28 août 2010

C'est quoi donc... tsé l'opéra là?

La plupart d’entre vous connaissent déjà cette oeuvre et une fois de plus se demanderont ce qui les ramène toujours ici. Un jour, on pourrait se rassembler tous les quatre devant une bière et en discuter.

***

Parfois, quand on jase d’opéra, quelqu’un s’insère dans la conversation et affirme : «Moi, mon opéra préféré, c’est Carmina Burana».

Silence.

C’est toujours un peu troublant et habituellement, par politesse, on détourne le sujet.

Mais, y a toujours un sale con, habituellement votre serviteur, pour rappeler que Carmina Burana, ce n’est pas un opéra. Malheureusement, un sale con en attire un autre: «Oui, c’est un opéra! Je l’ai vu».

Eille... On n’en a rien a ciré que Disney On Ice monte Carmina Burana pour l’Halloween, ce n’est pas un opéra.

Pourquoi?

Parce que ce n’est pas une histoire avec des personnages. Pour que ce soit un opéra, il faudrait par exemple un ténor qui voudrait s’envoyer une soprano et une basse qui n’approuverait pas. Sortez vos visons vénérables vieillards, ça c’est de l’opéra, du vrai. On s’en balance que ça puisse être mis en scène. C’est un détail futile.

C’est quoi alors Carmina Burana? Certains diront que c’est une cantate profane et pourquoi pas? C’est chanté, ce n’est pas un truc d’église et il y a plusieurs mouvements. Cantate profane!

Le bout le plus connu, c’est le premier et dernier mouvement, ce bon vieux O Fortuna.







Pus capable... Mais pour la cause, je vais continuer. Vous n’êtes vraiment pas obligé de l’écouter.

Voici ce que ça donne en français, l’original étant latin. Les traductions diffèrent les unes des autres, mais ça nous donne une assez bonne idée.

O Fortune
Comme la lune
Attitude variable
Toujours tu croîs
Ou tu décrois.
La vie détestable
Tantôt néglige
Et tantôt ménage
Par jeu notre esprit
La pauvreté
Et le pouvoir
Fondent comme la glace

Sort monstrueux
Et vide,
Toi la roue tourbillonnante,
Attitude maléfique,
Salut vain,
Toujours dissout,
Ombrée
Et voilée
Tu m'éclaires aussi.
Maintenant par jeu
Mon dos nu
Je l'offre à tes intentions criminelles

Le salut
Et le courage
Me sont maintenant contraires
Ils sont faits
Et défaits
Toujours dans l'esclavage.
A cette heure,
Sans retard
Touchez les battements du coeur;
Puisque le sort
Abat le fort
Avec moi, vous tous, pleurez!

Comme vous voyez, le fric, ce n’est pas bon pour vous. Faites d’une pierre deux coups en me maudissant tout en sauvant votre âme : donnez généreusement à la fondation Prof Malgré Tout.

J’déconne. Ç’est en fait une mise en garde contre le jeu pathologique. Étrangement, l’ordre des infirmière l’a utilisé dans une pub jadis. Le groupe d’humoriste RBO s’était d’ailleurs empressé d’en faire une parodie. Loto-Québec pourait récupérer l’idée, mais qui comprendra?

Nous.

Même si on n’est que quatre... Cinq?

Comme je vous aime bien, voici un autre extrait. Oui, le cygne rôti qui chante dans la poêle.


Jadis j'habitais le lac (Olim lacus coluearum)







Le Cygne rôti chante
Jadis j'habitais le lac
Jadis j'avais fière allure,
quand j'étais cygne.
Hélas! Hélas! maintenant noir
et solidement rôti je me fais !

Il tourne et tourne, le tourne broche;
à belles flammes , flambe mon bûcher:
maintenant s'approche le marmiton.

Hélas! Hélas! ...

Maintenant je gis sur le plat.
Je ne peux plus m'envoler,
je vois des dents grinçantes.

Hélas! Hélas !!!..



En passant, le compositeur, c'est Carl Orff, un nazi. Héhéhé...

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26 août 2010

Ménage

Aujourd'hui, dans la salle des profs, comme j'n'avais pas d'élève, j'ai lavé les deux fours micro-ondes, j’ai fait la vaisselle qui traînait et j'ai donné un traitement-choc à l’évier et aux comptoirs. Je me suis aussi tapé la distributrice de savon, les murs autour, les poignées des armoires et l'ancestral grille-pain.

Malheureusement, même si c’était vraiment dégueulasse et que je ne mange presque jamais dans la salle des profs, pas plus que je n’utilise les fours micro-onde, je ne l’ai pas fait pour rendre service.

Nope.

Je l’ai fait juste pour me faire pardonner d’être un sale con, une grande gueule et surtout, un être prétentieux.

Ah... Comme c’est bon de pouvoir enfin être soi-même.






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De l'anormalité à la normalité

Aujourd’hui, j’ai revu Mélodie, une ancienne élève de l’école. C’était plutôt sympathique comme retrouvailles... malgré le fait qu’elle venait pour la rentrée de sa fille. Étant donné le quartier, même si c’est une première pour moi, ce n’est pas si anormal que ça.

Ça fait à peine dix ans que je sévis dans cette école et j’suis déjà le doyen des enseignants. Disons que par moment, la «game» est raide, alors après quelques années, les gens ont l’impression qu’ils ont assez donné et c’est normal.

Ma première suppléance à vie, je l’ai fait dans cette école. Mélodie était dans le premier groupe du matin. Un mercredi, une classe combinée 5/6 qui ne faisait pas le «projet» et qui croyait que j’étais là parce qu’ils ne faisaient pas le «projet». Même si j’n’avais aucune idée de ce qu’était le «projet», c’était un peu vrai et ils ont essayé de me le faire payé. Normal comme réaction.

Plus tard dans la journée, j’ai confisqué un couteau à un élève plus jeune. Comme nous sommes en milieu défavorisé et que c’était ma première journée, je croyais que c’était tout aussi normal. À la fin de la journée, j’suis donc allé voir le directeur pour lui laisser le couteau comme on laisse une carte de visite. Il m’a regardé d’un drôle d’air... comme s’il trouvait ça anormal que je trouve ça normal.

Drôle de type, mais excellent bassiste. Une semaine après, il m’appelait pour un contrat et on avait un band avec d’autres profs : The Noisy Teachers.

Les semaines ont passé et j’n’ai plus revu de couteau et Mélodie aimait bien venir jouer des bongos dans mon local pendant les récréations. C’était relax, car il y avait toujours plein de monde qui venait faire leur p’tit tour. À ce qu’elle prétendait, elle n’aimait pas tant que ça la musique, mais les autres étaient tellement cons. Bof... Quand on fume de la dope et qu’on est active sexuellement, c’est un peu normal de trouver que jouer à la «tag», ce soit con

Depuis, j’ai travaillé dans quelques écoles, mais curieusement, aujourd’hui en revoyant les élèves, j’ai compris pourquoi j’suis encore là. Quand dans un groupe, y a plein d’ethnies, plein de religions, plein de classes sociales, plein de problématique, j’arrête d’être anormal. Ça ne fonctionne pas dans le couloir ou dans la salle des profs. Ce n’est vrai qu’avec les enfants, quand la porte se referme sur le monde extérieur et qu’il n’y a que nous et la musique.

Il n’y a que ça de vrai.








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24 août 2010

Scary

Avez-vous remarqué la recrudescence des capteurs de rêves accrochés aux rétroviseurs des voitures?

C’est pour ceux qui dorment au volant?


N'importe quoi pour ne pas parler de la rentrée...





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23 août 2010

C'est quoi donc déjà l'affaire du matin?

L'affaire du matin?Ah ouais, l'affaire du matin...

Il y a deux extraits du répertoire qui sont très fortement associés au matin. Le premier est d’Edvard Grieg. Y a seulement deux choses importantes à retenir de ce compositeur : il est Norvégien et il est né un 15 juin, comme moi et le fils de Daniel Rondeau. Faut le faire quand même... Il avait aussi un léger air de famille avec Einstein, mais ça, vous n’en avez rien à cirer.



Son oeuvre la plus connue est incontestablement Peer Gynt. À l’origine, c’était une musique pour le théâtre, mais un peu plus tard, c’est devenu deux suites pour orchestre qui sont jouées en concert sans support scénique (ça se dit, ça?).

C’est qui au juste ce Peer Gynt? C’est un pauvre type et contrairement à la plupart de ses confrères personnages principaux d’oeuvres célèbres, c’est un salaud. Un genre de Don Giovanni, mais beaucoup moins raffiné et plus poilu. C’est effectivement un montagnard barbu et sale comme on les aime. J’vous raconterai peut-être un jour plus précisément de quoi il est coupable, mais pour l’instant, on va plutôt s’attarder sur le premier mouvement de la première suite : Au matin.







Vous connaissiez ça, hein? J'aime imaginer ce cher Peer démêlant sa barbe et ses aisselles au son de cette jolie musique. Le plus rigolo, c’est qu’y a plein de profs dans les universités et les cégeps qui font jouer ça en classe en expliquant que la musique de Grieg transpire la Norgège et tout le tralala, alors que dans l’original, c’est l’ouverture du quatrième acte qui se déroule au Maroc. C’est plutôt les dunes du Sahara que les fjords norvégiens que le compositeur essayait d’évoquer. Faut donc pas croire tout ce qu’on entend et ce qu’on lit, surtout ici.


L’autre incontournable matin musical, c’est celui de Bugs Bunny. Si ma mémoire est bonne, c’est ce qu’on entend habituellement lorsqu’il s’éveille. C’est du Rossini, encore. C’est tiré de l’ouverture de son dernier opéra, Guillaume Tell. Et oui, Diane a un illustre ancêtre Suisse!

À ce qu’il paraît, le livret original est en français, mais comme ça dure cinq heures, ce n’est jamais monté et on ne joue que l’ouverture. On la joue habituellement en italien.

En passant, j’ne connais même pas un air de cet opéra dont l’ouverture (surtout la quatrième partie) est sans doute l’une des oeuvres les plus jouées. Comme ça fait dans les 12 minutes, vous pouvez couper dans le gras un peu et ne garder que les deux dernières parties en avançant le lecteur à la sixième minutes.







Je sais... la dernière partie est très appropriée au ti-galop.


Bande de pervers! Ce n’est pas de ça que je parlais.








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22 août 2010

Moi, chialeux? Pfff...

Je l’aime. C’est simple, c’est clair, c’est direct.

Je parle du bulletin unique qui a été rejeté par madame la ministre.

Le voici, le voilà, directement du ministère.

En passant, est-ce vraiment elle qui a pris cette décision? Peu importe, on nage en pleine démagogie quand on se fait dire que c'est pour nous permettre de nous adapter, de nous former qu'on reporte l'arrivée du nouveau bulletin d'une année. Depuis quand fait-on ce genre de chose en fonction des enseignants? Pourquoi ne pas tout simplement avouer qu'ils ne sont tout simplement pas prêts à nous l'imposer, à nous l'enfoncer dans le fond de la gorge comme ils le font habituellement. C'est correct; on est habitué qu'ils ne soient pas prêts. On parle du même gouvernement qui nous a balancé la loi 142 en pleine gueule alors qu'on exerçait notre droit de grève dans un cadre légal et prévu par les conventions collectives et la loi... avant qu'il ne la change. Le dossier est d'ailleurs aux Nations Unis. Faut le faire...

Mais bon, on parle de ce bulletin? Je l'aime bien!

Y a trois trucs qui me plaisent particulièrement. Le premier, c’est le principe des trois étapes qui vaudront respectivement 20%, 20% et 60% pour finir. C’est un excellent compromis entre l’évaluation sommative (moyenne de tous les résultats obtenus) et l’évaluation formative (plus holistique). Même si personnellement, je crois plus en la seconde, je reconnais que le sommatif peut motiver certains élèves à fournir un effort plus constant tout au long de l’année. Rien ne sert de courir; il faut partir à point. Par contre, avec cette proportion, l’élève qui se révèle plus tardivement ne sera pas trop désavantagé. C’est une idée simple que j’aurais aimé avoir. Cheers!

La deuxième chose, c’est qu’on parle d’apprentissage au lieu de parler de compétences et de connaissances. Ce débat commençait à être vraiment stérile. On ne veut pas savoir si être capable d’écrire un texte découle d’une compétence, d’un savoir ou d’une compétence qui met en oeuvre des savoirs. Bordel... On veut juste que l’élève écrive son putain de texte de façon intelligible tout en respectant les exigences de son niveau. Que ce soit une compétence, une connaissance, un don ou un coup de luck, on n’en a rien à cirer.

D’accord, le coup de luck n’est pas très kasher.

Autre truc intéressant : le nombre de notes par matière. C’était un peu ridicule d’évaluer le même nombre de compétences pour une matière qui était enseignée 1o heures semaine versus une matière enseignée 55 minutes. Y a seulement anglais qui garde trois machins à noter et qui n’est enseigné qu’une heure semaine.

Une petite parenthèse avant de terminer: même si on voit musique et arts plastiques sur l’exemple fourni par le MELS (ça sonne tellement comme un bar de Laval... Je ne m’y ferai jamais!), ça pourrait très bien être danse et arts dramatiques. Deux disciplines artistiques doivent être enseignées à chaque année dont une tout au long du primaire. Est-ce que l’école de vos enfants respecte la loi?










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20 août 2010

C'est quoi donc ça déjà? Figaro...

L’air de Figaro. Le connu qui fait Fi-Ga-Ro! Figaro, Figaro, Figaro et qui va TRÈS vite à la fin.

C’est un peu normal de penser que cet air est tiré de l’opéra Les Noces de Figaro de Mozart. Surtout si on ne connaît pas la musique de Mozart. Y a pas de mal, j’suis certain que Mozart aurait aimé...

Mais ce n’est pas ça. Nope... C’est le même Figaro, mais ce n’est pas le même compositeur, ni le même livret. Il s’agit de l’air de Figaro tiré de l’opéra de Rossini, Le Barbier de Séville. En fait, Figaro est un personnage du théâtre de Beaumarchais tiré de la Trilogie de Figaro : Le Barbier de Séville, Le Mariage de Figaro et la pièce que je n’ai jamais lue, L’Autre Tartuffe.

En passant, la pièce de Beaumarchais, c'est "le mariage" et l'opéra de Mozart, c'est "les noces". Les joies de la traduction.

Mêlés? Mozart a d’abord écrit Les Noces de Figaro dont le livret est une adaptation de la deuxième partie de la trilogie. Plus tard, Rossini adaptera la première partie, Le Barbier de Séville. Donc, si on vous demande qui a composé l’air de Figaro, vous n’avez qu’à répondre «lequel?» et vous devriez vous en tirer sans trop de casse.

«C’est qui donc déjà qui a composer l’air de Figaro?»

«Lequel?»

«Celui de Rossini.»

«Ah! Celui-là! C’est Rossini!»

Vous voyez? Même moi j’y arrive.

Sauf qu’y a plein d’autres compositeurs qui ont écrit des opéras à partir des pièces de Beaumarchais. Oups...

Mais le vrai, celui qui fait : Fi-ga-ro! Figaro, Figaro, Fi..., c’est celui de Rossini. Voilà.

En passant, les airs d’opéra ont généralement comme titre les premières paroles. Voici donc Largo al factotum.







Texte original
Traduction en français

Largo al factotum della città, largo !
Presto a bottega che l'alba è già, presto !

Ah, che bel vivere, che bel piacere
che bel piacere, per un barbiere di qualità, di qualità !

Ah, bravo Figaro!
Bravo, bravissimo! Bravo !
Fortunatissimo per verità, Bravo !

Fortunatissimo per verità !
Fortunatissimo per verità !

Pronto a far tutto,
la notte e il giorno
sempre d'intorno in giro sta.
Miglior cuccagna per un barbiere,
vita più nobile, no, non si da.

Rasori e pettini
lancette e forbici,
al mio comando
tutto qui sta.
x2

V'è la risorsa,
poi, de mestiere
colla donnetta... col cavaliere...
colla donnetta... col cavaliere...

Ah, che bel vivere, che bel piacere
che bel piacere, per un barbiere di qualità, di qualità

Tutti mi chiedono, tutti mi vogliono,
donne, ragazzi, vecchi, fanciulle:
Qua la parrucca... Presto la barba...
Qua la sanguigna...
Presto il biglietto...
Qua la parrucca, presto la barba,
Presto il biglietto, ehi!

Figaro! Figaro! Figaro!, ecc.
Ahimè, che furia!
Ahimè, che folla!
Uno alla volta, per carità!

Figaro! Son qua.
Ehi, Figaro! Son qua.
Figaro qua, Figaro là,
Figaro su, Figaro giù,

Pronto prontissimo son come il fulmine:
sono il factotum della città.
Ah, bravo Figaro! Bravo, bravissimo;
a te fortuna non mancherà.

Faites place au factotum de la cité.
Se précipitant dans son échoppe dès l'aube.

Ah, quelle belle vie, quelle vie plaisante
pour un barbier de talent !

Ah, bien joué Figaro !
Bien joué, vraiment bien joué !
Le plus chanceux du monde, en vérité !

Le plus chanceux du monde, en vérité !
Le plus chanceux du monde, en vérité !

Prêt à tout faire,
nuit et jour,
toujours occupé, toujours à courir.
Pour un barbier, une meilleure vie,
une vie plus noble n'est pas possible.

Rasoirs et peignes
lancettes et ciseaux,
sous mon commandement,
tous à portée de main.
x2

Tels sont les outils
de mon commerce
avec les dames... avec les hommes...
avec les dames... avec les hommes...

Ah, quelle belle vie, quelle vie plaisante
pour un barbier de talent !

Tous me demandent, tous me veulent,
Les femmes, les jeunes hommes, les vieillards, les demoiselles :
et pour la perruque... un rasage rapide...
une saignée...
vite, la note...
et pour la perruque... un rasage rapide,
allons, la note, dépêche-toi !

Figaro ! Figaro ! Figaro ! etc.
Bon sang, quelle folie !
Bon sang, que de monde !
Un par un, je vous en prie !

Figaro ! Je suis là.
Viens Figaro ! Je suis là.
Figaro, ici, Figaro, là,
Figaro, en haut, Figaro, en bas,

De plus en plus vite, je cours comme l'éclair,
Je suis le factotum de la cité.
Ah, bien joué Figaro ! Bien joué, vraiment bien joué,
La chance sera toujours avec toi.




Il fait vraiment avoir une diction de l’apocalypse pour la fin. Ouf!

Figaro, c’est un baryton. Ce n’est donc pas lui qui veut coucher avec la soprano. C’est plutôt le comte, qui lui est ténor. Un peu de rigueur quand même!

Voici un autre méga hit tiré de cet opéra : l’ouverture.








Le petit thème turc vers le milieu (1:55) est trop accrocheur. J’l’ai déjà adapté avec des élèves.

En passant, je dis turc, mais ça peu bien être n'importe quoi. J'n'ai pas le profil d'un ethnomusicologue.

Donc, l'opéra, c'est Le Barbier de Séville (Il barbiere di Siviglia) de Gioachino Rossini. À ce qu'il parait, il avait un super cave à vin. C'est notre ami!





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19 août 2010

C'est quoi donc déjà, ça?

C’est une question qu’on me pose parfois en entendant une pub, dans un film ou n'importe quelle occasion qu’on a trouvée pour recycler de la musique dite classique.

J’n’ai pas la prétention d’être une sommité en la matière, mais comme je connais pas mal le répertoire, j’vais vous balancer quelques greatest hits. Ceux d'entre vous qui sont musiciens ou ont déjà une connaissance de base en littérature musicale risquent de s’ennuyer. De toute façon, ce blogue est de plus en plus ennuyant, alors on se calme.

Commençons par cette vieille pub du parfum Égoiste de Chanel. On y voyait de superbes créatures totalement frustrées claquant leurs volets en gueulant «Égoïste!».

Peut-être ont-ils tourné la pub à Vérone, car il s’agit d’un extrait de Roméo et Juliette, le ballet de Prokofiev.



Égoïste.
Où es-tu?
Montre-toi misérable!
Prends garde à mon courroux, je serai implacable.
Ô rage!
Ô désespoir!
Ô mon amour trahi?
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie?
Montre-toi égoïste!
Égoïste, égoïste, égoïste, égoïste, égoïste, égoïste, égoïste, égoïste!

Ça torche, hein?


C’est tiré de la Danse des chevaliers, Acte I, scène XIII








Je n'ai jamais assisté à ce ballet, mais la musique est fabuleuse. Pour vous convaincre, écoutez l'introduction :







À suivre...





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18 août 2010

Willkommen

Comme j’étais dans un petit coin reculé pour quelques jours, j’ai complètement loupé le remaniement ministériel...

He’s back, yeah! J’ignore pourquoi, mais je l’aime bien.

Et Line Beauchamp à l’éducation? Il me semble qu’elle faisait bien la job à l’environnement, non? Ce n’est pas elle que les gros méchants ont fait pleurer à l’Assemblée nationale il y a quelques années? De toute façon, c’est quoi l’espérance de vie d’un ministre de l’éducation? Deux ans? Ça vous embête que toutes les phrases de ce paragraphe soient des questions?

Je ne sais pas quel est son plan de match, mais j’ai lu quelque part qu’elle veut consolider le concept des commissions scolaires et des commissaires élus. Personnellement, je trouve ça navrant. Ça ne serait pas possible d’avoir des commissions scolaires (car il en faut) dirigées par des fonctionnaires, comme les hôpitaux, les corps policiers, les sociétés d’État, etc., et on se débarrasserait des commissaires élus par une infime partie de la population.

Moi, quand un individu d’à peine trente ans, sans enfants, qui n’a pas étudié dans un domaine connexe à l’éducation veut devenir commissaire, je m’interroge. Comme c’est certain que personne ne le fait pour le fric, alors il reste quoi? Le tremplin politique?

Attention. Je ne pense pas que ces candidats soient mal intentionnés. C’est effectivement une bonne façon de prendre de l’expérience en politique. C’est juste qu’on le fait sur le dos des enfants... et des profs. Hey, c’est moi, ça!

Par contre, quand il y a des candidats en fin de carrière qui le font par désir de rendre service à la société (oui, ça existe!), c’est admirable.

Je me demande ce que Line Beauchamp en pense... Elle a quand même l’air sympa. Je trouvais madame Courchesne trop démagogue dans ses messages aux parents. Ça risque d’être assez intéressant dans les négociations salariales. Malheureusement, le gag de la sacoche de la madame est brûlé.

Elle saura trouver autre chose...

J'veux pas être pessimiste, mais...

Willkommen und Abschied, Schubert d'après Goethe









Il battait fort, mon cœur, vite à cheval !
Vite, il y était en pensée.
Le soir berçait la terre,
Et la nuit pendait aux montagnes ;
Déjà le chêne avait enfilé son vêtement de brume,
Tour gigantesque, là, debout,
Dans la broussaille sombre,
Où cent yeux noirs me regardaient.

La lune du haut d’un nuage
Regardait langoureusement l’air,
Les vents sifflaient de leurs ailes légères,
Frôlant mes oreilles lugubrement.
La nuit façonnait mille monstres,
Mais je restais joyeux et gai :
Quel feu dans mes veines !
Quelle braise dans mon cœur !





Traduction de Catherine RÉAULT-CROSNIER



Ça prend ça pour enseigner?

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08 août 2010

Quintette

Ce n’est pas parce qu’on ne peut pas décider qu’on ne doit pas avoir d’idée. Par contre, quand on décide, c’est bien d’en avoir. Je me lance quand même.

Et pourquoi pas les cinq opéras?

Cinq personnages centraux :

Élizabeth 1er, Reine d’Angleterre
Rigoletto, bouffon
Werther, jeune homme suicidaire
Salomé, danseuse
Rudolfo, artiste fauché

Ils sont au purgatoire. Saint-Pierre et Satan les interrogent.

Oups... ça ne passerait pas.

On recommence :

Ils sont chez le psy dans une thérapie de groupe. Pourquoi? Sentiment de culpabilité d’avoir causé la mort de ceux qu’ils aimaient.

Mais Werther? Jamais entendu parlé de l’effet Werther? Et c’est un romantique ce type. Il saura quoi dire au psy.

À travers des saynètes, on raconte leurs histoires respectives et on trouve un truc chouette pour fermer la boucle. En réalité, le punch c’est que Rudolfo n’est pas vraiment cinglé comme les autres parce que lui, il a été aimé en retour.

Ce qui rend fou, ce n’est pas de ne pas aimer, mais plutôt de ne pas être aimé.

Whatever...

Par contre, la musique serait décousue et pas toujours pertinente, car elle doit être jouée par des enfants qui débutent. C’est le genre de truc pour lequel tu engages de vrais musiciens et de vrais chanteurs, tant qu’à y être.

Mais bon, entre vous écrire ça et faire les bagages. Eh oui, je pars pour quelques jours. Loin du pit!

Quelques jours... J’aurais aimé écrire pour quelque temps, mais on fait avec ce qu’on a, hein?








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04 août 2010

Méningite

D'après mon infirmière de blonde et sa chum ex-infirmière d'urgence qui bosse maintenant en contrôle des infections, je me tape une méningite virale.

Est-ce celle qui tue?

Nope... d'après elles, je serais déjà mort. Mais bon, comme ça fait très mal et que ça me les casse depuis jeudi dernier, on va faire comme si j'avais l'autre, là... celle qui tue.







Johannes Brahms
Ein deutsches Requiem op.45 1854-1868 Un requiem allemand
1. Selig sind, die da Leid Tragen, I. Bienheureux ceux qui souffrent car
denn sie sollen getröstet werden. ils seront consolés

(MATTHIEU, V, 4)
Die mit Tränen säen, Ceux qui sèment dans les larmes
werden mit Freuden ernten. Sie gehen moissonneront dans la joie. Ils s'en
hin und weinen und tragen edlen vont en pleurant et emportent la noble
Samen, und kommen mit Freuden und semence. Ils s'en retournent dans la joie
bringen ihre Garben. et rapportent les gerbes de leur moisson.

(PSAUME CXXVI, 5, 6)



Traduction piquée ici.

J'ai dû pogner ça dans le pit...


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02 août 2010

Seul

Ça a l'air que je peux mettre mon cerveau à off côté opéra. Les profs se sont réunnis en juin et ont décidé que ce serait les enfants qui choisiraient sur quel opéra nous allons bosser.

Je viens de l'apprendre.

J'me sens tellement cave de m'être creusé la tête pendant mes vacances à sortir des extraits adaptables de l'opéra qui selon moi convenait le mieux au projet.

Donc, les enfants, qu'est-ce qu'on mange? La salade d'épinard ou la poutine?













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26 juillet 2010

Au menu cette année...

Bon... ça va faire le niaisage, il faut choisir un opéra pour l’an prochain. J’ai le choix parmi les cinq à la programmation 2010-2011.



Le moins trash pour les enfants est La Bohème de Puccini, mais il ne se passe pas grand-chose à part du monde qui s'aime... Et en plus, ils sont pauvres, affamés et malades! Assez proche de la clientèle à qui j’enseigne.

Y a aussi Salome de Strauss, la fille frustrée qui fait trancher la tête de Saint-Jean Baptiste en échange d’une danse aux tables. Trop proche de la clientèle?

Puis y a ce pauvre Werther de Massenet. Triangle amoureux couronné d’un suicide. Cliché... mais Goethe...

Roberto Devereux de Donizetti. Un type s’envoie la reine d’Angleterre, mais celle-ci est jalouse avec raison, car Bob en aime un autre. Ça va finir sur l’échafaud.

Rigoletto de Verdi. Un bouffon aide son duc de patron à capturer une jeune fille, question de rigoler un peu. Comme l’éclairage est déficient, c’est la fille du bouffon qui sera la victime du duc.

J’ai déjà pas mal fait mon choix (j’suis même pas encore certain que je peux décider), mais je serais curieux d’avoir votre avis. C’est clair qu’on ne peut pas résumer un opéra de trois heures en quelques mots (un ténor veut se faire une soprano, mais une basse ne veut pas?).

Voici deux ou trois petites choses qu’il faut garder en tête :

-L’adaptation devrait comporter quelques airs ou musiques tirés de l’opéra, si possible chanté par les élèves (ça, c’est le bout tough). Le reste sera composé par les élèves. La musique sera jouée en direct pendant les spectacles par des enfants, alors, on se calme.

-On doit pouvoir organiser une quinzaine de personnages, ayant tous quelque chose qu’ils pourront travailler sur plusieurs mois. Donc, pas de petits rôles qui sont là une fois et demi et disent trois phrases et pas de rôle trop lourd. Comme il y a deux distributions, il ne faut pas écrire en fonction d’un élève ou d’un talent en particulier. Triste...

-Il faut un équilibre entre les rôles masculins et féminins, même si à l’opéra, les rôles importants sont surtout masculins.

-Il faut incorporer un choeur et des danseurs. Les danseurs peuvent être une entité abstraite.

-On découpe ça en deux ou trois actes. Donc, des lieux qui peuvent être neutres où les personnages vont et viennent.

-Notre public cible se situe entre 4 et 90 ans incluant des illettrés et des chefs de parti politique en passant par vous qui serez invités.

-Il faut que ça ait le plus possible rapport avec l’opéra. Comment? Je le cherche encore...

Ça ressemble à ça. J’vous épargne les détails.


***


Pour détendre un peu l’ambiance, une super bonne blague d’opéra :

Un type entre chez sa disquaire.

«Bonjour, ma chère. Auriez-vous le Trouvère?»

«Non, malheureusement, je n’ai pas Verdi...»










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16 juillet 2010

Les temps changent

Demain, on part pour la campagne faire du semi-camping chez des copains. Mieux que ça, même: ils fournissent la tente, la vaisselle et tout ce qu'il faut pour faire la bouffe.

On n'aura donc pas besoin de mettre le sac cargo sur le toit de la voiture. C'est l'avantage du ukulélé! Mais bon... le répertoire vient de manger un méchante claque, mais c'est tellement sympa.

Pour voir des gens tripper sans prétention avec leurs ukes.



Cheers!










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14 juillet 2010

J'assume

On a tous un côté kétaine, moi le premier. J'en ai d'ailleurs plein!

Ne le dites à personne, mais ces temps-ci, j'écoute beaucoup de Francisco Tarrega. Surtout lorsque je déjeune avec les enfants.

C'est qui celui-là?

Tarrega, c'est un espèce de Chopin qui serait espagnol et guitariste... Mais attention! Pas de flamenco à l'horizon. Nah...

Capricho Arabe






Gran Vals (Vers 14 secondes, vous pouvez entendre la sonnerie de Nokia!)







David Russel, Guitare





Si je rejoue de la guitare classique un jour, je vais monter ces tounes-là!
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Eille! Le maudit français qui pense qui sait toute!

Bonne fête, mon chum!





Faut avoir lu les deux billets précédents.
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12 juillet 2010

Tales from the pit : The last chapter

Avant de commencer, j’aimerais partager un truc délicieux et tellement simple:

1- Faites-vous un allongé (pas de lait, pas de sucre)

2- Servez-vous un bol de crème glacée à la pistache

3- Trempez votre cuillerée de crème glacée dans le café.

Dire qu’il y a des gens qui font des cafés aromatisés aux noisettes.

Pistache, man.

Pistache.

***

J’ai terminé mes péripéties dans le pit et tout fonctionne. Le dernier pépin qu’il y avait, c’était des raccords de tuyaux ABS qui étaient vraiment mal pensés (maudit français qui pense qui sait toute...). Dire que pour moi, il y a deux jours à peine, ABS était un système de frein antiblocage. Une nouille, vous dites?

Maintenant, que je fais ce genre de travaux, vous devez penser que je suis devenu une brute épaisse dépourvue de sensibilité. Et bien, détrompez-vous. Pour vous le prouver, je vous décrirai en trois étapes les états d’âme de la conjointe du gars qui pensent que lui aussi, il peut le faire!

J’ouvre une dernière parenthèse. Il m’arrive souvent de rencontrer ou de voir à la télé (vraiment?) des personnes extrêmement intelligentes, Des gens avec des cerveaux qui sont tout simplement de meilleures machines que le truc entre mes deux oreilles. Bon... Y a les génies qu’on connait : Stephen Hawking et Cie, mais aussi des profs d’universités. Alan Belkin, par exemple. Et y a cette personne qu’on rencontre dans un party avec qui on jase et on sait: il est juste plus intelligent que nous. Ça va plus vite, plus fort, plus tout dans sa tête. Ce n’est pas grave; j’ai deux chats qui m’aiment à la maison. Par contre, je n’ai jamais été subjugué par l’intelligence d’un plombier, d’un mécanicien, d’un électricien ou autre détenteur d’un DEP. Attention. Je ne dis pas qu’ils sont cons ou que je suis plus brillant qu’eux. Nope... Ce que je veux dire, c’est que ce qu’ils ont appris ne m’est pas inaccessible. D’accord, ce sont des pros avec de l’expérience, mais je n’ai peut-être besoin que d’une infime parcelle de leur savoir. De la même façon, on peut jouer Lean on me au piano sans pouvoir jouer les études d’exécution transcendantale de Liszt (quel titre pompeux... j’adore!). Ce n’est pas interdit. Nope. Donc, vous comprenez? Si on est prêt à apprendre et à se tromper et à recommencer, y a de bonnes chances qu’on réussisse. Je fais bien de la musique malgré un talent médiocre. Mais j’aime tellement ça...

Voici donc les trois états d’âme de la conjointe quand le chum se prend pour un vrai gars. Dans l’ordre en plus!

La phase sceptique

Ne pas confondre avec la fosse du (presque) même nom. Ça ressemble à du déni. On regarde le trou complètement inondé et la boîte électrique qui ne fonctionne plus et y a le mec à côté (c’est moi, ça!) qui dit qu’il va commencer par vider le trou, refaire l’électricité, ensuite vérifier la pompe, la réparer ou la changer et ensuite refaire la plomberie un peu mieux que ce que c’est tout en gueulant contre le «maudit français qui pense qui sait toute».

Y a de l’incrédulité dans l’air.

«On ne ferait pas mieux d’appeler quelqu’un?»

«Nah... Je peux le faire et on va sauver plein de fric!»

La phase "Mon héros!"

Ensuite, le trou est vidé, PMT bosse au fond, rebranche l’électricité malgré les vis stripées et autres cossins qu'il faut arracher, refait fonctionner la pompe, démonte l’interrupteur, etc... Le vent change. Je suis hot! Grrrr... J’implique même mon fils de quatre ans qui me tend les outils et à qui j’explique tout. On m’admire. Je peux le faire! The sky is the limit et je suis au top de la chaîne alimentaire.

Vous l'avez deviné : ça ne durera pas.

La phase reality check

Ça fait deux jours que je fais la navette entre le pit et Réno-Machin-Truc. Ma blonde, pour sa part deal avec les enfants dans la canicule et a besoin d’aller à la clinique. "Le frigo est vide, il faut faire l’épicerie! Est ce que tu vas sortir de ton maudit trou? Ça fait deux jours que t’es là-dedans!"


Voilà. J’ai terminé et tout fonctionne.

Je t’aime, mon amour.








(Ben quoi... Elle vient me lire parfois, alors, je ne prends pas de chance...)


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10 juillet 2010

The pit

Non... il ne sera pas question de ma descente aux enfers.

Moi, Dantesque? Pfff...

Et hélas, je ne vous parlerai pas de mes charmants élèves, ni du merveilleux monde de l’éducation. Je ne vous ferai pas non plus entendre un classique de Haydn et je ne partagerai pas avec vous ce qui m’impressionne chez Debussy.

Nope... j’suis en vacances, alors je vais vous parler du «pit».

Quand on a acheté notre piaule, j’n’avais aucune idée de ce qu’était un drain français, mais on savait qu’on en avait un.

Cela était bon.

Bon... Y a comme un genre de trou où j’n’étais jamais descendu: trop de couvercles, plaques et autres machins encombrants à enlever. Au fond du trou, y est censé y avoir une pompe... Sauf que là, la pompe, on ne l’entend plus et la flaque dans le sous-sol, ce n’est pas le vétérinaire qui va régler le problème. Ben quoi... ils ne sont plus jeunes mes chats. Ils auraient pu avoir une fuite.

Donc, pas le choix; faut que j’aille dans le pit!

Bordel... J’ai réussi à enlever toutes les couches de planches et de machins inondables pour un musicien pour me rendre compte que c’était totalement inondé. Pas de panique... Un voisin me refile une pompe (il ne me connaît pas encore, il croit que je suis sympathique, le pauvre...).


Pompage du machin, descente dans le trou et je remarque que même la boîte électrique de la pompe a été inondée. Oups... Ce n’est pas un plombier qu’il me faut, c’est un électricien. J’débarque chez Home-Réno-Truc pour autre chose, mais je m’arrête dans la section électrique et je jase avec le bonhomme. j’suis assez bullshit pour qu’il pense que je connais ça un minimum et il me convainc que je peux tout faire ça moi-même.

Moi? Vraiment? Comme un vrai bo-boy et ma blonde va s’occuper des enfants pendant ce temps-là?

Deal!

J’suis donc descendu dans le pit et j’ai défait la vieille boîte électrique. Le problème avec ces machins-là quand les vis sont toutes stripées, c’est qu’on ne peut pas tirer un bon coup et tout arracher.


J’me rend à l’évidence: le type qui a installé tout ça est totalement broche à foin. D’abord, il a mis la pompe à l’extérieur... Normalement, c’est à l’intérieur et quand ça ne marche pas, tu en mets une autre et voilà.

Mais dans le pit, ça ne se passe pas comme ça.

Ensuite, j’ai dû rebrancher correctement les tuyaux qui vont vers les égouts avant d’attaquer ladite boîte. J’ai réussi à rétablir le courant pour d’abord m’assurer que la pompe fonctionnait toujours. Elle fonctionne, mais le flotteur/interrupteur est kaput au niveau électrique... peut-être. C’est la prochaine étape. En attendant, les fils qui partent de la maison ne sont pas réglo pour être à l’extérieur. Du patentage, bordel. J’vais le dire : «maudit français qui pense qui sait toute». Plus ça va, plus on découvre des trucs bizarres dans la maison et plus que je me dis : «maudit français qui pense qui sait toute».

Héhéhé... J’déconne.

Not.

Donc, j’ai passé la putain de journée dans le pit ou chez Home-Réno-Truc à essayer de soutirer de l’information aux vendeurs. J’suis en train de devenir complètement mongol, mais ça ne me coûtera pas une cenne en plombier, électricien ou autre spécialiste. Moi gratteux? Pfff... Je veux seulement apprendre!... et m’acheter une nouvelle guitare à la fin de l'été si j'ai assez de fric.

Voilà. Demain, je retourne dans le pit et j’installe une nouvelle boîte électrique. J’suis néophyte au point de me demander comment je la fixe au mur. Y a pas de petits trous pour les vis.

Bordel! J’vais en faire des trous!

Yeah!

Pour les visuels, voici "the pit" une fois vidé et nettoyé. La pompe est branchée dans de nouvelles fiches pour faire des tests. C'est profond? J'utilise une corde pour descendre l'escabeau, alors j'dirais environ 4 mètres. Assez profond pour que ça ne gèle pas l'hiver et qu'il fasse frette l'été...



Check-moé ça la rouille, man. On voué même pus les vis!












C'est dans ces moments qu'on voudrait avoir un beau-père digne de ce nom.







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29 juin 2010

Complot à Ottawa

Je viens de passer un coup de fil du côté de nos copains au gouvernement du Canada.

Imaginez la voix et l’accent de Stephen Harper:

«Pûr le faîte dou Canada, nos bourweaux seuront feurmés le pwremier de jouillet et aussi, le deuxième de jouillet!»

C’était tellement ridicule que c’en était sympathique.

Bordel, c’était vraiment sa voix...

Moi, je dis que c’est un complot et que les employés s’amusent à imiter Stephen.




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24 juin 2010

L'évidence même

J'suis en train de péter au frette...


La preuve : j'écris ça à 7h48 du matin, un 24 juin.







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22 juin 2010

Affichage

Une fois de plus, j'vais voir si ma job est encore disponible l'an prochain. Quelque part, y a rien là comparativement à la rencontre où une majorité de titulaires déterminent les disciplines qui seront enseignées par des spécialistes l'année suivante. Les éducateurs spécialisés, psychologues, orthophonistes, psychoéducateurs, travailleurs sociaux, etc... n'ont rien à dire. C'est le CPEPE, le comité de participation des enseignants à la politique école (une instance syndicale) qui décide.

J'suis d'accord que la pertinence de ma présence dans une école soit remise en question une fois par année (c'est quand même souvent...), mais quand la moitié du "panel" de sélection lisent à peine un bouquin par année si on exclue la littérature jeunesse et ne font pas la différence entre culture et divertissement culturel, concert de Noël et cours de musique, arts plastiques et bricolage, etc..., j'suis surpris d'être encore là.

Ça doit être mon semblant de gestion de classe.

Hein? Je suis dur envers LA MOITIÉ de mes collègues? Que croyez-vous qu'ils pensent de moi? Le bizarre... le musicien...

Bof...

Parlant bouquin, je me cherche un bon roman historique pour commencer l'été. Un truc du genre Druon ou même Dumas. Des suggestions? Des nouvelles d'un Folco à venir?





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20 juin 2010

Une équipe extraordinaire

Let’s cut the crap!

Vous vous êtes sans doute fait dire que vous étiez une équipe extraordinaire cette année, hein? Personnellement, je trouve ça plutôt triste, parce que ça ne veut plus rien dire. C’est juste un truc en gestion pour éviter un putsch et garder la bonne humeur chez les troupes. Imaginez s’il y avait des profs extraordinaires et des profs ordinaires. Mais attendez... Ça ne serait pas juste, hein?

Ils pourraient aussi payer la bière. Ça serait moins futile. La même formule qu'un barbecue où on apporte notre viande et que l'hôte fournit les patates et la salade. On pourrait apporter notre scotch et la boss payerait la bière!

Une idée extraordinaire...





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15 juin 2010

J'veux même pas le savoir.

Je ne sais pas combien il me reste de jours avant la fin de l’année scolaire et j’n’en ai rien à cirer.

Je ne peux pas m’empêcher de penser que ceux qui comptent les jours avant les vacances doivent aussi compter les jours avant le retour au travail...

Parlant de compter, je change d'âge aujourd'hui... comme Grieg!






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14 juin 2010

Soirée des finissants

Mercredi soir, j’suis allé à la soirée des finissants du CPE de mon fils. Il y avait de la bouffe, une remise de diplômes et ensuite,ils ont dansé en tapant dans des «ballounes»


Vendredi soir, j’suis allé à la soirée des finissants de mes élèves de sixième. Il y avait de la bouffe, une remise de diplômes et ensuite, ils ont dansé en tapant dans des «ballounes».


Pour le peu d'enfance qu'il leur reste, c'est tant mieux!






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11 juin 2010

Parfois, j'ai honte

Yep... Parfois, j'ai vraiment honte d'être prof. Déjà que je trouve qu'une journée de grève, c'est futile (sauf pour le gouvernement qui empoche une journée de nos salaires), la plupart des moyens de pression le sont tout autant.

Je sais que ce n'est pas une directive du syndicat, mais ça s'est quand même rendu dans les médias.

Celeri, iPod et lunettes fumées.


J'ne vois pas comment niaiser dans des réunions qui sont déjà souvent trop longues et inefficaces fera avancer notre cause. Personnellement, je ne tolère pas ce genre de comportement chez mes élèves, parce que je trouve ça "épais". Un peu de rigueur, bordel! C'est plutôt en étant sérieux et professionnel dans nos rapports avec les directions et autres patrons que nous améliorerons notre sort et celui de nos élèves.



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06 juin 2010

Qualité de l'enseignement... pfff!

Dans une école de Laval spécialisée en musique, on remet en question la présence d’enseignants qui n’ont pas le bac en pédagogie. Par exemple, on voudrait remplacer un prof de violon détenant une maîtrise en interprétation et jouant dans des orchestres professionnels, par un prof qui a fait le bac en enseignement et dont l’instrument est le violon.

http://www.radio-canada.ca/emissions/christiane_charette/2009-2010/chronique.asp?idChronique=112166

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/education/201005/28/01-4284560-ecoles-specialisees-a-laval-un-permis-requis-pour-enseigner-la-musique.php

Il me semble que tout allait bien dans cette école...

Personnellement, j’aimerais mieux voir le violoniste professionnel enseigner le violon à mes enfants... Curieusement, chaque fois que je trouve qu’un prof de musique est bon, c’est quelqu’un qui sait jouer. Malheureusement, ce n’est vraiment, mais vraiment pas le bac en enseignement de la musique qui va former de bons musiciens. Si un bon musicien décide de faire le bac, on est en business, mais comme ils acceptent à peu près n’importe qui...

J’aimerais bien avoir un stagiaire... Mais s’il ne peut pas accompagner les classes, s’il est trop coincé pour faire un jam de percussions avec les élèves, j’fais quoi avec?





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02 juin 2010

One of the girls

Enseigner au primaire, qu’on le veule ou non, c’est une job de femme et chaque jour, je deviens de plus en plus «one of the girls»!

PMT : Examen...? Tu es enceinte?

COLLÈGUE : Oui!

PMT : Je m’en doutais, mais je n’osais pas en parler... Je trouvais que tes seins avaient grossi. En tout cas, bravo!

COLLÈGUE : Merci.

C’est sorti comme ça, tout seul. Et ça a passé...


Avis aux mâles : ne tentez surtout pas ça dans un bureau d’avocat... à moins que ce soit vous l'avocat.


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29 mai 2010

Mendicité 101

Hier après-midi, j’ai remplacé la prof de première année.

De quoi je parle, là? Je ne crois pas qu’elle soit remplaçable... Mais bon, les enfants étaient pognés avec moi après un avant-midi plutôt tumultueux avec une jeune remplaçante. Vous savez, les agendas, les cahiers de leçon, le machin qu’il faut coller sur le truc et tout le tralala, j’suis pas très bon dans ça. J’suis donc un peu perdu et sans trop réfléchir, je demande aux élèves de sortir ce dont ils auront besoin pour l’activité qu’on fera : un crayon, une gomme à effacer, une paire de ciseaux et un tube de colle. Pendant ce temps, j’essaie de comprendre l’activité en question en gérant de dérangeants conflits cons.

C’est là que ça se complique. Y a machin qui n’a pas de colle, truc qui n’a pas de ciseaux et l’autre qui n’a pas compris.

Et puis, y a le p’tit avec le mohawk qui n’a rien sur son bureau...

J’vais le voir et lui demande de sortir la feuille d’activité. Pas l’air très motivé le jeune... Grand frère en TC, anglophone, métis...sans doute antillais. J’vous ai dit qu’il a un mohawk?

J'vous ai dit que je suis plein de préjugés?

Il sort sa feuille... C’est long.

Un crayon?

Il sort un p’tit bout de crayon.

La colle?

Quelqu’un peut partager sa colle?

Merci...

Des ciseaux?

Oh... Quelqu’un peut lui prêter des ciseaux?

Tiens... Efface? Quelqu’un?

Je sais... L’école a des programmes pour fournir du matériel scolaire aux enfants dans le besoin, mais il doit tout perdre en criant... ciseaux?

J’suis certain que la prof lui refile du matériel scolaire provenant des programmes d’aide, mais ça doit toujours être à refaire et il le perd, il l’oublie... il le jette?

La grande pauvreté ce n’est pas de ne pas avoir, mais de ne pas être capable de garder. De garder sa job, son char, son appartement, l’amour de sa vie, ses enfants... de garder la tête haute.

Ce p’tit gars, avant de commencer chaque activité ou presque, il doit mendier.

C'est à l'école qu'on apprend ce qu’on va faire lorsqu’on sera grand?










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27 mai 2010

Facebook

Sur Facebook, j'accepte comme amis mes anciens élèves et les élèves des autres écoles du projet une fois le projet terminé.

J’vous épargne la déficience orthographique.

Une élève du projet : Salut.

PMT : Salut.

L’élève : J’ai eu un chaton aujourd’hui. C’est le plus beau jour de ma vie.

PMT : J’adore les chats!

L’élève : J’vais l’appeler Tamino.


C’est con, mais j’ai le sentiment du devoir accompli.










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24 mai 2010

Hors sujet

J’ai passé l’après-midi à charroyer un voyage de terre d’un bord pis de l’autre de la cour.

En admirant le travail avec ma copine, nous en sommes venus à cette inévitable conclusion : deux verges valent mieux qu’une!

Je sais...

J'ferais mieux de rester dans le sujet.








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17 mai 2010

Invitation

Pour quoi? La Flûte enchantée.

Par qui? Nos élèves.

Huh? C’est une adaptation de l’opéra. Le livret est revu et recorrigé pour en faire un spectacle théâtral avec plein de danses et de chansons inspirées de la musique originale de Mozart ou de compositions d’élèves.

Où? Salle Marie-Gérin-Lajoie à l’UQAM.

Quand ? Nous donnons six représentations en deux jours (il y a deux distributions). Le public adulte est invité mercredi le 19 mai à 19h30 et jeudi le 20 mai à 19h30.

$$$? C’est gratuit. Mais c’est préférable d’avoir des billets. Amener vos enfants, bordel!

Écrivez-moi profmalgretout@hotmail.com

N.B. : Si vous voulez voir les musiciens en action, asseyez-vous côté jardin.





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15 mai 2010

PQ, ADQ, ça va ou bien?

C'est fou comment un type comme moi n'a qu'une option politique au provincial...

Et si, sans les abolir, on dépolitisait tout simplement les commissions scolaires? Hydro-Québec, la SAQ, les hôpitaux... Ils n’ont pas besoin d’élire leurs dirigeants. Pourquoi les écoles? Quelques personnes compétentes qu’on balance à droite et à gauche et qu'on paierait bien pour être à la tête des commissions scolaires et le tour est joué.

Ça prendrait des despotes éclairés! Ouais...

Mais qu’on arrête de faire de la politique sur le dos des enfants, bordel.

En passant, nous avons besoin des commissions scolaires. Sinon, c’est le beau-frère de la secrétaire qui va venir réparer la plomberie de l’école. Mais est-ce qu’on a besoin des commissaires qui sont là plus souvent qu’autrement pour prendre de l’expérience politique?

Voilà.

Demain, à 7h00 du matin, on embarque les décors, les instruments, les costumes, etc.. Direction salle de spectacle. On m’a dit que je pourrais faire le «set up» de mon band à 13h00. L’an dernier, j’ai attendu jusqu’à 21h00 et j’suis rentré chez moi sans avoir installé mes trucs. Il fallait laisser l’espace libre pour les éclairagistes... J’me suis dit que j’allais arriver plus tôt le lendemain.

Le lendemain, il n’y avait personne: les portes n’ouvrent pas plus tôt les "lendemains".

Ben quoi? Je l’savais pas.






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14 mai 2010

Go Habs, go?

Chaque printemps, y a une partie de moi qui espère que les Canadiens se feront sortir des séries avant le mois de mai. Ben quoi... Y a pas de mal à prêcher pour un quotient intellectuel moyen un peu plus élevé.

Ce n’est même pas la vraie raison.

Imaginez le p’tit gars qui voit son père une fin de semaine sur deux, quand ça adonne. L’enfant a préparé un spectacle pendant plusieurs mois et en mai, il le présente devant public. Un gros public... Des maires, des députés, plein de gros bonnets.

Et aussi, des papas et des mamans.

Y a pas juste les salles d’urgence qui sont vides les soirs de série...

Dites-moi que c’est vrai que le CH ne joue pas mercredi le 19 et jeudi le 20.










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13 mai 2010

PMT on ice

Attention : ce billet s'adresse aux individus ayant une connaissance de l'opéra de Mozart La Flûte enchantée.

***

J’ai passé la journée en «pré-générale» sur une patinoire. Même sans glace, y fait frette... Soyez donc indulgent.

Tamino on ice

C’est une fois Tamino...

TAMINO : Salut Pageno!

PAPAGENO : Pas Pageno... Papageno!

TAMINO : Huh?

Quel con... Il ne comprend vraiment rien. La preuve...

C’est une fois Tamino.

TAMINO : Salut Mina!

PAMINA : Pas Mina... Pamina!



As-t-il le profil pour faire face une telle situation?


Profil... Face...

J’suis fier de moi, là...
En primeur, mon set up.



C'est du PSR de tout acabit de Yamaha.

Maximum sept musiciens à la fois (en m'excluant).

-Clavier 1 : Strings.

-Clavier 2 : Brass section et parfois, des pizzicatos.

-Clavier 3 : Un synth pad "Equinox" ou Music box pour faire les clochettes de Papageno.

-Clavier 4 : Fretless bass

-Un djembé

-Snare et Kick (à deux mains)

-Cymbales : hi-hat, ride, crash.

Et y a moi, un Macbook d'entrée de gamme avec deux cartes de son :

Presonus Firebox : Un PSR cheap contrôle en midi Mainstage d'Apple. J'y joue toutes sortes de patch et des effets spéciaux allant du tonnerre à la harpe en passant par un atterrisage forcé de vaisseau spatial.

Lexicon Alpha : J'y branche la guitare électrique et passe par Amplitube de IK Multimedia.

En répétition, les quatre claviers et la carte son midi entrent dans un petit mixer 4 entrées (j'utilise l'auxiliaire pour la carte son. J'obtiens donc cinq entrées!!!). La guitare sort via la carte son dans un petit Yamaha JX20 que j'utilise plus comme un haut-parleur que comme un ampli.


Voilà. Ça m'a fait du bien de partager tout ça avec vous.








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07 mai 2010

Le EXS24 et moi

Ça vous arrive d’écrire un billet seulement parce que vous en avez marre du dernier?

Si ce n’était que cela... Vendredi soir monoparental, les deux enfants sont couchés, la bouteille de Macallan est sur la table et moi, le con, je dois reviser mes «cue» pour le spectacle parce que ça ne va pas, vraiment pas. Non, mais, j’ai la tête d’un bruiteur, moi? L’aspect musical, je m’en sors, mais quand pour le besoin de la chose, je voudrais qu’on sente un peu plus l’électricité dans les coups de tonnerre...

Vous connaissez le logiciel Logic d’Apple? J’me demande si y a pas moyen de balancer n’importe quel son dans le EXS24 et de le bidouiller un peu. J’vous raconte ça parce que cette année, je laisse le piano à la maison et je joue mes parties de clavier sur Mainstage. Pfff... Dans toutes les danses et les chansons (sauf une), j’ai la guitare au cou.

C’est le bonheur...

Les bouts moins sympas, ce sont les transitions et les effets sonores. Il faut être super alerte et pouvoir improviser pour s’adapter. Sur un show d’une heure, j’ai une trentaine d’interventions et comme y a deux distributions (on joue le spectacle six fois en deux jours), vaut mieux ne pas trop tomber dans une zone de confort.

Mais bon... J’me suis toujours dit qu’un jour je déconnerais avec un échantillonneur.

Voilà.

À l’attaque.

Vous êtes tous invités. 19 et 20 mai. J’vous en reparle...




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30 avril 2010

Renforcement positif

Après une longue journée de répétition avec les élèves musiciens du projet.

PMT : Good job! On a vraiment fait de gros progrès!

Élèves : Ouais! Yeah! Etc.

PMT : Ce qui a fait la différence, c’est la patience et le professionnalisme. Félicitations!

Élèves : Huh?

PMT : J’me parlais à moi-même.








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26 avril 2010

De découverte en découverte

Y a un truc dans l’éducation des masses en général qui m’énerve : les casquettes. Je sais, je suis vieux jeu et dépassé, mais quand j’entre quelque part, je me découvre. Mon fils a quatre ans et il sait ça et le fait.

Donc, quand j’entre dans l’école avec un groupe d’élèves, je leur demande habituellement de se découvrir. Le problème, c’est que j’ai parfois le verbe un peu soutenu pour le quartier... surtout le lundi matin.

Ce matin, je demande donc à la classe de cinquième de se découvrir. La plupart s’exécutent, mais Alexandre me regarde comme s’il n’avait pas bien compris. Son capuchon en fait une espèce d’hybride entre la grande faucheuse et Kenny.

PMT : Découvre-toi.

Il ne comprend pas vraiment. C’est lundi matin, bordel? Amusons-nous un peu au dépend de cet élève que j’aime bien et qui le sait.


ALEXANDRE : Huh?

PMT : Tu es sourd? DÉ-COU-VRE-TOI!

ALEXANDRE : ...

Tiens, tiens... Il a peur de moi! Quelle aubaine!

PMT : Découvre ta tête!

Là, il ne dit rien et n’ose rien faire. Ça va être difficile de ne pas rigoler...

PMT : Découvre ta tête tout de suite ou tu vas avoir de sérieux problèmes.

Il me regarde comme si j’avais fumé du crack. Une raison de plus pour se méfier.

PMT : Fais-le!

SON COPAIN : Avoye Alex! Tu ferais mieux de le faire.

UNE AUTRE : Ouain! On veut monter.

Et là, Alexandre a la chienne. Il retire son capuchon.

Puis, méfiant, il se tâte la tête. Il la touche, l’explore... la découvre.





Sue me.


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18 avril 2010

Flashback

Vous vous souvenez de cette enseignante qui avait supposément gardé un élève en cage dans sa classe pendant plusieurs semaines alors qu’il ne s’agissait que d’un petit panneau en treillis que l’élève utilisait pour mieux se concentrer?

Elle a été traînée dans la boue par les médias et par «celle qu’on ne peut pas nommer». Aux dernières nouvelles, elle poursuivait les parents de l’élève et si je ne m’abuse, un journal.

Quelqu’un sait comment l’histoire s’est terminée?






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14 avril 2010

C'est questionnant vs j'ai besoin de vacances

C'est questionnant ou j'ai besoin de vacances?

Ils vont changer les fenêtres de ma classe. En principe, c'est une bonne nouvelle, car parfois, il pleut dans la classe et même la fenêtre fermée, j’ai le toupet qui pogne dans le vent... Mais bordel, j’n’ai même pas le OK pour épousseter à cause des putains de plafonds en flocage d’amiante. Ça s’effrite à la moindre vibration et là, y a des types qui débarquent et arrachent les anciens cadres de fenêtres sans protéger l’environnement autour.

J’ai jeté un oeil dans le local d’en face où ils sévissent aujourd’hui et dans le mur, il y a une feuille qui pourrait ressembler à une feuille de gypse. Comme il n’y a pas d’autre isolant, j’en déduis que c’est une feuille d’amiante! J’suis pas Bob le fukin’ bricoleur, mais je ne comprends pas pourquoi on mettrait une feuille de gypse entre le mur et la brique... Et là, ils tapent dans ça et c’est OK?

C'est questionnant ou j'ai besoin de vacances? J’ai beau ne pas travailler cet après-midi, il est trop tôt pour un single malt, alors c'est pas des vacances!




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04 avril 2010

1250

1250$

C'est ça que coûte ce tableau...

Les taxes et les frais de transport ne sont pas inclus.








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31 mars 2010

Revendeurs 101

Quand tu vends de la dope, t’as pas intérêt à changer trop souvent de fournisseur. Même que dans certaines régions, t’ as pas vraiment le choix du fournisseur. On s’en balance que tu puisses avoir du meilleur stock à meilleur prix. C’est préférable pour ta santé de garder LE fournisseur de la place.

Quand t’enseignes dans ma commission scolaire, c’est le même principe. Tu dois acheter ton stock des fournisseurs de la place, même si tu peux en avoir du meilleur et du moins cher.

Y a des prix tellement facile à battre...

Cliquez ici pour un exemple


Je suis parfaitement conscient que c’est du matériel industriel, mais quand même...

Par contre, quand j’ai vu ce tableau, je m’suis dit que c’était exactement ce qu’il me fallait pour être un meilleur prof.




Avouez! C’est sur roulettes! Je peux l’approcher d’une section ou même l’utiliser dans le local adjacent et adios la poussière de craie. Putain de poussière! Non seulement c’est mortel pour le clavier, l’ordinateur et mes poumons d’asthmatique, mais avec mon plafond en flocage d’amiante qui s’effrite, j’ai du mal à savoir de quelle poudre il s’agit: craie ou amiante? Ben quoi? J’suis daltonien, bordel! Si j’utilise des marqueurs effaçables, je saurais que ma ligne d’amiante n’a pas été coupée avec de la craie! Génial, hein?

Y a qu’un problème... le prix. Il faut être sans scrupule pour seulement s’imaginer faire une demande pour ça. Selon vous, ça se vend combien ce truc chez un fournisseur de la commission scolaire? Le tableau fait 4’ par 6’.

Come on down! You’re the next contestant on The Price is Right!

En attendant, j’vais continuer de sniffer de l’amiante coupé.

N'oubliez pas de participer en grand nombre! C'est simple: vous me dites combien ça vaut et combien ça coûte.





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26 mars 2010

Les professionnels

J'viens de lire un truc intéressant chez Prof MasquÉ (avouez que c'est beau la majuscule sur le é...).

D'ailleurs, c'est comme l'EnSaignant. S'il avait du chien, il mettrait un S majuscule, mais ce n'est pas donné à tous.

De quoi je me mêle? Justement... de quoi je me mêle? J'aime bien les professionnels de mon école: tous gentils, tous compétents et surtout, tous professionnels. Mon seul problème, c'est justement le "de quoi je me fukin' mêle?".

Oui, je suis curieux et je pose trop de questions. Je sais que je ne devrais pas: je suis juste le prof de musique.

Hum... J’ai le goût d’arrêter ce billet dès maintenant. Je sais que des personnes que je ne vise pas se sentiront quand même la cible de mes conneries et même s’ils ne lisent pas les futilités que j’écris ici, quelqu’un va se faire le plaisir de l’imprimer et de tout balancer dans leur pigeonnier.

Moi, parano? Pfff... C’est déjà arrivé. Chouette façon de découvrir un blogue...

Je donne un exemple : tu es blonde, des yeux magnifiques et même si tu n’as pas lu Zola, je viens à toi chaque lundi après-midi après avoir passé une heure apocalyptique avec notre charmante classe de deuxième année. Tu acceptes toujours de me parler pour m’aider à comprendre ce qui se passe dans ma classe. Quand ça va bien, pour que ça se reproduise et quand ça va mal, pour essayer de comprendre pourquoi. Désolé pour le glamour, mais ce n’est pas toi qui as inspiré ce billet. Allons... Tu vas t’en remettre.

En fait, je ne parle de personne en particulier. C’est un message «je» comme dans les livres de psycho que je refuse de lire tant que j’n’en ai pas fini avec John Irving. Ce n’est qu’une impression. Un cri du coeur (pfff... j’ai écris ça, moi?!? Héhéhé).

Ça va?

Ben voilà... Le billet commence ici. Ce que j’vous ai raconté avant, c’est une espèce de préface bidon.

N’importe quoi. On s’en balance.

Go!

J'ai jeté l'éponge cette année. J'ai trop de mal à savoir lesquels de mes élèves ont des suivis (psychologie, orthophonie, etc.). Même si je connais les raisons de certains silences (confidentialité, professionnalisme, etc.),je ne suis pas d'accord.

Je ne veux pas savoir la vie de l'enfant dans tous ses détails. J'voudrais juste savoir s'il peut comprendre ce que je lui explique pendant mes cours... Je n'ai pas l'intention non plus de me taper des rencontres de plusieurs heures pour un jeune que je vois 55 minutes par semaine. Ce n'est pas moi l'orthophoniste, le psy ou le whatever. J’veux juste savoir si le jeune me niaise ou ne peut vraiment pas comprendre ce qui est évident pour le reste de la classe. J’veux savoir s’il n’y a que moi qui s’interroge devant certains cas.

J'ai un élève avec une déficience légère. On ne m'a jamais mis ça sur papier. Je le sais parce que je l'ai demandé. Par contre, chaque fois que je demande si un élève a eu une évaluation psychologique, on me regarde avec des gros yeux. Et quand on me parle, on me dit presque invariablement : j’suis pas censé te dire ça, mais...

Je décroche. Je ne veux même plus le savoir. Je déclare donc (pas solennellement quand même) qu’il y aura désormais deux catégories d’élèves dans ma classe : les normaux et ceux qui ne comprennent rien, j’ai nommé, les débiles profonds.

Pas professionnel?

Évidemment que ce n’est pas professionnel; je suis enseignant. On ne peut pas tout être, mais ça va, y a pas de sots métiers.

Et ceux qui n’ont pas compris que je fais dans le sarcasme, et bien, je vous souhaite la bienvenue dans la deuxième catégorie.


Je vous laisse méditer là-dessus en écoutant le troisième mouvement du concerto de Webern.


















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25 mars 2010

Repentez-vous!

Ça, c'est le symbole du chevron. On le retrouve sur les ossuaires des proches de Jésus et des premiers chrétiens.












Ça, c'est le symbole de l'Alliance des professeurs de Montréal.









C'est un bon jour pour être athée.






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21 mars 2010

Bonne fête

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de naissance de Jean-Sébastien Bach. Le gars avait 20 enfants... J’n’en ai que deux et c’est déjà tout le temps que j’ai...









Mais les enfants craquent vraiment pour celle-là:








Whatever...








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18 mars 2010

Ceci n'est pas un rencard




Vous y serez?










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17 mars 2010

L'unanimité

Avec la classe de cinquième, on fait un projet de slam. Nous avons passé un après-midi génial dans le labo d’informatique de l’autre école du quartier.

Ils ont des Macs, nous, on a des PCs.

Ils ont Garageband, nous, on a... ça vient avec quoi déjà? Windows machin?

Ça valait quand même les 15 minutes de marche rapide.

À la fin de la séance, qui s’est d'ailleurs très bien déroulée, on fait un petit retour sur l’après-midi.

MOI : Alors, toujours en vie?

EUX : Ouais! C’était cool... Etc.

MOI : Et en plus d’être «cool», est-ce que vous croyez que c’était pertinent?

TOUS : Oui!

MOI : Vraiment?

TOUS : Oui!

MOI : Et est-ce que quelqu’un peut me dire qu’est-ce que ça veut dire «pertinent»?

LE GROUPE : ...


C’est l’esprit qui compte.





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16 mars 2010

Tempo

Depuis le temps que j'enseigne, je me surprends toujours de faire un nouveau jeu de mots con auquel je n'avais jamais pensé :

"Vous savez, en musique, un tempo, ce n'est pas un gros machin qu'on installe devant une maison l'hiver pour stationner une voiture."






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15 mars 2010

Mathilde

Depuis que je la connais, elle est en retard. C’est chronique chez elle. Elle pourrait être dans le même avion que vous, elle arriverait à destination un jour plus tard. Y a vraiment pas de stress.

J’vous l’dis! Des deux dernières années, elle n’est jamais entrée dans mon local au même moment que les autres. Pas une seule fois. Pourtant, ils arrivent directement de leur classe.

J’la trouve condescendante. Trop gâtée, trop chouchoutée. Pas autonome pour cinq cennes. Vraiment pas mon genre.

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Grrrr... T’étais où au juste?

«Je cherchais un crochet»

T’as rien à accrocher...

Ou encore

«Je ne trouvais pas mon crayon»

Tu n’apportes pas de crayon dans mon cours...

N’importe quoi

«J’avais perdu mon foulard»

On est en juin...

Vous voyez le portrait?

«J’sais pas...»

Grrr...
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Si au moins, c’était le matin, je pourrais blâmer un adulte. C’est tellement réconfortant pour nous de blâmer intérieurement l’adulte... Même pas! À la dernière période, entre sa classe et la mienne, elle est la seule responsable.

Le pire, c’est que j’oublie toujours de l’envoyer s’habiller 10 minutes avant les autres...

Mais elle, elle y pense.

Sauf qu’elle y pense en retard...

On l’attend donc, à la fin de chaque cours.

Aujourd’hui, j’ai pété les plombs. Je ne crois pas en la justice. La vie n’est pas juste, mais on ne perd rien à essayer:

«Hum... Le cours termine dans 15 minutes. Va mettre ton manteau, tes bottes, ta tuque, tes gants et revient dans la classe le sac à dos sur les épaules. Je te donne 10 minutes ou tu auras la copie du siècle à me remettre pour demain.»

Miraculeusement, elle était de retour en classe après cinq minutes. Il restait dix minutes, mais on attendait en silence, à rien faire, sous la menace. C’est dans le billet précédent...

«Déjà?»

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« Non... Reste debout et attends. Même si ce n’est que 10 minutes, ça va peut-être te donner une idée de ce que les autres endurent à cause de toi à chaque sortie de classe. Tu vas voir qu’il fait chaud et que c’est plate.»

Pour les autres, j’étais encore et serai toujours un gros facho, mais ils étaient là, assis en silence. Y a pire dans la vie. Elle, était debout et trop emmitouflée pour une si belle journée. D’abord confuse... puis, scrutant mon local à la recherche d'une horloge.

Pfff. Y a pas d’horloge dans mon local.

Je la sentais de plus en plus inconfortable et je n’aimais pas ça... Bon, ça va! Oui! Ça me plaisait, bordel! Elle nous les a tellement cassé. J'suis pus capable d'attendre après elle!!!

Faut juste que je reste professionnel, OK?

Donc... Je la sentais de plus en plus inconfortable et je n’aimais pas ça... mais je sentais que les autres me pardonnaient un peu de ne pas avoir été humainement à la hauteur.

C'est mieux comme ça?

Appelons-la Mathilde. Elle est en deuxième.






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Être humainement à la hauteur

À mon école, il y a quatre classes au premier cycle (première et deuxième année). Il y a la classe d’adaptation pour trouble de comportement (nous sommes un point de service), une première, une deuxième et une combinée. La classe d’adaptation fonctionne en principe sur un budget à part, sauf quand il faut payer une éducatrice supplémentaire... Donc nous n’avions pas le choix de faire deux classes niveaux et une combinée. Le problème, c’est que la philosophie de la classe combinée où je bosse, c’est d’y balancer les élèves les plus forts et les plus autonomes. Ça fait une classe super chouette, mis à part le fait qu’elle soit une combinée. Par contre, dans les deux autres classes, y a les restants.

Bon... Ça ne passe pas, hein? On le sait! On a donc sacrifié quelques élèves forts sur l’autel des apparences et on les a mis dans les classes niveaux. Ça donne une classe de première faible, mais fonctionnelle. Par contre, la classe de deuxième est la classe la plus difficile de l’école. Plus difficile encore que les classe TC (classes d’adaptation pour trouble de comportement). Tous les spécialistes sont d’accord là-dessus. Curieusement, ils sont en dépassements. Quand tu as lui ou lui dans ta classe, ainsi que plusieurs autres qui ne donnent pas leur place, dépasser le ratio maximum de deux ou trois élèves, ça ne pardonne pas.

Comment on fait avec eux? Rentrer dedans solide, ça ne marche pas à moyen (cinq minutes) ou long (plus de cinq minutes...) terme. Ils sont téflons : ya rien qui colle. Faut juste être zen, très zen.

Je leur enseigne le lundi à la dernière période. C’est mon cinquième groupe de la journée et juste avant, j’ai la combinée bonbon. Méchant choc.

Zen, très zen... Désolé, j’n’y arrive pas la moitié du temps. Les deux derniers cours furent super bien, mais aujourd’hui, ce fut l’horreur. Ce n’est pas une question de compétence ou d’énergie ou d’expérience ou de n’importe quelle autre connerie. Je n’ai qu’une explication : je n’ai tout simplement pas été humainement à la hauteur. Pourtant, j’étais super heureux quand ils sont entrés dans le local. J’fredonnais ma tentative de version funk de Brave Margot en m’accompagnant au ukulélé. J’avais un beau cours de prévu avec le canon d’installé pour l’entrée en matière. Tout était là, sauf... sauf quoi, au juste?

Non, ce n’était pas le bordel. Je ne tolère plus ça depuis longtemps. Mais 21 enfants (ils sont 20 ou 21? Sans les cotes, bien sûr) assis devant moi, en silence, les bras croisés, sous la menace, c’est assez ordinaire.

J’n’ai juste pas été humainement à la hauteur.








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14 mars 2010

Quand c'est pertinent

Vous savez, j’ai tendance à trouver que les cours de musique au primaire, c’est du gros niaisage.

Mais, pas toujours.

Par exemple ça, ça tient vraiment la route.

Dans le reportage, il est mentionné que c'est une classe spéciale. Je me demande ce qu'ils veulent dire... Ils sont trop nombreux pour que ce soit TC ou DGA.

J’ai bien hâte d’entendre l'oeuvre!



Vous voyez? J'suis quand même positif!



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09 mars 2010

L'échafaud

Une fois de plus, je monte sur l’échafaud.

Bof... j’suis pas seul: avec moi, y a les autres spécialistes de l’école. C’est presque synchronisé avec Pâques. Ce qu’on peut être concept en éducation!

Oh? Il faut que j’explique?

C’est très simple. Chaque année, les profs d’une école décident du sort des spécialistes. Ils peuvent couper musique l’an prochain et remplacer ça par danse. Même notre prof de gym qui a sa permanence risque sa place. Les élèves de mon école ont présentement quelque chose comme 100 minutes d’éducation physique par semaine. Si on descend ça à 60, elle devra changer d’école pour conserver sa job à temps plein. Donc, cette année, sur l’échafaud, y a la prof de gym, la prof d’art, la prof d’anglais (cinéaste avertie!) et votre humble serviteur.

S’ils se débarrassent de nous, ils devront en principe assumer notre tâche. La gym et l’anglais sont prescrits par le régime pédagogique, ainsi que deux disciplines artistiques. Y a rien qui dit que ce doit être fait par des spécialistes. Dans une des écoles du projet, dès la quatrième année, ils n’ont plus de spécialistes en art. Même avant ça, ils n’ont qu’un prof d’art plastique. Pas de musique, de danse ou d’art dramatique. Je sais pertinemment que les titulaires n’assument pas. Résultat? Des enfants éteints.

Mais bon, j’suis un type qui aime bien tout remettre en question. Si si... Ce qui me chicote par contre, c’est que ce sont seulement les enseignants qui décideront de mon sort. Les professionnels (éducateurs spécialisés, orthophonistes, psychoéducateur), la direction, le service de garde, les parents et les principaux intéressés, les enfants, n’ont pas leur mot à dire.

Huh? Ça doit être approuvé par le conseil d’établissement? Pfff...

Le plus troublant, c’est qu’au moment final, ce ne sont pas les matières qui déterminent les choix, mais plutôt la personnalité des spécialistes et surtout, leur capacité à gérer une classe.

J’suis un sale con, mais j’ai une bonne gestion de classe. Pitié, gardez-moi!








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26 février 2010

L'odeur

Certaines personnes ne peuvent pas être profs en milieu défavorisé. Je ne pourrais dire si c’est quelque chose qu’ils ont ou qu’ils n’ont pas, mais ce n’est pas pour eux. Certain vous diront que «dealer» avec des enfants-rois qui ont tout ce qu’ils exigent est tout aussi difficile et sincèrement, je pense qu’ils se plantent royalement, car je connais un tas d’élèves qui même s’ils habitent en HLM, mènent leurs parents par le bout du nez. De toute façon, le truc avec les enfants-rois, c'est de ne pas "dealer".

Peu importe. La différence, c’est l’odeur.

Je ne parle pas de l’haleine du petit Vietnamien qui commence sa journée par une bonne soupe ou de l’autre qui transpire littéralement du cari. Ça, croyez-le ou non, on s’y habitue très rapidement.

Je vous parle du fond de tête. L’odeur d’une tête qui est restée hors du bain depuis belle lurette.

Je vous parle de bas sales ou pire encore, de l’absence de bas sales dans de vieilles chaussures.

Je vous parle de l’odeur de mégot sur un p’tit enfant. L’odeur de la cigarette passerait encore, mais vous savez... Le mégot...

Je vous parle de ce matou qui marque son territoire sur les vêtements d’un enfant. Pourquoi le ferait-on castrer? C’est cruel et surtout trop cher.

Des chats. Même si je suis allergique et asthmatique, j’en ai deux. Je ne les laisse pas monter sur mon lit, ni celui des enfants, et je m’en sors très bien. Quand ils m'énervent trop, j'les balance dehors. Je dirais qu'ils sont plus heureux que la plupart des mammifères que je fréquente.

Mais l’autre jour, j’ai bossé avec un élève et qui sentait la litière. On travaillait des passages difficiles au clavier. Côte à côte...

J’ai dû utiliser la pompe d’urgence pour l’asthme. Il était plus allergène que mes chats...

Mais bon, y’en a peut-être qui sont allergiques aux vêtements greffés.

Ça ne doit pas être drôle...





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Les petits géants : last call

J'ai reçu un courriel d'Anaïs. Je vous en fais part.

"Notre film, LES PETITS GÉANTS, présenté en clôture de l'édition 2009 des Rendez-vous du cinéma Québécois termine sa vie en salle...aux Rendez-vous du cinéma Québécois 2010.
Dernière chance, donc, de voir le film en salle.
Le samedi 27 février à 16h, à la cinémathèque québécoise.
J'y serai, pour répondre aux questions et (pour ceux qui en ont envie) pour vous embrasser."

Ouch...

Même s'il ne reste plus beaucoup de moi dans le film, le tournage s'est déroulé sur environ huit mois. J'me souviens encore de ce mois de mars, au bord du burn out, en position fétale dans mon lit pendant plusieurs heures (ma blonde était à Québec, alors j'en ai profité). L'horreur.

J'avais tellement peur qu'ils gardent des trucs qui auraient pu être très discutables hors de leur contexte. Ça et autres choses... J'étais au bord du gouffre.

Mais ce ne fut pas le cas. Pas du tout.

La version pour le cinoche est nettement supérieure à celle qu'on a pu voir à la télé.

J'ai comme un p'tit pincement... J'vais peut-être y être.

***

Aussi, si vous voulez vous réconcilier avec Schumann ou tout simplement voir une excellente pièce de théâtre, je vous propose "Une musique inquiétante" au théâtre du Rideau vert.

J'en arrive et j'ai adoré.

Je sais... c'est le chum de l'autre.








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24 février 2010

L'invasion rouge

Parfois, ça ne se fait juste pas...

J’ai deux rouquins comme musiciens dans le projet cette année.

Une invasion.

LE P'TIT ROUX : Eille PMT! J’ai une joke pour toé!

Moi : Huh?

LE P'TIT ROUX : Comment t’appelles ça un roux sur un bicycle?

J’vais quand même lui laisser son heure de gloire.

MOI : Un roux sur un bicycle? Hum... J’sais pas.

LE P’TIT ROUX (tout content d’être heureux) : Un trois roues!!!

MOI : J’en ai une pour toi! Un roux sur un tricycle, t’appellerais ça comment?

LE P’TIT ROUX : Sur un tricycle? Heu...

MOI : Come on...

LE P’TIT ROUX : Ben là... J’la connais pas...

PMT : C’n’est pas toi qui l’as inventée, la blague, hein?

LE PAUVRE PETIT ROUX : Heu... non. Pas vraiment.

PMT : Les autres?

Ils sont sept.

LES AUTRES : ...

MOI : Un quatre-roues.

LUI : Un quatre-roues?

MOI : Yep... Un quatre-roues.

LUI : OK.

Fascinant. Et ils ne sont pas cons du tout. Enfin, presque pas... J’les adore, ça aide leur cause. Ils ne peuvent seulement pas faire de transfert de connaissances.

C’est courant.


***

Tranche de vie

Je devrais reprendre du service sur le blogue bientôt. J'ai terminé mes arrangements et les pseudo-partitions pour mes musiciens du projet. Toutes les musiques des chansons et des danses sont terminées. Il ne me reste qu'à écrire quelques paroles avec les élèves, bidouiller des musiques d'ambiances et de transitions à partir de l'opéra (si possible) et ensuite enregistrer le CD avec les chanteurs (ça, c'est un gros morceau). C'est la première fois en neuf ans (?) que je suis aussi avancé à la relâche. Disons que le deuxième enfant impose une organisation du travail pas mal plus stricte.

Bof... J'n'ai pas de contrat les mercredis après-midi et je bosse toujours à l'école quand même. Ça ressemble à une explication.

Mais j'me suis embarqué dans un projet de slam avec une classe... J'vais me faire payer deux après-midi, mais ça risque de m'en prendre huit.

Quel con.









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11 février 2010

Calendrier : the final chapter

Traitez-moi d’antisémite, mais bordel... on leur doit quoi aux juifs?

Persévérance scolaire? Pfff... Même pas! Les modifications au calendrier scolaire sont un accommodement raisonnable. Yep... Nos copains les Juifs qui administraient quelques écoles qui n’étaient pas conformes à la Loi sur l’instruction publique ont eux une idée géniale : et si on change la loi?

Sion change la loi...

Hum... c’est un peu voyant de changer la loi. On pourrait seulement changer les règles du jeu et notre amie, la ministre de l’Éducation va faire ça le plus discrètement possible, sinon...

Sinon quoi, au fait?

C’est quoi l’affaire avec les Juifs hassidiques? On a peur de quoi au juste? Pourtant, Charest et Jérome-Forget n’ont pas eu peur de l’opinion publique internationale quand ils nous ont balancé une loi spéciale pour nous empêcher d’exercer des moyens de pression légaux. C’est d'ailleurs un dossier à l’ONU.

Y a combien de profs au Québec? 30 000? On se laisse pousser la barbe, on se rase le pubis et on se part une religion pour les négociations à venir.

On s’excommuniera massivement après.

Sérieusement, on leur doit quoi aux juifs?






Bon... Vous n’avez pas compris l’histoire du pubis? Huitième commandement .

Sympa, hein?

Bon, un peu de sérieux. Voici la nouvelle sur LCN, gracieuseté de Miralda.







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07 février 2010

Calendrier : conspiracy theory?

J’crois pas qu’il faille blâmer directement la ministre. Sans prendre sa défense, elle ne peut pas contrôler tout ce qui sort de son ministère. En quelque sorte, elle en est même l’otage. J’irai même jusqu’à parier qu’elle serait contre la réforme si elle bossait au privé et n’avait pas d’intérêt politique. Juste une impression comme ça...

J’espère seulement que les individus qui arrivent avec de telles idées se feront un peu taper sur les doigts.

Juste un peu, malheureusement.

Qui sont-ils? Combien sont-ils? Où sont-ils? Combien coûtent-ils?

Pour débarquer avec des idées pareilles, il faut ne pas connaître la réalité scolaire et ne pas avoir d’enfant... À moins que ça paye assez pour engager quelqu’un qui s’occupe de tout. Une chose est certaine : il faut surtout se chercher quelque chose à faire ou à inventer pour justifier son salaire. C’est aberrant...

À moins que...

Écoutez, c’est tellement ridicule qu’à la limite, ça ne serait pas une tentative pour déstabiliser le milieu à la veille de négociations syndicales? Conspiracy theory? C’n’est pas moi qui ai pensé à ça le premier.

Pfff... Personnellement, j’suis plutôt pour l’hypothèse de l’absurdité à nos frais. Un trip de pousseux de crayon. Sans doute les même qui ont imposé les deux récréations obligatoires par jour pour les élèves.





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05 février 2010

Calendrier scolaire...

Vous avez lu ceci sur cyberpresse?

Eh oui.... Québec veut envoyer la marmaille à l’école les week-ends.

Hein? Je ne veux pas travailler le samedi? Je vous l’accorde. Je veux voir ma famille, mais y a pire...

Les personnes qui ont eu cette idée de génie l’ont eu à vos frais. Ce sont des fonctionnaires payés à même vos impôts et qui ne savent plus quoi inventer pour justifier leur chèque de paye et ne pas se retrouver au chômage.

Non.

Même si la convention collective des profs prévoit un horaire de travail du lundi au vendredi, le gouvernement Charest peut la changer n’importe quand avec une loi spéciale. C’est d'ailleurs de cette façon que notre dernière convention a été adoptée.

Cette démarche est une insulte à notre intelligence de contribuable. En tant que profs, je suis un chialeux qui se plaint le ventre plein... Mais je suis aussi père de famille.

1- La garde partagée. Papa voit fiston deux jours sur quinze. Fiston est à l’école une de ces deux journées.

2- On part pour le week-end pour visiter les grands-parents qui habitent trop loin pour un petit aller-retour.

3- Cours de karaté, ski, patin, mandarin, violon, natation, etc.

4- Chalet, camping, escapade...

5- La religion. J’suis certain que ça ne marchera pas; y a toujours quelque chose qui ne marche pas à cause de la religion!

6- Etc.

Du côté des profs, il y a aussi plein de raisons d'être contre cette idée saugrenue (surtout chez les monoparentales qui n’ont pas de famille proche et qui dépendent du CPE pour garder les enfants).

Et vous? Ça serait quoi votre raison d'être pour ou contre?

C’est de notre fric qu’il s’agit.






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