Premièrement, il faut mettre un truc au clair : les classes combinées du premier cycle du primaire (première et deuxième années), c’est une question de fric.
Yep... C’est comme ça.
Je ne connais pas et ne peut pas imaginer une école qui choisirait de faire une combinée 1/2 pour des raisons pédagogiques. On a ce genre de classe quand il n’y a pas assez d’élèves pour faire deux classes de chaque niveau. Par exemple, si on a 28 élèves en première et 26 en deuxième. On se retrouve donc avec une classe de première (18 élèves), une de deuxième (19 élèves) et une combinée (17 élèves). Eh oui, il y a dépassement de ratio. Ne jouez pas les vierges offusquées, c’est la game.
Une décision administrative et non pas pédagogique. Un classique.
Vous doutez encore? La conseillère pédagogique de votre école vous a convaincu? Alors, si c’est si merveilleux les classes cycles, pourquoi on n’en ferait pas trois?
Donc, y a des combinées et c’est comme ça. Vous n’avez pas le choix d’accepter cette triste réalité.
Mais, y en a toujours pour qui, ce n’est pas juste. Eille chose! La vie, c’est pas juste! T’as jamais remarqué?
Bordel...
Y a plein de parents qui montent aux barricades lorsqu’ils apprennent que leur pauvre petit est dans la dite classe : la combinée!
Bon, on se calme!
Vous savez comment on fait les groupes, mais qu’on n’ose pas le dire tout haut? Bande de p’tits veinards, je vais vous le dire.
Premièrement, on forme la combinée. Le reste ira dans les classes niveau. Le reste...
Prenez les élèves les plus autonomes et les plus forts en académique et balancez-moi ça dans la combinée. Ensuite, prenez deux ou trois élèves moyens, mais très dociles. Ajoutez-y un élève à risque au niveau du comportement, mais il doit être super brillant. Voilà votre classe!
Oups... Ça a l’air louche. Tous les forts y sont. OK. On prend deux forts de chaque niveau et on les retourne dans les classes «normales». Hum... Voyons voir. Et si on prenait le cas de comportement le plus lourd et qu’on le mettait dans la combinée? Il risque de finir l’année en classe spéciale de toute façon... Si ses parents signent... Trop risqué. On ne touche pas à ça. Voilà nos trois groupes. La combinée... et le reste.
J’imagine le boss : Mais voyons! C’n’est pas comme ça qu’on forme les groupes!
Désolé patron, mais c’n’est pas vous qui les faites, les classes.
Vous voyez le portrait?
Jusque-là, y a rien de trop surprenant. C’est quand le téléphone se met à sonner au secrétariat que la situation devient absurde.
Il existe une sorte de parent assez problématique dans une école : le parent exigeant inculte.
Habituellement, le parent exigeant inculte est un de ces nouveaux riches qui se sont installés dans un quartier défavorisé. La maison est patrimoine historique, mais tellement moins chère que sur le Plateau ou à Outremont... La prostituée qui fait le trottoir au coin est sûrement aussi plus économique qu’à Westmount, mais comme le parent exigeant inculte agit habituellement en mal baisé, il n’en a rien à cirer de toute façon.
J’m’égare...
Parfois, le parent exigeant inculte n’est pas riche, car il a étudié en histoire de l’art ou qu’il est tout simplement détenteur d’un demi-bac en psycho de l’université de Trois-Rivières. Ça ne l’empêche pas d’être un parent exigeant inculte.
Quand t’as un demi-bac en psycho, peu importe l’université, ferme ta gueule. On ne veut pas le savoir.
La progéniture de l’exigeant inculte est souvent plus stimulée à la maison que le p’tit gars du quartier qui a le ventre vide pendant que sa mère fait le trottoir. Elle se retrouve donc habituellement dans la classe combinée (pas la pute, la progéniture). Le parent exigeant inculte nous demande donc de changer son enfant de classe parce que la combinée, il n’y croit pas. Malheureusement, on ne fait pas ça.
Le parent exigeant inculte insiste presque autant que lorsqu’il voulait qu’on fasse deux classes de maternelle : une pour les pauvres et une pour la marmaille des parents exigeants incultes. Oui, vous avez bien compris : le parents exigeant inculte est adéquiste.
Nous sommes inflexibles. Votre enfant est dans la combinée et il va y rester. Et vous savez quoi? La combinée, c’est la meilleure des deux classes. La plus mieux. L’autre classe, c’est l’Apocalypse au cube, mais on n’a pas le droit de vous le dire.
Pas convaincu? Le fils d’la pute au coin de la rue est dans la classe à côté: la pas-combinée.
Vos gueules!
J’vous rappelle que ce blogue est une oeuvre de fiction. Pfff... Entre deux crises de l’amiante, ça défoule.
...
31 août 2009
29 août 2009
Moi, kétaine? Pfff...
J’apprends plein de trucs futiles en faisant mon boulot. Hier, je lisais un truc sur La flûte enchantée et on y prétendait que Mozart n’aimait pas beaucoup la flûte. Personnellement, je trouve ça assez normal. Oui, même traversière, ça nous les casse.
Comme je connaissais déjà trop le concerto pour flûte et harpe, j’me suis rabattu sur le quatuor avec flûte KV285, question de voir si ça paraissait que ça lui tombait sur le système à lui aussi.
Oh surprise! Y a le thème et variations qu’il a repiqué de la grande partita! C’est assez rafraichissant de l’entendre dans cette version. La grande partita est une sérénade pour 13 instruments à vent alors que là, ils ne sont que quatre.
Et ensuite, y a ça.
Adagio du quatuor avec flûte KV285 de Mozart.
Un beau moment à passer avec une petite fille d’un an blottie au creux de l’épaule.
Vous voyez? Moi aussi j’suis kétaine.
...
Comme je connaissais déjà trop le concerto pour flûte et harpe, j’me suis rabattu sur le quatuor avec flûte KV285, question de voir si ça paraissait que ça lui tombait sur le système à lui aussi.
Oh surprise! Y a le thème et variations qu’il a repiqué de la grande partita! C’est assez rafraichissant de l’entendre dans cette version. La grande partita est une sérénade pour 13 instruments à vent alors que là, ils ne sont que quatre.
Et ensuite, y a ça.
Adagio du quatuor avec flûte KV285 de Mozart.
Un beau moment à passer avec une petite fille d’un an blottie au creux de l’épaule.
Vous voyez? Moi aussi j’suis kétaine.
...
28 août 2009
Chose dite, chose due? Pfff!
Une autre tempête dans un verre d’eau?
On dirait bien que les ti-namis en surplus qui devaient nous quitter resteront parmi nous.
Alors, on recommence.
La ministre nous avait promis une baisse de ratio au deuxième cycle du primaire en milieu défavorisé.
On l’a, mais ce n’est pas respecté.
La ministre nous a aussi dit (c’était une promesse?) que les ratios seraient respectés.
On l’a? Voir plus haut...
En quatrième année, le ratio moyen est maintenant de 22 et le maximum de 24 par classe pour notre école. Sans même compter les cotes...
On l'a! ...et ça nous donne quoi au juste? J’pense qu’ils sont 27 dans la classe sans compter les cotes.
Une fois de plus, on a fait de la politique sur le dos des enfants, mais sur le terrain, rien n’a changé.
De toute façon, c’était cruel d’exiler des enfants du quartier. La solution coutait trop cher à court terme : trois classes de 18 élèves. Avec les cotes, ça donnerait autour de 21 élèves par classe. Le ratio moyen est de 22... Trop cher?
Pfff... Demandez-moi si je feel cheap d’aller passer le week-end à la Baie-James sur le bras de votre société d’État préférée...
...
On dirait bien que les ti-namis en surplus qui devaient nous quitter resteront parmi nous.
Alors, on recommence.
La ministre nous avait promis une baisse de ratio au deuxième cycle du primaire en milieu défavorisé.
On l’a, mais ce n’est pas respecté.
La ministre nous a aussi dit (c’était une promesse?) que les ratios seraient respectés.
On l’a? Voir plus haut...
En quatrième année, le ratio moyen est maintenant de 22 et le maximum de 24 par classe pour notre école. Sans même compter les cotes...
On l'a! ...et ça nous donne quoi au juste? J’pense qu’ils sont 27 dans la classe sans compter les cotes.
Une fois de plus, on a fait de la politique sur le dos des enfants, mais sur le terrain, rien n’a changé.
De toute façon, c’était cruel d’exiler des enfants du quartier. La solution coutait trop cher à court terme : trois classes de 18 élèves. Avec les cotes, ça donnerait autour de 21 élèves par classe. Le ratio moyen est de 22... Trop cher?
Pfff... Demandez-moi si je feel cheap d’aller passer le week-end à la Baie-James sur le bras de votre société d’État préférée...
...
27 août 2009
Excuse(s) du jour
Dans le cadre de la rentrée progressive, les profs du préscolaire rencontraient plusieurs groupes de parents aujourd’hui. En principe, les enfants n’étaient pas invités, mais comme ce n’est pas toujours facile de trouver une gardienne, on n’est pas trop facho.
Tout de même, les parents qui débarquent avec leur marmaille nous balancent habituellement une explication. Voici les deux plus populaires :
1- «Je n’ai pas trouvé de gardienne».
C’est quand même recevable comme excuse.
2- «Il a insisté pour venir»
Sans commentaires...
On s’est fait servir ça toute la journée.
Le plus rigolo, c’est cette dame qui se pointe en vélo avec son fils, mais qui n’arrive pas à le verrouiller à un arbre et qui blasphème comme un prof de musique dans le fond d’une bouteille de single malt. Faut dire qu’elle est en retard et que l’énorme clôture en grillage idéale pour les vélos est d’une rare subtilité.
PMT : Bonjour.
La dame (qui n’arrive pas à barrer le vélo): Ostie de calice!
PMT : Ça va, je vous tiens la porte.
La dame : TA-BAR-NAK!
Et par miracle, elle réussit! Pas étonnant... elle invoquait directement les instances suprêmes.
Ma collègue : Ça vient tout juste de commencer.
La dame : Je l’sais!
PMT (saluant son fils, le pauvre...) : Salut.
La dame (comme si elle lui en voulait) : J’ai pas trouvé de gardienne pis y m’a faite une crise pour v’nir!
Ma collègue (philosophiquement): Ça va, vous n’êtes pas la seule...
T’aurais payé la gardienne pour rester seule à la maison? Pfff...
...
Tout de même, les parents qui débarquent avec leur marmaille nous balancent habituellement une explication. Voici les deux plus populaires :
1- «Je n’ai pas trouvé de gardienne».
C’est quand même recevable comme excuse.
2- «Il a insisté pour venir»
Sans commentaires...
On s’est fait servir ça toute la journée.
Le plus rigolo, c’est cette dame qui se pointe en vélo avec son fils, mais qui n’arrive pas à le verrouiller à un arbre et qui blasphème comme un prof de musique dans le fond d’une bouteille de single malt. Faut dire qu’elle est en retard et que l’énorme clôture en grillage idéale pour les vélos est d’une rare subtilité.
PMT : Bonjour.
La dame (qui n’arrive pas à barrer le vélo): Ostie de calice!
PMT : Ça va, je vous tiens la porte.
La dame : TA-BAR-NAK!
Et par miracle, elle réussit! Pas étonnant... elle invoquait directement les instances suprêmes.
Ma collègue : Ça vient tout juste de commencer.
La dame : Je l’sais!
PMT (saluant son fils, le pauvre...) : Salut.
La dame (comme si elle lui en voulait) : J’ai pas trouvé de gardienne pis y m’a faite une crise pour v’nir!
Ma collègue (philosophiquement): Ça va, vous n’êtes pas la seule...
T’aurais payé la gardienne pour rester seule à la maison? Pfff...
...
26 août 2009
Chose dite, chose due
La ministre nous avait promis une baisse de ratio au deuxième cycle du primaire en milieu défavorisé.
On l’a!
La ministre nous a aussi dit (c’était une promesse?) que les ratios seraient respectés.
On l’a!
En quatrième année, le ratio moyen est maintenant de 22 et le maximum de 24 par classe pour notre école. Sans même compter les cotes...
On l'a!
...et vous en obtenez quelques-uns en surplus.
No vacancy.
Y a des p’tits namis qui vont changer d’école dans les prochains jours.
Mais peut-être qu’ils vont ouvrir une classe... Pfff.
En attendant, je pense que je vais arrêter de dire à mon fils que le building devant lequel on passe chaque jour est sa future école. C'est pas beau de créer de faux espoirs aux enfants.
Mais que peut-on reprocher à notre merveilleux ministère cette fois?
Chose dite, chose due.
Y'a quelque chose d'abstrait dans tout ça.
Bonne rentrée les ti-namis!
On l’a!
La ministre nous a aussi dit (c’était une promesse?) que les ratios seraient respectés.
On l’a!
En quatrième année, le ratio moyen est maintenant de 22 et le maximum de 24 par classe pour notre école. Sans même compter les cotes...
On l'a!
...et vous en obtenez quelques-uns en surplus.
No vacancy.
Y a des p’tits namis qui vont changer d’école dans les prochains jours.
Mais peut-être qu’ils vont ouvrir une classe... Pfff.
En attendant, je pense que je vais arrêter de dire à mon fils que le building devant lequel on passe chaque jour est sa future école. C'est pas beau de créer de faux espoirs aux enfants.
Mais que peut-on reprocher à notre merveilleux ministère cette fois?
Chose dite, chose due.
Y'a quelque chose d'abstrait dans tout ça.
Bonne rentrée les ti-namis!
25 août 2009
Le doyen
Au secrétariat de l’école.
Dring.
Dring.
Dring.
Secrétaire : École Sainte-Jeanne-de-Marie-Joseph-de-Saint-Machin bonjour.
Secrétaire : Il est justement devant moi.
Secrétaire : PMT, c’est pour toi.
PMT : Moi? C’est qui?
Elle m’étend la chose... Heu! Je voulais dire : «elle me tend la chose».
PMT : Bonjour.
PMT : Dans quelles écoles?
Deux secondes et demie de réflexion.
PMT : Hum... Non merci.
PMT : Au revoir.
Clic.
Secrétaire : Qu’est-ce qu’ils voulaient?
PMT : Ils m’offraient un poste qui mène à la permanence.
***
Comme dirait le doyen de l’école :
En passant, c’est moi le doyen.
...
Dring.
Dring.
Dring.
Secrétaire : École Sainte-Jeanne-de-Marie-Joseph-de-Saint-Machin bonjour.
Secrétaire : Il est justement devant moi.
Secrétaire : PMT, c’est pour toi.
PMT : Moi? C’est qui?
Elle m’étend la chose... Heu! Je voulais dire : «elle me tend la chose».
PMT : Bonjour.
PMT : Dans quelles écoles?
Deux secondes et demie de réflexion.
PMT : Hum... Non merci.
PMT : Au revoir.
Clic.
Secrétaire : Qu’est-ce qu’ils voulaient?
PMT : Ils m’offraient un poste qui mène à la permanence.
***
Comme dirait le doyen de l’école :
«Vaut mieux être le plus permanent des précaires que le plus précaire des permanents.»
En passant, c’est moi le doyen.
...
23 août 2009
Moi, puceau? Pfff...
Oups... je voulais plutôt écrire : "Moi, naïf? Pfff...".
Voilà, c'est corrigé.
Vous savez, Schubert, ce n’est pas le plus viril des compositeurs. Tout le monde sait que lorsqu’il dédiait à une élève un truc pour piano à quatre mains, ses intentions étaient purement pédagogiques...
Sans blague, j’suis en train d’essayer, une fois de plus, de balancer tous mes disques dans l’ordinateur. En passant, c’est pas mal plus long pour le classique que pour le pop. Vous ne me croyez pas?
Bon... J’suis dans Schubert et je retrouve des trucs que j’écoutais lorsque j’étais encore puceau. Pfff... C’que je pouvais être naïf. La belle meunière, il aurait dû se la faire et passer tout de suite au voyage d'hiver. Mais bon, il ne pouvait pas savoir qu'il allait choper le typhus à 31 ans.
Et y a pire encore, Le Chant du cygne (Schwanengesang). J’espère que vous n’avez rien contre les greatest hits.
Ständchen
Dietrich Fischer-Dieskau et Gerald Moore
...
Avec fièvre, qu'il dit... C'était la passion ou le typhus?
Sans blague, je déconne, c'est super beau ce truc et la mélodie est vraiment sexy.
...
Voilà, c'est corrigé.
Vous savez, Schubert, ce n’est pas le plus viril des compositeurs. Tout le monde sait que lorsqu’il dédiait à une élève un truc pour piano à quatre mains, ses intentions étaient purement pédagogiques...
Sans blague, j’suis en train d’essayer, une fois de plus, de balancer tous mes disques dans l’ordinateur. En passant, c’est pas mal plus long pour le classique que pour le pop. Vous ne me croyez pas?
Bon... J’suis dans Schubert et je retrouve des trucs que j’écoutais lorsque j’étais encore puceau. Pfff... C’que je pouvais être naïf. La belle meunière, il aurait dû se la faire et passer tout de suite au voyage d'hiver. Mais bon, il ne pouvait pas savoir qu'il allait choper le typhus à 31 ans.
Et y a pire encore, Le Chant du cygne (Schwanengesang). J’espère que vous n’avez rien contre les greatest hits.
Ständchen
Dietrich Fischer-Dieskau et Gerald Moore
Ständchen (ça veut dire «sérénade...)
À travers la nuit s'élève tout bas
Vers toi la supplique de mes chants;
Ô ma mie, descends donc me rejoindre
Dans la paix du bosquet!
En un murmure bruissent les frêles cimes
Sous la clarté de la lune;
Ne crains point, mon aimée,
Que de traîtres yeux nous épient.
Entends-tu les rossignols?
Hélas! voici qu'ils t'implorent,
Qu'ils t'adressent en mon nom
La douce plainte de leur mélodie.
Ils savent ce qu'est l'ardeur,
Connaissent le mal d'amour,
Et de leur timbre argentin
Touchent chaque tendre coeur.
Que ton coeur s'émeuve de même,
Ô ma mie, écoute-moi!
Je t'attends avec fièvre!
Viens, comble-moi!
À travers la nuit s'élève tout bas
Vers toi la supplique de mes chants;
Ô ma mie, descends donc me rejoindre
Dans la paix du bosquet!
En un murmure bruissent les frêles cimes
Sous la clarté de la lune;
Ne crains point, mon aimée,
Que de traîtres yeux nous épient.
Entends-tu les rossignols?
Hélas! voici qu'ils t'implorent,
Qu'ils t'adressent en mon nom
La douce plainte de leur mélodie.
Ils savent ce qu'est l'ardeur,
Connaissent le mal d'amour,
Et de leur timbre argentin
Touchent chaque tendre coeur.
Que ton coeur s'émeuve de même,
Ô ma mie, écoute-moi!
Je t'attends avec fièvre!
Viens, comble-moi!
...
Avec fièvre, qu'il dit... C'était la passion ou le typhus?
Sans blague, je déconne, c'est super beau ce truc et la mélodie est vraiment sexy.
...
21 août 2009
Luttons ensemble contre l'abrutissement intellectuel de mes élèves... et de certains collègues
Quelqu’un aurait la version sous-titrée en français du film La Flûte enchantée de Bergman? On dirait qu’en Amérique, on ne vend que celle avec les sous-titres anglais. J’ai pourtant l’impression de l’avoir déjà vu à Radio-Canada ou à Télé-Québec.
Si vous ne trouvez que les sous-titres, ça me va aussi, car je possède le DVD avec les sous-titres anglais et je suis assez bidouilleur pour faire fonctionner tout ça.
Comme mes intentions sont des plus nobles et que je travaille pour l’avancement intellectuel de l’espèce humaine, vous ne pouvez me refuser ça.
OK d'abord! J’vous paierai un verre.
Cheers
...
Si vous ne trouvez que les sous-titres, ça me va aussi, car je possède le DVD avec les sous-titres anglais et je suis assez bidouilleur pour faire fonctionner tout ça.
Comme mes intentions sont des plus nobles et que je travaille pour l’avancement intellectuel de l’espèce humaine, vous ne pouvez me refuser ça.
OK d'abord! J’vous paierai un verre.
Cheers
...
19 août 2009
Présent
Ouais... C’est pour bientôt. Ça ne me dérange pas, car j’ai vécu plein de nouvelles expériences cet été. Par exemple, tailler ma haie de cèdres avec un sécateur électrique à jeun (c’est moi qui étais à jeun, pas le sécateur). J’n’ai même pas accroché le câble électrique une seule fois! Pas un seul choc... Pfff. J’suis vraiment agile quand j’suis sobre.
Mais c’était presque plate et sans les chocs, j’crois que je vais devoir recommencer le lithium.
...
Faut dire que la fois où je nettoyais les gouttières avec un boyau d’arrosage du haut d’une échelle en aluminium qui chevauchait, sans le toucher, un câble électrique, c’était un peu plus trillant. Héhé... C’était tellement à haut risque d’électrocution que personne ne voulait tenir l’échelle.
On ne peut compter sur personne de nos jours... Pas même sur la petite voix dans notre tête.
Mais bon, j’vous les casse avec ma vie personnelle, hein?
Donc, la rentrée... Que dire? Ça ne me stress tellement pas. J’sais pas... J’ai pas ça, moi, le trac dans ce genre de truc. Peut-être que si j’enseignais à des humains, mais là, à des enfants... Ce qui me manque, ce sont les réunions et je sens qu’on va bien rigoler cette année.
Vous savez, mon patron, son dada, c’est le plan d’urgence. Y a des écoles qui ont un duotang pour le plan d’urgence; nous, on a un cartable. Pas une petite affaire; un gros rouge. Ça doit faire dans les cent pages.
On fait régulièrement des exercices de tireur fou où on doit se barricader dans les classes avec les élèves et on évacue tellement vite qu'on doit faire pipi dans un petit pot avant et après. On cherche même des pseudo-bombes cachées dans les casiers ou dans les sacs des mômes. C'est pas juste... Ce sont toujour les gens de l'entretien qui les trouvent. Des heures de plaisir... J’peux même identifier trois sortes de cloches : normale, longue, saccadée.
Le plus rigolo, c’est de savoir comment réagir en cas de pluie de météorites.
Par contre, s’il pleut de l’eau ordinaire, j’suis baisé. J’suis pas foutu d’aller chercher mes élèves au bon endroit. Après tant d’année, j’suis toujours là à les chercher partout comme un pauvre con... C’est vraiment moins de trouble les météorites.
Et voilà la grippe machin.
Yep... J’ai entendu à la radio que les gros bonnets du ministère de la Santé voudraient qu’on désinfecte les aires de travail des enfants deux fois par jour. Ça va ou bien? Quand ton aire de travail, c’est un pupitre, c’est une excellente idée, mais quand c’est un putain de djembé?
Y a ça un push-push pour peau de chèvre?
Et les xylos, bordel? J’en ai 30 dans la classe. S’il y a en moyenne 20 lames par instrument et deux mailloches, ça fait 600 lames et 60 mailloches à désinfecter deux fois par jour.
Ouch...
On ne pourrait pas juste ne pas les mettre dans notre bouche? Me semble que ça serait moins de trouble...
Bon... Faudrait bien que j’arrête de glander et que je bosse un peu. On adapte la flûte cette année.
...
Mais c’était presque plate et sans les chocs, j’crois que je vais devoir recommencer le lithium.
...
Faut dire que la fois où je nettoyais les gouttières avec un boyau d’arrosage du haut d’une échelle en aluminium qui chevauchait, sans le toucher, un câble électrique, c’était un peu plus trillant. Héhé... C’était tellement à haut risque d’électrocution que personne ne voulait tenir l’échelle.
On ne peut compter sur personne de nos jours... Pas même sur la petite voix dans notre tête.
Mais bon, j’vous les casse avec ma vie personnelle, hein?
Donc, la rentrée... Que dire? Ça ne me stress tellement pas. J’sais pas... J’ai pas ça, moi, le trac dans ce genre de truc. Peut-être que si j’enseignais à des humains, mais là, à des enfants... Ce qui me manque, ce sont les réunions et je sens qu’on va bien rigoler cette année.
Vous savez, mon patron, son dada, c’est le plan d’urgence. Y a des écoles qui ont un duotang pour le plan d’urgence; nous, on a un cartable. Pas une petite affaire; un gros rouge. Ça doit faire dans les cent pages.
On fait régulièrement des exercices de tireur fou où on doit se barricader dans les classes avec les élèves et on évacue tellement vite qu'on doit faire pipi dans un petit pot avant et après. On cherche même des pseudo-bombes cachées dans les casiers ou dans les sacs des mômes. C'est pas juste... Ce sont toujour les gens de l'entretien qui les trouvent. Des heures de plaisir... J’peux même identifier trois sortes de cloches : normale, longue, saccadée.
Le plus rigolo, c’est de savoir comment réagir en cas de pluie de météorites.
Par contre, s’il pleut de l’eau ordinaire, j’suis baisé. J’suis pas foutu d’aller chercher mes élèves au bon endroit. Après tant d’année, j’suis toujours là à les chercher partout comme un pauvre con... C’est vraiment moins de trouble les météorites.
Et voilà la grippe machin.
Yep... J’ai entendu à la radio que les gros bonnets du ministère de la Santé voudraient qu’on désinfecte les aires de travail des enfants deux fois par jour. Ça va ou bien? Quand ton aire de travail, c’est un pupitre, c’est une excellente idée, mais quand c’est un putain de djembé?
Y a ça un push-push pour peau de chèvre?
Et les xylos, bordel? J’en ai 30 dans la classe. S’il y a en moyenne 20 lames par instrument et deux mailloches, ça fait 600 lames et 60 mailloches à désinfecter deux fois par jour.
Ouch...
On ne pourrait pas juste ne pas les mettre dans notre bouche? Me semble que ça serait moins de trouble...
Bon... Faudrait bien que j’arrête de glander et que je bosse un peu. On adapte la flûte cette année.
...
28 juillet 2009
27 juillet 2009
Moi, facho? Pfff...
J’arrive de cinq jours dans un chalet sur le bord d’un lac avec des amis de ma blonde. Parmi eux, y avait une petite Suissesse de 6 ans: une dénommé Lucie que j’aimais bien, mais qui était un peu trop envahissante à mon goût. Devinez si je me gênais pour lui dire de décoller quand elle ne respectait pas l’intégrité physique de mes mômes ou même de mon p’tit moi-même de rien du tout. Pfff...
Pauvre Lucie? Voyons donc... Les enfants, ils aiment ça la discipline et les règles!
Enfin... je crois.
Comme j’avais amené ma guitare, on m’a surnommé «Facho de Lucia».
Vous voyez? C'est l'été et je parle de musique et d'éducation. Faut le faire quand même...
Et non, je ne fais pas de flamenco et oui, je sais, je suis une nouille comparativement à Paco. Bordel! C'que vous pouvez être casse-pieds...
...
Pauvre Lucie? Voyons donc... Les enfants, ils aiment ça la discipline et les règles!
Enfin... je crois.
Comme j’avais amené ma guitare, on m’a surnommé «Facho de Lucia».
Vous voyez? C'est l'été et je parle de musique et d'éducation. Faut le faire quand même...
Et non, je ne fais pas de flamenco et oui, je sais, je suis une nouille comparativement à Paco. Bordel! C'que vous pouvez être casse-pieds...
...
20 juillet 2009
J'hésite
Ça vaut le coup de passer à la pas si nouvelle version de Blogger?
Est-ce que je vais pouvoir utiliser encore mon lecteur flash pour les extraits?
Est-ce que je vais devoir réinsérer tous les extraits dans le code html de chaque billet?
Qui a fait le grand saut?
En passant, j'suis tellement pas blogue l'été.
...
Est-ce que je vais pouvoir utiliser encore mon lecteur flash pour les extraits?
Est-ce que je vais devoir réinsérer tous les extraits dans le code html de chaque billet?
Qui a fait le grand saut?
En passant, j'suis tellement pas blogue l'été.
...
07 juillet 2009
Dvořák 101
Dvořák, c’est un Tchèque. Comme vous pouvez le voir, y a un drôle de machin sur le r et ils ont balancé un accent aigu sur l’a. Je ne connais pas le tchèque et je ne sais même pas s’ils sont foutus de distiller un truc potable pour quand y a pas de scotch, mais pour ne pas avoir l’air trop con, voici comment je le prononce :
Dvor - jak.
Presque pas de d et pas d’accent circonflexe sur l’o.
Pour le reste, y a Wikipedia. Ils donnent même une prononciation, mais j’ai des doutes; ça sonne comme un robot. Rien à voir avec sa musique.
Et vous, vous dites comment?
Antonin Dvořák : Trio Op. 90 B 166 «Dumky»
4. Andante Moderato
Jean-Guihen Queyras, violoncelle
Alexander Melnikov, piano
Isabelle Faust, violon
...
Dvor - jak.
Presque pas de d et pas d’accent circonflexe sur l’o.
Pour le reste, y a Wikipedia. Ils donnent même une prononciation, mais j’ai des doutes; ça sonne comme un robot. Rien à voir avec sa musique.
Et vous, vous dites comment?
Antonin Dvořák : Trio Op. 90 B 166 «Dumky»
4. Andante Moderato
Jean-Guihen Queyras, violoncelle
Alexander Melnikov, piano
Isabelle Faust, violon
...
04 juillet 2009
Où es-tu, Carole?
L’ont-ils fait?
Espace Musique aurait montré la porte à Carole Trahan? J’ai beau essayer d’écouter son remplaçant, mais on sent très vite que le type n’a pas étudié en musique. Un autre qui est là pour sa voix et non pour son cerveau.
Rien de personnel, mec, mais tu sors d’où?
Ma théorie : on veut concurrencer Radio-Classique qui fait dans le classique bonbon.
Bordel...
Dites-moi que je me trompe, qu’elle est en vacances et qu’il y a de l’espoir.
Pitié.
Rappelons-nous : c’est nous qui payons pour Radio-Canada. Quelle est la mission d’une radio d’état? Éduquer, informer, divertir ou divertir, divertir, divertir?
ARGH! Au moment où j’écris ces mots, je l’entends et ça confirme tout :
«Nous allons écouter l’après-midi d’un faune... heu... le prélude à cet après-midi.»
On sent tellement que les noms des oeuvres et des interprètes sont dans sa bouche pour la première fois.
Et le répertoire. J’n’ai rien contre les «greatest hits», mais j’aimais bien faire des découvertes avec Carole. Là, je viens de me taper, dans l’ordre :
Mio Bambino Caro de Puccini
Concerto pour violoncelle en ré de Haydn
Des extraits de La belle meunière de Schubert
Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy
Un extrait des quatre saisons de Vivaldi
Un extrait du concerto pour violon d'Elgar
Pavane pour une infante défunte de Ravel
Tout ça dans des versions correctes, mais pas de surprise et surtout, pas de relève, pas de découverte. Rien que du vieux.
J'admets que le concerto d'Elgar n'est pas un "méga-hit", mais on est loin du répertoire recherché que nous offrait Carole Trahan.
C’est questionnant.
...
Espace Musique aurait montré la porte à Carole Trahan? J’ai beau essayer d’écouter son remplaçant, mais on sent très vite que le type n’a pas étudié en musique. Un autre qui est là pour sa voix et non pour son cerveau.
Rien de personnel, mec, mais tu sors d’où?
Ma théorie : on veut concurrencer Radio-Classique qui fait dans le classique bonbon.
Bordel...
Dites-moi que je me trompe, qu’elle est en vacances et qu’il y a de l’espoir.
Pitié.
Rappelons-nous : c’est nous qui payons pour Radio-Canada. Quelle est la mission d’une radio d’état? Éduquer, informer, divertir ou divertir, divertir, divertir?
ARGH! Au moment où j’écris ces mots, je l’entends et ça confirme tout :
«Nous allons écouter l’après-midi d’un faune... heu... le prélude à cet après-midi.»
On sent tellement que les noms des oeuvres et des interprètes sont dans sa bouche pour la première fois.
Et le répertoire. J’n’ai rien contre les «greatest hits», mais j’aimais bien faire des découvertes avec Carole. Là, je viens de me taper, dans l’ordre :
Mio Bambino Caro de Puccini
Concerto pour violoncelle en ré de Haydn
Des extraits de La belle meunière de Schubert
Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy
Un extrait des quatre saisons de Vivaldi
Un extrait du concerto pour violon d'Elgar
Pavane pour une infante défunte de Ravel
Tout ça dans des versions correctes, mais pas de surprise et surtout, pas de relève, pas de découverte. Rien que du vieux.
J'admets que le concerto d'Elgar n'est pas un "méga-hit", mais on est loin du répertoire recherché que nous offrait Carole Trahan.
C’est questionnant.
...
03 juillet 2009
iTunes Store 101
Salut,
Vous connaissez sûrement le iTunes Store... C’est la boutique multimédia du logiciel gratuit iTunes. C’est quand même malin : on vous donne un logiciel et vous vous retrouvez avec une succursale sur votre ordinateur. Yep... Le iTunes Store! C’est pas beau, ça?
Personnellement, je l’utilise. Ben quoi... J’suis plus au centre-ville alors, HMV et Archambault, c’n’est pas à la porte et oui, même si Beethoven et ses copains sont morts, ce n’est pas une raison pour télécharger illégalement leurs trucs. Un interprète, ça doit bouffer et si un jour il n’y a plus d’interprète, il n y aura pas que les compositeurs qui seront morts; la musique aussi mourra.
Ben non. Je ne parle pas d’Elvis et des Beatles, là. On s’en balance qu’on les écoute ou pas dans 200 ans. Vous n’êtes pas sur le bon blogue pour ça. Je parle de la musique qu’on écoutera assurément encore dans quelques centaines d’années si on ne fait pas trop les cons. On n’est quand même pas venu ici pour spéculer.
Mais ça m’arrive de mettre les pieds chez le disquaire et j’adore. J’suis quand même sage. Hier, j’allais acheter une partition chez Archambault (pour la job, j’en reparle bientôt) et j’ai vu ce disque :

Man! C’est Queyras qui joue le Dvorák. Sur Amazon.ca on peut l’avoir pour 26.99. Vous achetez le CD, donc vous pouvez le mettre dans votre ordinateur en plus d’avoir la copie physique et un livret qui contient plein d’information sur l’oeuvre et l’interprète. Mais c’est 26.99 et je ne suis par sûr que les frais de transport sont inclus.
Sur iTunes Store, c’est 9.99. Mais n’essayez pas de savoir sur quel violoncelle il joue; y a pas de livret! Par contre, les fichiers ne sont plus protégés comme à l’époque, alors vous pouvez en faire ce que vous voulez et autant de fois que vous voulez, alors qu’avant, on ne pouvait même pas les convertir et encore moins les importer dans un logiciel pour s’amuser un peu comme je l’avais fait ici.
Mais, chez Archambault, j’ai acheté le CD en spécial : 7.99! Ça, c’est un bon deal! Donc, je regarde... et voilà... je ne sais toujours pas sur quel violoncelle ce cher Jean-Guihen joue, mais j’ai appris que Pablo Casals a envoyé promener un chef qui n’aimait pas le concerto et qu’il écopa d’un procès. Fascinant, n’est-ce pas?
Pendant que vous écoutez cette merveille, je vous montre comment je fais pour «craquer» un fichier audio AAC protégé en n’utilisant que des logiciels fournis avec votre Mac. Evil, hein?
Jean-Guihen Queyras, violoncelle
Prague Philharmonia, Jirí Belohlávek
Concerto pour violoncelle d’Antonin Dvorák
Premier mouvement
Donc, vous avez un fichier audio AAC protégé et voulez le convertir en MP3 pour pouvoir le mettre sur votre blogue ou tout simplement dans votre baladeur qui n’est pas un iPod.
Ouvrez iMovie et créez un nouveau projet. En guise de film, utilisez n’importe quelle photo. Pour ce faire, en bas à droite, choisissez «Multimédia» et accédez à vos photos. Ensuite, allez faire un p’tit tour de la bibliothèque audio. Y a un sous-menu «achat» (vous n’êtes quand même pas un voleur...). Sur l’icône iTunes, vous pouvez d'ailleurs reconnaitre les fichiers protégés par leur petit cadenas. Prenez-en un et glissez-le sous la photo dans votre barre de montage. L’importation peut prendre quelques minutes, car c’est à ce moment que la conversion s’effectue.
Ensuite, vous allez dans la barre de menu «partage et choisissez «QuickTime». Partagez en choisissant un emplacement. Vous pouvez fermer iMovie et vous débarrassez du volumineux projet.
Vous vous retrouvez avec un fichier .mov. Ouvrez-le avec QuickTime. Menu fichier, choisissez exporter avec le réglage «son vers AIFF» ou «son vers Wave» ou n’importe quel autre format audio avec lequel vous êtes à l’aise.
Pour l’utiliser comme MP3, ouvrez le fichier AIFF dans iTunes et convertissez-le en MP3 en faisant un «clic droit» dessus. Si vous ne voyez pas «convertir la sélection en MP3» en faisant un «clic droit» allez dans les préférences d’iTunes, dans la section «général» et accédez aux réglages d’importation.
Voilà... Fallait seulement y penser. Maintenant, vous pouvez vous amuser avec les fichiers que vous avez achetés.
Si vous volez la musique, je vous aime quand même. C’est juste un peu poche pour les gens qui ont bossé tellement d’heures sur leur instrument pour qu’on puisse se taper les chefs-d’oeuvre du passé...
À bientôt. Il faut qu’on parle un peu de la survie de la musique classique... Ça ne va pas du tout!
Ciao.
...
Vous connaissez sûrement le iTunes Store... C’est la boutique multimédia du logiciel gratuit iTunes. C’est quand même malin : on vous donne un logiciel et vous vous retrouvez avec une succursale sur votre ordinateur. Yep... Le iTunes Store! C’est pas beau, ça?
Personnellement, je l’utilise. Ben quoi... J’suis plus au centre-ville alors, HMV et Archambault, c’n’est pas à la porte et oui, même si Beethoven et ses copains sont morts, ce n’est pas une raison pour télécharger illégalement leurs trucs. Un interprète, ça doit bouffer et si un jour il n’y a plus d’interprète, il n y aura pas que les compositeurs qui seront morts; la musique aussi mourra.
Ben non. Je ne parle pas d’Elvis et des Beatles, là. On s’en balance qu’on les écoute ou pas dans 200 ans. Vous n’êtes pas sur le bon blogue pour ça. Je parle de la musique qu’on écoutera assurément encore dans quelques centaines d’années si on ne fait pas trop les cons. On n’est quand même pas venu ici pour spéculer.
Mais ça m’arrive de mettre les pieds chez le disquaire et j’adore. J’suis quand même sage. Hier, j’allais acheter une partition chez Archambault (pour la job, j’en reparle bientôt) et j’ai vu ce disque :

Man! C’est Queyras qui joue le Dvorák. Sur Amazon.ca on peut l’avoir pour 26.99. Vous achetez le CD, donc vous pouvez le mettre dans votre ordinateur en plus d’avoir la copie physique et un livret qui contient plein d’information sur l’oeuvre et l’interprète. Mais c’est 26.99 et je ne suis par sûr que les frais de transport sont inclus.
Sur iTunes Store, c’est 9.99. Mais n’essayez pas de savoir sur quel violoncelle il joue; y a pas de livret! Par contre, les fichiers ne sont plus protégés comme à l’époque, alors vous pouvez en faire ce que vous voulez et autant de fois que vous voulez, alors qu’avant, on ne pouvait même pas les convertir et encore moins les importer dans un logiciel pour s’amuser un peu comme je l’avais fait ici.
Mais, chez Archambault, j’ai acheté le CD en spécial : 7.99! Ça, c’est un bon deal! Donc, je regarde... et voilà... je ne sais toujours pas sur quel violoncelle ce cher Jean-Guihen joue, mais j’ai appris que Pablo Casals a envoyé promener un chef qui n’aimait pas le concerto et qu’il écopa d’un procès. Fascinant, n’est-ce pas?
Pendant que vous écoutez cette merveille, je vous montre comment je fais pour «craquer» un fichier audio AAC protégé en n’utilisant que des logiciels fournis avec votre Mac. Evil, hein?
Jean-Guihen Queyras, violoncelle
Prague Philharmonia, Jirí Belohlávek
Concerto pour violoncelle d’Antonin Dvorák
Premier mouvement
Donc, vous avez un fichier audio AAC protégé et voulez le convertir en MP3 pour pouvoir le mettre sur votre blogue ou tout simplement dans votre baladeur qui n’est pas un iPod.
Ouvrez iMovie et créez un nouveau projet. En guise de film, utilisez n’importe quelle photo. Pour ce faire, en bas à droite, choisissez «Multimédia» et accédez à vos photos. Ensuite, allez faire un p’tit tour de la bibliothèque audio. Y a un sous-menu «achat» (vous n’êtes quand même pas un voleur...). Sur l’icône iTunes, vous pouvez d'ailleurs reconnaitre les fichiers protégés par leur petit cadenas. Prenez-en un et glissez-le sous la photo dans votre barre de montage. L’importation peut prendre quelques minutes, car c’est à ce moment que la conversion s’effectue.
Ensuite, vous allez dans la barre de menu «partage et choisissez «QuickTime». Partagez en choisissant un emplacement. Vous pouvez fermer iMovie et vous débarrassez du volumineux projet.
Vous vous retrouvez avec un fichier .mov. Ouvrez-le avec QuickTime. Menu fichier, choisissez exporter avec le réglage «son vers AIFF» ou «son vers Wave» ou n’importe quel autre format audio avec lequel vous êtes à l’aise.
Pour l’utiliser comme MP3, ouvrez le fichier AIFF dans iTunes et convertissez-le en MP3 en faisant un «clic droit» dessus. Si vous ne voyez pas «convertir la sélection en MP3» en faisant un «clic droit» allez dans les préférences d’iTunes, dans la section «général» et accédez aux réglages d’importation.
Voilà... Fallait seulement y penser. Maintenant, vous pouvez vous amuser avec les fichiers que vous avez achetés.
Si vous volez la musique, je vous aime quand même. C’est juste un peu poche pour les gens qui ont bossé tellement d’heures sur leur instrument pour qu’on puisse se taper les chefs-d’oeuvre du passé...
À bientôt. Il faut qu’on parle un peu de la survie de la musique classique... Ça ne va pas du tout!
Ciao.
...
24 juin 2009
C'est le temps des affichages de postes...
C’est une fois encore cette merveilleuse saison de l’année où les enseignants au statut précaire auront la joie de se ronger les ongles jusqu’à ce qu’on les confonde avec la Vénus de Milo.
Eh bien, devinez quoi: cette année, je ne serai pas de la partie. Comme nous sommes en baisse de clientèle à l’école où j’enseigne depuis maintenant 10 ans, la tâche en musique ne représentera que 40% l’an prochain. Donc, pas besoin de l’envoyer à l’affichage. N’est-ce pas merveilleux? De toute façon, je ne crois pas que quelqu’un avec plus d’ancienneté que moi l’aurait choisi...
Par contre, ce n’est pas tout le monde qui se retrouve dans ma situation. Je vous souhaite donc bonne chance, vous, collègues précaires et surtout à ma partenaire de resto indien qui aimerait bien revenir. Ça m’a quand même pris 10 ans pour trouver quelqu’un capable de m’endurer le temps d’un repas plus d’une fois par mois. Faut dire que quand tu passes tes journées dans une classe de maternelle, t’es équipée pour faire face à la musique...
Donc, bonne chance à tout le monde, mais surtout à toi, même si t’es une colonialiste finie qui veut montrer aux profs sénégalais que c’est pas gentil de battre les p’tits enfants alors que t’as même pas essayé.

Pfff... Ça enseigne au préscolaire et ça croit tout savoir.
...
Eh bien, devinez quoi: cette année, je ne serai pas de la partie. Comme nous sommes en baisse de clientèle à l’école où j’enseigne depuis maintenant 10 ans, la tâche en musique ne représentera que 40% l’an prochain. Donc, pas besoin de l’envoyer à l’affichage. N’est-ce pas merveilleux? De toute façon, je ne crois pas que quelqu’un avec plus d’ancienneté que moi l’aurait choisi...
Par contre, ce n’est pas tout le monde qui se retrouve dans ma situation. Je vous souhaite donc bonne chance, vous, collègues précaires et surtout à ma partenaire de resto indien qui aimerait bien revenir. Ça m’a quand même pris 10 ans pour trouver quelqu’un capable de m’endurer le temps d’un repas plus d’une fois par mois. Faut dire que quand tu passes tes journées dans une classe de maternelle, t’es équipée pour faire face à la musique...
Donc, bonne chance à tout le monde, mais surtout à toi, même si t’es une colonialiste finie qui veut montrer aux profs sénégalais que c’est pas gentil de battre les p’tits enfants alors que t’as même pas essayé.

Pfff... Ça enseigne au préscolaire et ça croit tout savoir.
...
19 juin 2009
Vengeance berbère?
J’adore notre prof d’anglais et en plus d’être charmante, elle est Berbère. Aujourd’hui, c’était son spectacle d’anglais et les petits en TC ont joué le conte des trois p’tits cochons.
Le deuxième petit cochon était interprété par un Algérien arabe.
Assez concept, hein?
Vengeance! Vengeance!
Sans blague, elle n'y avait pas pensé. Qui aurait été assez tordu pour faire ça volontairement? Hum... Laissez-moi penser...
...
Le deuxième petit cochon était interprété par un Algérien arabe.
Assez concept, hein?
Vengeance! Vengeance!
Sans blague, elle n'y avait pas pensé. Qui aurait été assez tordu pour faire ça volontairement? Hum... Laissez-moi penser...
...
17 juin 2009
Avec titres
Parfois, que ce soit en littérature, en théâtre ou même en musique, le titre est plus connu que l’oeuvre. Je pense seulement à L’écume des jours de Boris Vian ou même au célébrissime Les trois mousquetaires de Dumas. On entend toujours le même commentaire : «je dois l’avoir lu...». Pour le Dumas, je peux comprendre. Le cinéma a tellement abusé de la chose même si aucun film à ma connaissance ne met en scène les valets des mousquetaires. Pourtant... Faut l’avoir lu, hein?
Par contre, pour L’écume des jours, tu l’as lu ou tu ne l’as pas lu ou tu es un gros cave. Tu ne peux pas penser l’avoir lu, à moins d’appartenir à la troisième catégorie : celle des gros caves.
Au fait, je serais même tenté de dire : tu l'as lu, ou tu es un gros cave ou tu es un gros cave, mais ça ne serait pas gentil.
En théâtre, deux exemples : Phèdre de Racine et En attendant Godot de Samuel Beckett. Personnellement, je ne les ai pas vus, mais je les ai lus. Le premier, c’n’est pas vraiment mon truc (même s’il faut l’admettre : ça sonne!), mais le Beckett, je veux le voir avant de mourir (une bonne version, s’il vous plaît).
Même histoire. Y a plein de gens qui pensent que Phèdre, c’est un type et que Godot, c’est un réalisateur franco-suisse... Héhé... Phèdre et son gode...
Bon, on se calme.
En musique, ça arrive pas mal aussi. La symphonie inachevée de Schubert, la symphonie héroïque de Beethoven, la pathétique de TchaÏkovsky ou même la fantastique de Berlioz. Dans le fond, les symphonies qui ont un nom finissent par être plus connues parce que y a toujours un petit malin qui va nommer son dernier roman ou son film d’après ladite symphonie. Mais nous, on ne sait pas plus comment ça sonne?
Il en va de même pour les 12 études d’exécution transcendante de Franz Liszt. Ça se place bien dans une soirée mondaine : «blablabla ... les 12 études d’exécution transcendante de Liszt et blablablabla...» ou encore « y avait un p’tit gars de 11 ans cet été à Orford qui jouait les 12 études d’exécution transcendante de Liszt».
Non, mais sérieusement, on n’en a rien à cirer de tout ça... Même si j'aime bien quand les gens disent "transcendantale". Que voulez-vous, je suis chiant et méchant. Le peu de culture que j'ai, je l'étends et je le savoure.
Voici donc, pour vous chers amis, le portrait de Liszt que je préfère et sa toune qui a le nom le plus con. C'est la douzième de ces foutues études d’exécution machin et c'est intitulé Chasse neige.
Chasse neige.
Ben quoi... Chasse neige. Pourquoi pas? J’vous avoue que je ne connais pas la démarche de Liszt, mais on prétend que Debussy, pour ses préludes, composait d’abord et donnait ensuite le titre selon ses impressions.
Héhé... J’imagine Franz devant son piano après une fougueuse improvisation : «Ouain... Faut se rendre à l’évidence, ça sonnait comme un chasse-neige. Pas le choix...»
La gratte a passé.
Chasse neige, Franz Liszt (c’est Claudio Arrau qui joue)
Le portrait
Quel nez sexy!!!
...
Par contre, pour L’écume des jours, tu l’as lu ou tu ne l’as pas lu ou tu es un gros cave. Tu ne peux pas penser l’avoir lu, à moins d’appartenir à la troisième catégorie : celle des gros caves.
Au fait, je serais même tenté de dire : tu l'as lu, ou tu es un gros cave ou tu es un gros cave, mais ça ne serait pas gentil.
En théâtre, deux exemples : Phèdre de Racine et En attendant Godot de Samuel Beckett. Personnellement, je ne les ai pas vus, mais je les ai lus. Le premier, c’n’est pas vraiment mon truc (même s’il faut l’admettre : ça sonne!), mais le Beckett, je veux le voir avant de mourir (une bonne version, s’il vous plaît).
Même histoire. Y a plein de gens qui pensent que Phèdre, c’est un type et que Godot, c’est un réalisateur franco-suisse... Héhé... Phèdre et son gode...
Bon, on se calme.
En musique, ça arrive pas mal aussi. La symphonie inachevée de Schubert, la symphonie héroïque de Beethoven, la pathétique de TchaÏkovsky ou même la fantastique de Berlioz. Dans le fond, les symphonies qui ont un nom finissent par être plus connues parce que y a toujours un petit malin qui va nommer son dernier roman ou son film d’après ladite symphonie. Mais nous, on ne sait pas plus comment ça sonne?
Il en va de même pour les 12 études d’exécution transcendante de Franz Liszt. Ça se place bien dans une soirée mondaine : «blablabla ... les 12 études d’exécution transcendante de Liszt et blablablabla...» ou encore « y avait un p’tit gars de 11 ans cet été à Orford qui jouait les 12 études d’exécution transcendante de Liszt».
Non, mais sérieusement, on n’en a rien à cirer de tout ça... Même si j'aime bien quand les gens disent "transcendantale". Que voulez-vous, je suis chiant et méchant. Le peu de culture que j'ai, je l'étends et je le savoure.
Voici donc, pour vous chers amis, le portrait de Liszt que je préfère et sa toune qui a le nom le plus con. C'est la douzième de ces foutues études d’exécution machin et c'est intitulé Chasse neige.
Chasse neige.
Ben quoi... Chasse neige. Pourquoi pas? J’vous avoue que je ne connais pas la démarche de Liszt, mais on prétend que Debussy, pour ses préludes, composait d’abord et donnait ensuite le titre selon ses impressions.
Héhé... J’imagine Franz devant son piano après une fougueuse improvisation : «Ouain... Faut se rendre à l’évidence, ça sonnait comme un chasse-neige. Pas le choix...»
La gratte a passé.
Chasse neige, Franz Liszt (c’est Claudio Arrau qui joue)
Le portrait
Quel nez sexy!!!...
15 juin 2009
Être ou ne pas être?
Nathalie est une élève mégalomane en deuxième année du premier cycle du primaire.
Nathalie : J’en ai déjà joué du djembé! Mon oncle en a un chez lui et il me le prête quand j’y vais, mais il habite très loin -- à Calgary je crois -- et je n’y vais pas souvent alors j’ai très envie d’en jouer, car je n’en joue pas souvent même si je suis bonne. C’est pour ça que sûrement ma mère va m’en acheter un et que...
PMT : Nathalie...
Nathalie : C’est vrai, je vais en avoir un et même que je vais peut-être aller vivre à Calgary, mais je ne sais pas si nous allons pouvoir garder mon chat, car le voyage est très long et qu’il faudra prendre l’avion à moins qu’on prenne le train. Moi, j’ai déjà pris l’avion et j’ai bien aimé, mais la nourriture était bizarre dans les petits plateaux...
PMT : Nathalie!
Nathalie : Oui?
PMT : Toute la classe attend pour jouer...
Nathalie : Mais c’est vrai que j’ai déjà pris l’avion! Tu n’as qu’à demander à ma mère. De toute façon, pour aller à Calgary, il faut prendre l’avion. Je le sais parce que j’y suis déjà allée...
PMT (qui commence à pogner les nerfs) : NA-THA-LIE!
Nathalie : Hein, quoi?
PMT (exaspéré) : Tais-toi...
Nathalie : Oui, ma mère aussi me le dit toujours.
PMT : Tais-toi!
Nathalie : Je sais, elle me dit qu’il n’y a que moi comme ça.
PMT : NA-THA-LIE! TAIS-TOI!
Nathalie : Je sais que je suis moi. Ma mère me l’a dit souvent : «t’es toi et y a personne d’autre comme toi».
PMT (le gun sur la tempe): T’es toi?
Nathalie : Oui.
Quelqu’un a une camisole de force?
N’ayez crainte, c’est pour usage personnel.
Arnold Schönberg
Pierrot Lunaire, Op. 21 - 3. Der Dandy
...
...
Nathalie : J’en ai déjà joué du djembé! Mon oncle en a un chez lui et il me le prête quand j’y vais, mais il habite très loin -- à Calgary je crois -- et je n’y vais pas souvent alors j’ai très envie d’en jouer, car je n’en joue pas souvent même si je suis bonne. C’est pour ça que sûrement ma mère va m’en acheter un et que...
PMT : Nathalie...
Nathalie : C’est vrai, je vais en avoir un et même que je vais peut-être aller vivre à Calgary, mais je ne sais pas si nous allons pouvoir garder mon chat, car le voyage est très long et qu’il faudra prendre l’avion à moins qu’on prenne le train. Moi, j’ai déjà pris l’avion et j’ai bien aimé, mais la nourriture était bizarre dans les petits plateaux...
PMT : Nathalie!
Nathalie : Oui?
PMT : Toute la classe attend pour jouer...
Nathalie : Mais c’est vrai que j’ai déjà pris l’avion! Tu n’as qu’à demander à ma mère. De toute façon, pour aller à Calgary, il faut prendre l’avion. Je le sais parce que j’y suis déjà allée...
PMT (qui commence à pogner les nerfs) : NA-THA-LIE!
Nathalie : Hein, quoi?
PMT (exaspéré) : Tais-toi...
Nathalie : Oui, ma mère aussi me le dit toujours.
PMT : Tais-toi!
Nathalie : Je sais, elle me dit qu’il n’y a que moi comme ça.
PMT : NA-THA-LIE! TAIS-TOI!
Nathalie : Je sais que je suis moi. Ma mère me l’a dit souvent : «t’es toi et y a personne d’autre comme toi».
PMT (le gun sur la tempe): T’es toi?
Nathalie : Oui.
Quelqu’un a une camisole de force?
N’ayez crainte, c’est pour usage personnel.
Arnold Schönberg
Pierrot Lunaire, Op. 21 - 3. Der Dandy
...
...
13 juin 2009
Crise d'artiste
Je voudrais dédier cette crise à l'EnSaignant qui est trop occupé pour assister à mes crises en direct.
Avant même de vous raconter cette charmante anecdote, j’aimerais toutefois mettre une chose au clair : je ne suis pas un artiste. J’suis juste un gars qui aime beaucoup la musique.
Bon, j’ai un verre de scotch, on peut donc commencer. En passant, j’suis sur le Dalmore 12 ans ces jours-ci. Super bon rapport qualité-prix! Environ 50 balles quand on sait qu’un Macallan 12 ans -- miam!-- tire dans les 80). Comme je ne fume pas le cigare, j’accompagne ça d’une Sleeman Silver Creek, une petite lager tout ce qu’il y a de plus moumoune (c’est branché d’avoir un ami gai).
Ah oui... les trucs de prof de musique... C’est quoi déjà le titre? OK. Crise d’artiste.
Y a quelques semaines, pour montrer que j’étais plein de bonne volonté et que j’étais ouvert à faire d’autres projets que celui dont tout le monde parle et qui est si merveilleux, j’ai accepté d’accompagner quelques classes dans un spectacle d’anglais. Personnellement, j’suis un motivé de nature. Le show n’a pas besoin d’être gros et les Kodaks, j’n’en ai rien à cirer. Donc, je choisis des tounes avec les élèves (on en parle dans un billet précédent) et on se dit que ça va être ça.
Jusque-là, tout baigne.
Mais y a la classe de quatrième année. Ils sont quelque comme chose comme 28 dans le groupe avec un élève de TC qui est intégré. Sur papier, je pense que ça donne un truc du genre 32 élèves. Bof... Ils étaient encore plus nombreux l’an dernier en troisième année. Ils ont commencé l’année à trente têtes. Sur papier, ça devait faire pas mal... et ils l’ont fini peut-être à 28.
Donc, c’est cette gang qui en principe chante «Imagine» de Lennon. Au début, ça allait. J’m’assois au piano (pfff... c’est juste un clavier) et on la chante. On place quelques trucs et on recommence.
Le cours suivant, on se rend à l’évidence. C’est plate! Alors, je prends la guitare et on essaie des trucs : funk, bossa, blues... C’est toujours plate. Pour déconner, je joue I’m yours de Jason Mraz et y a un élève qui me demande pour faire ça. Et voilà! On va faire Imagine en reggae. Ça fonctionne assez bien, mais c’est plus de travail, car très différent de la version de ce cher John.
Comme j’n’ai pas de temps et qu’ils manquent des cours à cause de sorties, il n’y a qu’une solution : je leur fais un CD pour qu’ils puissent pratiquer en classe. Mais dans ce groupe, y a des enfants qui sont assez ordinaires selon moi, qui n’ont pas de voix, pas de talent et une attitude assez critique face à tout ce qui ne passe pas à Musique Plus. J’ravale donc mon orgueil et un soir, après le bain des p’tits, j’ramasse un vieille classique qui ne vaut même pas 50 balles, j’me parque à côté du frigo dans le sous-sol et leur fait la toune pour qu’ils aient leur putain de CD pour pratiquer. Pfff... J’enregistre ça directement sur le macbook avec le micro intégré. J’n’ai rien à la maison pour faire ça et à l’école, j’n’ai pas le temps.
Le lendemain, j’accroche leur prof et lui refile le CD. Je sais très bien qu’ils vont se foutre de ma gueule, mais je préfère qu’ils se moquent un peu de moi plutôt que ce soit eux qui soient ridicules au moment du spectacle. C’est dans ma définition de tâche... je crois.
Dans les jours qui suivent, je n’ai pas le temps de les visiter, car si je n’enseigne pas, je bosse sur le projet de slam avec les cinquièmes. C’est plus de travail que prévu. Comme les premiers élèves avec qui j’ai bossé on tripé solide, les autres qui n’en avaient rien à faire ont décidé de faire le projet eux aussi. Quand un élève en difficulté veut faire quelque chose de concret à partir d’un texte qu’il a écrit de peine et de misère avec l’ortho, tu lui déroules le tapis rouge. Même si ce n’est pas dans la définition de tâche, j’n’ai pas le goût de vivre entouré de débiles profonds plus tard, alors j’essaie de faire ma part.
C’est que les mercredi et vendredi après-midi, je ne suis pas payé. Le projet me payait les vendredis, mais le projet, il est comme genre terminé, tsé? Alors, j’suis là à courir d’un côté et de l’autre bénévolement, sans compter le mixage de tout ça le soir à la maison. J’ai même enregistré un duo de guitare classique avec une élève à travers ça. Si vous êtes sages, je vous le fais entendre (mais pour imagine en reggae, ça prend du scotch!).
Êtes-vous encore là? La crise d’artiste arrive...
Vendredi après-midi, les élèves de cinquième sont à la bibliothèque du quartier. Donc, pas d’enregistrement pour le projet de slam. Il ne me reste qu’à faire pratiquer les classes pour le show d’anglais. Le seul groupe de disponible, c’est la quatrième année et c’est eux qui en ont le plus besoin. La prof les a fait un peu répéter avec le disque. Pfff. Au début, ils n’ont même pas allumé que c’est moi qui chantais (donc, ils n’ont pas bitché).
J’me pointe donc dans leur classe la guitare au cou, comme je leur avais dit : «quand j’aurai le temps, je passe dans votre classe et on le fait une fois, juste comme ça et ensuite, salut-bye, je disparais ». Je ne m’attends pas à une ovation quand j’entre dans une classe, mais l’espèce de soupir auquel j’ai eu droit m’a vraiment ramassé. Quand je suis payé, j’me dis qu’ils sont mal élevés, donc non coupables. Mais là, comme bénévole, je leur ai balancé un : «si c’est comme ça, j’vous dérangerai pas plus» et j’ai tourné les talons en lançant ; « je ne vous dérangerai même pas la journée du spectacle. Arrangez-vous avec vos troubles».
Huh? Vous êtes déçus? Ben voyons... C’n’est pas ça une crise d’artiste.
Je descends au rez-de-chaussé, traverse l’école, monte les trois étages, entre dans mon local et m’exclame : bordel!
Pfff... C’est même pas vrai. j’ai surement dit la messe au complet. Bordel, c’est dans la version softcore. Dans la vraie version, c’est pas mal plus trash (mais j’suis tellement plus viril...)
J’suis allez au clavier et j’ai vargé des arpèges de septièmes diminuées avec la pédale dans le fond du dash et je suis retourné dans leur classe.
J’descends les trois étages, je traverse l’école, je monte dans leur aile et entre sans frapper, sans même jeter un regard aux élèves
PMT (au prof) : J’peux avoir le CD s'il te plaît?
Elle me regarde perplexe, mais me remet tout de même le CD.
PMT (à la classe) : Vous savez, les profs, ça fait partie de notre job de vous laisser des chances, de vous pardonner, d’être patients et compréhensifs. Mais là, j’suis ici comme bénévole et ça ne me tente pas de me faire niaiser. Vous avez compris. Cet après-midi, ça ne me donne pas une cenne de courir à gauche pis à droite pour vous autres. Ah, vous ne saviez pas? La switch de politesse était à off? J’aurais pu vous le dire? Ce que je fais, je le fais parce que ça me fait plaisir et que ça fait plaisir aux autres. Comme ça n’a pas l’air de vous faire plaisir, on ne le fera pas. C’n’est pas plus compliqué que ça. Au fait, c’est même encore plus simple, car de toute façon, je ne serai pas plus payé l’après-midi du spectacle.
La classe : ...
PMT : Y en a surement qui se disent que je vais changer d’idée, que je vais vous donner une chance, que je ne suis pas dans mon assiette... Vous me connaissez bien. Le problème, c’est que moi aussi je me connais bien.
Here it comes, baby... «ze» crise d’artiste!
Je prends le cd, le regarde, les regarde et je l’écrapoutille en p’tits morceaux. Pleins de p’tits morceaux qui brillent.
Y a un de ces silences dans la classe. La prof me regarde comme si j’étais un extra-terrestre. J’savais pas moi qu’elle était raëlienne...
Je ramasse soigneusement tous les petits fragments en ayant une brève pensée pour les bons élèves de cette classe qui méritent mieux. Vous savez; ceux qui sont bien élevés. J’en compte environ cinq ou six et j’me dis que ce sera facile de faire un truc pour eux un de ces quatre. C’est comme si c’était déjà fait.
PMT : Oups... J’pense qu’on ne fera pas le spectacle.
Et je me pousse.
Était-ce professionnel comme intervention? Pfff... Quand on nous traitera comme des professionnels et qu’on nous paiera comme des professionnels, on pourra en débattre. En attendant, à long terme, ça devrait être payant. À court terme, j’n’étais même pas sur la slip de paye de l’école.
...
Inscription à :
Articles (Atom)