison pour interdire le site?

Ce qui nous amène à l’exemple du jour, gracieuseté de Prof Malgré Tout.

Quand je suis en voiture avec Fiston, c’est moi qui tiens le volant. En classe, sur You Tube, c’est moi qui tiens la souris. Devrait-on interdire les automobiles parce que les enfants ne doivent pas les conduire?


Adulte, enfant. Boss, pas boss. Il me semble que ce n’est pas compliqué.

À notre école, sauf exception, le labo d’informatique est devenu une arcade. Un lieu de divertissement pour les élèves... et les profs. Tu balances l’élève devant l’ordi et tu as la paix. Les petites regardent des trucs de petites filles (désolé, je ne sais pas exactement ce qu’elles fréquentent comme site...) et les p’tits gars jouent à des jeux en flash. Les plus vieux écoutent des vidéo de "gangsta rap".

Du gros niaisage.

C’est généralisé ce truc? Non. À mon école, je dirais 75% de ce qui se fait au labo est futile. Par contre, le reste est vraiment pertinent.

Mais ça ne prend que quelques *** individus *** pas foutus de superviser un labo de 16 ordinateurs remplis d’élèves prêts à se faire délateurs juste par manque d’attention, pour tout foutre en l’air et réclamer qu’on bloque You Tube.

Non, mais quelle merde!

Ah oui... Le plus pathétique dans tout ça : quand ***les élèves*** écoutent des vidéos, ce n'est pas sur You Tube qu'ils vont.





Ah oui... j’aurai des nouvelles de la maison demain.








...

04 février 2008

Bordel, dis-je.

Vous qui croisez les doigts, merci. Pour ma part, je croise le fer...

Dans ma tête, j’en suis là :








Suite fur Klavier : Gigue, Rasch
Arnold Schoenberg


Zen? Pfff...Qu'est-ce qu'il connait à l'immobilier, Bouddha?

On a fait une contre-contre-offre.





Quelqu'un aurait un abat-jour que je pourrais me mettre sur la tête?

19h45 et...

Pas de nouvelle, sauf des détails très vagues.

Bordel!

L’attente... Le casse-tête... Si leur contre-offre est de x et nous leur offrons y, croiront-ils que z est possible? Et les taxes vont augmenter en trois vagues dans le secteur... la première est passée. Oui, mais la maison est petite... Ça ne devrait pas taper trop fort...


ARGH!!!!!

Maurice Ravel
L’enfant et les sortilèges : Deux robinets coulent dans un réservoir.







C’est comme ça dans ma tête.

À suivre






...

Alea jacta est

La journée va être longue.

Visites libres hier.

Réponse ce soir, 20h00.



Bordel...






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02 février 2008

Tranche de vie... désolé

J’essaie de ne pas trop vous casser les pieds avec ma vie personnelle, mais là, j’ai besoin de vous.

N’ayez crainte, je ne vous demanderai pas de fric...

Moi et ma douce, on a fait une offre sur une maison. On cherchait une piaule, quelque chose de plus grand que notre petit quatre et demi et, presque désillusionnés par rapport au marché, on a visité cette petite maison un peu trop chère pour nous.

Le coup de foudre.

Ce n’est rien d’extravagant. Un semi-détaché avec trois petites chambres, et un sous-sol au plancher croche, sur le ciment, sans mur ni plafond (un endroit pour faire de la musique?). Mais c’est charmant... La cuisine est tellement belle. Ça nous a touché tout de suite. À la visite, ça a vraiment cliqué avec les proprios qui sont des gens vraiment trop bien. On aurait pu ouvrir une bouteille de rouge et passer la soirée là.

C’est juste une coche trop cher.

Ben voilà.

J’ai 39 ans, des dettes d’études, je bosse dans une école primaire et sur un projet de comédie musicale avec les jeunes et ça me demande beaucoup de mon temps personnel. Le tout, en milieu défavorisé. Dans ce que je fais, j’ai l’impression de faire la différence. Souvent? Je n’ai pas cette prétention, mais parfois, c’est certain.

Ma blonde est infirmière. Elle est dévouée et un modèle pour la profession. Elle travaille dans un hôpital universitaire et elle aussi, elle ramène pas mal de travail à la maison sans être rémunérée. Dans ce qu’elle fait, elle a l’impression de faire la différence. Souvent? Je ne sais pas. Elle est tellement sans prétention, mais parfois, c’est certain.

Fiston tripe sur «La Ribouldingue» (Il préfère monsieur Bedondaine à Paillasson, l'ignare.) Autrement, il éteint la télé si on essaie d’écouter quoique ce soit sans qu’il y ait des camions à ordure ou des voitures sport. Il est à la fois un modèle pour sa génération et un paradoxe. Il vient d'avoir deux ans et demi. Dans notre vie, il fait la différence, c’est certain.

Simone n’est pas encore née. C’est pour la fin juin... J’vous reparlerai d’elle un jour, mais elle fera la différence, c’est certain.

Je sais... On pourrait aller en région et se payer une maison. Personnellement, je n’ai pas encore dit mon dernier mot dans le milieu où j’enseigne et ma blonde a besoin des défis professionnels que seul un hôpital universitaire peut offrir.

J’arrête ça là, j’ai l’impression de me plaindre alors que je suis heureux. Oui... Le bonheur ne réside pas dans une piaule avec une cour en arrière. Je me plains le ventre plein.

Quand nos parents vont s’éteindre, on ne gagnera pas à la loto. De toute façon, c’est dégueulasse de penser à ça. Disons tout simplement que nous ne comptons que sur nous-mêmes. Sage décision.

Donc, nous avons fait une offre sur la maison. Il n’y aura pas de négociation. Nous avons demandé à nos agents d’y aller franchement, par respect pour les proprios. Cette maison, c’est un peu d’eux-mêmes. Il faudrait être cons pour ne pas le voir et salaud pour ne pas le respecter. Il me semble que ça ne devrait pas se marchander. Je sais, je suis naïf.

Nous leur offrons tout ce que nous pouvons mettre. Ce n’est peut-être pas assez, mais c’est tout ce qu’on a. C’est moins que ce qu’ils demandent...

Nous aurons une réponse d’ici lundi soir. Alors, si vous n’avez vraiment plus rien à lire et qu’il n’y a rien de bon à la télé, ayez une petite pensée pour moi?

Ah oui... Même si ta blonde doit accoucher le 30 juin et que tu ne connais pas ton adresse pour le premier juillet, le bonheur ne réside pas dans une résidence.

Quelle horreur ce jeu de mots... Ça doit être la pression.

Sérieusement, j’ai un petit garçon en bonne santé et la petite dans le ventre de ma blonde a un coeur qui bat, deux bras et deux jambes. J’aime la femme avec qui je vis. Je l’admire et surtout, je la désire. Quand ce n’est pas assez, y a toujours Glenn Gould qui a réendisqué les variations Goldberg en 1981.








Ouvrez votre prochaine page dans une autre fenêtre.La toune fait 51 minutes dans cette version.

Voici donc ce que je vous demande :

Je sais, c’est du luxe, mais quand même... Juste une petite pensée d’ici lundi. Une petite prière?


Merci










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30 janvier 2008

Bab

Ce matin, comme le troisième cycle était en sortie, j’avais un trou dans mon horaire. C’était l’occasion rêvée de sauver la vie de dizaine d’élèves innocents.

Je sais... Je ne suis pas ténor, mais bordel, ce n’est pas une raison pour ne pas être héroïque à mes heures.

Hier, j’suis rentré un peu fort dans un élève qui le méritait..

Comme je le soupçonne d’avoir des tendances... psychopathes? What ever. Il était en TC l’an dernier et pour moi en TC, il y a les bums et les freaks. Il fait partie de la deuxième gang.

Donc, comme je pense qu’un gars dans son genre, refermé sur lui-même, qui n’a pas vraiment d’ami, qui est raciste, sexiste et qui serait antisémite s’il savait ce qu’est la circoncision (manque flagrant de culture, ce jeune), mais qui pense quand même qu’un «gun» c’est cool, ça peut être dangereux quand c’est frustré. Je lui ai proposé de venir faire un tour dans mon local pour jouer du synthé pendant la récré et essayer de tâter ses états d’âme, question de le désamorcer et de sauver la vie de dizaines d’innocents.

OK. Je l’avoue. Je feelais cheap de lui être rentré dedans la veille.

De toute façon, à la récré, il se pointe dans mon local et m’annonce qu’il suit des cours de guitare, mais qu’il n’a pas encore de guitare.

Pourquoi pas?

Il me montre les deux accords qu’il peut faire. Je le place un peu et le fait pratiquer et tant qu’à y être, essaie de lui faire gober quelques savoirs essentiels, comme par exemple, le nom des accords qu’il connait.

J’ai dit qu’il n’avait aucune culture?

PMT (plein d'espoir): Celui là, c’est mi mineur.

Bab : Huh?

PMT (patient): Mi-mi-neur. Tu sais? J’en parle en classe. Accords majeurs et accords mineurs. Joyeux, triste. Ti-moineaux qui chantent, gros monsieur fâché.

Bab : Mon pic est plus dur que le tient.

PMT (pédagogue): Ouais pis?

Bab : Huh?

PMT (déterminé): OK. L’autre accord, c’est un la mineur.

Bab : Ça va mieux un pic dur.

PMT (ferme): Non.

Bab : Quoi?

PMT (convainquant): Je te dis que ça ne va pas mieux un pic dur!

Bab : Huh?

PMT (zen): Bon... Donc, ça c’est le mi mineur et celui-là c’est?

Bab : Huh?

PMT (moins zen): Le nom de l’accord...

Bab : Je l’sais.

PMT (ça veut dire quoi au juste zen?): Bordel! Je te le demande!!!

Bab : L’ami mineur.

PMT (désespéré): L’ami mineur?

Bab : Ouais.

PMT (devinez...): Et toi, t’es l’ami mineur d’un monsieur?

Bab : Huh?

PMT (le gun sur la tempe): Laisse faire... La récré est terminée.



Le pire dans tout ça, c’est qu’il a du potentiel.






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28 janvier 2008

Des nouilles!

Comme il faut bien commencer quelque part, à 11 ans, le petit Wolfgang compose son premier concerto en s’inspirant d’une sonate pour clavier d’un illustre inconnu.

Wolfgang Amadeus Mozart

Concerto pour piano No.1 en Fa, KV 37
Premier Mouvement : Allegro






Ingrid Haebler, pianoforte
Eduard Melkus, direction
Capella Academica Wien




11 ans, man... C’est un élève de sixième année.









Des nouilles... voilà ce que nous sommes!
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27 janvier 2008

Bonne fête Monsieur Mozart

Aujourd’hui, comme chaque année à la même date, c’est l’anniversaire de naissance de Mozart. Ce matin, à Espace Musique, machin qui m’énerve faisait entendre un de ses concertos. Je ne sais pas lequel parce qu’après une demi-phrase de ce type, j’éteins systématiquement la radio. Je pense que ce geste est contrôlé par mon cerveau reptilien tellement il est spontané et inconscient. Un mécanisme de défense...

Nous sommes tout de même chanceux que Mozart ait composé. S’il avait fabriqué des armes, on serait surement tous morts.

Ce type me scie les jambes... Comment peut-il être à la fois l’exemple le plus typique du classicisme en musique, et à la fois, si facile à reconnaître? Sans blague, on ne nous refile pas du Haydn pour du Mozart... encore moins du Clementi ou du Boccherini.

Et Rossini dans tout ça?

Chaque fois que je me tape du Rossini, j’ai toujours la même réflexion : Mozart aurait aimé ça.

Rossini, Ouverture du Barbier de Séville.








En passant, si vous êtes plus friqués que moi, les représentations commencent le 2 février à l’Opéra de Montréal.

Dire qu’on devait y aller avec les élèves...







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Trip à trois

Trop osé en ce beau dimanche matin?

Vous vous souvenez? Vous êtes cocus! Tous cocus! J'ai un autre blogue que je tiens pour les élèves du projet. Mais comme je vous aime bien, voici un billet qui vient de là-bas.



***


Vous le savez surement: je partage mon nom de famille avec le prof de l’école Saint-Machin, l’honorable Yves «Malgré Tout» (qui ne serait pas honoré d’avoir le même nom que moi?). Et puisque vous êtes curieux de nature, chaque année, vous débarquez comme un cheveu sur la soupe avec la même question sur vos lèvres et elle finit toujours par les franchir pour venir me casser les pieds...

«Heille PMT... Toi et monsieur «Malgré Tout», êtes-vous des frères?»

Comme mes réponses restent toujours évasives, le doute nait dans l’orifice qui vous sert de tête et les rumeurs commencent. J’ai entendu toutes sortes d’histoires... certaines même à vous faire dresser les cheveux sur la tête.

Mais comme je suis juste et bon. Je vais donc vous dire la vérité, toute la vérité. Mais soyez prévenus: c’est une histoire sordide. Vous ne serez plus jamais les mêmes après l’avoir lu. J’avoue que ça vous semblera un peu tiré par les cheveux, mais cette histoire est vraie.

Comme nous avons le même âge, moi et monsieur «Malgré Tout», si nous sommes frères, ne pouvons qu’être jumeaux. Mais pourquoi tant de secrets? La vérité est tellement dure.

(musique de suspense)

Nous sommes en réalité des frères siamois séparés à la naissance!

Oui!

Quand nous sommes nés, nous étions soudés ensemble par le cuir chevelu. Vous comprenez qu’on nous a séparés alors que nous étions encore très jeunes. Depuis ce moment, un sentiment de solitude, de déchirement et d’abandon même, pèse sur nous. Nous partagions tout dans le ventre de notre mère...

Comme vous pouvez le constater, la délicate opération chirurgicale ayant pour but de nous séparer a assez bien réussi. Un seul vrai problème se posait : qui gardera le cuir chevelu? Comme nos parents étaient des athlètes d’élite, ils organisèrent un tournoi de roche-papier-ciseau. Ce fut une lutte difficile. Il est venu à un cheveu de gagner, mais je sortis vainqueur de cette joute sans merci.

C’est triste, hein? Parfois, on vous cache des trucs seulement pour vous protéger de la peine. Après avoir lu ce texte, ce sera normal pour vous d’être un peu dépressif et de ne pas vouloir ranger votre chambre ou faire vos devoirs. Et bien, nous ne tolèrerons aucune baisse de productivité! C’est clair?

Parfois, lorsque j’utilise le crâne de monsieur «Malgré Tout» comme miroir pour me replacer le toupet, il m’arrive de rêver de notre enfance. Je revis les jours nous étions heureux, toujours unis, sans savoir que cela ne tenait qu’à un cheveu.



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23 janvier 2008

Blanc comme neige

En rang avec une classe de première année.

PMT : Vous avez bien travaillé aujourd'hui. Je pense que comme récompense, vous méritez de connaître la vérité.

Un élève : Hein?

Petite Française : Allez PMT! Dis-nous la vérité. Tu sais, moi, je veux parfois qu'on me dise la vérité, mais parfois, c'est préférable de mentir, car on peut me faire du chagrin et alors, je deviens triste et les gens me regardent, car je pleure et je n'aime pas ça... C'est pourquoi je cache parfois mon visage... Tu sais... derrière mes cheveux... ma mamie, elle dit que ce n'est pas...

PMT (l'interrompant) : D'accord! Alors, voilà... Écoutez bien ce que je vais vous dire et surtout, pas de panique.

Petite Française : Oh non. J’ai peur...

PMT : On vous a toujours menti sur votre âge. Vous n'avez pas six ou sept ans. En réalité, vous avez entre 25 et 35 ans et vous êtes des nains!

Je me retourne vers l'un d'eux et sursaute.

PMT : Ah! Un nain!!!

Un élève : Hein?

Petite Française : Ce n'est pas vrai. Tu racontes encore n'importe quoi.

PMT : Je comprends que tu ne me crois pas. On vous a tellement bien caché la vérité...

Petite Française : Non... Nous ne sommes pas des nains!

PMT : Oui! Tous des nains! HAHAHAHA! (rire diabolique) Et moi, je suis Blanche-Neige!

Un élève : Hein?

Petite Française : Mais non... Tu ne peux pas être Blanche-Neige, PMT. Tu es un garçon. Blanche-Neige, c’est une fille...

PMT : Alors, je suis Blanc-Neige et vous êtes les sept nains!

Petite Française : C'est impossible : nous sommes trop nombreux!

Victoire! Elle reconnaît qu'ils sont des nains!

PMT : Je voulais justement vous en parler... Vous n'êtes que sept dans la classe. Les autres sont imaginaires.

Petite Française : Comme Roger?

Un élève : Hein? Où ça Roger?

Petite Française : Dans la tête de PMT et nous, nous sommes ses nains.

PMT : Exactement.

Ce qu'on rigole...






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20 janvier 2008

Coup de pied au cul

Vous vous souvenez de ce pauvre élève mis en cage par son enseignante sanguinaire?

La vilaine tortionnaire n’a pas dit son dernier mot. Le Professeur Masqué vous en parle. Lisez donc son excellent billet avant de lire mes conneries.










...






Vous avez lu?





Excellent.







Je n’ai qu’une chose à déclarer : vengeance!

Oui... Vengeance, bordel. Nous ne sommes pas des punching bag.

Une petite tranche de vie.

Il y a quelques années, un de mes élèves de première année obtient la côte D dans son bulletin. Le jeune a des problèmes de motricité (rythmiques...), des problèmes d’attentions et est suivi en orthopédagogie. Ce n'est pas un diagnostique sérieux, en passant. Peu importe car, en musique, pour la compétence «interpréter des oeuvres musicales», comme il joue rarement la bonne note, rarement au bon moment et rarement avec la bonne technique, je lui refile un D. Même en trichant un peu et en évaluant les savoirs essentiels (et non seulement le développement de la compétence), il aurait quand même obtenu D.

Ah oui... D voulait dire que l’enfant développe sa compétence de façon insatisfaisante.

Nous sommes en février. La mère parle à son enseignante et veut que je la rappelle. Au téléphone, elle m’informe que j’ai donné un coup de pied au derrière de son fils durant le cours de musique et que maintenant, il a peur de la musique et il fait des crises lorsqu’il y a de la musique à la maison. En plus, il a mal au coccyx au point qu’ils ont dû consulté un médecin.

Vous avez bien compris : un coup de pied au cul, et devant toute la classe en plus.

Comme c’est un tissu de connerie, je reste calme et lui demande quand ça serait arrivé. Qui sait? Peut-être qu’un suppléant a vraiment donné un coup de pied au cul de l’enfant.

"En septembre."

Elle me dit que c’est arrivé en septembre... Je suis perplexe, mais je suis surtout en février. Je lui demande quand son enfant lui en a parlé pour la première fois.

La semaine dernière.

La semaine dernière? Bordel... Là, je commence à m’énerver, mais elle aussi. J’apprends qu’elle mène sa petite enquête sur moi. En interrogeant les parents au service de garde, elle répand la rumeur: je botte le cul des enfants.

Quelques jours plus tard, des élèves de sixième connaissent l’histoire. Je suis leur prof de musique depuis qu’ils ont quatre ou cinq ans. Pour plusieurs, je suis l’adulte masculin le plus constant de leur vie. Ils veulent savoir. Pas savoir si c’est vrai. Il veulent le nom de l’enfant qui raconte ça. Ils veulent faire la fête à la dame...

Vengeance!



C’était trop tentant.



J’ai quand même résisté à la tentation, mais ça ne m’a pas délivré du mal. Pas trop déçu? Moi, ça m’arrive parfois.

J’ai passé dans le bureau du patron et je lui ai expliqué ma version des faits. Il n’était même pas au courant de l’histoire. La situation était devenue ridicule: certains petits de première, pour se rendre intéressants, prétendaient même se rappeler du coup de pied.

Bordel... On a fait un jeu de lecture de note et il y avait un pied de dessiné au tableau.

Je n’avais qu’une possibilité. J’ai menacé la dame de poursuite judiciaire pour atteinte à ma réputation. J’ai été ferme, méchant et j’ai parlé comme celui qui n’a rien à perdre, mais qui en plus, avait envie de gagner autre chose. Disons que je n’avais pas l’air très conciliant.

La poussière est tombée sur le non-événement. Je ne l’ai jamais donné ce coup de pied au cul.

Imaginez si l’histoire était tombée entre les griffes de «Celle-dont-on-ne-peut-prononcer-le-nom-sous-peine-d’être-trainé-en-justice»!


Avec du recul, c’est tellement simple. Si en septembre, alors que les parents sont encore très vigilants, un prof balance un coup de pied au cul d’un enfant en pleine classe, que croyez-vous qu’il va se produire?

Exactement. Le lendemain, il y aura une vingtaine de parents devant l’école pour le lyncher.


Une dernière chose concernant l’histoire du petit mis en isolation dans sa classe et des parents qui ont réclamé la tête du prof et de la direction de l’école. Rappelez-vous qu’il reste toujours de la place sur le banc des accusés.







Chers détracteurs chéris,

Oui, vous. Vous qui aimez bien me menacer de poursuite judiciaire, sachez que lorsque je déconne en réclamant "Vengeance!", je fais allusion à un spectacle que j'ai monté avec quelques personnes qui lisent parfois ce blogue. C'est une "inside", une blague, un joyeux calembour. J'ai lu Monte-Cristo assez jeune et même si le milieu littéraire est convaincu que Dumas n'arrive pas à la cheville de Hugo, il est la chose la plus proche d'un père que je n'ai jamais eu et je respecte encore son enseignement. Je ne suis pas vengeur, même si j'ai encore cet enfant en pleine face une fois semaine et qu'il est toujours aussi nul en musique et aussi insignifiant comme individu. Sa classe reçoit le cours le plus banal de la semaine, sauf lorsqu'il est absent. Quand il est là, je marche sur des oeufs et je garde mon énergie pour le cours suivant. Des blagues, je n'en fais pas. Quand je l'ai devant moi, j'enseigne. Je fais mon travail et je le fais du mieux que je peux. Je réponds à ses questions, écoute froidement ses commentaires et ne me gène surtout pas pour le ramener à l'ordre quand il dérape. Trop de prof garde le profil bas après un histoire du genre. Je n'aime pas cet enfant et je n'ai pas envie de faire des efforts en ce sens. Je lui donne son cours, pour le reste, qu'il trouve ailleurs. S'il a un problème avec ça, qu'il le raconte à sa maman.


Êtes-vous en train de vous dire : "mais voyons, ce n'est qu'un enfant..."?

Imaginez quelqu'un qu'on enterre vivant et qui se fait dire : "mais voyons, ce n'est qu'une pelletée de sable".

Donc, je l'avoue: les jeunes qui me font des vacheries, je ne leur pardonne pas. Ce n'est pas dans ma définition de tâche.

Par contre, je ne me venge pas, ce n'est pas dans ma définition de tâche.

Mais si quelqu'un me traînait en cours, je ne pense pas que je tendrais l'autre joue.

Oups... attendez... Tendre l'autre joue, ce n'est pas dans ma définition de tâche, ça?




...

Fin du premier acte

Changement de décor. Un bois sacré. Trois temples. Au milieu, le «Temple de la Sagesse», à droite le «Temple de la Raison», à gauche le «Temple de la Nature».

Les trois garçons conduisent Tamino aux temples.

(tiré du livret original)

L’histoire ne raconte pas comment Tamino s’est retrouvé avec trois mineurs en plein milieu du bois, qu’il soit sacré ou non. Mais comme il n’est pas prof, il ne devrait pas se faire accuser d’abus par les parents.

TAMINO
Aimables garçons, dites-moi si je pourrai sauver Pamina?

LES TROIS GARÇONS
Ce n’est pas à nous de te le révéler:
sois persévérant, patient et silencieux!
Penses-y: bref, sois un homme,
alors, jouvenceau, tu vaincras en homme.


Pfff. Si Tamino était baryton, croyez-vous qu’il se serait laissé parler comme ça? Étant moi-même baryton à mes heures, je leur aurais chauffé leurs fesses d’enfants-rois. Surtout que c’est une histoire et qu’il n’y a pas de témoins...

Mais comme Tamino est ténor, il se contente de les trouver «cutes » et essaie d’entrer dans les temples. Ce n’est que dans le temple du centre, celui de la Sagesse qu’on lui permettra d’entrer.

Or, il s’avère que le «Temple de la Sagesse» est la piaule de Sarastro. Tamino, qui est tout aussi mal élevé que la marmaille qu’il n’a su mater précédemment, se met à gueuler qu’il exige qu’on libère Pamina sur-le-champ.

Quel con...

Comme c’est le «Temple de la Sagesse», on (le choeur) lui répond de se calmer le ponpon et que Pamina se porte bien.

Et là, comble d’idiotie, notre «héros» se met à jouer de la Flûte enchantée. Pourquoi comble d’idiotie? Bordel... ça va alerter tout le monde!

Papageno et Pamina se pointent, mais ils sont poursuivis pas Monostatos, le nain de service et sa horde d’esclaves en manque de sensations fortes. Papageno dégaine son glockenspiel. Il entame une toune de Mozart (comme par hasard) et le nain et les esclaves se mettent à danser et à chanter... Eh oui, c’est ça le pouvoir du glockenspiel magique.

J’en profite pour vous raconter une anecdote.

Mozart, lorsqu’il dirigeait la Flûte, aimait bien se payer la gueule de Papageno, qui n’était nul autre que Schikaneder, le gars qui a écrit le livret. Ça se déroulait toujours un peu de la même façon : Mozart insistait pour jouer le glockenspiel lui-même (il en avait un qui se jouait comme un piano) et lorsque son copain devait jouer sur la scène, il s’abstenait. Lorsque le pauvre Papageno, humilié, se tournait vers lui pour l’engueuler, Mozart jouait et l’autre n’avait pas d’autre choix que de continuer le spectacle, car il fallait bien qu’il bouffe et les fins de mois étaient plutôt difficiles.

Fin de l’anecdote

Donc, au moment où nos deux gaillards (Papageno et Pamina... Tamino n’est pas un gaillard) se croyaient sauvé, voilà que Sarastro lui-même entre en scène. Comme c’est un nain (lui aussi!) et qu’il craint qu’on ne le prenne pas au sérieux...

Sarastro fait son entrée sur un char triomphal tiré par six lions.

(livret original)

Vous devinez que la situation se complique. Tamino et Pamina sont dans les bras l’un de l’autre, le nain dominant est fâché, celui de service, frustré. Papageno s’enverrait bien un petit coup de rouge et les esclaves... ben... vous les connaissez : ils sont insatiables.

Pour calmer la foule en délire, Sarastro condamne Monostatos à recevoir soixante-dix-sept coups de fouet, en guise de récompense...? Ce dernier ne semble pas trop déçu.

Qui suis-je pour juger des us et coutumes des petites personnes? Peu importe... Sous les ordres de Sarastro, Papageno et Tamino sont emmenés dans le Temple des Épreuves.

Rideau.

Voici la toute fin du premier acte.







Pamina et Tamino se rencontrent pour la première fois, Monostatos apprend qu’il recevra des coups de fouet pour avoir dragué Pamina, le choeur acclame Sarastro... la routine quoi.

17 janvier 2008

Le pourfendeur

Image piquée sur whatscookingamerica.net

Une petite parenthèse avant de revenir sur «La Flûte enchantée».

Sur l’étage où j’enseigne, la situation ressemble étrangement à ça. Y a une gang de filles noires et comme elles sont au top de la chaîne alimentaire, elles font la loi. Je n’ai pas encore déterminé si les garçons sont du règne végétal ou minéral, mais disons que côté séduction, c’est plutôt le calme plat qui règne.

Mais êtes-vous vraiment prêts pour ce qui suit? Je vous préviens : c’est bourré de préjugés basés sur n’importe quoi. C’est raciste, sexiste et même homophobe par moment. Par contre, les «petites personnes» ne seront pas ridiculisées aujourd’hui, car c’est congé.

Voici donc...

Ma théorie sur les possibilités d’échange de fluide interracial.

1-Un Noir peut séduire une Noire, une Blanche ou une Asiatique.

2-Un Blanc peut séduire une Blanche ou une Asiatique.

3-Un Asiatique peut séduire une Asiatique, un Blanc ou un Noir.


Désolé, mais c’est comme ça. Si t’as les yeux bridés, t’as qu’à être l’exception.

Pas d’accord? Personnellement, je n’en connais pas de couple où le mec est Asiatique et la fille est Noire... Par contre, j’en connais un tas où le mec est Asiatique et l’autre mec est Noir...

C’est un gros méchant préjugé comme vous les aimez bien et c’est moi qui me mouille pour vous. Vous n’avez qu’à effacer l’historique de votre navigateur Web et vous aurez la conscience tranquille.

Donc...

Ce matin, j’ai rencontré la moitié de mon «band» de cette année. Ce sont des élèves qui seront musiciens pour le projet de comédie musicale. Des élèves issus d’autres écoles. Parmi eux, Johnny, l’exception.

Johnny est asiatique. Un chinois «yo». Les oreilles percées (deux bijoux différents), les cheveux savamment coiffés et des fringues dignes d’un vidéo de «gangsta rap». C’est un sportif, un «break dancer» et il est juste assez bum pour que même les profs trouvent ça cool. Le tout est assumé avec désinvolture. C’est Johnny, quoi.

D’accord, j’avoue qu’être son prof toute la semaine ne doit pas être toujours rigolo, mais une fois semaine, c’est charmant.

Dans la gang de sixièmes de mon école, il n’y a qu’un gars noir. Malheureusement pour ma théorie, le poisson rouge du prof est plus populaire que lui et comme elles n’aiment pas le sushi, les filles de sa classe n’ont vraiment rien à se mettre sous la dent...


Sauf que maintenant, y a Johnny, le pourfendeur de préjugés.







...

15 janvier 2008

Monogamie 101

Changement de décor. Une pièce magnifique dans le palais de Sarastro.

Monostatos arrive. Pamina est introduite par des esclaves.

(Je sais, c’est un peu dur comme entrée en la matière, mais c’est tiré du livret original)

Bon... On va attendre que les esclaves se retirent...


...





...






...




Bordel... Ils tiennent le coup les salauds...




...





...





...






!!!




Ah! Voilà... c’n'était pas trop tôt.

Vous vous souvenez de Pamina? C’est la fille de cette charmante dominatrice qui chante des contre-fa pour un tout ou un rien. Pour les besoins de la cause, on va se l’imaginer pas trop moche, mais rien de trop canon. Les yeux bleus, les cheveux bruns, mais contrairement à son portrait, elle aura des bras et des jambes. Ceux qui n'aiment pas cette joyeuse plaisanterie, plaignez-vous à monsieur Schikaneder.

Par contre, Monostatos, lui, n’est pas coincé du tout. Comme c’est un nain, il a un petit je-ne-sais-quoi et il est baryton, donc je l’aime bien. J'espère que vous n’êtes pas raciste, car c’est un Black.

Bon... ce qui vient est un peu délicat.

Monostatos attache la princesse et elle le supplie... Je ne me souviens plus très bien si elle le supplie d’arrêter ou d’être plus vigoureux. Et vous? Que feriez-vous à sa place? J’vous ai dit qu’il a un petit je-ne-sais-quoi ce Monostatos?

Sauf que malheureusement pour nos deux tourtereaux, Papageno se pointe. Curieusement, il n’est pas avec Tamino...

Papageno n’a jamais vu de Blacks et c’est la première fois que Monostatos rencontre un homme oiseau. C'est le choc des cultures. Comme notre ami Schikaneder a voulu que cet opéra reste «grand public», c’est Monostatos qui prendra ses jambes à son cou.

Non.

Rien à cirer qu'on soit à l'opéra.

J’ai dit NON!

Pas de ça ici.

Pamina, c’est la blonde du prince et Papageno, c’est le copain du prince, alors NON! Solidarité, man.

Papageno détache donc Pamina et lui raconte tout : la reine, le prince et blablabla. Avouez que vous êtes déçus. Mais vous allez survivre, car c’est à ce moment que nous serons témoins d’un des moments les plus absurdes de toutes l’histoire de la musique : un non-couple chante en duo l’éloge de la monogamie.

Duo de Pamina et Papageno
"Bei Männern, welche Liebe fühlen"
(Aux hommes qui sentent l'appel de l'amour)









Ça doit encore être un de ces machins franc-maçonniques...


À suivre.

Dans le prochain billet, ce sera la finale du premier acte. Déjà.

...

14 janvier 2008

Cadenas, flûte et glockenspiel.

Tamino a hérité d’une mission : libérer la princesse Pamina des griffes du sanguinaire Sarastro (j’exige qu’il soit nain).

Papageno, de son côté, ne peut parler, car les trois gonzesses lui ont foutu un cadenas sur la bouche.

Mozart a alors écrit un quintette vraiment trop génial. C’est mon passage préféré de l’opéra!

Ça va ainsi :







PAPAGENO
(s’approchant de Tamino et lui montrant tristement le cadenas sur sa bouche)
Hm, hm, hm, hm, hm, hm, hm, hm!

TAMINO
Le pauvre, quelle punition, il ne peut plus parler.

PAPAGENO
Hm, hm, hm, hm, hm, hm, hm, hm!

TAMINO
Je ne peux rien faire d’autre que te plaindre, je n’ai pas le pouvoir de t’aider.

PAPAGENO
Hm, hm, hm, hm, hm, hm, hm, hm!

(Les trois Dames apparaissent.)

Elles libèrent Papageno et ça devient un quintette.

... C’est à la fois d’une simplicité et d’un génie... ça m’enlève le goût de déconner.

TOUS
Si tous les menteurs étaient punis
par un cadenas de ce genre,
au lieu de la haine, de la calomnie et du venin
régneraient amour et fraternité.

Bordel... Faire passer un truc aussi naïf sans que j’aie envie de vomir. C'est tellement simple que ça en est obscène. Mozart...

Je l’aaaaaiiiiiimmmmme!

Bach pour te faire aimer Dieu.
Beethoven pour ton prochain.
Pour le reste, y a Mozart.

OK, on continue, car c’est l’heure de développer les cadeaux, gracieuseté de la Reine de la nuit.

Tamino reçoit une flûte enchantée et Papageno, un glockenspiel.

Hein? Non, mais bordel! Ils sont censés faire quoi au juste avec ça? De l’éveil musical? C’est n’importe quoi! J’aurais refilé un traitement hormonal pour Tamino, question de le faire muer un peu et un single malt pour Papageno, parce que je l’aime bien. À la limite, la reine aurait dû leur offrir son doberman comme fidèle compagnon. À ce qu’il paraîtrait, cette race excelle à la chasse aux nains.








...

Königin der Nacht

Nous nous sommes laissés alors que les trois gonzesses débarquaient. Comme elles n’aiment pas les menteurs, elles mettent un énorme cadenas sur la bouche de Papageno. Le pauvre ne peut plus s’exprimer que par des sons étouffés.

Le prince Tamino apprend alors la vérité : ce n’est pas Papageno qui a tué le dragon, mais bien nos trois amazonnes... grrrr. En bonus, ces dernières lui refilent le portrait d’une certaine Pamina. En principe, elle n’est pas trop moche, mais ça dépend toujours des distributions. À l’opéra, la voix passe souvent avant le look. Comme il est ténor, Tamino s’en fout et comme je suis juste et bon, je vous épargne l’air où il s’extasie devant le portrait...

Au fait, cette Pamina, elle a du sang bleu! Eh oui, vous avez deviné : c’est une princesse qu’il devra délivrer. Original, vous dites? Mais qui dit princesse, dit reine! Sa maman n’est nulle autre que la Reine de la nuit. Yep, ze Königin der Nacht, man.

Premier air de la Reine de la nuit.







Changement de décor. Les montagnes s’ouvrent en deux. Une salle magnifique. La Reine de la nuit est assise sur un trône orné d’étoiles. (tiré du livret original)

Elle est vêtue de latex noir et porte un fouet à la taille. À ses pieds dort un énorme doberman. Deux Nubiens (nus bien) musclés et couverts d’huile sont enchaînés au trône et s’empressent à lui fournir une légère brise avec des plumes d’autruches, ce qui a pour résultat de garder ses mamelons bien visibles malgré leurs enclos de cuir. Il n’y a pas de nains, car c’est congé aujourd’hui. (tiré d’un rêve éveillé lors de la dernière assemblée générale au salon du personnel)



Dans cet air, elle s’adresse à Tamino pour qu’il délivre sa fille des griffes du nain cruel qui l’a enlevée. C’est toujours le ténor qui pogne ce genre de contrat...



Elle se pousse avec les trois gonzesses.

À suivre.

N’oubliez pas que Papageno a toujours un cadenas sur la bouche... VOUS VOULEZ LA SUITE.










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13 janvier 2008

Un homme, un vrai

Der Vogelfänger bin ich ja (c'est moi l'oiseleur), air de Papageno







Tamino revient à lui. La pauvre bibitte est là à ses côtés, morte. Sni-fe, sni-fe. Il voit quelqu’un venir, alors, sans même prendre le temps de changer de couche, il se planque.

Papageno se pointe. Il est couvert de plume et transporte une cage. C’est un être simple et équilibré qui ne pense qu’aux femmes et à la bouffe. Il est baryton, alors que Tamino, vous l’aurez deviné, est ténor.

Tamino : Mais qui es-tu?

Papageno : Un homme! Quelle question idiote.

Voilà! J’ai toujours pensé que les ténors étaient des sous-hommes. Richard Strauss, pour sa part, croyait que c’était comme une infirmité... Et vous?

Papageno, lui, est d’accord avec ma théorie. Donc, comme il est un homme, un vrai, Papageno aimerait bien avoir toutes les filles. C’est normal. C’est dans sa nature (surtout après un bon coup de rouge...). Mais attention: ce n’est pas ce que vous croyez. Voici ce que raconte le dernier couplet :

Si toutes les filles étaient à moi,
je les échangerais contre du sucre:
à celle qui serait ma préférée
je donnerais volontiers tout mon sucre.
Elle m’embrasserait alors tendrement,
serait ma femme et moi son mari.
Elle s’endormirait près de moi,
Je la bercerais comme un enfant.

Vous voyez? Ce n’est pas parce qu’un type picole un peu et sait apprécier la gent féminine qu’il est un salaud de première. C’est plutôt une question de registre.

Tamino : Mais de quoi vis-tu?

Papageno : De nourriture et de boisson! Comme tout le monde.

Exactement!

...

Tamino : Alors, c’est toi qui m’as sauvé des griffes de la bibitte?

Papageno : La bibitte?

Tamino : Oui, pour l’amour du Ciel, amis! Dis-moi! Comment as-tu vaincu ce monstre? Tu n’as même pas d’armes!


Mais bon, personne n’est parfait... Papageno joue de la flûte de pan, le pauvre, et est un peu vantard. Il raconte que c’est lui qui a terrassé la bibitte. Tamino, ce grand naïf, est quand même impressionné.

Juste au moment où ça devient rigolo, les trois gonzesses débarquent.

Bordel, j’entends Fiston qui se réveille.

À suivre.




...

On change de disque

Désolé, mais on change de version. Ceux qui me connaissent savent jusqu’à quel point je suis pogneux de nerfs.

Y a juste trop de trucs avec lesquels je ne suis pas d’accord : tempos trop lents, pas assez de relief à l’orchestre, manque de précision rythmique des chanteurs, etc.. Bordel. J’écoutais l’air de Papageno et je me disais : c’est donc ben plate c’t’affaire là. On va mettre ça sur le dos des années 80...

Donc, bye bye Sir Colin Davis. John Eliot Gardiner, come on down! You’re the next contestant on «The tempo is right».

Non, mais...






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12 janvier 2008

La bibitte, le prince et les gonzesses.

Acte un (y en a que deux)

Zu Hilfe, Zu Hilfe!










Un type se pointe sur la scène. Ça ne va pas bien pour lui. Pourquoi?

Premièrement, il s’appelle Tamino. Quelle horreur! Ça sonne comme le nom du p’tit gars dans Tintin et le temple du soleil. Il traîne sûrement un passé lourd...

Ensuite, y a une grosse bibitte qui le poursuit. Ça peut être un lion, un serpent, un dragon... L’important, c’est que ça soit avant tout bien gros, poilu et ridicule. Il faut bien que les enfants rigolent un peu. Le genre d’animal à qui on veut faire un câlin.

Troisièmement, Tamino est un couillon de première. Il a peur de la grosse bibitte. Il se pointe d'ailleurs sur scène en chantant : «Zu Hilfe, Zu Hilfe». On ne peut s’y méprendre.

Quatrièmement, c’est un wannabe. Il aimerait bien être prince charmant. Il a pourtant tout le kit : l’habit, l’épée et la coupe de cheveux. Il ne manque que le cheval et un nom respectable. Tamino... pffff. Mais qui voudrait d’une pareille couille morte?

Donc, le pauvre type se pointe en gueulant bien fort « Zu Hilfe, Zu Hilfe!» dans le sens de «au secours, au secours!». La bibitte s’approche de lui. Notre «héros» fait dans son froc, puis s’évanouit.

L’histoire de dit pas si la bibitte est scatophage et a l’intention de le manger, car trois gonzesses débarquent armées jusqu’aux dents. La chose ne fait pas le poids et se retrouve au bas de la chaîne alimentaire. Pauvre bibitte... je l’aimais bien moi. Par contre, l’histoire ne dit pas non plus si les trois gonzesses ont faim. Peut-être sont-elles végétariennes. Je sais, l’histoire ne dit pas grand-chose...

Je vous ai raconté que les trois petites dames travaillent pour une reine? Et bien, c’est fait.

Les trois «chicks» s’approchent de Pamino qui gît là, inerte et comble d’absurdité, elles le trouvent mignon. Faut dire que Tamino porte toujours une couche, juste au cas. Donc, elles ne savent pas pour «vous savez quoi». Faut croire que l’amour rend sinusité. Ou peut-être que ça ne les dérange pas...

Les trois amazones vont s’engueuler un peu pour savoir laquelle d’entre elles pourra rester avec le prince, pendant que les deux autres iront prévenir la reine. Comme elles ne peuvent décider qui pourra assouvir leurs fantasmes nécroscatophiles (évanoui, c’est comme mort...) en paix avec le prince pendant que les autres bossent, elles abandonnent toutes trois ce pathétique Tamino et vont prévenir la reine.





À suivre.

11 janvier 2008

Tous cocus!

Eh oui. Vous êtes tous cocus!

Mais chérie... ce n’est pas ce que tu penses...

Je vous trompe avec un autre blogue. Un truc que j’écris pour les élèves du projet de comédie musicale. Rien de très pédagogique. C’est plutôt un endroit où on peut rigoler tout en s’informant des derniers développements et potins du projet. Je vais aussi y balancer la musique, les paroles des chansons, des photos, etc.. Un genre de comité social virtuel pour élèves.

Mais je ne vous laisse pas tomber pour autant.

En parlant de tomber, je viens justement de tomber sur une version de «La Flûte enchantée » de Mozart que je n’ai jamais vraiment pris le temps d’écouter (un truc de seconde main...). C’est la version de Sir Colin Davis (1984) et elle traîne là depuis un bout. Ça vous dirait de vous la taper avec moi? Si jamais on accroche sur un chanteur, on regardera c’est qui en temps et lieu. Pour l’instant, on laisse le show à Mozart.

C’est parti!

Le rideau est fermé. Circulez, y a rien à voir... pour l’instant.

Ouverture













À suivre demain






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08 janvier 2008

Limite?

Élève : Hey PMT, c’est peut-être une femme qui va être présidente des États-Unis.

PMT : Non.

Élève : Oui, je l’ai vu.

PMT : Non.

Élève : Comment ça, non?

PMT : Aux États-Unis, il y a deux partis. La femme que tu as vue, elle essaie de devenir chef de son parti pour pouvoir ensuite participer aux élections.

Élève : C’est ça que je dis.

PMT : Ce n’est pas elle qui mène pour diriger son parti. C’est Obama.

Élève : C’est qui ça?

PMT : Un Noir.

Élève : Un Noir président des États-Unis?

PMT : Justement... Que ça soit la femme ou le Noir qui devient chef du parti, le parti ne pourra jamais gagner.

Élève : Comment ça.

PMT : Les Américains sont trop cons pour accepter d’avoir une femme ou un Noir comme chef. Ils ne seront pas président, ni l'un ni l'autre.

Élève : Pour vrai?

PMT : Pour vrai.



Vous trouvez que c’est limite? Que j'ai du "guts" de dire des trucs pareils?

J'ai trouvé ça dans un livre de Fiston.





Ça c'est risqué.







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04 janvier 2008

The pros and cons of «martyrizsiziszme»

La veille de Noël, je fus touché du doigt de Dieu. Oui, oui... Et croyez-moi, ça fait mal. C’est cette douleur qui explique ce silence virtuel dont vous avez sûrement bien profité. De toute façon, qu’est-ce qu’un prof aurait à raconter lorsqu’il est en vacances? Ce n’est pas compliqué... Il s’agit de partir en congé avec plein d’arrangements à faire et vous aurez des trucs à dire. Je dis arrangement, dans le sens de mettre des accords sur des mélodies et écrire des accompagnements, faire des partitions, des bandes sonores, etc.. Parfois, quand je dis que j’ai des arrangements à faire, les gens pensent que je dois prendre un rendez-vous chez le dentiste ou me réserver un trou au cimetière. Tous des barbares!

Bon. Avant de vous raconter mes «vacances», il faut que je vous explique une chose à mon sujet: je suis rejet. Quelques fois, ce sont les autres qui me rejettent, mais habituellement, je me rejette moi-même. Autonome vous dites?

Je ne vous donne qu’un exemple. L’autre midi, avec des collègues, on est allé se goinfrer de poutine. Je ne me suis pas assis avec eux. Vous comprenez le principe? Excellent. Comme le dit si bien Jean-Paul : l’enfer, c’est les autres.

Donc, le 24, Dieu veut m’empaler sur son énorme doigt... Mais qu’est-ce que je raconte?

On recommence...

Donc, le 24, Dieu, qui me trouve pathétique, veut me toucher de son doigt. J’imagine qu’il espère ainsi me donner un quelconque talent comme preuve de son existence. Ensuite, il fera de moi son avatar sur terre, parmi vous, simples mortels, et je n’aurai qu’à attendre ses instructions. Peu importe, je pense qu’il a commencé à fêter de bonne heure cette année et il a manqué son coup. Alors, comme ça, out of nowhere, la douleur est apparue. Oubliez vos salades sur le nerf sciatique et les spasmes post-vous-savez-quoi. Cette névralgie sciatico lombairesque est en réalité un acte divin. Yep.

Alors, je me retrouve incapable de marcher ou d’être assis. Même couché, je souffre, mais au moins, c’est endurable.

The pros and cons of «martyrizsiziszme»

Les avantages :

- Je ne suis pas allé dans ma famille (ma blonde y a amené Fiston le 25)
- Je ne suis pas allé dans la famille de ma blonde à Québec (2 jours seul!!!)
- Je ne suis allé nulle part... yeah!

Juste pour vous dire, à l’exception de ma blonde et de Fiston, la seule personne que j’ai vue de toutes les vacances est un collègue avec qui j’ai bossé sur le texte hier soir. Et comme on bossait, on n’était plus en vacances. Donc, ça ne compte pas. Un jour, on fera notre «coming out», mais pas celui que vous pensez.

Ah oui, y a aussi l'ostéopathe. He's da man!

Les désavantages :

La chose que je n’ai pas dans la vie, c’est de l’intimité pour faire de la musique. J’habite un petit 4 et demi... Normalement, si ma blonde et Fiston se poussent quelques jours, c’est l’orgie totale. Ça va de John Dowland à Metallica en passant par des créations sur ordinateur. Y a des guitares qui trainent partout dans l’appartement et y a plein de câbles entre la carte son, l’ordinateur, le piano numérique et la guitare électrique et surtout, Ô jouissance suprême, je joue sans écouteurs!

Hum... Je vous ai dit que je ne pouvais pas être debout ou assis? Bordel... Je me suis quand même tapé un peu d’électrique couché sur le dos, mais ce n’est pas le Pérou. Pas de musique, pas d’ordinateur et la télé, ce n’est pas vraiment mon truc ... Hein? Désolé, le club vidéo ne livre pas.

Le plus chien dans tout ça :

J’ai plein d’arrangements à faire pour le projet. La semaine prochaine, il faut que je débarque avec la musique pour les choristes et les danseurs. Il faut que la metteur en scène (quelqu’un sait comment on dit ça au féminin?) ait les musiques qui accompagnent certaines scènes et il faut que j’envoie des partitions à la formatrice en chant...

L’évidence même :

Je fais de la fuite en écrivant ce billet. Ma blonde est au travail et Fiston au CPE. Je DOIS être productif pendant que j’en ai la chance. L’inspiration n’est plus un luxe que je peux me payer.

Conclusion :

La prochaine fois, il peut bien se le mettre ou je pense son doigt. Mais curieusement, en plus de dix ans de vie commune, j’ai dit pour la première fois à ma copine un truc tout simple.

Je suis heureux.

Peut-être qu’il n’est pas si nul, le type là-haut...


Voeu :

Bonne année.

Moi, je me souhaite une piaule avec un coin pour faire de la musique, en paix.


W.A. Mozart

Gloria de la messe en Do mineur. K.427









Oui, je sais... c'est en majeur, mais la messe est en mineur. Deal with it.






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